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Hooligan Cravaté

Brève rencontre en discothèque.

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Comment débutent ces soirées ? On ne le sait jamais vraiment. Il semble que jusqu’au milieu de la nuit, tout n’ai été qu’une brève fin d’après-midi et que l’heure n’a plus comptée depuis un temps indéfini.

Lorsque les hooligans cravatés entrent dans une discothèque, on ne le remarque pas. Ou plutôt si : tout le monde les remarque mais personne ne le montre.

Regardez cette aguicheuse au regard de souffre (en boite, toutes les jeunes filles ont un regard de souffre ; lassant artifice !) qui danse à mes côtés, voyez comment ses sauvages yeux cherchent à se planter dans les miens, ainsi qu’une banderille amoureuse.

Ce manque de retenue, ça vous brise l’appétit jusqu’au fond du ventre. Constatez par vous-même : est-ce sensuel, excitant, aphrodisiaque ? Pas le moins du monde.

L’avantage sur une piste de danse, c’est qu’il suffit de tourner le dos à quelqu’un pour le mettre à mort. C’est chose faite.

Je disais, avant que ce fantôme libidineux ne m’interrompe, que l’entrée des hooligans cravatés dans une boite de nuit est toujours un acte ambiguë, quelque part entre le scandale et le miracle.

D’ailleurs, cela explique les attitudes des autres individus : la plupart des gens ne réagissent ni face à un scandale, ni face à un miracle.

Ils ont trop de décence pour ça. Ils préfèrent sombrer dans un mutisme intéressé. Chercher à attirer l’attention. Être insignifiant quoi.

Ce soir n’échappe pas à la règle. Lorsque nous commençons à danser, des centaines de regards convergent dans notre direction, mais aucune autre réaction n’est perceptible.

Tour à tour, Adrien le pitbull élégant, Kamel et son charme de viking africain, Lucie et son aguichante puérilité, mes fantasques mouvements, la sensualité furieuse de Tiphaine justifient cette attention centrifuge. .

Le groupe se referme petit à petit, la population alentour perd sa réalité.

Inexorablement, les sexualités enflent et s’échauffent.

Autour de Tiphaine et Adrien, il semble qu’une vapeur rouge brouille la vue.

Lucie nous appartient. C’est notre jouet - affreux à dire, évident à vivre.

Les jambes s’entremêlent comme les pattes des félins, au moment de leur parade coïtale. Les mains mordent, les cheveux griffent, les lèvres caressent.

Nos trois corps sont une sorte de bizarrerie philosophique, un androgyne platonique anormal.

La relativité des sexes s’amenuise, la proximité donne des coups de soleil sous la peau au cœur d’une nuit trop froide, dans une salle trop vide parce que trop emplie de corps stéréotypés.

Chaleur de l’autre, chaleur de soi, chaleur inconnue.

Lorsque je mordille les tétons de Lucie à travers son fin haut jaune, il me semble que c’est Kamel, collé à son dos, qui en subit l’excitation.

Il tend le bras, me caresse les cheveux, lui lèche l’oreille. J’adore ça.

Ma main lui serre les fesses et Lucie se cambre un peu plus.

La musique se fait plus sourde, plus rythmé. Nos mouvements sont plus suggestifs.

Les vêtements n’existent plus que pour la pudeur des autres.

Nous, nous sommes nus, passionnés, incontrôlables.

Il me semble que la braguette de Kamel griffe les fesses de Lucie, mais c’est plus certainement son sexe qui pénètre la douceur angélique de sa petite raie.

A la faveur de la saccade d’un morceau de house, Lucie, quatre doigts sur ma nuque, en glisse deux autres sur mon sexe (ou est-ce dans mon pantalon ?) et le caresse comme du velours.

J’ai l’impression que mon gland est un petit morceau de soie qui lui gante parfaitement la main.

Les sensations intimes de nos caresses publiques se noient aux sons des basses monstrueuses dans un tourbillon d’effluves animales.

Les spots éclairent tour à tour chacune des parties de notre triple-corps, dévoilent des gestes lubriques, dissimulent des courbes langoureuses et participent à l’érotisme de la scène.

Lucie, prisonnière, rejoint ma main sur le postérieur de Kamel, comprime suavement le mien avec l’autre, et elle nous imprime ainsi diverses cadences.

Nos mouvements se marient avec la diversité des morceaux de musiques, mais offrent aussi des rythmes différents, plus personnels, correspondant à la montée de notre excitation à certains moments, ou à son lent repli pendant d’autres périodes.

A travers ces flexions de nos trois bassins – de notre bassin, devrais-je dire – deux réalités s’entrechoquent.

La réalité de l’extérieur, celle des inconnus qui nous observent, qui ont besoin de la couverture de cette danse pour croire à ce fantasme lancinant ; et celle de nos trois libidos, que nous connaissons si bien, et qui s’entrechoquent harmonieusement dans les sinusoïdes de nos saccades.

Le publique et l’intime dans un même coup de rein.

Adrien vient de quitter la piste et déjà Tiphaine s’accroche au dos de Kamel, comprimant nos deux mains dans la moiteur de son entrejambe.

Je me dégage mollement. Il me semble qu’elle a brisé quelque chose.

Je rejoins Adrien au bar, qui prend une bouteille et je l’aide à porter les verres jusqu’à une table.

A suivre...

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Adrien monte quelques marches, salue un homme, s’assoit à sa table.

Je fais de même. L’homme semble bien chargé.

Il est debout devant la foule, depuis son petit promontoire.

Il a des attitudes d’empereur romain, fait des gestes magnifiques. Je lui propose une couronne de laurier. Il préfère de la vigne du pays d’Oc.

Il se rassoit, me parle d’alcoolisme, de femmes, de sexe.

Une jeune fille vient s’asseoir face à lui.

Elle le connaît, me salue. Il s’engueule avec elle, lui fait un doigt d’honneur.

Elle fait de même.

Il jette un verre par terre, son regard chevillé au sien par une autorité virile.

Elle fait de même. Il en brise un autre. Elle aussi. Ils en explosent sept comme ça.

S’arrêtent, pour qu’on puisse encore boire. Ils s’embrassent violemment et se sourient.

Elle s’en va.

Assis à côté de moi, il m’explique que les gens sont stupides.

En contrebas, un adolescent cherche à convaincre une fille peu récalcitrante de céder à ses caresses.

Décontracté, mon voisin passe un bras autour de mon cou et continue à m’entretenir, me pinçant négligemment le téton.

