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Orchidée

Mon roman érotique : La tentation du velours 1

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Bonjour,

L’écriture d’un roman érotique n’est pas un exercice facile, je tente pourtant l’exercice avec le soutien sans faille de ma petite femme. Car c’est aussi l’occasion de balancer quelques vérités sur la sexualité lesbienne, un grand fantasme pour beaucoup d’hommes, et de nombreuses questions pour des personnes des deux sexes.

Évidemment c’est un roman, très librement inspiré de certaines de mes expériences. Et dans un récit qui sera sans doute long, je ne pourrai pas mettre du sexe à chaque page. Mais l’érotisme sera au rendez-vous.

Laissez-moi vous conter l’histoire d’Anaïs.

 

La tentation du velours 1

 

Chère Lola,

Aujourd’hui 6 juin marque le début d’une grande aventure, je dois m’en persuader. Sinon j’aurai souffert pour rien. La décision des parents de me jeter à la rue ne m’a pas surprise ce matin, ils ont mis leur menace à exécution juste après mon 18ème anniversaire. Tant pis, je ne laisse pas derrière moi un passé glorieux empli de souvenirs impérissables, exceptés ceux vécus avec toi, mon amie d’enfance.

Par chance, Alain – le frère de mon père – avait anticipé la réaction des parents. Il était là à ma descente du train en gare d’Austerlitz. Un court trajet en métro, et je prenais possession du petit studio près de l’Hôtel de ville que ma dernière attache familiale laisse à ma disposition. Si tu voyais mon nouveau royaume, tendre Lola, tu comprendrais pourquoi j’y suis déjà attachée. Mon oncle ne s’est pas attardé, un Eurostar à ne pas manquer pour retrouver sa vie londonienne. Dommage, les instants passés en sa compagnie sont trop courts. Mais il n’a pas manqué de me rappeler ma promesse en échange de son aide, je dois reprendre mes études.

 

Combien de fois avons-nous évoqué Paris, ma douce amie, la possibilité de nous y épanouir ensemble. Les aléas de l’existence en ont par malheur décidé autrement. Tu dois te consacrer à ta formation d’infirmière, je retournerai en cours de littérature à la rentrée prochaine. Il ne me reste que la possibilité de te raconter par lettres les derniers événements. Tu comprendras mon désir de ne pas rester seule pour une première soirée dans la capitale. Je brûlais d’impatience de connaître mon nouveau territoire : le Marais. Le hasard fait parfois bien les choses, habiter à deux pas du quartier gay était une occasion à ne pas rater.

 

La présence des deux nanas enlacées devant la porte du bistrot, une cigarette à la main, se réfléchit comme une publicité décalée dans mon cerveau embrumé. Un pas timide m’amena face à la carte. Á la place du menu, l’avertissement était clair :

« Ouvert du lundi au samedi, de 17 heures à 2 heures du matin. Entrée interdite aux hommes non accompagnés. »

Vouloir était une chose, oser en était une autre. Les filles cessèrent de s’embrasser, curieuses de connaître ma réaction. L’une d’elles me lança un salut amusé, sa copine m’encouragea d’un sourire. J’ignore si j’aurais eu le courage de franchir le pas sans leur intervention.

Un endroit réservé aux femmes attirées par les femmes, j’en rêvais. Mais c’était quoi être lesbienne dans le subconscient d’une petite provinciale à la recherche de sa vérité ?

Tu m’as manquée, chère Lola, au moment de passer la porte de l’établissement. Même si ton attirance va aux garçons, tu m’aurais accompagnée pour me soutenir, et nous aurions ri de notre niaiserie. Un élan irrésistible m’entraîna donc de l’avant.

 

– Bonsoir, lança la serveuse. Vous désirez ?

Surprise de l’interpellation directe, je m’approchai du comptoir de zinc.

– Un jus d’orange, osai-je d’une voix intimidée.

– C’est la première fois que vous venez ? me demanda la jeune femme brune vêtue d’une chemise nouée à la taille sur un jean, soucieuse de me mettre à l’aise.

Je répondis d’un signe de tête, agacée par ma nervosité.

« Bonsoir ! » balança une autre voix.

L’éclat du sourire béat soudainement gravé dans le visage poupon de la serveuse m’incita à faire un demi-tour. Se tenait dans mon dos une grande femme d’une quarantaine d’années, fière sans arrogance, un peu comme notre professeur d’anglais au Lycée ; tu te souviens sans doute, ma chère amie, de mlle Delaire. Bref ! Á la manière de se regarder, il ne faisait aucun doute que ces deux filaient le parfait amour.

– Je m’appelle Hélène, souffla l’arrivante, appliquant ses joues sur les miennes.

– Anaïs, balbutiai-je, abasourdie de la bise amicale.

– Sois la bienvenue dans mon modeste bistrot. N’hésite pas à demander à Gaëlle ou à moi en cas de besoin.

 

Annoncée par la gérante du bar vers 19 h 30, la clientèle formée d’une trentaine d’habituées s’éparpilla entre le comptoir et les tables dans une ambiance bon enfant.

Zut alors ! Je m’attendais à subir les regards comme un morceau de viande sur un étal, au lieu de ça ma présence passait inaperçue. Ma première apparition dans un bar lesbien ne provoquait aucune réaction. A mourir de rire, chère Lola, ou plutôt de honte. C’est bien cette impression qui me rattrapa, au point de désirer prendre la fuite. Les habituées du lieu étaient du genre à porter la tignasse courte, un débardeur sur un jean. Alors imagine une nana en petite robe d’été à la longue chevelure claire, repérable comme un bouton sur le nez.

– Oups ! Désolée, lança une voix tout près de moi.

Le temps de tourner la tête sur la droite, je sentis mon bras emprisonné dans une main douce. L’inconnue essuya de son autre main le liquide froid qu’elle avait renversé. Le geste ressemblait à une caresse.

– Heureusement que ce n’est pas sur le tissu, dit-elle à la volée.

De nouveau la honte s’empara de moi. Quelle idée de me saper ainsi ! L’inconnue souleva mon menton d’un doigt, ses grands yeux sombres de biche sondèrent mon regard.

– Hé ! je ne me moque pas. Tu es craquante dans ta robe. J’en porte aussi, mais là, je n’ai pas pris la peine de me changer après le boulot.

Rassurée par le timbre à la fois doux et espiègle, je dévisageai l’inconnue. Un joli carré mi-long brun encadrait l’ovale doux du visage, on devinait sous la longue mèche au raz du regard des sourcils bien dessinés. Le nez fin, droit, surplombait une petite bouche aux lèvres charnues.

Le chemisier blanc écru ouvert sur une gorge appétissante, les seins libres flottaient sous le tissu. Le pantalon de lin blanc moulait des cuisses fuselées sur de longues jambes. Je regrettai de ne pas voir ses fesses, mon péché mignon. D’un âge indéfinissable, entre 20 et 30 ans, elle était d’une beauté naturelle, sans tape-à-l’œil.

– Tu fais quoi comme travail ? si elle me tutoyait, je devais en faire autant. La question avait fusé, juste pour la faire parler. Le timbre de sa voix me retournait.

– Je bosse dans une agence de casting.

Le souvenir de la publicité pour Coco Mademoiselle envahit mon esprit. La coiffure était différente mais…

– Dans une agence, pas pour une agence, gloussa l’inconnue devant mon air ahuri. Je ne suis pas mannequin, je les recrute. Je m’appelle Sarah, et toi ?

– Anaïs, dis-je, décontenancée.

Ô Lola ! Jamais je ne m’étais sentie aussi paumée. L’inconnue avait tout pour me séduire, la beauté, l’assurance, et pourtant elle me faisait peur. C’était comme si j’étais attirée par un feu, sachant le risque de m’y brûler. Sans doute aussi, l’inexpérience jouait en ma défaveur.

– Parle-moi de toi, susurra Sarah, comme pressée d’en apprendre sur une ingénue. Tu donnes l’impression de porter un malheur trop lourd pour tes épaules.

