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Défi n° 7 Au gré de l'eau : La rivière

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Je me rappelle encore, aujourd'hui au crépuscule de mes jours, de ces matins lumineux, à l'aube de ma vie d'adulte.

J'étais bien jeune alors, plus tout à fait un enfant, déjà vigoureux, dans le plein orgueil de mes 18 ans, et j'avais l'habitude déjà, ça ne me quittera jamais lors de ma longue vie, de m'en aller flâner en bord de Saône, au lever du soleil.

 

A cette heure-ci et emmitouflé dans les brumes matinales, je me sentais explorateur, libre du fracas du monde, avide de découvrir la vie à deux pas de chez moi. Il en faut peu pour un jeune homme comme je l'étais alors, pour devenir héro d'une histoire pas tout à fait écrite mais qu'on espère aventureuse et emprunte de promesse.

 

Ce matin-là, je m'en rappelle comme s'il était hier, m'étant comme tous les jours approché de la rivière, la fraicheur matinale était à peine sensible, et les odeurs du printemps, mélange de saveurs sucrées et d'odeur de terre plus lourde m'enivraient et c'est avec gourmandise que je m’emplissais les poumons de ses parfums de vie.

 

Assis au bord de l'eau et suivant ses courants du regard, je m'étais allongé sur le ventre, une brindille entre les lèvres et comme savent le faire les hommes, j'avais laissé divagué mes pensées bien au-delà de la rivière.

Étaient-ce mes songes éveillés ou bien un oiseau en parade, je devinais, presque imperceptible une singulière mélodie, à la fois douce et mutine, pleine de gaieté et d'insouciance.

 

Curieux et voulant en être sûr, je me laissais guider à l'oreille, à la poursuite de la chanson et trébuchant parfois sur les rives accidentée du ruisseau, j'arrivais près d'une anse, dissimulée jusque-là, invisible du chemin par tous utilisé.

La chanson se faisait plus réelle, les notes plus décelables et je distinguais maintenant à l'oreille, de charmants éclats de rire à la sonorité de cristal.

 

Caché derrière un arbre, à demi couché et curieux je découvrais enfin l'origine de ma quête.

Tournée vers l'autre rive et pataugeant dans l'onde claire, une jeune fille, aux longs cheveux chantait un air guai et pour moi inconnu. Je me sentais comme envouté par le son de sa voix et oubliant ou j'étais, je me laissais emmener à mille lieux, porté par les notes fredonnées par la mystérieuse inconnue.

 

La distance qui nous séparait ne me permettait pas de la voire aussi bien que je l'aurai voulu mais me tournant le dos je devinais des jambes fuselées qu'effleurait le fil de l'eau, et sa chevelure aux couleurs de forêt descendait en longues tresses humides bien plus bas que ne le dessinait la cambrure de ses reins ainsi masqués.

 

Imprudent et fasciné, au risque de la faire fuir mais curieux d'en découvrir plus, j'abandonnais mon abris, dévoilant ainsi ma présence et brisant en un instant la mélodie qu'inventait la baigneuse.

Percevant ma présence elle s'était brusquement retournée et c'est à cet instant-là, à cette seconde que mon cœur s'arrêta à jamais. La belle était nue et fit de moi son éternel amant.

 

Sans penser un instant à cacher ses seins fiers et tendus par la fraicheur de l'eau et de l'air du matin, elle me dévisageait, non point apeurée ou penaude d'avoir été surprise dans le plus simple appareil, mais curieuse et moqueuse. Elle faisait ainsi de moi le coupable, voyeur curieux, de ses ablutions virginales.

 

Elle ne dit pas un mot, un sourire sur les lèvres et me scrutait curieuse, posant son regard émeraude sur moi. A l'issu de cet examen de passage, elle ne s'approcha pas, mais ne s'enfuit pas non plus. J'étais subjugué par tant de beauté, et bien honteux j'avoue de découvrir ainsi le duvet buissonneux qui ombrait le creux de ses cuisses, se dévoilant puis disparaissant au rythme du courant.