Cela m’excite furieusement, et j’hésite à lui dire que je ne suis pas bi, mais je ne crois pas non plus qu’il le soit.

C’est juste un de ces gestes étranges que l’on fait dans l’ivresse.

Je me sens tout-puissant.

A côté de nous, une créature longiligne chauffe la moitié de la salle.

Blonde, peu habillée, elle danse collée avec un gros mec, se fait tripoter, voler son soutien-gorge.

Mime une levrette habillée avec un autre.

Rigole en montrant ses seins.

Plante son talon aiguille entre les jambes d’une femme assise par là et imite la panthère.

Elle monte sur la table voisine, fait un petit numéro de lap dance à qui veut bien l’admirer.

Nous restons étalés sur nos banquettes, dans des attitudes de machos blasés. Ou de sénateurs hallucinés. Ou de canapés affalés.

Nous semblons des patriciens à la fin d’une orgie, les pieds dans le verre brisé, les yeux égarés dans le whisky.

Je commence à perdre pied.

Tout autour de moi baigne dans un flou psychédélique.

Je tourne la tête vers le bar, qui est somme toute plutôt désert, une femme mise à part.

Elle me regarde fixement et semble m’en vouloir. Il y a quelque chose de sauvage en elle.

Le DJ lance habilement une reprise de Murder on the Dance Floor (Sophie Ellis-Bextor) et j’ai envie de meurtre.

Il y a quelque chose que je trouve criminel dans son attitude.

Je me lève, me dirige vers elle. Elle lance son verre dans ma direction, à travers les quelques mètres qui nous séparent, et s’avance vers la piste de danse.

Quelque pas plus tard, elle n’est plus tout-à-fait la même : toujours cette créature superbe, classieuse, inaccessible, mais elle a en même temps l’air d’une œuvre d’art, un de ces objets de culte qui nous permettent de les atteindre seulement dans l’adoration.

Subjugué mais restant impassible, froid comme un Cary Grant anachronique, je prends une pose d’acteur des années 50, le coude sur le comptoir, une main dans la poche de mon pantalon, et l’observe indécemment.

Elle porte un haut bleu qui m’évoque les caftans des princesses orientales dans son effondrement en arabesques synthétiques. On dirait que rien ne l’empêche de tomber toujours plus bas, de s’ouvrir un peu plus sur sa poitrine harmonieuse, et pourtant il garde un maintien strict qui ne cesse de m’interpeller.

Un peu plus bas, elle est vêtue d’un de ces shorts subtils et élégants qui donne aux femmes de l’adolescence et aux jeunes filles de la féminité.

Je décris lentement les courbes de ses jambes graciles, pour m’apercevoir gaiement qu’elle est pieds nus. Cela donne à la fois plus de candeur à sa silhouette et permet plus d’artifices dans la suggestion de ses déhanchés, qui semblent se poursuivrent jusque dans ses talons.

Pour uniques bijoux, elle est seinte d’une gourmette à son poignet gauche et d’un bracelet à sa cheville droite, qui flottent élégamment lors de ses entrechats.

Je m’avance brusquement sur la piste et, d’une main, la saisie par la hanche, mon buste collé à son buste, mes reins dans ses reins.

Nous ne nous sommes pas quitté du regard et j’ai pu déceler une seconde de surprise dans le sien lorsque j’ai fait ce mouvement animal.

Notre rencontre est féline. Le revers de mon autre main, du bout des ongles, parcoure le bord de sa joue, coule jusqu’à sa gorge, remonte derrière sa nuque dans la multitude de ses cheveux.

Nos visages sont proches, complices, nos lèvres garde une distance minime. A chaque pas, elles se rapprochent, sans jamais se toucher.

Quelques fois, elle se blottit contre moi comme une chatte ronronnante ; à d’autre, elle m’agrippe avec une force de mécanisme rigoureux.

Tantôt face à moi, proche et désirable, tantôt me tournant le dos, puissante et aguicheuse, tantôt derrière moi, mystérieuse et excitante.

Je l’accompagne parfois, ou la guide, me permet des gestes défendus, enflamme notre imagination.

Je ne sais plus très bien qui je suis tant je ressens qui nous sommes.

Elle pose sa main sur mon épaule, son poignet se brise majestueusement, elle se colle à moi.

Je distingue quelques lettres sur sa gourmette et devine qu’elle s’appelle Vanessa.

Elle lèche doucement une goûte de transpiration qui coule derrière mon oreille.

Sa chevelure sent la bergamote.

Nos respirations sont amples comme des soupirs.

Mon pouce caresse délicatement la raie de sa colonne vertébrale.

Elle relève le front. Son front est une lande océanique, un appel au calme.

A l’intérieur de moi, rien n’est calme.

Mes lèvres, elles, sont immobiles. Les siennes aussi. Elles se rejoignent dans un silence d’ouragan.

C’est le plus beau mariage de toute l’histoire du baiser.

Sa main gauche se glisse sous ma chemise. Au fond de moi, un violoncelle répète les notes qu’elle joue sur l’élastique de mon caleçon.

Je crois qu’il y a des hormones dans sa bouche. Son brésilien jaune apparaît au détour de sa cambrure.

Je m’enroule sur sa langue, elle s’enroule sur la mienne.

Elle lèche tendrement mes lèvres.

Ses yeux pétillent. Vous avez déjà vu des yeux bruns pétiller ? C’est le firmament sur terre, la sphère céleste sur la sphère planétaire.

Nous nous détachons lentement, reprenant des danses électroniques.

La distance nous rapproche. Nous serions collé à chaque bout de la piste.

Nous jouons avec les mètres, les centimètres, les millimètres. Loin des yeux, proche du corps.

Sa cuisse sous le joint des miennes. Ma main sur ses fesses.

Puis, deux pas en arrière, je la voie toute entière, angélique.

Je veux me rapprocher d’elle, mais un homme se glisse entre nous, cherche à se coller à elle.

Elle se laisse à faire, électrique.

Leurs jambes s’entremêlent, rugueusement.

D’un coup de hanche innocent, elle l’a fait tomber. Il quitte les lieux, honteux.

Cette fille a de la ressource.

Elle me prends par la main, m’entraîne aux toilettes, l’air mutin.

Toilettes des femmes, bien sûr.

Quelques dindes gloussent, agressives, puis se remettent à se poudrer.

Nous nous enfermons dans une cabine.

C’est fou ce que les toilettes sont propres ici. Tout est blanc. Le short de Vanessa est blanc.

