Aller au contenu

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

apv

Exil et le royaume Chapitre 6 : Le Sacrifice (1ère partie)

Recommended Posts

Les femmes de nos guerriers seront communes toutes et tous : aucune d’elles n’habitera en particulier avec d’aucun d’eux ; de même les enfants seront communs, et les parents ne connaîtront pas leurs enfants ni ceux-ci leurs parents.

Platon, Livre V La République.

L’Exil et le Royaume

Partie 2 : Le Royaume

Chapitre 1 : Le Sacrifice

Les yeux pleins de larmes, Catherine regardait les corps brûler dans le brasier immense qui illuminait la plage en cette nuit de lune noire. Les rescapés du Blue Royal avaient rassemblé les morts du naufrage pour une crémation collective. C’est Kwun, la Coréenne, qui officiait. Comme elle avait été nonne bouddhiste, c’était la personne qui convenait le mieux.

Jacques et tous les survivants durent attendre plusieurs jours avant d’organiser la crémation. La tempête cessa enfin et ils purent ramener les corps d’un peu partout. Julie MacDowel, ancien capitaine sur le bateau, pleurait Marc Middle. On le retrouva noyé à quelques brasses de la plage. Elga Zeigtdl n’avait pas retrouvé le corps de son mari handicapé. Le vieil homme handicapé n’avait sûrement pas pu s’en sortir. Les deux jumeaux, Kriss et Kellian, pleuraient également leur père, le commandant Kruger, qui avait condamné quelques jours auparavant tant de passagers en les envoyant sur l’océan sur des canots de sauvetage, sans aucun espoir de survie. Beaucoup de morts étaient à déplorer.

Kwun ne voulut pas faire de prières bouddhiques, mais adressa un dernier salut, alluma le brasier, se mit en position de méditation et n’en bougea pas de toute la nuit. Certains, comme Jacques, Catherine et le couple de Japonais, Mikyo et Jigoro Fotsu, restèrent assis avec elle, en silence.

~~nOe~~

Mikyo, la petite Japonaise, avait réuni les enfants dans la grande salle de réception du Blue Royal avec Kwun. Puis elle rejoignit son mari dans leur cabine. La tempête faisait rage et ils savaient tous les deux que les chances d’en réchapper étaient minces.

Elle entra dans la chambre. Jigoro pliait ses vêtements pour se mettre au lit. La situation extrême ne semblait guère bouleverser leur rituel nocturne. Il passa sous les draps en regardant sa femme ôter son chemisier à col rond. D’un zip vif et précis, sa jupe tomba au sol. Elle plia ses vêtements avec précaution avant de les poser sur un guéridon. Sa culotte blanche, aux dentelles françaises, soulignait ses formes discrètes et harmonieuses. Des hanches étroites, un ventre plat, une petite poitrine ronde, Mikyo était l’archétype de l’Asiatique. Elle demeura un instant au milieu de la cabine, le regard égaré, puis elle se tourna vers Jigoro et lui sourit tendrement.

• — Je t’aime, dit-elle doucement.

Il lui répondit – ce qui était peu coutumier pour ce Japonais quinquagénaire – qu’il l’aimait également, qu’il avait été heureux de vivre ce mariage avec elle, qu’elle lui avait donné beaucoup de bonheur. Debout, à quelques mètres du lit, Mikyo s’avançait doucement, des larmes perlant de ses jolis yeux bridés.

Dehors, les bourrasques claquaient. L’océan charriait d’énormes masses d’eau sur le navire en perdition. La nuit tombait. Tout contre le corps de son mari, la petite Japonaise lui avoua que leur mariage, arrangé par leurs pères respectifs, lui avait causé beaucoup d’angoisse. C’était la première fois qu’elle s’ouvrait à son époux de ses sentiments intimes. La proximité de la mort desserrait l’emprise de sa pudeur et de sa prudence.

~~nOe~~

À l’époque, expliqua-t-elle en lovant sa tête dans le creux de l’épaule de Jigoro, elle connaissait un homme plus vieux qu’elle. Un ami de son père. Un homme célibataire. L’homme aux tempes grisonnantes habitait une immense demeure dans les hauteurs de Kyoto. Ses ancêtres, des nobles samouraïs, lui avaient légué une immense fortune et sa vie, calme et harmonieuse, était dévolue à la culture des bonzaïs et à l’art subtil du jardin. Rares étaient les visiteurs qui pouvaient s’enorgueillir d’avoir pu admirer l’immense jardin que Matsuo Haritika sculptait depuis plus de vingt ans.