Qui étais-je ? Le savais-je alors que ma vie venait de basculer ? Je racontai mon enfance vide dans un bled de la banlieue d’Orléans, parmi 3000 habitants à l’esprit étroit, refusant d’évoluer avec le monde. La sensation d’être différente dès les prémices de l’adolescence, le rejet du modèle social imposé, le refus de la soumission aux garçons, puis à un garçon qui serait devenu mon époux. Car je regardais les filles en secret. Sans en connaître la raison, je n’étais bien qu’en leur présence, ne trouvais de beauté que dans leur sourire, et d’attirance que dans leurs formes rondes.

Prévenir les parents m’avait semblé honnête, leur mesquinerie s’abattit avec la violence de l’orage. Contrainte de quitter le domicile parental à tout juste 18 ans, je venais d’emménager seule dans le pied-à-terre parisien d’un oncle vivant à Londres.

– Et tu es entrée dans ce bistrot à la recherche de réponses. Même si je doute que ce soit l’endroit rêvé pour cela.

Sarah me décontenançait, cela devenait une habitude. La main attendrie sur mon bras nu m’arracha un soupir, savant mélange d’inquiétude et de volupté.

– Je passe embrasser Hélène et Gaëlle qui sont adorables, mais la clientèle ici n’est pas du tout mon genre. Je suis une lipstick.

Devais-je passer la soirée à jouer l’ahurie ? Sans doute. Mon interlocutrice commanda deux verres. Je l’évaluai une nouvelle fois du regard, incapable de ne pas la trouver belle.

– Si tu m’avais croisée dans la rue, tu aurais deviné que je suis attirée par les filles ? Non, bien sûr. Les lipsticks sont d’allure féminine, certaines se maquillent, elles portent la jupe ou la robe comme le pantalon. Nous revendiquons notre sexualité, mais nous voulons passer inaperçues. C’est le concept de la lesbienne invisible. Assez parlé de moi, raconte-moi ce qui t’amène ici.

La première gorgée du cocktail me réchauffa la gorge.

 

Une partie de la soirée s’écoula ainsi, à évoquer ma courte vie face à une inconnue charmante et charmeuse au bout du comptoir d’un bar lesbien du Marais, le quartier gay de Paris. Sarah savait écouter, provoquer même les confidences, elle parvenait presque à me mettre à l’aise, moi, la provinciale timide. La belle inconnue pouvait, par quelques interventions intelligentes, sans donner l’impression de s’imposer, provoquer la narratrice qui sommeillait moi.

– Blabla, blabla, blabla… Voici donc pourquoi je suis arrivée à Paris ce matin. Mon oncle me prête son petit appartement, à quelques rues d’ici, à la condition que je reprenne mes études à la rentrée. Il s’occupe des démarches avec la Sorbonne.

– Laisse-moi deviner, s’amusa Sarah, tu vas entrer en section de lettres modernes. Á la manière dont tu parles, tu aime écrire. Je parie que tu t’éclates à rédiger un journal.

– Euh… fis-je, décontenancée par la pertinence, oui pour les études mais pas pour le journal, j’entretiens une correspondance avec une amie d’enfance. C’est idiot…

– Non ! me coupa-t-elle en prenant mes mains dans les siennes. Coucher ce qui t’arrive sur le papier permet de cerner tes émotions, de comprendre les aléas du monde qui t’entoure, alors ce n’est pas idiot.

On parlait depuis un bon moment, j’avais avalé un second cocktail, la pendule au-dessus du comptoir affichait 22 heures, le temps passait à une vitesse folle, et la douceur des mains sur les miennes attisait en moi un désir inconnu.

Il nous était arrivé de nous embrasser, ma tendre Lola, pendant nos années au collège. Tu t’en souviens ? La première fois c’était dans ta chambre. On avait joué à touche-pipi aussi, histoire de faire connaissance avec ces nouveaux corps que la nature nous offrait à la puberté. Plus tard au lycée j’avais éprouvé le désir d’embrasser une fille, de ressentir sa chaleur, mais jamais au point de franchir le pas. Mes jeux en solitaire ne concernaient que moi : des attouchements sans fantaisies aux résultats contrastés, balbutiements d’un plaisir dont j’ignorais tout, impossible à maîtriser. Personne jusqu’à ce soir, pas même toi mon amie adorée, ne s’était imposé à mon esprit comme l’expression du fantasme absolu. Une idée pas très sage m’effleura, amenée par quelques morceaux de house-music.

– Tu me fais danser ?

Mon audace me parut en cet instant de l’impertinence pure, je blêmis d’avoir peut-être tout gâché dans ma précipitation. J’aurais pu lui dire un banal « On va danser. » plus conventionnel, mais je tenais à faire passer le message. Aussi je m’attendais à être remise à sa place.

Sarah sourit, la brillance dans ses yeux de biche s’accentua, elle m’entraîna sans dire un mot sur la piste de danse entre le comptoir de zinc et les tables.

 

Le mouvement circulaire des ses hanches s’adapta au mien, à distance respectueuse, presque trop, sans cesser de me contempler. Je compris sans tarder l’éloquence du regard dans le mien, aussi je laissai parler mon corps au rythme de la musique. Le balancement des bras de Sarah autour de mon cou, puis le long de mon buste, semblait redessiner ma silhouette. J’attendais avec impatience de sentir les mains de ma cavalière sur mes hanches, ou dans mon dos, n’importe où sur ma peau. Mais non, pas le moindre effleurement. Alors, en prenant garde de ne rien brusquer, je raccourcis la distance entre nous.

Amusée de ma tentative de rapprochement, Sarah me contra en lançant un collé serré de côté. Elle répondit alors à chacun des mes mouvements vers la droite par une torsion vers la gauche, comme pour m’échapper. Son regard rivé au mien disait qu’elle n’irait pas loin. Ça devenait chaud, au point que la piste s’était vidée autour de nous. Mais, pour la première fois, je m’en fichais de me donner en spectacle.

Le rythme de la musique ralentit encore, pour un slow véritable. Sarah reprit sa position de face, et m’enlaça enfin. Je ne pus retenir un frisson. Ses mains entrèrent en mouvement entre mon dos et mes hanches, prodiguant des caresses inconnues, enivrantes. Elle lécha sa lèvre inférieure d’un coup de langue humide, érotisme suprême, avec une lenteur consommée. Sa poitrine se frotta contre la mienne qui durcit, soudain à l’étroit dans le soutien-gorge. N’y tenant plus, je baissai les yeux un instant dans l’échancrure de la chemise de ma cavalière. J’imaginai ses tétons contre les miens, et me retins avec peine de prendre ses seins à pleines mains, une chaude moiteur s’empara de mon entrejambe.

J’en étais toute retournée, chère Lola. C’est donc ça le désir ? Ressentir la transformation de son corps jusqu’à mettre son âme à nu, percevoir une présence par chacun des pores de sa peau, souhaiter se fondre dans l’autre au point de ne plus faire qu’une seule entité.

J’attendais un baiser, je l’espérais, chaque parcelle de mon être criait d’accepter l’évidence de ce qui allait se passer. Mais Sarah n’en profita pas. Elle continua de m’observer, de sonder mon regard, de rester spectatrice face à la perte de mon innocence. Je me sentais belle dans ses yeux, alanguie dans ses bras, décidée à tout lui donner de moi, pourtant elle ne prit rien de ce qui lui était offert. Comme si ce n’était ni l’instant ni l’endroit.

Sarah saisit ma main à la fin de la musique, et me ramena sagement près du comptoir. Son expression redevint celle d’une gentille jeune femme au comportement amical. J’en étais sonnée.

– Si j’avais dansé comme ça avec un mec, avouai-je grisée par l’alcool, il m’aurait sauté dessus sans hésiter.

– Sans doute, mais je n’en suis pas un. Profiter d’un instant et tirer profit d’un instant de faiblesse sont deux choses différentes. Je vois que tu n’as pas l’habitude de boire, ça aurait été malhonnête de ma part.