Je le retire doucement.

Nous sommes collés à une paroi, embrassés. Je ne voudrais jamais quitter ses lèvres, la soulever, ses jambes accrochés autour de ma taille, la balancer sauvagement contre les parois jusqu’à les briser, ses petits cris de désirs comme unique vraisemblance dans cette fantasmagorie sexuelle.

Mais au lieu de ça, je descend tendrement, lèche l’intérieur de son décolleté et me retrouve face à son brésilien, son short à ses pieds.

Je suce la commissure de ses lèvres vaginales, le relief que forme sa lingerie ensoleillée.

Ses hanches s’agitent lentement, tournent un peu sur elles-mêmes, donnant à l’ensemble un aspect d’hélyotrope. J’en mordille les pétales, le pistil, l’étamine.

Ses cuisses sont chaudes comme des pierres de lave. Avec les dents, j’arrache littéralement son sous-vêtement.

Son sexe humide me donne des envies de câlins. Je m’y blotti, mes mains sur ses fesses.

Elle me caresse les cheveux. Mes mains appréhendent ses genoux, ses mollets, ses chevilles, ses genoux, ses hanches, soulève son haut, ma tête glisse sur son ventre, y plaque ma joue, se frotte à lui, lèche l’intérieur de son nombril. Elle pousse un petit cri, ses caresses sur mon crâne deviennent plus fiévreuses.

Je redescends, mon nez dessine le contour de sa petite chatte, taquine son clitoris, pénètre légèrement son intimité.

Son vagin se contracte déjà compulsivement.

Une de mes mains remonte, glisse sous le tissus, lui harcèle un téton (le gauche, je crois, je ne sais plus très bien).

L’autre se promène à l’entrée de son entrejambe, pendant que ma langue danse avec son clitoris.

J’adore l’odeur de sa cyprine. Elle ne ressemble à rien d’autre.

Ses hanches sont tendues, un de mes doigts pénètre entièrement et touche le fond de sa cavité, la chatouille un peu.

Je crois qu’elle suffoque. Je vais la tuer si je continue.

J’enfonce un deuxième doigt, commence des mouvements amples et irréguliers pendant que ma langue continue son travail.

Mon autre main s’accroche à ses fesses, la guide dans son désir, qui devient désordonné, incontrôlable.

Ma langue fait maintenant des parcours plus longs, traversant de haut en bas l’intégralité de son sexe, léchant parfois mes propres doigts.

C’est de plus en plus sauvage, de ma part également. Son excitation est communicative et mes joues s’échauffent rapidement.

Tout est rouge. Tout est chaud. Tout est humide.

Elle jouie tout à coup, n’en pouvant plus.

Elle s’effondre, son visage faisant irruption devant le mien, comme l’apparition d’un miracle. Elle a les yeux fermés, je l’embrasse. Elle me lèche ensuite le visage, dévorant son liquide vaginal. Tout le reste de son corps est inerte, transpirant.

Je me lève et quitte la cabine, les toilettes, la salle, la discothèque.

J’ai la tête vide.

Je suis ailleurs.

Adrien est là, qui dort par terre, à moitié sur le trottoir. Il a les yeux ouverts.

Je marche, le visage légèrement tourné vers le ciel. Le ciel est noir, on n’y voit rien.

Je monte dans ma voiture, met le contact. Elle ne démarre pas.

J’ouvre le capot, secoue le démarreur, démonte une-à-une les bougies, souffle dessus, les remonte, retente le coup.

Dans un bruit de tonnerre, mon moteur se lance.

J’ai à peine fait vingt mètres que les flics m’arrêtent. Je les insulte, je crois, perdu, plus qu’à moitié ivre, mélancolique.

Ils me font descendre de la voiture, de force.

Au moment où ils vont me menotter, une voiture arrive de nulle part, le moteur rugissant, plein phare, et en nous croisant, jette un projectile dans le pare-brise des flics.

C’est un coup de fouet.

Je sors de ma torpeur. Les deux abrutis jurent, sautent dans leur véhicule et démarrent en trombe.

J’explose de rire et fait de même. Je me lance à leur poursuite.

A suivre...

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:P Tu as le sens du détail, on s'imagine bien.

J'aime bien ton histoire on s'attend à une expérience entre pottes et non elle dérive sur Vanessa.

Un peu d'action pour la fin et maintenant j'attends la suite de la course poursuite.

Vous avez déjà vu des yeux bruns pétiller ?

Oui ! oui !

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Elle a tourné au coin de la rue, sur la droite. A peine plus loin, la voiture de police, gyrophare hurlant et sirène éblouissante. Derrière eux, moi.

Ils profitent des lignes droites pour me distancer et la rattraper, ma motorisation gémissante ne faisant pas le poids. Mais je profite moi d’une série de lacets pour les rejoindrent, plus léger, plus agressif. Hélas ! ils m’en reprennent autant à la ligne droite suivante.

Commencent ainsi des vas-et-viens ; tour-à-tour je suis loin d’eux, tour-à-tour je suis sur eux.

Quoique je n’ai pas les mains moites, que je ne transpire pas malgré la chaleur qui habite mon corps, que ma fenêtre ouverte ne permette pas de buée dans l’habitacle de ma voiture, il me semble que tout est humide. Peut-être est-ce la fraîcheur de matin, peut-être est-ce… autre chose.

Nos crissements de pneus sont des feulements trop violents pour ma libido. Mon pantalon est déformé par l’excitation, et j’envisage la possibilité de me masturber pendant cette course-poursuite. Mais quelques virages indélicats m’en dissuadent aussitôt, bien qu’ils m’en donnent plus envie encore.

Enfin ! je parviens à dépasser la voiture de police. A la faveur d’une courbe mal négociée par les poursuivants de Vanessa, je me retrouve à leur hauteur et aperçoit son arrière-train. Vision apocalyptique s’il en est, il est passablement embouti.

Pris d’une rage folle à l’idée que deux hommes inconnus ai pu lui rentrer dans le cul, je les sert violement contre la droite de la route.

Bien que leur voiture soit plus puissante, avec une roue dans le bas-côté, elle parvient difficilement à se maintenir à ma hauteur, toujours aile contre aile.

Les dents serrées, le jour presque levé maintenant me permet de voir d’assez loin le vieillard qui nous fait face, sur son solex. Il est bleu. Le vieillard, pas le solex.