Je me forçais à abandonner cette révélation, fruit de tous mes fantasmes adolescents, je dois l'avouer à l'époque, et malgré toutes mes vantardises claironnées, j'étais puceau et bien navré de l'être encore.

 

Elle devina ma gêne et me pointant du doigt, puis crochetant celui-ci, toujours sans un mot elle me fit signe d'approcher, en m'indiquant toutefois de jeter à bas mes vêtements et de venir la rejoindre, vêtu tout comme elle de ma seule virilité de jeune homme. 

Les mains masquant mon sexe, grelottant dans l’onde fraiche, je m’approchais.

 

Vue de prêt, elle n’était point si jeune et ce que j’avais tout d’abord pris pour des tresses se révélaient être un doux mélange de sa chevelure et de mousse de printemps.

Ses seins aux pointes dardées vers moi étaient lourds et fermes, ses cuisses fines et fermes, et son ventre semblait doux, appelant les caresses. La courbe de ses hanches paraissait se fondre dans l’eau et je finis enfin par comprendre…

Entre elle et la rivière point de limite, elle était l’eau et la femme tout à la fois.

 

Sans plus de mots qu’elle n’en avait déjà prononcés, elle me prit par la main et m’entraina plus au loin vers l’onde sombre aux reflets de pierres précieuses.

Suspendu à sa main, je me laissais guidé et lorsqu’ arrivé au milieu du gué elle se glissa derrière moi c’est sans peur ni crainte que je la laissais m’enlacer.

 

Le contact de ses seins opulents dans mon dos et celui de ses mains glissant sur mon ventre déclencha, je m’en souviens encore, la plus formidable érection que n’en avait alors connue ma hampe inexpérimentée.

 

De ses doigts longs et curieux, elle saisit mon bas ventre, flattant la tige, griffant sa longueur rigide.

Décalottant mon gland, elle en agaçait la turgescence nouvelle, semblant en mesurer la taille et la trouver tout à son gout.

Je n’osais point bouger, de crainte de voir cesser cette divine caresse et c’est encore elle qui me retourna, m’allongeant dans le courant glacé. Je me sentais porté, comme si complice de la belle, la rivière avait décidé de l’aider dans son œuvre.

Approchant sa bouche de mon ventre, toujours sans un bruit, mais le visage éclairé d’une gourmandise salace, elle se saisit de ma queue fièrement éveillée et l’avalant tout de go, l’englouti jusqu’à la garde dans une plongée féroce.

Mes reins prirent feu et suspendu au rythme sauvage de cette fellation humide, je découvrais enfin le plaisir, dans la bouche de la créature déchainée.

 

Ses mains pleine de mon sexe, elle l’avalait, le léchait, le mordillait, allant et venant en vagues voraces, empalant sa bouche gourmande sur la tige, pour l’instant d’après, se retirer avant l’assaut suivant.

Elle du deviner que ma fougue allait mettre fin bien trop vite à cette caresse nouvelle pour moi car elle se retira et ma queue toujours bien en main, suspendant l’explosion elle en serra la base, stoppant experte, ma jouissance menaçante.

Me faisant de nouveau face, revenue à la hauteur de mes yeux égarés par tant de plaisir, elle me prit par une main et nageant et ondulant elle m’entraina sur la berge, s’arrêtant juste à la limite de l’eau et du sable pour me laisser reposer ainsi sur le sol encore léché par le courant.

 

Elle m’enjamba, emprisonnant mon bassin de ses cuisses, et reprenant mon sexe toujours tendu, d’une ondulation experte, elle l’enfouit entre ses jambes et l’avala d’un mouvement de hanche délirant.

Son ventre était brulant, contraste entre la fraicheur de sa peau et la douce brulure coulant sur ma verge. Lentement elle se mit à bouger, allant et venant sur mon ventre, plongeant toujours plus en avant en quête de chaque pouce supplémentaire que pourrait lui offrir ma queue triomphante.