– C’est vrai que je suis un peu partie. Tu veux bien me raccompagner ?

 

La nuit étalait son insondable beauté sur Paris. Je vivais le premier instant romantique de toute mon existence. Arrivées trop tôt à mon goût au bas de l’immeuble, je n’étais pas pressée de quitter ma belle inconnue. On était sur le trottoir à se regarder, il n’y avait qu’une façon de prolonger cet instant magique.

– Tu montes 5 minutes ?

J’en avais tellement envie que les mots s’étaient échappés de ma bouche, sans le vouloir. Sarah hésita sur la conduite à tenir pour la première fois, pas longtemps, peut-être afin de jauger ma détermination. Je savais que si elle acceptait l’invitation, j’irais jusqu’au bout. Ce fut à moi de lui prendre la main cette fois, pour l’entraîner vers mon nouvel appartement. Une pensée me fit sourire en grimpant les marches jusqu’au 1er étage, je n’avais pas eu le temps de salir, j’étais certaine de la recevoir dans un endroit propre. Mais, au moment de mettre la clé dans la serrure, Sarah me retint dans l’embrasure de la porte.

– Rentre seule, c’est mieux. Tu veux que je passe demain matin avec les croissants ?

L’état d’ébriété m’empêcha sans doute de pleurer. Peut-être aussi ne l’aurais-je pas invitée sans ce même état.

– Á 9 heures, c’est bien ?

– Je serai là sans faute, murmura Sarah avant de poser un baiser léger sur mon front. Puis elle disparut dans l’escalier.

 

Tu vois, douce Lola, c’est sans doute là que se tient la grande différence entre les mecs et les nanas. Je n’aurais pas dormi seule si j’avais été hétéro, car un garçon aurait profité de l’occasion. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, juste différent. Nous n’avons pas la même conception des relations humaines. Notre vision du désir, du chemin à parcourir avant de le concrétiser, est bien plus complexe.

Nous en reparlerons, mon amie, je te laisse pour ce soir.

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un bout de vie.

 

Tout un tas de questions qu'un hétéro lambda peut se poser, tu en apportes les réponses avec douceur et diplomatie !

Ah si tous étaient aussi tolérant que ce qu'ils veulent nous faire croire !

 

bref, j'aime

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Beau texte...

L'introduction m'a donné envie de le lire...

Adoré la fin qui sonnait pour moi comme une sorte de petite conclusion "Ce n'est pas bien ou mal c'est juste différent"

Et "Nous n’avons pas la même conception des relations humaines. Notre vision du désir, du chemin à parcourir avant de le concrétiser, est bien plus complexe."

C'est tellement ça!

Merci pour ce texte et au plaisir de lire la suite ...

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Très joli récit, plein de douceur, de légereté, de sensualité et de tolérance. J'ai adoré.

Toute petite déception sur le point de vue de la narratrice, qui pense malheureusement que tous les garçon auraient profité de la situation.

 

Cela me fait penser aux parole du Café du Canal:

 

Dieu, tu remercies Dieu ça c'est de toi
Mais mon amour pour toi est autrement plus fort
Est-ce que Dieu aurait pu dormir auprès de toi
Pendant toute une nuit sans toucher à ton corps

 

J'ai hate de lire la suite.

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Tout d'abord, j'ai adoré ton récit! La lecture est fluide, c"est agréable.

 

Mais, si tu me le permets, et ne le prends pas mal, e n'ai pas tellement apprécié cette chute:

"Tu vois, douce Lola, c’est sans doute là que se tient la grande différence entre les mecs et les nanas. Je n’aurais pas dormi seule si j’avais été hétéro, car un garçon aurait profité de l’occasion. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, juste différent. "

 

Tu écris en effet au départ que tu fais ce texte pour permettre aux hommes de rétablir quelques vérités par rapport à ce grand fantasmes que nous avons.

Et, en voulant donc casser les clichés qu'il peut y avoir vis à vis des lesbiennes, tu termines ton récit par un tout aussi énorme cliché...

En fait, pour le bon déroulement de ton texte, je comprends parfaitement cette phrase, qui vise à décrire les sentiments et émotions du personnage. Néanmoins, je ne crois pas que faire des amalgames en faisant de "tous les hommes" des bêtes assoiffées de sexe incapables de se retenir et d'éprouver des émotions soit bien pour relater la réalité des choses. 

Bref, je me suis un peu beaucoup étendu sur un minuscule point de rien du tout, mais ça casse un peu le charme. A juste titre, les femmes se battent pour que les hommes arrêtent d'avoir une vision clichée du plaisir et du désir féminin, alors évitons de commettre la même erreur à l'inverse...

 

Mais sinon, j'ai adoré, si si vraiment!

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Mmmh... Je pense que c'était plus pour démontrer la complexité des femmes...

Tous les garçons n'auraient pas profité certainement... Mais combien n'auraient pas profité?? Je pense qu'ils auraient été peu nombreux tout de même...

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Je vous trouve bien radicale... c'est dommage parce que ça veut dire que vos expériences ou les clichés que vous vous faites des hommes vous amènent à penser que nous sommes tous ainsi... la réalité en est bien différente. 

Je vais moi-même sortir un gros cliché, mais c'est sur que si vous vous arrêter à des exemples d'hommes que l'on peut trouver dans Secret Story, vous ne verrez jamais que nous ne sommes pas ainsi...

 

Je trouve tout autant réducteur d'ailleurs de penser que les femmes sont complexes et les hommes "simples". 

Je dis cela par expérience, à force d'avoir discuté avec tant d'hommes et de femmes. 

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Chers amies et amis,

Je suis contente de voir que ce 1er épisode vous donne envie de lire la suite.

 

Alors non, je ne pense pas que tous les hommes auraient profité de la situation. Mais l'héroïne n'a que 18 ans, elle sort de l'école. Dites-moi combien de jeunes gens auraient résisté ? Il faut reconnaître que la psychologie humaine n'est pas la même à 18 ou à 30 ans.

D'ailleurs, le comportement d'Anaïs est une provocation poussée par son âge, une femme plus âgée aurait sans doute réfléchi.

 

Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas sexiste. Mais, pour l'avoir vécu, les jeunes filles qui se sentent lesbiennes ont peur des garçons, surtout à la campagne. Je ne dis pas que c'est raisonné, c'est comme ça.

 

A très bientôt pour la suite des aventures d'Anaïs.

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Je me permets ce double post pour aborder un autre sujet:

 

to récit nous permettant d'en découvrir plus sur l'univers lesbien, je n'ai pu m'empêcher de garder en tête l'utilisation du terme "lipstick".

Est-ce un terme couramment utilisé? 

Je ne l'avais jamais entendu et je dois dire qu'il ne me plait guère... Pourquoi? Tout simplement parce que je le vois comme un terme communautarisant, qui vise à différencier encore un peu plus deux styles différents: où l'on aurait d'un côté les lesbiennes visiblement courantes habillées à la "garçonne", et de l'autre côté des femmes qui oseraient continuer de s'habiller de manière féminine. Ce n'est surement pas la volonté de ce mot, mais son emploi me fait penser à une sorte d'exclusion, comme si c'était mal vu pour une lesbienne d'être vêtue et de se comporter comme une femme, tout simplement. 

J'espère ne pas avoir été vexant par cette remarque, car ce n'était absolument pas le cas.

C'est juste que, comme tu nous fait découvrir un univers un peu inconnu ou méconnu, j'essaie de m'y intéresser pour le comprendre à sa juste raison.

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un premier épisode magnifique, j'ai hâte de lire la suite.

 

Et quel effet, il permet d'ouvrir déjà un débat, peut être serais il sage, d'ouvrir un poste a part entière pour débattrede sidées que soulève ton texte ^^

 

Après je suis d'accord avec fenrir, tous les garçon ne pensent pas qu'avec leur queue (pardonnez moi l'expression ^^)

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Je n'en dirai pas plus sur les lipsticks, car l'explication est donnée dans un épisode à venir bientôt.