Dans un ultime effort, j’envoie mes voisins dans le champ et parvient à éviter de justesse le malheureux solexagénaire. La voiture de police, elle, je le distingue dans mon rétroviseur, a le nez planté dans la boue. Je ne pense pas qu’ils pourront repartir. Par contre, je pense qu’ils risquent de sentir mauvais : mieux vaut ne pas trop s’en approcher.

Nous poursuivons encore pendant quelques kilomètres, relativement excités, conduisant toujours dangereusement pour ne pas laisser faiblir l’orgasme.

Lorsqu’elle s’arrête, devant moi, dans un petit renfoncement de la route, près d’une plaine dégagée, le soleil pointe clairement ses rayons. Quelle heure est-il ? Six heures peut-être.

Je descends, marchand en canard, à l’étroit dans mon jean’s. Pour garder une bonne contenance, je prends une allure de cow-boy, l’allure qu’ont tous ces flics minables qui viennent d’arrêter une voiture.

J’arrive à la hauteur de sa fenêtre, ouverte.

« Bonjour madame, polisson national. Vous avez les papiers du véhicule ?

- Non, mais j’ai beaucoup de plastique, dit-elle, sortant plusieurs capotes.

- Ça ira. Je vais m’empassagir alors » dis-je, faisant le tour de la voiture, et y pénétrant par l’autre porte.

A peine à l’intérieur, elle me saute dessus et grimpe sur moi, à califourchon, m’embrassant à pleine bouche.

« Je vous trouve bien à cheval sur la loi, mademoiselle. Dura lex, sed lex.

- Soyez dur avec moi, shérif » souffle-t-elle, malicieuse, allongeant brusquement mon siège. « J’ai un orgasme à te rendre, il me semble », ajoute-t-elle, descendant vers ma taille, léchant au passage tout ce qui de près ou de loin attise la volupté.

Blotti entre mes jambes, elle fait rapidement sauter le bouton de mon jean’s, arrache vigoureusement le tout, avec mon caleçon.

Nos gestes sont précipités, fiévreux. Elle me lance un regard emplie de gourmandise en commençant à lécher mon gland érigé.

L’intérieur de sa joue s’enroule sur la tour de mon désir, comme un drapeau à son sommet. Glapissant, je me laisse aller. La respiration rauque. Mes mains sur sa nuque, dans sa chevelure.

Je me penche vers elle, sa crinière extravagante, d’un brun suave, est emplie d’une odeur de musc.

« Tu m’excites terriblement » lâche-je dans un hoquet.

Elle redouble alors d’efforts, ses mains se promenant sur le bas de mon ventre, sur mon torse. Je n’en peux plus, c’est trop.

Je suis totalement contracté, tous les muscles de mon corps. Ta langue est délicieuse, moitié de ma moitié. Elle danse follement, donne des tours de reins à mon sexe.

J’explose.

Elle avale tout ce que j’ai le bonheur d’éjaculer.

Mais elle continue à me masturber, à harceler ma bite de sa gorge sensuelle.

Je sers les dents. C’en est presque douloureux tant c’est bon.

Rapidement revigoré, je l’aide à me rejoindre. Bien qu’à l’étroit, je la soulève et nous roulons sur la banquette arrière, manquant de nous briser la nuque. Mais cela parvienne à peine à nous arracher de petits rires.

Nous étant rapidement déshabillés, ma cuisse remonte dans son entrejambe et se frotte à son intimité.

Elle est trempée, je suis raide. Je la pénètre, quoique sans ménagement, je ne crois pas que ça la dérange tant que ça.

Elle se mord les lèvres, ses longs cheveux reposant autour de sa tête, comme un oreiller luxurieux.

Ses jambes autour de ma taille me forcent à de puissants coups de reins, et mes puissants coups de reins la forcent à des gémissements de plus en plus amples.

La voiture remue, comme si elle faisait corps avec nous. Tout devient plus violent, plus opaque, plus rouge. Elle est presque encastrée dans la paroi.

Le rythme est presque démentiel, irréel. Je ne sais plus vraiment où je suis, au bord de l’extase.

Je lui dis de se redresser, et je la prends en levrette sur la lunette arrière. Ses petites fesses rondes subissent vaillamment l’assaut de mes chefs iliaques et psoas.

Si nous nous penchions un peu plus, nous pourrions voir distinctement le soleil émerger de l’horizon. Mais à vrai dire, je crois qu’on s’en fout.

Mon soleil à moi, c’est le creux de ses épaules. Et mon horizon, c’est le mouvement de nos hanches.

Déchaînés, nous faisons l’amour respectivement : sur le tableau de bord, avec des appuie-têtes décrochés, tout près de l’allume-cigare, sur le klaxon (mais pas longtemps), au sol, par la fenêtre, sur le capot, sur le toit, de nouveau sur la lunette arrière et finalement, après lui avoir donné trois orgasmes majeurs, je jouie au moment ou le petit sapin sous le rétroviseur central se décroche et tombe au sol.

Nous nous endormons sur la banquette arrière, trempés et heureux.

Je dois n’avoir dormi qu’une heure ou deux quand j’ouvre les yeux. Collée à moi, Vanessa est blottie comme une petite statuette, froide et délicate.

Je cherche mes habits, enfile mon caleçon et prends le reste sous le bras, pendant que je sors de la voiture.

Rapidement, je note le numéro de sa plaque d’immatriculation, puis je pousse ma voiture jusqu’à la pente, pour éviter de faire du bruit. Là, je me laisse descendre, puis met le contact et rentre chez moi.

Je me rends compte qu’on n’a rien fait avec le levier de vitesses.

A suivre.

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Invité alexiane_

Vraiment une belle écriture.. Tu m'as même fait rire, j'ai bien aimé au début les arrêts des véhicules :P

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C'est sympa d'avoir des commentaires, surtout quand c'est positif^^. Et dans tous les cas, c'est toujours mieux qu'un silence pesant.

Tant mieux si je peux aussi faire un peu rire, j'aime bien mélanger sexe et humour.

Bonne lecture.

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:) Merci pour la suite... et alors avec le levier de vitesse il y aura une idée ? :D

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Pourquoi être parti ainsi ? Pourquoi ne pas avoir attendu tranquillement qu’elle ne se réveille ? Pourquoi avoir laissé à l’abandon les friches d’un amour qui ne demande qu’une bonne dose de désherbant et quelques pesticides pour s’épanouir ?

Ce sont le genre de questions qui me tournent dans la tête lors de mes brefs mais intenses moments de doutes. Vous savez, ces périodes qui suivent directement une rupture tragique ou une conquête échouée : l’alternance entre séquences de dédain viril et d’hésitations morbides.