 

Balançant ses hanches en une danse lascive et sensuelle, elle s’adonnait au plaisir, utilisant ma tige mâle comme, et je le découvris bien plus tard, un jouet dédié à son plaisir féminin. De légers soupirs glissaient d’entre ses lèvres et le balancement de ses seins, semblait ne plus jamais vouloir s’arrêter.

 

Les mains posées sur mon torse, les reins cambrés, la bouche entrouverte, elle avait repris sa chanson.

Mais les notes qui sortaient de sa gorge étaient devenues plus sauvages, mélange de victoire et de parade guerrière.

Suspendue sur ma hampe, l’engloutissant soudainement pour mieux l’abandonner elle s’adonnait au plaisir, exacerbait le mien.

J’essayais bien, moi l’inexpérimenté outil de sa jouissance, d’imposer ma cadence, de freiner son ardeur avide mais c’était peine perdu. Elle était maitresse de l’instant et pour ma première étreinte je fus je dois l’avouer, l’esclave volontaire de la belle gourmande.,

Combien de temps dura, cette cavalcade infernale, je ne puis le dire, j’avais perdu le fil du temps. Un instant ou une heure, je ne me rappelle plus mais c’est en criant mon plaisir que la jouissance me saisit, et que dans un dernier élan, sauvage et rude, ma sève sans contrôle éructa sous un ultime assaut de son ventre brûlant.

 

Mais délaissant brusquement mon membre giclant son nectar, c’est dans le courant qu’elle laissa exploser ma semence, jaillissement de vie partant au fil de l’eau.

Ravagé de plaisir, éreinté par l’orgasme nouveau, mon âme s’envola, et je perdis me semble-t-il un court moment conscience.

Reprenant enfin mes esprits je cherchais du regard celle, qui sans le savoir, m’avait dépucelé mais elle avait disparu. J’avais beau la chercher, explorer du regard, les fourrés alentours et les tourbillons sombres et mystérieux de l’eau, je n’en vis point de trace, comme si je l’avais rêvé. 

 

Ce jour-là, je restais bien longtemps, espérant son retour, mais elle ne revint pas et je ne me résolu à partir que bien tard, aux lueurs de la lune, la nuit était déjà tombé.

Des jours et des semaines je revins plein d’espoir, mais de la belle aucune trace.

 

Mes visites s’espacèrent, je retournai à la fac , le souvenir incertain de ce moment, hantant mon âme jusque dans mes amphi de philo.

C’est quelques mois plus tard, repassant sur les berges, pèlerinage érotique sans doute pour ce que j’avais fini par prendre pour un fantasme du à mon imagination, que mon regard découvrit, à l’endroit même où je doutais qu’il se fut passé cette histoire, un tout nouvel arbuste, émergeant tout juste du lit de la rivière, le tronc baignant dans le courant, dressé fièrement vers le ciel.

 

J’avais enfin compris que ce matin-là, la rivière avait fait de moi son amant et que le fière arbrisseau que je découvrais, était sans nul doute, le fruit de notre union fugace…

 

 

Alex

 

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Invité

J'aime beaucoup tes mots mon bel ange et ton imagination (parce que là pas question de me faire croire que c'est du vécu :D  je marcherai pas ).

LN

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" She's alone in the forest, the forest where the spiders live, tattered dress, hair a mess, her weapon lost, and so is her mind......She hears voices, are the real ? Are they human or elves ? Even dwarves would do ..."

L'ambiance de ton texte me replonge complètement dans cette superbe chanson atmosphérique Alone In The Forest, de cet obscure combo australien +3 Broadsword

Un texte qui me fait aussi penser, à un récit de Dédale avec une sirène, quelque part.

L'illustration est superbe est amplifie l'effet. Bon, je m'arrête là, moi. Bravo à toi pour ce défi.

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Hein ? quoi ? une sirène ? :bbl: ???

 

J'ai bien sur aimé toute la poésie qui émane de ce récit, franchement, on est un poil dérangé de forniquer ainsi avec la rivière non ?

 

et de ton gland sortit un chêne ? :arrow:

 

bon sérieusement, un très bon moment de lecture

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