Et s'il vous plait, arrêtez de me dire qu'un homme réagit comme ci ou comme ça, je le sais. J'écris un ROMAN, donc sachez faire la part des choses.

Si vous êtes sages, je posterai l'épisode suivant ce soir.

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Tu as tout à fait raison. C'est la raison pour laquelle j'avais fait attention de mentionner la "narratrice" et non l'auteur du texte.

Et comme tu le dis si bien, c'est un roman :)... dont il me tarde de lire la suite ;)

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ton roman déchaine les passions, comme d'autres, j'ai hâte de lire la suite ^^

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Il m’a fallu la nuit pour comprendre le sens du message de piewy. Je suis désolée de donner du boulot aux modos en leur demandant de supprimer La tentation du velours 2, qu’en plus j’ai mis en double exemplaire. Je continuerai désormais à poster ici les aventures d’Anaïs.

 

 

La tentation du velours 2

 

Ma chère Lola,

La journée commença par un léger tambourinement à la porte. La lumière du jour profitait du fait que je n’avais pas fermé les volets.

« Zut, déjà 9 heures ! Les pantoufles sont sous le lit. La salle de bain ! Pas le temps, elle est là. J’aurais dû mettre le réveil à sonner.  Je dois avoir une sale tête, je vais lui faire peur dans cet état. »

Le temps de balancer ces idées en désordre, je découvrais Sarah dans l’embrasure de la porte, là où elle m’avait abandonnée hier soir. Une veste tailleur gris-perle mettait ses formes en valeur, une chemise de soie blanche cintrée avantageait sa poitrine, le jean blanc moulait deux longues jambes. La mèche descendait un peu moins sur les grands yeux noisette. Je découvris quelques minuscules et charmantes taches de son autour du nez fin, qui m’avaient échappé la veille.

– Tu es prête, à ce que je vois, sourit Sarah en refermant la porte dans son dos. Ne te couvre pas davantage, il fait bon dehors.

Un coup d’œil à ma tenue transforma mon sourire en grimace. La veste mal boutonnée du pyjama trop grand bâillait de partout, dévoilant ma peau par bribes. L’échancrure ainsi provoquée exhibait mon sein droit presque jusqu’à la pointe.

– Ne touche à rien, souffla Sarah en caressant le coton mal ajusté sur mon épaule, tu es trop mimi au réveil. On déjeune ? Elle agita sous mon nez un paquet de croissants.

« Thé ou café ? » furent mes premières paroles. Décontenancée, je réussis à dissimuler ma gêne en m’activant dans la cuisine équipée, à la recherche des boîtes adéquates. La veille avant de sortir, une gentille voisine à la soixantaine alerte m’avait accompagnée dans une épicerie de quartier afin de prévoir le premier ravitaillement indispensable.

– Thé sans sucre, avec du lait si tu as… Dis donc, ton oncle a su tirer le maximum de l’espace disponible. Ce studio est une véritable réussite.

Il fut aisé de deviner au changement de ton que mon invitée ne parlait pas pour remplir le silence, elle s’intéressait vraiment à mon cadre de vie. Alors, dans mon esprit de petite provinciale de 18 ans, je me réjouis de l’intérêt de Sarah à mon égard. Je me retournai, la bouteille de lait dans une main et la boîte à thé dans l’autre, Sarah était là, à quelques centimètres de moi. L’envie me prit encore de l’embrasser, je n’avais qu’un geste à faire. L’eau en ébullition dans la bouilloire électrique accapara mon regard, pas mon attention.

– Tu travailles aujourd’hui ? demandai-je avec prudence.

– J’ai prévenu au bureau, répondit Sarah d’une voix neutre, ils ne me verront pas avant lundi.

Le cœur bondit dans ma poitrine. Lundi prochain, ça me laissait quatre jours pour apprécier la présence de mon inconnue. Mais avant, j’avais besoin d’être rassurée sur un point, qui justifiait peut-être la fin de soirée trop amicale à mon goût. Attendre avant de savoir était un risque que je ne voulais pas courir.

– Si tu as une copine, balançai-je avec un manque évident d’assurance, elle sera contente.

– Je n’ai personne, répondit Sarah sans hésiter. Je peux te consacrer tout mon temps.

Je jurerais qu’elle avait compris le sous-entendu. Quatre jours et autant de soirées m’étaient donnés, à moi d’en profiter.

 

Au sortir de la douche, la présence silencieuse de Sarah adossée au mur me fit rougir. Tu me connais, Lola, être à poil ne me pose pas de problème en général. Mais son regard fixait le mien, d’une douceur affectée, comme si ma nudité n’avait pas d’importance, ou aucune valeur. Peut-être que je n’étais pas son type de nana. Je m’enroulai vite dans le drap de bain, davantage par peur de la décevoir que par réelle pudeur.

– Laisse-moi faire.

Sans attendre une acceptation ou un refus, Sarah entreprit de sécher mes épaules et mon cou. Virevoltant autour de moi, elle se retrouva dans mon dos pour l’essuyer avec douceur. Puis elle se replaça de face. La maîtrise totale de ses émotions contrastait avec ma nervosité.

– Occupe-toi de tes cheveux, dit-elle en me tendant une serviette plus petite.

Aussitôt, ses mains s’activèrent à nouveau sur moi. Comme j’avais les bras levés, Sarah frotta délicatement chacune de mes aisselles avant de découvrir ma poitrine. Elle la tamponna du tissu éponge d’un geste chaste, le regard aimanté à ce corps qu’elle découvrait. La douce chaleur de son souffle paisible ne parvenait pas à calmer ma chair de poule. Sans prévenir, Sarah emprisonna un de mes seins dans une main pour en essuyer la base, puis passa à l’autre. Le contact sensuel me fit frémir, mes tétons durcirent. J’attendis une véritable caresse qui ne vint pas.

– Ils sont superbes, se contenta-t-elle de reconnaître, ronds et fermes, l’aréole est joliment dessinée. Tu dois en prendre soin.

Continuant son ouvrage, Sarah palpa mon ventre de la serviette éponge, la peau se dévoilait à son regard. Les bras suspendus au-dessus de la tête, je n’osais pas bouger, le moindre mouvement de ma part risquait de rompre le charme.

– Tes abdos sont durs, c’est le sport ou la nervosité ?

– La nervosité je crois, bafouillai-je, morte de honte.

Sans relever la réponse, du moins en apparence, Sarah s’appliqua à essuyer ma toison pubienne. Je me savais maintenant livrée sans aucun rempart à l’observation et aux attouchements. Jamais une telle sensation de fragilité n’avait broyé ma poitrine dans un étau. Mais, jamais non plus une semblable excitation n’avait chamboulé ses entrailles. Je sentis qu’on soulevait ma jambe droite pour poser mon pied sur le bidet. Les cuisses ainsi écartées, plus rien de mon état ne pouvait lui échapper.

– Rassure-toi, sourit Sarah avant de focaliser son attention sur mon intimité, la réaction de ton corps est naturelle. La peau est un peu irritée à l’aine, tu te rases ?

– Mmh… oui, réussis-je à articuler.

– Tu ne dois plus le faire. Je sais comment arranger ça.

Sarah me retourna sans donner plus de détails, déjà concentrée sur une autre partie de mon anatomie. Le ballet de ses mains reprit sous la serviette. Avait-elle vu que l’humidité sur ma fente n’avait rien à voir avec l’eau de la douche ? J’en étais persuadée.

– Tu as des fesses rondes, petites et hautes, bien soutenues par de jolies cuisses, et tes mollets sont galbés à souhait.

La fin soudaine des attouchements me fit grimacer, pas longtemps cependant. Des doigts se refermèrent sur les miens, toujours suspendus au-dessus de ma tête. Les mains douces guidèrent les miennes dans un mouvement tournant délicat pour essuyer ma longue chevelure claire, presque blonde. Malgré le timbre détaché, les seins de Sarah étaient durs dans mon dos. Une haleine caressa mon cou, un murmure chatouilla mon oreille.

– C’est rare de voir un corps aussi bien proportionné. Tu es très jolie.