Mikyo expliqua à son mari que son père avait réussi à décider son ami de prendre sa fille comme stagiaire. Sortie du lycée, elle devait enrichir ses connaissances avec les arts traditionnels japonais. L’homme, au premier abord strict et sévère, avait finalement accepté et, pendant les premiers mois, Mikyo venait tous les après-midi apprendre l’art des bonzaïs.

Une relation tendre naquit. Puis une attirance. Déambulant avec fierté en kimono traditionnel, Matsuo impressionnait la jeune Mikyo. Il était doux avec elle et sa patience n’avait pas de limite. Ses mains puissantes aux veines gonflées faisaient trembler la stagiaire lorsqu’elles la frôlaient pour corriger une coupe ou une bouture. De nature docile et sage, la jeune fille prit cependant plaisir à perturber leurs rencontres si policées en s’habillant avec des jupes de plus en plus courtes, et en oubliant de fermer quelques boutons de ses chemises. M. Haritika ne paraissait guère troublé par ces provocations. Pourtant un jour :

• — Fait-il si chaud chez moi, pour que tu t’allèges de tes vêtements ?

Sa voix grave résonna au fond du ventre de la jeune fille qui, accroupie à ses pieds, était occupée à élaguer un charme nain. Elle leva la tête et sourit un peu niaisement.

• — N’aurais-tu pas d’autres projets d’apprentissages que l’art du jardin, en venant tous les jours chez moi, Mikyo ?

~~nOe~~

Le vent grondait toujours. Blottie dans les bras de son mari, la Japonaise se sentait en sécurité. Sa peau douce se frottait contre celle de son époux dont l’érection encouragea la femme à continuer sa confession.

~~nOe~~

Matsuo Haritika prit la jeune fille par la main et la mena dans sa chambre. Le matelas en futon accueillit le corps tremblant de la stagiaire qui regardait, un peu apeurée, son professeur dénouer doucement son kimono. C’était la première fois qu’elle voyait un homme nu. C’était la première fois qu’elle regardait un pénis. Matsuo s’allongea à côté d’elle et prit beaucoup de temps pour lui expliquer les choses de l’amour. Il épilogua longuement sur les manières de rendre un homme heureux, sur les caresses, sur la fellation, sur le coït, sur la sodomie, sur le plaisir de la chair. Son ton était naturel, fluide, presque sans émotion. Mikyo écoutait attentivement, en buvant les instructions de son maître. Elle se sentait bien. L’homme aux tempes grises avait un ascendant naturel sur son élève, mais elle ne le ressentait pas comme une soumission.

~~nOe~~

Jigoro serrait sa femme contre lui et écoutait le récit en silence. Seule la turgescence de son sexe indiquait son vif intérêt. Encouragée, sa femme continua son aveu. Elle prit la verge de son mari dans sa main.

~~nOe~~

Puis Matsuo lui demanda si elle avait déjà joui. Sur le visage fin de la jeune fille : un sentiment d’incompréhension.

• — T’es-tu déjà caressé les seins ou le sexe ? As-tu déjà ressenti un plaisir sexuel ?

À la réponse négative, le quinquagénaire entreprit de caresser son élève. Sous la mini-jupe plissée, sa puissante main disparut. Les doigts titillèrent la fente humide à travers le coton de la culotte. Mikyo regardait son maître avec appréhension, mais ne pouvait s’empêcher de lâcher des petits cris d’excitation. Les doigts de l’homme tournaient doucement autour de son bouton et parfois le pressaient. Sa culotte se trempa rapidement. Et c’est au moment où Matsuo passa sa tête sous la jupe en quête de saveur exquise que la jeune fille hurla. Ses yeux pleuraient. Son visage tendu. Ses poings serrés. Mikyo venait d’avoir son premier orgasme.

Les semaines passèrent et le maître enseignait tantôt la botanique tantôt l’amour. Jamais il ne déflora son élève. Elle apprit à sucer le quinquagénaire et à lui soutirer sa semence. Il fut patient avec elle et lui indiqua le rythme, les caresses, tout ce qu’une femme doit savoir pour assouvir les désirs d’un homme.

Un jour, pourtant, elle faillit perdre sa virginité. Installés dans un recoin de l’immense jardin, à l’abri d’un monumental érable rouge, M. Haritika et son élève buvaient avec cérémonie un thé au gingembre, dont les senteurs embaumaient l’espace. C’était une fin de journée, et la lumière diffuse rendait à leur isolement une atmosphère particulière. Sur la table des tasses, un exemplaire d’un philosophe grec que la jeune fille ne connaissait pas, et une théière.

Après avoir discouru sur la voie médiane entre la pudeur et la débauche, après avoir argumenté sur les bénéfices de l’amour libre, sur l’abolition des frontières raciales et générationnelles, Matsuo proposa à son élève d’ôter sa jupe plissée. Mikyo, qui était sortie du lycée depuis maintenant deux ans, avait conservé la coquetterie de se vêtir en étudiante japonaise. Elle ne portait pas de culotte ce jour-là.

