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Oneiros

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Je me souviens encore… Ma boîte électronique me délivrant ce message lapidaire : « J’arrive. Tu viens me chercher à la gare ? ». En pièce jointe, deux billets de train reproduits en format « .pdf » . Un aller et un retour.

Je n’y croyais plus. Je dormais depuis cent siècles quand tu es arrivé, impromptu, dans ma vie. L’ambiguïté de nos mots, nos joutes verbales, nos affrontements âpres, toujours à fleurets mouchetés, puis ton silence. Buté. Quelques rares échanges, certes, mais si plats, si fades, si conventionnels. Si frustrants. Et là… l’inouï, l’improbable, prenait forme.

Jour J, heure H, je suis à la gare. Y seras-tu ? Es-tu réellement dans ce TGV qui réduit si bien les distances ? Oui. Je t’ai aperçu. J’évolue en plein rêve.

Tu arrives à moi, tu prends mes mains et tu me regardes. Les émotions défilent à un une vitesse folle dans tes yeux, j’ai l’impression de regarder un grand prix de Formule 1. Je dois être en pièces détachées à tes pieds, en vrac, complètement atomisée par les mêmes émotions que les tiennes. Je réalise soudain que tu m’embrasses. Les voyageurs arrivés en même temps que toi ont quitté le quai depuis longtemps, d’autres affluent, déjà, en partance, mais, seuls au monde, nous en sommes toujours à ce premier baiser. J’en garderai à jamais les mille saveurs.

Nous sommes enfin arrivés à mon nid. Nos désirs ont hâte mais nous les freinons, nous avons encore tant à découvrir de l’autre. Mes mains te lisent en braille pendant que les tiennes me pétrissent telles celles d’un sculpteur tirant la beauté d’un bloc de gaize. Et petit à petit, nous commençons à écrire notre œuvre à quatre mains. Sensualités exacerbées. Sens interdits et affolés.

Mon irréalité est à son paroxysme, mon corps éperdu. Le tien est fait pour mes courbes. Ta bouche me dévore, insatiable. Pas un millimètre carré ne sera épargné, pas un grain de beauté ne sera oublié. Tu es là, contre moi, en moi, autant à moi que je suis à toi. Délicats viols avec consentement mutuel. Tendresses animales et lubriques. Soumissions à la seule loi du plaisir.

Mon nid est un vrai champ de bataille. Des guerres comme celle-ci, j’en demande à perpétuité.

Nos corps repus se sont alanguis. Qu’il était beau ton regard quand j’ai ouvert les yeux. Je me suis sentie si belle dans ton sourire.

La trêve fut de courte durée, nos corps avaient encore tant à se dire. Comme nous ne disposions que d’une poignée d’instants volés à l’Éternité, nous voulions en savourer chaque seconde, goulûment.

Je n’ai jamais aimé les adieux sur un quai de gare, le dernier baiser brisé par la cohue. C’est seul que tu repartis dans ton quotidien. C’est seule que je préférai retrouver ma réalité, ranger nos si précieux souvenirs. C’est seule que je voulais refermer cette parenthèse dans nos existences.

Peut-être un jour trouverons-nous le temps et le mode pour conjuguer nos infinis. Je n’ose en imaginer la difficulté, nous avons commencé par le plus que parfait. Peut-être un jour la vie songera-t-elle à nous aider à vaincre les embûches, à gravir les marches qui mènent à nos étoiles.

C’est si bon d’être ton unique tabou.

Oneiros, sors de ma vie. Je t'aime.

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