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C’est lui que j’aimais. Je l’ai rencontré lors d’un salon du livre. J’étais là pour converser sur ses ouvrages et faire un article de cet auteur et de ses œuvres. Nos regards ne se sont plus quittés et ont parlé d’eux-mêmes. Par la suite, nous avons longuement échangé en se donnant la réplique lors de textes savoureux. J’ai toujours adoré sa plume, son air angélique et sa singularité. Personne n’est comme lui, non personne. A ce jour, et malgré les six années passées depuis ces échanges épistolaires, je garde le souvenir de nos textes comme un trésor. Ils sont quelque part dans nos esprits, nous qui avons tout effacé depuis. La particularité de nos récits se situait dans le fait qu’il adulait son épouse. Elle était sur un pied d’estal à ses yeux et son fantasme était de la dépraver un peu, beaucoup, passionnément… Je l’ai fait pour lui, parce que je voulais lui plaire et parce que la vision de sa femme en photo, blonde, des formes magnifiques avec une fragilité dans le regard… parce que cette image-là m’a donné envie d’elle, de la faire mienne. Je vais essayer de revivre cette scène que j’avais imaginée pour lui, pour elle-même si elle est différente de celle écrite à l’époque.

 

Le soleil s’est couché laissant enfin la douceur de la nuit rafraîchir les corps. Dans cette grande bâtisse de style colonial, les portes-fenêtres des chambres donnant sur la terrasse sont ouvertes en grand. Je suis sur mon lit, seule, le corps moite, l’esprit qui bouillonne.

Cette propriété d’amis communs est une perle de beauté rare en France. Le terrain court sur des hectares et donne un aspect d’une terre sauvage mais domptée à la fois. Cela fait trois jours que nous sommes tous ici, entre sorties en journée plutôt tournées vers la culture et soirées à échanger simplement autour d’une bonne table. 

Ce soir, enivrée par les dialogues animés des convives, j'ai bu plus que de coutume. Je les écoute tous parler, essayant de suivre le flot des discussions à ma droite puis devant moi, évitant soigneusement de regarder vers la gauche. Cette gauche où immanquablement je tomberais sur eux deux. Elle dialoguant avec classe et intelligence avec le groupe d'amis à coté, lui admirant cette femme qu'il aime tant. 

Son rire retentit dans cette grande salle. Tout en portant un verre à ma bouche, mon regard se pose malgré moi sur elle. Au même moment, elle m'offre un sourire auquel nul ne pourrait résister.  Une boule vient me nouer le ventre. Parfaite !

A quelques centimètres, une autre paire d'yeux est fixée sur moi. Lui. Lui que j'évite depuis mon arrivée alors même qu'il m'attire comme le papillon l'est par les phares la nuit. Sauf que moi, je ne veux pas finir écrasée et en mourir. Je me détourne, me lève, salue tout le monde et je me décide à rejoindre ma couche. 

Et me voilà, de longues minutes plus tard, avec ces pensées qui tourbillonnent alors que je les sais à quelques mètres...

La lune s'est levée éclairant la chambre de sa couleur argentée. Insomniaque, j'épie les bruits de la nuit. J'entends une porte fenêtre s'ouvrir. Des pas feutrés s'approchent lentement. Une ombre s'encadre devant l'ouverture de ma chambre qui mène au jardin. Mon cœur a un raté. C'est lui, je le sais. Il reste là quelques secondes, une main posée sur l'encadrement. Je ne bouge pas. Mon envie de lui me paralyse et m'empêche pour la première fois de ma vie d'aller vers l'autre. Je le veux tant que je me le refuse... que m'arrive-t-il ?

Je suis là, prise par mes doutes et peurs,  je le vois faire demi-tour et sortir. Je panique...Je ne veux pas qu'il parte mais plutôt qu'il entre et pose son regard sur moi, qu'il s'avance et tire doucement ce drap qui me couvre pour sentir ses doigts frôler ma hanche et remonter le long de mon corps jusqu'à ma poitrine...

 

Les secondes passent et je suis en plein conflit. Vais-je laisser passer cette chance ?