Mais la plupart du temps, j’ai l’aristocratie de me dire que demander son numéro de téléphone à une femme, en plus d’être un furieux aveu d’impuissance (l’impuissance d’obtenir soi-même ce qui nous intéresse vraiment), est également une faute de goût impardonnable. Qu’est-ce qui brise plus l’amour qu’un code à dix chiffres lancé avec la connivence d’une femme conquise ?

Moi je ne fais pas cette insulte là à une amante telle que Vanessa. Dommage que son numéro de téléphone n’ai pas été gravé sur sa gourmette. Parce que là, je me retrouve comme un con, avec ma plaque d’immatriculation.

Je feuillette distraitement les pages d’un annuaire, composant des numéros de Vanessas diverses (gloire au téléphone fixe illimité !), provoquant foule de situations coquasses, mais rien de bien érotique.

« Allô Vanessa ?

- Oui ?

- T’as rien de prévu ce soir ? 19h au Castel, ça te va ?

- D’accord, mais trouve-moi une excuse pour mon homme.

- Laisse-lui une lettre disant que tu pars et que tu ne reviens plus. Quand tu rentreras, le soir, avoue lui que tu vies de plus en plus mal votre relation mais que tu l’aimes toujours. Ensuite, vous ferez l’amour comme des sauvages et tu te demanderas pourquoi on n’a pas le droit de plaquer plus souvent son copain.

- Ça me va ».

Six heures plus tard, à régler l’addition d’un repas original mais décevant. Vanessa n’était pas Vanessa.

« Allô Vanessa ?

- Non, c’est sa fille.

- Tu me passes ta maman ?

- Elle peut pas, elle se sèche les cheveux.

- Dis-lui de pas trop les chauffer, ils vont s’éclaircir.

- Ils sont blonds platine. »

Quelle horreur !

« Allô Vanessa ?

- Oui ?

- J’ai oublié mon parapluie sur ta banquette arrière. Je passe le chercher quand ?

- J’ai pas de banquette arrière.

- Merde. On l’a ruinée à ce point ?

- Qu’est-ce vous racontez… Oh ! Ferme ta gueule, sale pervers, ou j’te dénonce à mes parents. »

J’ai décidé de changer de méthode, le téléphone m’ennuie. Je vais sur place, aux adresses du botin, et attends une apparition de la Vanessa locale.

Dès heures passées dans des cafés, à épier comme un psychopathe ; au coin d’une rue, derrière un journal ; sur le toit d’un voisin, déguisé en chaton (j’adore me déguiser) ; dans son canapé, lisant un Femme Actuelle (la porte-fenêtre était ouverte)…

Les Vanessas me rendent fou : je commande des pizzas quatre Vanessa, je prononce Vanessa avec des dizaines d’accents différents (depuis que je m’entraîne dans la rue, on me croit fou), je ne me masturbe plus que sur les vidéos ou les photos de femmes nommées Vanessa, vous saviez que le prénom Vanessa avait été inventé par Jonathan Swift ?

En soirée, rien ne m’intéresse plus : boire, faire des stupidités, vomir : à quoi bon s’il n’y a pas de Vanessa dans la salle ? Si personne n’a d’ami qui s’appelle Vanessa ? S’il n’y a pas potentiellement de rencontre à faire avec une Vanessa ?

« Un peu de sucre dans votre Vanessa ? »

« Tapez votre code. Retirez votre carte et récupérez Vanessa. Bonne journée. »

« Au bout de Vanessa, tournez à gauche. »

Je l’ai tenté, à la Bertrand Morane, entrant dans un commissariat, furieux, pestant contre une automobiliste qui m’avait emboutie le capot et qui s’était enfuit, me laissant juste le temps de discerner sa plaque.

Mais contrairement à lui, je n’y ai pas trouvé de jolie blonde conciliante pour me donner l’adresse de ma plaque d’immatriculation.

Il n’y avait que deux hommes. Un vieux et un jeune. Un gros et un maigre. Un poilu et un imberbe. Et le pire, c’est que le gros poilu, c’était le jeune.

Dégoûté par leurs manque de sympathie (« on ne donne pas d’adresse comme ça, m’sieur »), je claque la porte du commissariat et me prends une douche chaude : Vanessa vient de passer sur le trottoir d’en face.

Soit elle ne m’a pas vu, soit elle m’a ignoré (ça fait deux bonnes semaines que je l’ai laissé sans nouvelles).

Avec une discrétion d’homme jubilant, je la suis dans la rue, au coin des immeubles, sous des ponts dégoulinant. Je manque de lui sauter dessus pour l’entraîner sulfureusement dans un parc environnant, ou sous un porche sombre.

Mais je me reprends à chaque fois, trouvant que la situation manquerait cruellement de naturel.

C’est étrange cette sensation : vous savez, lorsque le silence s’est installé durablement entre deux amants. Il faut alors que tout soit parfait pour qu’une nouvelle rencontre ait lieu. Combien d’histoires sont mortes ainsi, sous le poids d’une exigence immodérée ?

Elle porte un pantalon de tailleur qui accompagne ses formes langoureuses dans une démarche enivrante. Je suis littéralement asphyxié par ses jambes. Plusieurs fois, je me cache un instant pour reprendre mon souffle, éponger ma sueur.

Ses épaules aphrodisiaques se tournent tout à coup vers une rue qui m’inquiète fortement : c’est la rue de la gare.

Priant tous les saints qui n’ont pas encore béni mon existence (ils doivent être rare depuis que ceux qui ont provoqué ma rencontre avec Vanessa ont grillé leur cartouche), j’espère qu’elle en rentrera pas dans la gar… trop tard, c’est fait.

Elle vient d’ouvrir une consigne (d’une façon qui est trop excitante pour être décrite) et d’en tirer un sac brun et rose. Lorsqu’elle s’en harnache, sa délicate poitrine apparaît effrontément, plissant son chemisier blanc.

Désormais, à chacun de ses pas, ses seins font des soubresauts adorables.

Trente-deux hochements de seins plus tard, elle aborde le quai C. Dix-huit hochements de plus, et elle atteint la porte d’un wagon.

Je me précipite à l’autre porte, grimpe rapidement, me jette dans le couloir, et entre calmement dans le compartiment voyageur. En face de moi, Vanessa.