Oui ? Alors pourquoi n’en profitait-elle pas ? Ces mots restèrent dans ma gorge malgré mon désir de les hurler.

 

– Tu donnes souvent ton adresse à des inconnus ?

Assise sur un tabouret, Sarah patientait tandis que je revêtais une robe d’été choisie par elle dans ma valise, pas encore défaite.

– Tu devrais faire attention, reprit-elle sans me laisser le temps de réagir. Je n’ai pas de leçons à te donner, mais il n’y a pas que des gens bien à Paris.

– Je suivrai ton conseil, promis, répondis-je avant d’entrer dans la salle de bain.

Elle ne m’y suivit pas. Déçue, je coiffai seule ma longue tignasse face à la psyché fixée à la porte. Sa voix me rattrapa.

– Pourquoi tu épiles tes sourcils ? Ils donnent souvent de l’harmonie à un visage. Tu devrais les laisser pousser.

– Ils ne sont pas de la même couleur que mes cheveux, balançai-je, heureuse de l’entendre changer de sujet de conversation.

– Ça, ma belle, c’est la grande énigme du système pileux.

Je quittai la salle de bain à temps pour surprendre son rire léger. Elle n’avait pas bougé, son regard de nouveau focalisé sur moi, comme s’il tentait de me transmettre un message.

 

La matinée fila à une vitesse insensée, angoissante tant le besoin d’arriver à mes fins dans les quatre jours à venir martelait mon esprit. J’avais accepté une proposition saugrenue de Sarah pour ne pas la décevoir, mais je regrettai un peu de m’être emballée tandis que nous déjeunions dans une brasserie. Un mec souriant d’une trentaine d’années nous rejoignit au moment du café.

– Anaïs, je te présente Marc, photographe à l’agence. Il va nous suivre cet après-midi, et fera des clichés de toi. Tu dois rester naturelle, oublier sa présence.

– Ne vous inquiétez pas, Anaïs, vous ne me verrez même pas, promit le photographe d’une voix rieuse de jeune farceur. Sarah, je t’envoie les clichés avant ce soir sur ta messagerie. Bonne promenade, les filles.

Marc s’éclipsa aussitôt.

 

Que garder de ces instants qui, bout à bout, tissèrent le canevas de notre après-midi, sinon le souvenir d’un magnifique été. Juin coulait lentement le long de la Seine, sur des berges animées d’une vie particulière, la terrasse d’un café digne d’une aquarelle de Montmartre, la foule bigarrée sur l’esplanade du Centre Pompidou, les flèches de Notre-dame plantées dans un ciel généreux. C’était paris, et je ne pouvais que l’aimer.

Je souhaitais aussi aimer la présence à mes côtés, tantôt pendue à mon bras comme une amie, tantôt accrochée à ma main comme une amoureuse. Sarah se montra sans fard, révélant sa nature simple des gens qui n’ont rien à cacher.

Son téléphone portable grelotta vers 19 heures ; un SMS de Marc, il était rentré et venait de lui envoyer les clichés. J’avais occulté la présence du photographe et de son appareil numérique.

Sarah proposa de me raccompagner chez moi, sans me laisser le temps de m’apitoyer sur un éventuel abandon.

– Tu vas te changer, ce soir je te sors dans un nouvel endroit.

 

Le Nix Café n’acceptait aucun garçon, pas même accompagné. Il ne s’agissait pas dans mon esprit, ni dans celui de mon accompagnatrice, d’un désir de communautarisme exacerbé ou d’un rejet de la gent masculine, mais de vivre pleinement un trait commun à nos deux caractères.

– Toutes les filles viennent ici, reconnut Sarah sans ambages. Enfin, toutes les lesbiennes, quel que soit leur genre. C’est le lieu idéal pour rencontrer l’âme sœur ou le coup d’un soir.

– Je suis quoi pour toi ?

Blême, surprise moi-même de ma répartie, je sentis des larmes humidifier mes yeux. De quel droit moi, la petite provinciale en manque d’amour, encore vierge et ignorante de l’existence, je me permettais de juger celle qui me donnait tant depuis hier.

L’absence de sentiments et une virginité pesante, justement. La plupart des filles de chez nous avaient perdu leur pucelage entre 14 et 17 ans. Rappelle-toi, Lola, c’était un sujet de discussion au collège puis au lycée. Certaines étaient amoureuses, d’autres multipliaient les expériences. Mais moi ! Qu’avais-je à raconter moi, la petite gouine obligée de taire son attirance car les ados sont méchants entre eux. Qu’avais-je vécu comme expérience qui me donne envie de vivre, sinon l’intransigeance des parents. Á la campagne on ne peut pas adopter le même comportement qu’en ville, les mentalités refusent d’évoluer.

Alors non, Sarah ne méritait pas d’entendre des reproches. Mais oui, j’avais le droit de…

– D’être en colère, je comprends, tempéra mon amie en prenant mes mains dans les siennes, à plat sur la table du café. Contrairement aux filles hétéros, la première expérience est souvent plus tardive pour nous. Il y a d’abord la question de l’acceptation de soi qui nous retient, puis la peur d’être confrontée au jugement des autres. Pas facile dans ces conditions. On nous imagine souvent multiplier les aventures, passer d’un lit à un autre, pourtant toutes les études démontrent que les lesbiennes sont en général davantage fidèles à leur compagne. Même si certaines prennent leur pied à changer souvent de partenaires. Comme ailleurs, la généralité ne représente pas un tout, tu trouveras toujours l’exception qui confirme la règle.

J’étais là, à écouter Sarah révéler des vérités sur notre attirance sexuelle, et mon comportement me parut moins glauque, ma nature plus acceptable, un avenir envisageable.

– Quand au sexe par lui-même, gloussa-t-elle en baissant la voix, comme le dit une célébrité qui vient ici de temps en temps, les hétéros nous posent toujours la question : « Mais comment vous faites ? Vous utilisez des objets ? » Alors je réponds à chaque fois : « On fait pareil que vous, sauf qu’il n’y a pas de bite à la fin. »

Après les larmes précédant mon coup de gueule, je faillis m’étouffer de rire. Sarah savait, son expérience en faisait une conseillère incomparable sur le chemin de « ma vérité », chacun a le droit d’avoir la sienne dans ce domaine. J’assumais mon attirance pour les filles, il me restait à concrétiser cette attirance au sens physique du terme.

– Plus sérieusement, continua Sarah, l’acte sexuel d’une femme hétéro passe invariablement ou presque par la pénétration, qui en est souvent la fin avec l’éjaculation du partenaire masculin. La sexualité lesbienne, contrairement à ce que pensent beaucoup, me parait plus complète, elle est en tout cas plus variée. La seule limite est notre imagination. On peut se pénétrer aussi bien avec les doigts, les jouets ne sont pas une obligation. Et ça, c’est pour les vaginales. Les clitoridiennes se passent de pénétration. De plus, on a un sacré avantage, la plupart des femmes peuvent avoir plusieurs orgasmes à la suite. Je ne te dis pas le feu d’artifice que ça déclenche parfois.

J’aurais voulu qu’elle me dise, néanmoins je n’en fis pas la demande. Sarah me comprenait, je n’avais aucun droit de la mette mal à l’aise.

 

La soirée s’éternisa, pour notre plus grand plaisir partagé. Certaines de ses connaissances nous saluèrent, d’autres s’invitèrent à notre table, l’une d’elles me dragua même, faisant preuve d’un culot inimaginable. On en riait encore à la fermeture.

 

– Tu as fait de l’effet sur certaines ce soir, me glissa-t-elle à l’oreille, une fois la porte de mon appartement refermée derrière nous.

Sans lui demander, Sarah avait naturellement proposé de me raccompagner, et s’était invitée seule, à ma grande joie.

– Ta copine, celle qui m’a draguée, elle est toujours comme ça ?

– Elle ne peut pas s’en empêcher, rit-elle. Patou raconte à qui veut l’entendre qu’aucune nana ne peut lui résister, mais une fois sur deux elle s’endort sans avoir rien fait car elle a trop bu. Je peux passer te prendre demain ?