Elle se caressa la vulve sous les ordres et les yeux de son maître, dont la lisière des cheveux gris s’emperlait. Les petits doigts caressaient le clitoris avec le pouce, et l’index allait et venait dans le sexe. Mikyo devint de plus en plus bruyante, de petits gémissements sortant de sa bouche, tandis qu’elle ondulait de plus en plus du bassin, et qu’elle glissait doucement de son coussin. La musique naturelle du jardin accueillit les bruits émis par la jeune fille.

Matsuo ne pouvait détacher son regard des doigts fouillant l’intimité de Mikyo. N’y tenant plus, celle-ci enfonça ses doigts au plus profond d’elle-même, et conclut sa jouissance par un « Oh oui, c’est bon… ». Le maître bandait à en avoir mal et l’ampleur des tissus de son kimono ne pouvait guère le cacher.

• — Tu es belle quand tu jouis, dit M. Haritika en se levant.

Il s’assit sur la table après l’avoir débarrassée d’un geste. Ayant retroussé son kimono, sa verge s’étalait sur le plateau laqué de la table basse.

• — Viens te frotter, Mikyo. Fais-moi jouir, ma petite !

Elle enjamba le petit meuble et, face à son professeur, elle vint poser sa vulve sur le sexe en érection. Ses lèvres s’écartèrent sous la pression et la tige dure se logea le long des petites lèvres et du clitoris. Mikyo bougea d’abord doucement, puis accéléra, enduisant la verge de son liquide intime qu’un premier orgasme avait produit. Elle sentait les palpitations de la verge à l’entrée de son vagin, mais demeurait vigilante. Matsuo baisait le cou de son élève et l’encourageait. Le bassin basculait maintenant avec frénésie sur la tige et le regard de la jeune fille redescendit sur Terre ; on aurait dit qu’elle avait encore atteint quelque orgasme intérieur, et qu’elle se retrouvait délivrée, légère.

• — Ça vient, ça vient, cria Matsuo qui perdait pied.

Un violent mouvement de hanche de sa part manqua de peu l’introduction de sa verge dans le sexe ouvert et chaud de la jeune Mikyo, qui fut surprise. Heureusement, la verge se nicha entre leur ventre et le liquide bouillant se déversa sur leurs peaux en nage. La jeune étudiante, qui restait serrée contre le corps de son maître, ne savait pas si elle avait désiré perdre sa virginité avec M. Haritika, mais elle se sentait pleinement heureuse, en harmonie avec lui, avec elle, avec l’espace qui les entourait.

Mais un jour, le père de Mikyo se rendit compte de leur relation et vint voir Matsuo pour y mettre un terme. L’élève put revenir une dernière fois pour dire au revoir à son maître. Elle l’informa qu’elle devait se marier avec le président des entreprises Jotsu.

• — Je suis triste et heureux à la fois, ma petite Mikyo. Tu n’as pas passé l’initiation.

• — …

• — Cela veut dire que l’Apocalypse est pour bientôt. Mais ça veut dire également qu’un monde nouveau va apparaître.

Sur ses paroles sibyllines, Mikyo prit congé et ne revit plus jamais M. Haritika.

~~nOe~~

Jigoro sentait la main active de sa femme sur sa tige raide. Le front de Mikyo, à la lisière des cheveux, était moite ; une infime pellicule de sueur emperlait le dessus de sa lèvre. L’odeur de sa peau stimula son mari. Il ferma les yeux et s’abreuva de sa bouche qui s’ouvrait lentement. Il s’allongea sur elle et la pénétra. Mikyo s’ouvrait aux tendres délices d’un lent coït. Elle se sentait libérée d’avoir avoué ce petit secret à l’homme qu’elle aimait. Souvent l’image de monsieur Haritika hantait ses fantasmes et la plongeait, parfois, dans une délicieuse nostalgie. Mais elle s’en voulait lorsqu’elle remarquait les tendres attentions de son époux.

Bras tendus, Jigoro avançait lentement en se nourrissant du visage séraphique de sa femme dont les yeux s’embuaient de bonheur. Sa verge coulissait dans la fente humide aussi graduellement qu’un serpent rampe dans la forêt vierge. Les cuisses ouvertes, accueillantes, Mikyo basculait à présent le bassin en rythme pour recevoir son mari jusqu’au fond de son être. Les bras frêles de la Japonaise serraient le corps Jigoro et elle lui murmurait des mots d’amour.

Dehors : le chaos. La furie des éléments ne semblait guère se calmer. La mort rôdait comme les hyènes grouillantes autour d’une proie malheureuse qui tarde à sombrer.