Mais elle baisse les yeux, ne m’aperçoit pas. Au moment de charger sa valise au-dessus de son siège, je l’aborde. Comme dans ces niaises comédies sentimentales.

« Je peux vous aider ? »

J’ai pris un ton volontairement ironique, caricatural, n’assumant pas le cliché.

« Je ne sais pas. Vous n’allez pas laisser tomber ? », avec une pointe de sarcasme.

« Vous préférez que je la laisse sur la banquette ? », affrontant son regard.

Finalement, nous nous asseyons, commençons à bavarder, retrouvons une complicité.

J’apprends rapidement ou je vais, et je parviens à donner le change pendant tout le voyage. Vanessa croit que j’ai réellement voulu prendre ce train, et que nous nous sommes retrouvé par coïncidence.

Aucun contrôleur n’est passé. Cela paraîtra peut-être étrange à certains, mais pas à ceux qui ont pris un train en France ces dernières années. Ils savent de quoi je parle.

Lorsque nous arrivons à destination (plus de quatre cents kilomètres de chez moi), sa valise est toujours sur la banquette. Elle s’est assise dessus. Farouche.

Elle monte dans un taxi. Au moment de nous séparer, elle me demande mon numéro de téléphone. Je bégaie, prétexte une panne, mon portable tombé dans mon bain, et lui dit que de toute façon ; le village étant petit, nous serons forcément amené à nous croiser.

Elle me demande où je crèche, je réponds évasivement, encore plus maladroitement.

Elle soupire, blasée, et fais signe au chauffeur de démarrer.

Je saute dans un autre véhicule borné, et hurle au chauffeur, avec un ton d’acteur hollywoodien : « suivez ce taxi ! »

Amusé, il fait crisser les pneus. Mais je le calme aussitôt, et bien que tous deux hilares, nous maintenons une distance entre les deux voitures.

Après quelques virages, beaucoup de campagne et un peu de boue, nous aboutissons au portail d’une résidence austère, d’un luxe bourgeois et paisible.

Nous nous garons derrière elle, et elle me regarde, interloquée, posé un pied assuré sur les gravillons de l’allée.

Au culot, je lui lance, feintant l’étonnement : « qu’est-ce que tu fais là ? », comme si c’était à moi de poser cette question, comme si j’habitais ici.

Mais j’ai glissé dans mon attitude assez de comique pour qu’elle devine ma situation.

A mon air penaud lorsque la maîtresse de maison vient l’accueillir elle, oui, ELLE, et PAS MOI, elle comprends tout d’un coup, et se jette à mon bras.

Improvisant avec un brio spontané, elle me présente à sa tante avec un naturel d’actrice professionnelle. Cette dernière, heureuse de pouvoir rencontrer enfin « un petit ami digne de ce nom au bras de sa nièce », n’y voit que du feu.

Dans ce manoir d’allure londonienne, sa tante, Edwige, fait respecter une existence surannée, imposant l’heure du thé, des distractions distinguées (calèche, carabine, collâaaation) et tyrannisant des domestiques impeccables.

Bien que cette vieille bique me soit sympathique (elle a un plissement à la commissure du regard que l’on ne retrouve que chez les plus subtiles moralistes), j’ai furieusement l’impression de me trouver dans une pièce de Molière. Et je déteste Molière.

Vanessa et moi, nous profitons malicieusement de chacune de ses absences pour croquer des fruits défendus. C’est d’autant plus excitant que ça a l’air obscène dans cette atmosphère de préciosité ridicule.

Je me souviens lui avoir donné un orgasme pendant les brefs instants où sa tante était partie sonner son majordome. L’entendre lui donner de vaines consignes pendant que je caressais son clitoris humide a eu raison de sa retenue. Je crois même qu’Edwige a dû entendre un léger feulement, assourdi dans un coussin de flanelle bleu.

Je vous laisse deviner les jeux souterrains que permet le repas. Son pied, une fois, s’amusa à me donner une érection monumentale juste avant le dessert. J’ai mangé mon pudding à la vitesse d’un connaisseur gastronomique, imitant physiologiquement les attitudes de la plus intense délectation et cherchant en mon fort intérieur à calmer rapidement le travail de mes hormones.

Elle m’a récompensé le soir de cette prouesse, dans les ténèbres intimes de notre chambre à coucher.

Avec l’aide de la gouvernante, elle s’était procurée certains accessoires culinaires : une fraise, rouge et sucrée, de la chantilly, des raisins verts, des glaçons infernaux, du champagne, une poire et une pêche.

Moi, légèrement vexé par cette épreuve frustrante, j’avais amicalement prévu de ne pas lui faire l’amour ce soir. Préparant mon rôle d’homme froid et distant, je la vois tout à coup sortir de la salle de bain dans une magnifique guêpière noire et rouge.

Faisant la moue, je lui rends la monnaie de sa pièce. Elle ne se laisse pas troubler, monte sur le lit, enjôleuse, à califourchon sur mon corps nu.

Dans un soupir, je trinque avec elle et nous buvons une gorgée. Elle renverse le reste de sa coupe sur mon torse et entreprend de le lécher sensuellement.

Persévérant dans la grossièreté, je lui demande « et les draps ? ».

Elle continue son manège, et, l’alcool aidant, je me déride petit à petit. Elle sort la bouteille du petit frigo adjacent au lit et rempli ma coupe vide. Puis, elle jette la sienne par-dessus son épaule.

Je m’apprête à protester (c’est pas du jeu), mais elle retourne dans le frigo – oh my god ! cette guêpière, pour moi, c’est une souricière ! Mais je commence à moins regretter de m’y être fais piéger.

Elle se redresse. Elle a une fraise humide dans la bouche. Je la regarde, étonné, enduire mon corps d’un jus purpurin, dilué dans le champagne subsistant, formant des arabesques artistiques.

Je commence à me laisser aller, caressant ses cheveux. Elle termine son parcours au niveau de mon visage, glisse avec ses lèvres le fruit dans ma bouche.

Ce baiser sucré me donne des frissons d’extase, et nos langues s’étreignent violemment.

Mais elle se détache, posant son doigt sur ma bouche.

Elle se penche à nouveau – sa guêpière est le terrain de jeu de mon avide regard. Elle remonte cette fois-ci avec deux glaçons dans les mains et entreprends de refroidir mes tétons.

Je n’en peux plus, je bande comme un cerf. Elle fait maintenant ce qu’elle veut de moi.

Ses mains gelées se baladent sur mes tétons. Elle cale un glaçon dans mon nombril et je sens des mouvements à l’intérieur de mon ventre. Mes abdominaux palpitent.