Le changement de discussion me ravit.

– Bien sûr.

– Vers 11 heures alors. J’ai des choses à voir avant, et tu as besoin de repos.

 

Sarah me déshabilla puis repoussa la couette. Je m’allongeai nue sur le lit, acceptant malgré moi de la laisser partir, de ne pas l’étouffer.

– Tu n’as pas froid ?

– Non, dis-je, rassurée de ne pas avoir à mentir, tant son regard se faisait si sensuel sur moi que pour rien au monde je n’aurais caché mon corps à son attention.

Assise près de moi, je la découvris pensive. Cette soudaine impression de faiblesse me sidéra. Elle était là sans bouger, détaillant mes formes, et moi je restais silencieuse par respect pour ses préoccupations. Un mot de trop pouvait la pousser à prendre la fuite.

 

Sarah posa sans prévenir une main sur mon ventre. Elle joua distraitement avec mon nombril, comme on s’aide à réfléchir en occupant ses doigts. Je retins avec peine un soupir, mais un frisson me trahit, impossible à endiguer.

La main glissa lentement vers mon bas-ventre, les doigts se perdirent dans ma toison. Sans un mot, sans même m’accorder un baiser, allait-elle devenir mon amante, la toute première ? Mon cœur s’emballa dans ma poitrine.

Toujours silencieuse, le regard accroché à son geste, Sarah écarta mes cuisses et couvrit mon trésor intime de sa paume. Elle attendit ainsi quelques instants, guettant ma réaction, sans doute hésitante sur la conduite à tenir. Elle retira sa main. Je la vis humecter son index et son majeur de salive. Je restais allongée sur le lit, inerte, les cuisses légèrement ouvertes, je ne savais plus quoi penser, ignorante de ces choses, incapable du moindre geste de peur qu’il soit mal interprété.

Sarah précipita les évènements. Alors que je n’attendais plus rien, elle reprit possession de mon intimité. J’exhalai mon soupir cette fois. Ses doigts lissèrent mes grandes lèvres en un lent mouvement répétitif plein de douceur. Puis elle ouvrit mes petites lèvres avec précaution.

Le fait de sentir une main inconnue me toucher décupla mon désir, une excitation physique que je n’atteignais pas en solitaire. Deux doigts inquisiteurs fouillèrent ma vulve, désireux de faire connaissance avec ce que j’avais de plus secret. Ma cyprine lubrifia le passage. Je regardais Sarah lécher de nouveau ses phalanges pour goûter mon humeur, puis les replonger en moi.

Mes mains s’égarèrent sur mes seins dans un réflexe incontrôlable, caresse que j’avais appris à maîtriser. Mais jamais les tétons n’avaient été aussi durs, l’excitation à son paroxysme.

Sarah continua son lent mouvement entre mes petites lèvres et autour de mon clitoris, sans se presser, attentive aux moindres réactions de mon corps. Ses caresses savantes m’arrachaient des frissons puis, presque trop tôt, des gémissements.

Elle s’efforça de ne rien précipiter, de laisser mon plaisir monter au rythme d’une masturbation lancinante, exaspérante. La présence de ses doigts dans ma moiteur me comblait. Le volcan en moi menaçait d’exploser. J’aurai voulu me retenir, ressentir l’intensité de ses caresses à l’infini, mais mon corps abdiqua.

Mes mains crispées sur mes seins, tendue au point de décoller la tête de l’oreiller, je laissais échapper un petit cri.

– Oh !

Sarah continua sa caresse jusqu’à la fin de mes soubresauts, pour profiter jusqu’au bout de mon orgasme, pour le prolonger. Elle porta une dernière fois les doigts trempés de ma cyprine à sa bouche, les lécha avec une avidité décuplée.

 

Elle se releva soudain, sans prévenir, m’embrassa sur le front, et referma la porte derrière elle.

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oui, c'est bien plus aisé à suivre ainsi pour nous. merci

 

encore une douce découverte de ton univers, ton héroïne nous sert malgré elle de guide. c'est terriblement agréable à lire, et j'oserais le dire fort instructif.

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La tentation du velours 3
 
Ma chère Lola,
Le souvenir des doigts de Sarah en moi hanta mon esprit toute la matinée du lendemain. Même dans notre folie adolescente, nous n’avions pas été aussi loin, il n’y avait pas eu un plaisir aussi intense, au point que maintenant faire l’amour m’obsède. Je ne sais pas si c’est normal. Peut-être qu’une fille ne devrait plus être vierge à 18 ans, ou peut-être que c’est juste moi.
 
L’arrivée de Sarah poussa la mamie voisine de palier, gentille mais bavarde, vers la sortie. Un coup de fil de mon oncle Alain, et elle se prenait pour mon chaperon. Mon amie – je la nommais ainsi car ce mot revêtait plusieurs perceptions – garda la porte ouverte jusqu’au départ de la petite vieille, une incitation à foutre le camp.
– Elle est un peu collante, dis-je en souriant une fois la porte refermée.
– La tristesse de la solitude n’est pas l’apanage des jeunes filles, répondit Sarah joviale après avoir posé une chemise cartonnée sur la table. Regarde ce que j’ai apporté.
Attirée comme une gamine par la promesse d’un cadeau, je me collai à elle afin de découvrir le contenu de la pochette surprise. Mon amie accepta le contact comme naturel, sans en tirer profit. Elle étala une quinzaine de clichés, certains en couleur, d’autres en noir et blanc. Cette jeune fille en balade dans Paris, tantôt rieuse, tantôt sérieuse, parfois rêveuse, était mon sosie, mais j’avais du mal à accepter que ce soit moi.
– Si tu avais vécu en ville au lieu de la campagne, on t’aurait déjà remarquée. Tu connais ta taille et ton poids exact ? demanda Sarah avec sérieux en sortant une calculette de son sac.
– Je fais… 1 m 75 pour 57 kg, hésitai-je abasourdie de connaître le jugement.
– Ton indice de masse corporelle est 18,6, conclut-elle de nouveau souriante, comme si notre relation dépendait du résultat de son calcul. Je pourrai déjà te faire signer un contrat.
Une impression de vertige me saisit, je désirais comprendre.
– De quoi tu parles, enfin ? Je vais reprendre mes études dans trois mois. Je suis trop grosse de toute façon. Et puis je croyais que… hier soir…
– Écoute-moi, trésor, le temps des mannequins anorexiques est passé, la santé de nos filles est trop importante. De plus, rien ne t’empêche de reprendre tes études, mais il faut de l’argent pour vivre à Paris, même si tu es logée gratis. Quelques photos, une pub par-ci par-là, ça te garantit un chèque à la fin de chaque mois. Quant à hier soir, ça a soulagé la pression.
« Soulager la pression » ! J’ignorais si je devais en rire ou hurler de colère. La première option permettait au moins de ne pas sombrer. Et puis, me faire appeler mon trésor m’avait comblée d’un bonheur indescriptible.
– Tu proposes quoi ? réussis-je à articuler sans trop bégayer.
– Je désire m’occuper de toi. Tu as un don certain, des avantages précieux dont beaucoup de jeunes filles rêvent, je peux t’aider. Pour le reste, je te préviens : je n’entretiens pas de relation avec mes models. Même si de temps en temps on… enfin tu vois ce que je veux dire, ça ne signifie pas que tu es ma nana ou moi la tienne. C’est clair ?
Refuser c’était courir le risque de la voir franchir la porte une dernière fois, tirer un trait sur le moindre espoir, cette perception d’un avenir sans elle me fit frémir. Tant que nous continuerions à nous voir, rien n’était perdu.
– D’accord. C’est quoi le programme aujourd’hui ?
– Tu as de quoi déjeuner ? Nous avons un après-midi chargé.
 