 

Je me lève précipitamment et vais jusqu'au chambranle. Il s'éloigne sur la terrasse tranquillement. Mon rythme cardiaque s'affole. Je dois le rattraper. Il faut que je le rejoigne et que je lui dise tout ce que mes regards veulent exprimer.  Ce qu'il sait déjà mais par écrit. Là, j'ai le besoin urgent ce soir de lui avouer que je le désire depuis notre première rencontre, que je ne rêve que de lui depuis des semaines. Nos textes érotiques ont chamboulé ma vie. Les lectures qu'il m'a fait lire, alors même qu'on avançait dans nos récits sensuels, ont éveillé une autre femme en moi. Par exemple, Pauline Réage a fait un ravage dans mon esprit. Je l’imagine en René… Il a planté une graine qu’il fait germer dans l’ombre de nos récits. Et je me sens sortir de terre comme une jeune pousse et voir le monde différemment.  

 

Vêtue d'une simple chemise légère, pieds nus, je commence à le suivre. Il a dépassé sa chambre et descend déjà les escaliers qui mènent au jardin. Le sang bouillonne à mes oreilles alors que je vais pour le rattraper.

 

Devant les portes fenêtres de sa couche, je ralentis. J’épie pour vérifier que sa femme ne me verra pas passer juste après lui. Je me colle au mûr et je guette à l’intérieur. J’en perds mon souffle… Là, allongée telle une sirène, cette superbe femme nue, n’est que tentation. Jamais de ma vie je n’ai vu un corps féminin aussi beau. Sa seule parure est le reflet de la lune qui lui zèbre le corps au travers les volets. Je ne me rends même pas compte que j’ai avancé et que je l’observe effrontément et avec envie.

 

Les bras ballants, la bouche ouverte, je suis muette d’admiration. Elle relève soudain la tête, surprise. Alors que mon cœur s’affole de panique et que je m’attends à des cris de protestation, elle me sourit. Posée sur les coudes, elle me dévore des yeux. Puis se rallonge en posant un bras en travers de son front dans un soupir.

 

Je suis électrisée. Je l’ai tant mise en scène sans qu’elle le sache qu’à cet instant précis je la désire plus que tout. Comme si j’avais été transportée ailleurs, je m’avance. Je retire ma chemise et m’approche du lit. A genoux au sol près de ses pieds, je commence par déposer un baiser sur sa cheville. Un soupir sort de sa bouche sans qu’elle n’ôte son bras qui me bloque ses yeux. Je lui en fais un second quelques centimètres plus haut . Son silence et son souffle qui s’accélèrent, m’autorisent à continuer. J’embrasse son mollet et je monte lentement le long de son flanc, en parsemant sa peau de douces caresses prodiguées par mes lèvres. Je frôle sa hanche, je passe près de son sein gauche, j’arrive lentement au niveau de son bras, dont je suis le chemin jusqu’au creux de sa main. Elle libère son regard dans lequel je plonge remplie d’envie, de peur et de doutes. Je n’ai pas le temps de me poser de questions qu’elle colle sa bouche à la mienne et force le barrage de mes lèvres. Je bascule totalement. Ce baiser brise toutes mes défenses et je me perds en elle, nos langues dansant l’une autour de l’autre dans un ballet endiablé. Quand nous nous séparons, un feu brûle dans nos yeux. Je la veux. Elle me veut.

Je n’ai jamais fait l’amour à une femme. Mon appréhension et mon manque de confiance devant l’inconnu sont balayés par ce que je lis en elle, par ce corps alangui qui ne demande qu’à être aimé.

 

Je me lâche. Un sourire coquin vient se dessiner sur ma bouche. Je couvre son cou et son buste de baisers chaste ou de coups de langues longs et chauds, comme pour la goûter entièrement. Je la fais se tordre. Et quand mes lèvres finissent par se poser sur un de ses tétons, elle s’arque de plaisir et gémit. Coups de langue et petites morsures vont se livrer bataille et passer à l’autre sein pour mieux la voir s’ouvrir et se laisser aller.

Je n’épargne aucun centimètre de sa peau douce, tournant autour du nombril, descendant près de son pubis, pour me diriger vers l’intérieur de ses cuisses. Un sillon de feu. Elle gémit de plus en plus.

 

Je relève la tête et admire cette beauté se mordre la lèvre. Elle croise mon regard et laisse retomber sa tête en arrière. Je la tiens. Je la veux encore. Je lui fais écarter les cuisses et me positionne entre elles. Je les embrase encore, puis m’approche doucement de son sexe. Mon souffle chaud lui tire un soupir et un petit rire. Il ne m’en faut pas plus. Je pourlèche sa fente. Gémissement. Je recommence. Elle se cambre. Ses jambes bougent. Je passe mes mains sous ses fesses et je pose ma bouche sur son bouton gonflé de désir. Elle s’arque encore plus et vient à ma rencontre. Son cri de plaisir quand je me mets à la sucer me rend dingue. Dingue de réussir à provoquer cette intensité de plaisir. Je la dévore passant de ses lèvres béantes à son clitoris saillant. Ses jambes bougent, ses genoux se plient et se déplient, elle ondule.

