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Petit rêveur

[8ème Concours Intime] Noir corbeau

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Je viens de remettre la main sur un texte que j'ai écris il y a de ça plus d'un an, à l'époque je ne connaissais pas CI et je ne voyais pas encore la fin du tunnel lors d'un passage à vide.

En le relisant je me suis dit qu'il aurait peut-être sa place ici, pour ceux qui comme moi aiment le fantastique.

Noir Corbeau

Les bourrasques de vent et la pluie battante donnaient à ce soir de pleine lune un air de fin du monde, Hector se tenait courbé au coin de la ruelle, regardant attentivement les rares personnes qui s'aventuraient dehors.

Il se souvenait qu'il n'y a pas si longtemps encore il n'aurait mis le pied hors de chez lui sous aucun prétexte lors d'une pareille nuit, et pourtant il était là, guettant le bon moment.

C'est à une heure avancée qu'une femme attira son attention, il reconnut la serveuse d'un assommoir tout proche, celle qu'il attendait. Elle marchait à grands pas et essayait tant bien que mal d'éviter les grandes flaques boueuses. Lorsque la demoiselle arriva à son niveau, il s'éclaircit la voix et l'appela.

Helena servait les soûlards de la taverne depuis des heures, son service commençant tôt dans l'après-midi et se terminant tard dans la soirée, elle fut soulagée de voir la vieille horloge, qui trônait au dessus du bar, indiquer une heure après minuit.

Elle enfila son long manteau, qu'elle avait eu la bonne idée de porter ce matin en prévision du sale temps qui se préparait, et sortit de l'établissement enfumé.

La nuit était atroce, du vent et de la pluie, et ces fichus nuages qui masquaient la douce lueur de la Lune qui ce soir devait être pleine.

L'eau détrempait la rue devenue marécageuse. Elle avançait à grandes enjambées, quand une voix familière l'interpella, c'était Hector un charmant homme qui passait de temps en temps à l'auberge, il s'était réfugié dans une petite artère pour éviter le déluge.

S'approchant de lui, elle fut satisfaite de sa mémoire en reconnaissant le visage, la peau claire, des yeux vert et rieurs qui dans l'obscurité étaient fort peu visibles, une fine moustache et une barbe faussement négligée.

Elle l'avait souvent trouvé séduisant, et bien plus distingué que les alcooliques qui lui faisaient la cour au comptoir. Heureuse de le revoir, en dehors des heures de travail qui plus est, elle vint le rejoindre.

Quelque chose dans son attitude avait changé, il était envoûtant, elle voulait se rapprocher pour essayer de lire au travers de ces beaux yeux.

L'instant d'après, ils étaient enlacés, le regard azur de la jeune femme perdu dans celui émeraude de l'homme. Serrés l'un contre l'autre ils se sont embrassés rapidement, elle était fascinée, une beauté surnaturelle émanait de cet être magnétique.

De la main gauche, elle lui caressait les joues, touchant cette peau douce et la barbe naissante qui le rendait si délicieux à son coeur. Lui, il la couvrait de câlins, descendant dangereusement vers le creux de sa poitrine.

Elle qui s'était toujours gardée pure en attendant le grand amour, elle se serait offerte à lui dans la seconde s'il l'avait demandé. Chacun de ses baisers était un régal, mais aucun n'était comparable à ce qu’elle ressentait maintenant. La bouche de son amant était remontée du haut de son sein droit jusqu'à son cou, ce qu'elle découvrait était indescriptible. Le monde tourbillonnait autour d'elle et Helena aurait voulu que cela ne cesse, qu'elle traverse les âges dans cet abîme de passion. Elle n'émit qu'un petit gémissement qui se perdit dans la nuit, emporté par le vent et noyé dans la pluie.

Viens ma belle, lui souffla-t-il. Abandonnons le bourdonnement des hommes, évade-toi à jamais et vis pour toujours avec moi.

Ses yeux plongeaient au plus profond de son être, explorant les moindres recoins de cette femme qu'il subjuguait. Il n'avait pas besoin de poser la question, elle le suivrait, mais il souhaitait qu'elle prenne la décision, que sa bouche forme le coeur grandissant qui ferait naître le « Oui » qu'il désirait tant.

La syllabe, comme une note cristalline, sonna nettement, parfaitement, une goutte d'eau pure dans un univers de souillure.

Helena se sentait renoncer, aspirée corps et âme dans ce regard qui se faisait aussi profond et impénétrable que la mer d'hiver. Hector la possédait, rien n'aurait pu l'arracher à lui, rien n'aurait pu l'écarter de l'amour prédateur qui se ruait sur elle, la dévorant dans un hurlement festif.

Elle devinait ses forces la quitter quand il lui parlait, ne saisissant les sons flous qui résonnaient dans le brouillard qui la noyait.

S'offrant totalement à lui ce n'est qu'un seul mot qu'elle put émettre.

Oui.

Il reprit le terrible baiser et la lia à lui par cette nuit froide et humide, par ce soir qui marquerait le début d'une nouvelle vie pour elle, dans l'obscurité qui allait lui être coutumière, couverture d'ombre, masque de noirceur qui l'envelopperait pour l'éternité.

Tard dans les ténèbres, on raconte que deux silhouettes ont laissé la ville dans un envol de corbeaux.

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Guest RQT

Brovo pour ton texte et ta participation :langue:

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