Nous entrâmes peu après 14 heures dans un salon de coiffure réputé, une véritable ruche dédiée à la beauté pour des clientes ignorantes de la crise financière. Sarah en fit le tour, accordant sans complexe une bise ou un mot sympa à chaque employée. L’une d’elles me poussa gentiment à une place disponible.
– Qu’est-ce qu’on fait ?
Je découvris avec stupéfaction dans le miroir que la question ne s’adressait pas à moi. Quatre mains s’occupaient de triturer mes cheveux, d’en apprécier la texture. Sarah donna ses consignes, sûre de son fait, en professionnelle, sans même prendre mon avis.
– Ne les coupe pas. Je veux quelque chose qu’elle puisse entretenir facilement, qui préserve sa fraîcheur. Un peu de volume, peut-être ondulés dès la mi-longueur.
– Le cheveu est épais, ce sera facile, sourit l’employée, les doigts engoncés dans ma tignasse. Je devrai sans doute les épointer.
Le comportement de Sarah me troublait. Peut-être était-ce sa manière d’exprimer un intérêt pour ma petite personne. Rassurée de ne pas voir mes longs cheveux coupés, je m’abandonnais aux mains expertes de la coiffeuse.
 
– Qu’en penses-tu ? me demanda Sarah en sortant du salon deux petites heures plus tard.
Habituée au travail soigné, mais sans recherche, du coiffeur de notre bled, je reconnaissais sans mal le bien fondé des suggestions de Sarah. Je me sentais belle, et cette impression nouvelle me plaisait. Chaque vitrine devenait une glace dans laquelle m’admirer.
– Génial ! Mais l’ondulation va foutre le camp au premier lavage.
– Non, me rassura-t-elle. Tu as un fer à boucler ?
Jamais l’utilité d’un tel instrument ne m’avait effleurée. Sarah le devina à ma grimace.
– On t’en trouvera un, je te montrerai comment faire.
Nous marchâmes d’un pas tranquille. La présence de celle qui restait une belle inconnue à mes côtés s’imposait à mon esprit comme des plus naturelles, je devais jouer son jeu afin de mieux l’apprivoiser, de me rendre indispensable.
– Tu m’amènes où, maintenant ?
– Dans une boutique de lingerie à deux pas. Nous devons prendre soin de ta poitrine.
Nous ! Elle avait dit nous, et ce simple mot dans sa bouche enveloppa mon cœur d’une chaleur délicieuse. La sensation d’être amoureuse s’insinua en moi, même si ça semblait ridicule, ou pour le moins précipité.
 
Là aussi, Sarah entra en terrain conquis, saluant tout le monde. Mon œil de petite campagnarde habituée à être fauchée s’attarda sur l’étiquette d’une nuisette de satin. La valeur du bout de tissu m’aurait permis de faire les courses un bon mois. Une inquiétude me traversa l’esprit.
– Tu n’as pas payé chez le coiffeur. Et là, les prix sont…
– Ce sont des frais de gestion pour ma boîte, rassure-toi. Nous sommes sous contrats avec ces magasins, et bien d’autres.
Pas de doute, on me faisait entrer dans un monde à part. Sans plus de détails, Sarah étudia les soutiens-gorge. Elle en choisit trois avant de me faire entrer dans une cabine d’essayage assez spacieuse pour y installer une petite table et des rafraîchissements. J’allais me dévêtir sans soucis, la pudeur n’avait plus de mise depuis la séance de masturbation de la veille, quand une vendeuse nous rejoignit.
– Qu’est-ce que…
– Ce n’est rien, m’interrompit Sarah. Chloé est conseillère ici, elle m’aide souvent pour le choix du tissu et la profondeur des bonnets. On gagne un temps fou. Tu peux te déshabiller en toute tranquillité.
Plus facile à dire qu’à faire en de telles conditions, je satisfis tout de même à l’exigence. La psyché me renvoya l’image d’une jeune fille certes émue, mais pas rouge de honte comme je m’y attendais. Sarah dans mon dos, la vendeuse devant, les quatre mains sur ma poitrine, comme les quatre un peu plus tôt dans mes cheveux, me laissaient une impression de professionnalisme, loin du ressenti au sortir de la douche. Le plus long dans l’essayage fut de boutonner et de reboutonner ma robe.
– On prend les trois, indiqua Sarah sans perdre de temps, tu nous mets les slips assortis en taille 38. Pas de string, surtout, ni de dentelle rajoutée.
 
Un taxi nous déposa au bas d’un immeuble dans une rue située non loin de la mienne. Un petit ascenseur jusqu’au 3ème étage, je pénétrai dans un couloir. Pas le temps de jeter un œil au séjour sur la gauche ou à la cuisine à droite, encore moins à la salle de bain, Sarah m’entraîna par la main dans sa chambre. Ce comportement me choqua. Sans prendre la peine de me regarder, elle ouvrit les battants d’une armoire.
– Á poil, vite. Mets ça avec le soutien-gorge pigeonnant et le slip assorti. On doit arriver au restaurant à 20 heures au plus tard.
J’étais prise dans un tourbillon, sans volonté de me débattre tant la situation était loin de me déplaire. On s’occupait de moi pour la première fois de ma jeune existence. Pourtant, un signal d’alerte clignota dans mon cerveau, vite chassé par certains détails. Un coiffeur de renom ne pouvait se faire complice d’une personne malhonnête, de même que les employées d’une boutique de lingerie de luxe.
– Á quoi tu penses ? sourit Sarah en prenant le parti de me dévêtir devant mon inertie causée par une pensée pas très nette.
Ses mains se firent plus douces que dans la cabine d’essayage, son regard s’éclaira de nouveau à la vue de ma nudité. Je le ressentis comme une caresse.
– Je me demandais pourquoi tu fais tout ça, osai-je après avoir cherché les mots. On se connaît depuis deux jours, et tu fais des trucs insensés depuis ce matin.
– L’instinct, ma chère Anaïs, répondit-elle en me rhabillant dans les vêtements conformes à son choix, le pressentiment que nous allons faire de grandes choses ensemble. Regarde !
J’ignore ce qui me toucha, les mots lancés avec une désarmante certitude, ou mon reflet dans la glace au centre de l’armoire. Cette jeune beauté gainée dans une splendide robe cocktail bleu azur dont le volant tombait à mi-cuisses, serrée à la taille par une large ceinture bleu roi, c’était moi ? Pas le temps de m’interroger, on glissait mes pieds dans des escarpins dont le talon ne dépassait pas cinq centimètres.
– Tu es bien dedans ? demanda une voix posée.
– Peut-être un peu grand, répondis-je en tremblant.
Quelques secondes plus tard, Sarah me chaussait de nouveau après avoir glissé une semelle dans chaque chaussure.
– Une touche de fard à paupière, un soupçon de rose sur tes lèvres, et tu seras parfaite.
Parfaite pour quoi ou pour qui, il me restait à le découvrir.
 
La tête pleine des confidences de Sarah, de sa certitude de faire de moi un mannequin, de son empressement à m’offrir une soirée de rêve, des regards que je n’avais cessé d’attirer, je souris à l’avenir tandis que je pénétrai pour la seconde fois dans son appartement. Elle prit le temps de me faire visiter un agréable deux pièces cuisine à l’ameublement minimaliste d’un blanc épuré.
Son attitude dans la soirée me laissait un goût d’inachevé, presque la promesse d’un futur immédiat correspondant à mes espérances. Sans doute sa retenue vis-à-vis de moi tenait du désir de ne rien précipiter. C’était moi la petite campagnarde, mais elle qui se comportait avec un siècle de retard. J’acceptais sa réserve, prête à patienter le temps nécessaire, même si mon attitude ne laissait planer aucun doute.
– Mets-toi à l’aise, trésor, tu vas dormir ici. Je vais te donner une brosse à dents et une serviette, tu peux prendre un bain.
 