 

Elle n’est qu’envie. Je connais bien cette gestuelle qui exprime le plaisir pur et le désir d’encore plus. Je me relève et l’observe un instant, quand elle croise mon regard, je le pénètre d’un doigt. Je suis emporté par l’expression de ses yeux alors même que je la doigte et y ajoutant un second. Je regarde sa bouche, et tout en restant en elle je remonte pour l’embrasser et lui faire goûter ses propres sucs. Je continue mes aller et retours et je la sens s‘ouvrir encore plus. Un troisième rejoint les premiers. Elle gémit et ondule pour venir à ma rencontre. Je goute à ses lèvres encore et j’ose le quatrième après un petit moment à ce rythme. Je me retire et la regarde. J’approche ma main couverte de cyprine et de ma langue je lèche un doigt. Elle attrape ma main et à son tour goute le fruit de son plaisir.

 

Je m’attendais à tout sauf à ça… emprisonnant toujours mon poignet, elle le dirige de nouveau vers son sexe. Son « s’il te plait » vient mourir sur le baiser qu’elle me plaque sur la bouche. Je la pénètre à nouveau.  Elle est trempée. Liquide. Avec douceur j’augmente le nombre de doigts au fur et mesure qu’elle s’ouvre. Quand le cinquième vient rejoindre les autres, je la sens se tendre. Je pose ma bouche sur son bouton, elle en crie d’extase. Je le suce et bouge lentement, doucement pour laisser la place à ma main. Ma patience vient à bout de sa résistance et quand je sens que le tout va rentrer, je mords gentiment son clitoris. Son corps se cambre en arc sur le lit. Aucun son ne sort de sa bouche pourtant ouverte en grand. Je retire mes lèvres sur un petit coup de langue et je concentre sur ma main en elle. Je guette son corps, scrute ses réactions. Je sais le plaisir qu’elle ressent, entre l’envie d’ôter cette main d’elle et le vide si je le fais, ce vide dévorant de supplier pour que j’y retourne. Je me retire et quand je ressens son manque alors que son regard me transperce d’une supplique muette, je la pénètre à nouveau. Je l’aime de ma main, je l’aime de ma langue enroulant la sienne. Au moment de jouir j’étouffe son cri dans ma bouche. J’attends que les spasmes cessent et me retire avec une douceur infinie. Ma main est suintante. Je me tourne vers elle un peu perdue. Ses yeux me remercient et elle retombe sur le matelas.

 

Je me lève pour récupérer ma chemise mais elle m’est tendue par une main virile. Lui… Tremblante je l’attrape et la colle contre moi. Il me sourit avec tendresse.

Je tourne mes yeux vers elle, qui se détend dans le lit, et vers lui ensuite.

 

-      -  Aime-la, lui dis-je.

 

Il me regarde comme troublé, s’approche de moi, me caresse la joue, passe un doigt sur mes lèvres et y pose un délicat baiser.

 

-      -     Merci, me chuchote-t-il.

 

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Je recule perdue par ce mot. Pourquoi ? Pourquoi me remercie-t-il ?

 

Au moment où il me dit « reste », je me sauve en courant.

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Waouh !! Quelle plume ! C est un moment magique que tu nous racontes là, l ambiance et le ressenti sont superbement retranscris, merci pour ce texte 👏👏👏👏

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une pure merveille !!!!!

je t'ai dis que tu devrais être Auteure !!!!!

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Merci messieurs 😚

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Joli récit, les mots sont bien choisis. La scène semble se dérouler devant nos yeux, bravo.😀

 

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il y a 35 minutes, Tuc a dit :

Joli récit, les mots sont bien choisis. La scène semble se dérouler devant nos yeux, bravo.😀

 

Merci mon Maître.  J'étais d'humeur à écrire aujourd'hui. 

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Un réel plaisir de te lire élo , j' ai adoréééééééééééééééééééééééé  :cul:

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Il y a 2 heures, 1hammam a dit :

Un réel plaisir de te lire élo , j' ai adoréééééééééééééééééééééééé  :cul:

Merci beaucoup :bisou:

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