Mais les gémissements du couple couvrirent un moment les déferlantes qui s’abattaient sur le Blue Royal. Jigoro mordillait les petits tétons dressés de sa femme. Sa course s’était accélérée et ses coups de boutoir faisaient tressauter les modestes seins ronds qu’il suçait avec gourmandise. Les mains de Mikyo agrippèrent les fesses de son mari et elle enfonça ses ongles dans la chair en même temps que son bassin s’agitait de manière incontrôlée comme un oiseau sortant de sa cage à la recherche de sa liberté. Ils jouirent ensemble, en parfaite union.

Le plus beau moment que Mikyo ait jamais vécu fut cet instant d’extase complète et absolue qui se partagea entre l’orgasme le plus fort et la mort sonnant le glas à son hublot.

~~nOe~~

Le lendemain de la crémation, presque deux cents personnes remplissaient la plage trempée par les sept jours pendant lesquels les éléments s’étaient déchaînés. Quelques enfants naïfs jouaient pendant que d’autres pleuraient en déambulant à la recherche de leurs parents.

À quelques centaines de mètres du rivage, l’immense carcasse du navire, à moitié disloquée, se dressait comme le dernier vestige d’un monde perdu. Jacques se leva. Il dormait depuis plusieurs heures près de Catherine, dont la chemise déchirée laissait apercevoir un sein imposant posé dans le sable. Il regarda un instant Kwun, au loin, qui n’avait pas quitté de toute la nuit sa position de méditation. Après avoir réveillé quelques hommes qui se rassemblèrent autour de lui, Jacques prit la parole.

• — Nous devons préparer notre survie. Je ne sais pas par quel miracle nous en avons réchappé, mais je sais que si nous sommes organisés, ensemble, nous réussirons à vivre.

Seuls Jigoro et Vladimir comprirent réellement ce que disait le Suisse. Les autres, encore hébétés par toutes les péripéties qu’ils venaient de subir et de l’inconfort de leur nuit, acquiescèrent mollement. Jacques demanda à Jigoro de fabriquer de larges radeaux pour récupérer, sur le Blue Royal échoué, des outils, des couvertures, de la nourriture et des médicaments. Le Japonais partit avec six hommes dans la forêt. Puis Vladimir fut chargé de trouver des médecins, des infirmiers, toutes personnes qui pouvaient soigner les nombreux blessés. Jacques interpella les jumeaux pour qu’ils se mettent en quête de nourriture. Ils partirent avec des adolescents qui traînaient. D’autres furent de corvée de bois. Tout s’organisa rapidement et, dès l’après-midi, les enfants réunis autour de Mikyo avaient mangé leur premier repas depuis une semaine. Les M’Vondo, aidés de plusieurs autres personnes, avaient regroupé, un peu à l’écart, les malades et les blessés, craignant de possibles épidémies. Déjà, quelques-uns d’entre eux étaient morts suite à des infections. Catherine, enfin réveillée, suivait Jacques qui parcourait la plage de long en large. Elle sut rassurer les rescapés, totalement découragés, qui ne pouvaient plus bouger. Le Suisse savait bien que tout le monde devait être occupé.

Un peu à l’écart, entre les rochers près des arbres d’un côté et de l’eau de l’autre côté, Kwun méditait imperturbablement. Le brasier était alimenté par Paula et Elga. Dans la matinée, des corps avaient encore été jetés. De nombreuses personnes se joignaient au recueillement stable de la Coréenne.

Le soir venu, les radeaux étaient presque prêts. Le lendemain, l’expédition pour le navire, qui se dispersait sur les rochers, serait possible. Tout le monde avait mangé au moins un fruit et bu de l’eau. Rassérénés, les jeunes dormaient près d’un feu que Mikyo alimentait. Le rayonnement du feu composait une chaleur maternelle.

• — J’ai trouvé cela, tout à l’heure, sur la plage, murmura Catherine en s’asseyant près de Jacques, qui se préparait pour dormir de nouveau à même le sable.

Le Suisse prit le livre que lui tendait la femme.

• — Platon. La République ! Tiens c’est amusant.

• — Tu en fais partie ? (Voir le Prologue : la Prophétie) demanda la Française, qui s’allongeait dans le sable.

• — Oui. J’étais dans le groupe de Zurich… et toi, de Paris ?

• — Oui.

Jacques ouvrit le livre et lu : Y. Kruger.

( 2 ème partie à suivre)

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Il n'y a pas de chapitre 5 ?

:aime2:

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Bonjour,

si il s'agissait du prologue à la deuxième partie...

bonne lecture

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

×

Important Information

By using this site, you agree to our Terms of Use.