Avec l’autre glaçon, elle continu sinueusement la descente et tout à coup, le glisse sous mes testicules. Surpris, je me cabre comme un étalon sauvage et elle en profite pour me lécher le sexe. Elle fait rapidement raidir, caressant toujours mes bourses avec le glaçon, parcourant ma bite de l’autre.

Elle reprend le glaçon et le passe sur mon pieux, remonte jusqu’au gland et titillant le canal de mon urètre. Je suffoque.

Des décharges électriques me parcourent. J’ai l’impression qu’il y a quelque chose d’autre en moi, comme une marée inconnue poussée par une lune aux longs cheveux bruns.

Quand le glaçon a fini par fondre, elle se penche de nouveau – Ô Extase ! la guêpière de Vanessa, n’est-ce pas ta fille illégitime ?.

Ne s’inquiétant absolument pas du fait qu’un petit morceau de glace continue à me torturer agréablement le nombril, elle commence à étaler de la chantilly sur mon corps.

Elle en prend un échantillon du doigt (juste à côté de mon nombril) et me le fait sucer. Je m’exécute, lui lançant un regard de vierge effarouchée, et le pompant convulsivement.

Je me redresse et nous nous étreignons quelques instants. Mais elle me repousse sur le lit.

Rebelle, je me relève et entreprends de lui lécher la chantilly qui est maintenant barbouillée sur son corps. Pour la première fois de la soirée, elle semble perdre son assurance, et j’augmente mes caresses en conséquence.

J’ai à peine le temps de lui mordiller les tétons, mes mains parcourant fiévreusement le dos, qu’elle reprend le dessus et de nouveau me renvois à mon matelas, obéissant.

Elle se penche pour la énième fois – sa guêpière est le foureau de mon adoration – et remonte avec une pêche rouge.

Elle passe ce fruit mi-rugueux, mi-doucereux sur les zones érogènes de mon buste (qui sont maintenant nombreuses) et je m’enivre de cette sensation de frottement soyeux.

Les yeux mi-clos, je sens qu’elle le glisse dans ma bouche, tout en me léchant le lobe de l’oreille. Je gémis, tendu à l’extrême et dévore le fruit défendu.

Alors, toujours me mordillant, elle s’empale sur moi et commence d’amples vas-et-viens.

Mes mains sur ses hanches, totalement inertes, je me laisse faire, sentant le plaisir monter en moi, comme une cascade niagarisiaque.

J’éjacule rapidement, mais je la jette sur le dos, continuant à lui faire l’amour, m’enivrant de ses cris. Je garde étrangement ma vigueur et retrouve des sensations de voluptés rageuses.

Comme à notre habitude, nous nous dominons tour-à-tour, nous entortillant dans les draps huileux.

Cette nuit-là, nous n’avons cessé de faire l’amour, enchaînant orgasmes sur orgasmes, avec une vitalité surnaturelle.

Aux premiers signes de l’aube, harassés et affamés, nous avons mangé la poire et la grappe de raisin et nous sommes endormi immédiatement, blottis l’un contre l’autre.

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Peut-on expliquer comment après un acte aussi bestial que l’assouvissement d’une pulsion sexuelle, alimentée par le pragmatisme morbide des caresses qu’engendre fastueusement la tendresse, puisse s’observer cette beauté dans le repos, chose habituellement méprisable du point de vue de l’exigence, qu’offre le sommeil ?

C’est artistiquement incompréhensible.

Et peut-on percevoir comment la contemplation extatique de l’amante adorée peut soulever des jugements d’une si haute spiritualité qu’aucun narrateur n’est parvenu à le rendre sans tomber dans la fatuité d’un vocabulaire emphatique ?

Je m’en vais réparer cette erreur.

Une femme allongée sur son lit de draps sales, dans la lumière grisée de ces moments qui précèdent l’aurore, est comme un parterre de fleurs :

quelque part entre l’extatique le plus superficielle et l’adoration la plus profonde, on y trouve l’image d’une perfection étrange et humaine à la fois, quelque chose de plus, d’invisible, d’insensible, d’inconscient, quelque chose comme l’unité d’un bouquet qui fait qu’il es t plus que chacune de ses fleurs séparément,

quelque chose comme un parfum obsédant, quelque chose comme le goût de l’idole, la science du miracle, quelque chose comme la racine physique d’un monde intime,

quelque façon que ce soit, cela restera toujours une sorte de bruyant silence, que l’on ne peut percevoir mais qui toutefois nous agite comme milles et une délicieuses douleurs, dont on ressent chacune des facettes sans pouvoir les réunir dans une même figure, que l’on voudrait faire durer toute la vie, mais dont on ne peut maîtriser que les causes les plus basiques, sans savoir tout-à-fait pourquoi elles provoquent ce genre de conséquences.

Vanessa vient d’ouvrir les yeux.

« Déjà réveillé ? »

Appuyé sur ma main gauche, étendu sur le flanc, je redresse la tête et me penche pour l’embrasser.

Mon bras gauche est engourdi (le deltoïde, lorsqu’il est contracté, empêche tout flux sanguin dans cette partie du corps). Je déteste cette sensation.

Nous restons là un temps indéfini, couverts de substances indéfinissables, avec une fascination indescriptible.

Au bout d’une semaine passée ainsi, toute cette mise en scène, ces jeux de la chatte et des sourires, les sous-entendus complices, tout cela parvint de moins en moins à stimuler notre libido.

Une semaine seulement, oui.

Blasé, nous prîmes congé.

Le retour en train fut morose, tendre mais morose. Nous n’y fîmes pas l’amour.

Ayant désormais nos numéros, nos adresses, une entente de couple, des envies communes, notre relation fut plus simple.

Chez elle ? Chez moi ? Quel délice d’avoir deux points de chute.

Après avoir profité d’une semaine intense, sans temps morts, sans cachotteries l’un pour l’autre, nous redécouvrions les plaisirs de faire des surprises, d’apprendre à les amener, de les voir aboutir.

Le doute, l’absence, dans ces cas là, sont comme une sorte de bienfait : on sait qu’au final, tout cela finira l’un contre l’autre, et on souffre joyeusement.

Cette confiance dans des conclusions heureuses permit des folies impensables : jouer sensuellement avec des inconnus, dans les rues ; se promener nu, sous un grand manteau, dans des foules indifférentes ; tenir des discours libertins à longueur de journée, dans des lieux plus ou moins guindés.

Cela aurait pu provoquer des ulcères de jalousie.

En jalousie, il y a un protocole à respecter. D’abord, savoir faire la différence entre tout ce que l’on doit douloureusement prendre sur soi (de la caresse que le soleil nous lui vole, le matin, sur sa petite joue conciliante, à l’extrême limite des attitudes trop ouvertes avec des individus trop engageant) et ce qui malsain.

La première fois qu’elle franchit cette limite, la sortir de cette situation scabreuse avec dignité et brio, mais lui reprocher violemment tous ces petits riens qui vous dérangent.

La seconde fois, l’abandonner un temps interminable, puis la retrouver.

La troisième fois, la quitter.

Malgré tout ce que nous nous fîmes subir d’extraordinairement déloyal, jamais nous n’appliquâmes la première sanction.

Au contraire, cela renforça notre union.

Rapidement, les absences devinrent insupportables, la distance, bien que très faible pour n’importe quel couple (une dizaine d’embranchements et quelques pâtés de maisons), nous devint une sorte de rempart illégitime.

Elle vint emménager chez moi.

Cet axiome précieux selon lequel c’est la distance qui crée le désir nous fut d’une absurdité invraisemblable.

Nous, notre proximité décupla notre attirance. Nous faisions l’amour tous les jours, à n’importe quelle heure, sans aucune limite et avec une créativité gargantuesque.

Il nous sembla naturel de trouver de nouvelles façons de nous surprendre, dans tous les aspects de la vie commune. Nous ne cherchions plus et nous trouvions.

Nos sentiments enflaient comme des bulles de chewing-gum à la fraise, à la menthe, au cassis, au cola, au citron…

En même temps, notre admiration l’un pour l’autre était sans limite, et nous ne cessions de nous trouver des épithètes amoureuses, des petits surnoms, des mots personnels.

Plus nous nous voyions, plus nous avions envie l’un de l’autre. Plus nous avions envie, plus nous inventions, avec brio, avec génie. Plus nous inventions, plus nous nous désirions. Plus nous nous désirions, plus nous réduisions les éloignements, plus nous annihilions les empêchements de nous voir.

Notre vie sociale en subit gravement le contrecoup. Je voyais de moins en moins d’amis, sans aucune préférence pour l’un ou pour l’autre, et sans aucune motivation particulière de passer du temps avec eux.

Qu’importe ? Notre couple prospérait dans la croissance et dans le renouveau, suivant le cercle vertueux que je viens de vous décrire.

Petit à petit, une bulle se format au cœur de laquelle nous étions infiniment heureux, et en dehors de laquelle (amis, boulot, famille) tout nous sembla belliqueux.

Nous fîmes des choses que je n’essayerai même pas de vous décrire, car elles sont au-delà de toute description ; des choses entre ce qui se fait avec le corps, avec le sexe, avec les sentiments et avec le désir.

A l’apogée de cette période, elle me quitta. Elle me quitta comme on place une asymptote au sommet d’une courbe, tout simplement et avec beaucoup de logique, et même de bon sens.

Saloperies de mathématiques.

On rentre un soir chez soi, et son ordinateur est allumé, boite e-mail ouverte. Dans les nouveaux messages, il y en a un qui est d’une adresse inconnu, mais dont le nom ne vous est pas du tout inconnu – c’est un de ceux que vous lui aviez donnée.

Vous avez un très mauvais pressentiment, car vous aviez senti venir cette dernière extrémité, malgré le bonheur dans lequel vous baigniez.

Vous l’ouvrez et c’est un ensemble de pavés qu’on vous jette à la gueule, mais que vous n’avez aucune peine à lire, et beaucoup de peine à la fois.

Nerveusement, vous en dévorez chacune des lignes, vous prenez votre portable, vous appelez sur le sien, qui ne réponds pas, sur son fixe qui ne répond pas, vous dévalez les escaliers et sautez dans votre voiture, vous arrivez chez elle en trombe, tambourinez à la porte, criez dans la rue, écoutez la voisine qui vous dit qu’elle est partie précipitamment mais elle sait pas où, tournez au hasard et pied au plancher dans les quartiers environnants, vous faites arrêter par les flics, leur fondez dans les bras puis leur hurlez des tonnes de choses avant de repartir brusquement et de vous faire arrêter de nouveau, vous faites coffrer et vous retrouvez en cellule, seul, grelottant, pitoyable.

C’est le genre de truc qui vous donne envie de ne plus parler qu’à la troisième personne, de ne plus dire je, de ne plus dire vous à personne, et encore moins tu, de ne plus jamais dire nous, de refuser même les ils.

On passe son temps à se dire qu’on pourrait faire des choses et mais elle ne laisse plus rien à faire, juste à se taire et à avaler.

On refuse de lui en vouloir, et de toute façon, on n’y arriverait pas totalement.

On sait qu’elle a raison, et que si elle ne l’avait pas fait, on aurait fini par le faire à sa place. Mais on voudrait encore essayer.

On frappe.

On hurle.

On pleure comme un gosse.

On frappe.

On hurle.

On a des tonnes de pourquois existentialistes.

Tout prends des proportions gigantesques, on n’a que des toujours et des jamais à chaque phrase.

On se dit qu’on a toujours trouvé une solution, et qu’on doit forcément en trouver une pour la chose la plus importante de notre vie.

Que si on n’y arrive pas, on ne veut pas réussir quoique ce soit d’autre.

On voit des murs partout, des barreaux, et on se demande s’ils sont dans notre tête.

Plus personne ne nous comprends.

Ou alors, tout le monde nous comprend mais personne ne peut le ressentir aussi fort que nous.

On veut en parler à quelqu’un et on ne le veut pas.

On veut des conseils de quelqu’un de neutre, mais on se dit que quelqu’un de neutre ne pourra pas nous les donner.

On veut quelqu’un qui soit à l’intérieur de notre tête et quelqu’un qui n’y soit pas.

On sent le bonheur, l’amour, la femme aimée tout prêt de nous, mais à travers un froid plexiglas, et on tape contre jusqu’à s’en faire péter les carpes.

On se fait immobiliser par un gardien et on reste immobile, à chialer comme une vieille loque.

On se déteste.

On se déteste de se détester.

On est négatif jusqu’au fond se soi.

On nie tout.

Plus rien n’existe.

Plus rien ne vaut la peine d’exister.

Tout disparaît, et il ne reste qu’elle, qui n’est pas là.

FIN.

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