Á peine déshabillée, la magnifique robe posée sur le lit dans la chambre de Sarah, j’allais filer dans la salle de bain en sous-vêtements quand elle fit irruption, un mètre ruban à la main.
– Enlève tout, je vais prendre tes mensurations exactes.
Être nue en sa présence me gênait de moins en moins, son regard me mettait à l’aise. Elle opéra vite, avec attention, prenant soin de prendre des notes.
– C’est bien ce que j’avais évalué : 94, 66, 90.
– Qu’est-ce que ça veut dire ? demandai-je par acquis de conscience.
– Tes mensurations ne sont pas celles d’un mannequin de défilé, mais elles sont idéales pour les photos et même la pub télévisée. Avec l’expression de ton visage, on va faire un malheur. J’ai senti à notre première rencontre que tu étais faite pour ça, il n’y a aucun doute. Même Marc en est persuadé, et il en a vu passer devant son objectif. Ta présence crèvera l’écran, comme on dit dans le jargon du métier.
Puis, oubliant son travail, elle me prit par la main comme une gamine désireuse de s’amuser, et m’entraîna hors de la pièce.
 
Le temps de remplir la baignoire nous offrit l’occasion de chahuter, un instant décomplexé de franche camaraderie. Ce qui devait arriver arriva.
– Ah ! c’est malin, rit Sarah à gorge déployée. Je suis toute trempée maintenant.
– Tu n’as qu’à prendre le bain avec moi, balançai-je sans même une arrière-pensée.
La franchise me rattrapa pourtant quand la chemise glissa sur sa peau légèrement hâlée. Elle s’était retournée afin de suspendre ses vêtements à la patère, m’offrant la vue du triangle de son dos. Le ballet des mains occupées à dégrafer le soutien-gorge étira ses muscles fins de l’omoplate à la hanche arquée. La chorégraphie s’emballa, Sarah fit glisser le pantalon et le slip d’un même mouvement sur ses cuisses pleines sans excès de sportive du dimanche. Ses longues jambes tressaillirent jusqu’à fouler le tissu aux pieds. Mon regard remonta jusqu’aux fesses rondes juste avant qu’elle ne se retourne.
Le mouvement m’offrit la vision fantasmatique du mont de Vénus le bien nommé, recouvert de courts poils brun cachant à peine la peau, la toison en pointe de flèche semblait indiquer le chemin à suivre. Mon regard choisit l’itinéraire inverse cependant, et remonta le long du ventre plat aux abdominaux sous-jacents. Les seins, hésitants entre la poire et la pomme, tendaient vers l’avant comme une invitation aux caresses. Le téton sage dans la petite aréole quémandait les baisers.
– Ça va ? Tu te rinces bien l’œil ? s’amusa Sarah sans se dérober à mon regard.
– Tu es belle.
Cette remarque était évidente, tout aussi évidente la raison de lui donner mon impression. Sans doute le savait-elle, le compliment la fit tout de même rougir.
– Tu me fais un peu de place, sourit-elle en s’installant face à moi dans la baignoire, mêlant ses jambes aux miennes.
Le contact me ravit. On resta un moment à s’observer, les yeux dans les yeux, chacune tentant de lire les pensées de l’autre. Les miennes me trahirent sans doute, car mon amie me demanda de me retourner.
– Viens là, je vais te laver.
 
Installée entre ses cuisses écartées, mon dos écrasa sa poitrine. Cette posture prit la dimension d’une caresse, car je sentis les pointes durcir.
– Tu n’as jamais fait des choses avec la copine à qui tu écris ? demanda-t-elle l’air de rien. Au collège et au Lycée, même les filles hétéros ont souvent des petites histoires entre elles, comme des expériences.
J’espère que tu ne m’en voudras pas, ma douce Lola, de lui avoir raconté nos jeux, nos baisers, nos caresses maladroites, cet étrange ressenti qu’on ne peut pas qualifier de plaisir sexuel au sens propre du terme. Je voulais sans doute la rendre jalouse.
Sarah se lova autour de moi comme une contorsionniste. Ses mains en guise d’éponges, elle massa mon dos au point de détendre chacun de mes muscles. La lenteur de ses gestes me tirait des soupirs de bien-être. Elle posa la joue sur mon épaule gauche, me sourit. La proximité des lèvres brillantes en faisait des fruits tentants. Je me retins à grand peine de mordre dans la chair pour ne pas rompre le charme.
Ses mains abandonnèrent mon dos, se faufilèrent devant. Entre palpation et caresse, mes seins enflèrent, mon ventre durcit. Sarah massa mes globes de l’intérieur vers l’extérieur, frôlant d’un doigt mes tétons à chaque passage. Elle s’amusa de leur réaction d’orgueil.
– Ils sont sensibles.
Je répondis sans parler, d’un simple hochement de tête. Depuis la puberté, j’avais appris à les caresser, à maîtriser le bonheur simple de les sentir vibrer sous mes attouchements plus ou moins appuyés. Ce n’était pas un moyen de parvenir à la conclusion, mais cela permettait de décupler mon plaisir lors des séances de masturbation.
Une main toujours sur mes seins, l’autre glissa de mon ventre jusque dans ma toison. D’abord immobile, Sarah entreprit de masser mon pubis. La caresse sensuelle de sa paume sur mon bas-ventre me tira un frisson, mon sexe s’ouvrit sans être sollicité.
– Tu as froid ?
– Non, balançai-je sans mentir.
– D’accord ! J’ai compris. Il faut vraiment qu’on fasse quelque chose pour ta virginité, tu ne sais pas te tenir en compagnie.
 
Seule dans le clic-clac du salon, engoncée dans le pyjama qu’elle m’avait prêté, je peinais à trouver le sommeil, triste de ne pas profiter du lit de Sarah. Une fois encore son baiser n’avait touché que mon front.
 
Je ne sais plus où j’en suis, Lola. J’ignore si c’est l’amour ou simplement mes hormones, je la désire, je veux lui appartenir. Il me reste tant à découvrir, tout en fait. Je vais devenir folle si rien ne se passe.
Bonne nuit, ma tendre amie.

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La tentation du velours 4

 

Ma chère Lola,

J’ai été heureuse d’avoir de tes nouvelles, de savoir que tout va bien dans ta vie d’étudiante à l’école d’infirmières d’Orléans. J’espère que nous aurons l’occasion de passer du temps ensemble aux vacances.

 

L’attitude de Sarah au réveil au lendemain de ma nuit dans son canapé me laissa un goût amer. Elle était redevenue la gentille copine un peu trop vieille pour chahuter avec une gamine comme moi. D’accord, elle a 27 ans et moi 18, mais en quoi cette différence pose-t-elle problème.

Dès le petit déjeuner pris dans la cuisine, j’ai eu l’impression d’être à l’école. Elle avait établi le programme de la journée avec minutie. Sarah voulait m’apprendre à choisir les vêtements pour mettre ma silhouette en valeur, à me maquiller, à m’épiler, à marcher, même à sourire. Des cours de maintien du matin au soir. On croirait qu’elle joue à la poupée et que je suis sa Barbie. C’est sympa mais frustrant.

Je lui signifiai en fin de journée mon intention de sortir. Sarah proposa une soirée au cinéma. Mais je désirais autre chose. Lola, tu connais mon entêtement, elle accepta de me guider à travers les établissements lesbiens du Marais.

 

On atterrit au Nix Café vers 21 heures. L’affluence du vendredi ne se compare pas à celle de la semaine, et trouver une table fut un exercice de patience.

– Je t’offre le champagne pour fêter notre future collaboration, balançai-je, heureuse de faire un geste.

En effet, Sarah avait pris la décision de me proposer un contrat le lundi suivant. J’avais accepté à la condition que ça ne m’empêche pas de reprendre mes études. Mon oncle Alain ne mérite pas d’être trahi. De plus, j’en ai réellement envie.

Nous ne restâmes pas seules longtemps. Les places assises en nombre limité par rapport à la foule présente, notre table se trouva envahie par des connaissances de Sarah. L’appréhension de la première sortie en public passée, je me sentais bien parmi ces jeunes femmes, entre 20 et 30 ans, à la conversation enrichissante. J’apprenais sans en avoir l’air à reconnaître une attitude, à capter dans un regard le message subliminal, à interpréter un geste anodin, à déchiffrer autant de signaux qui établissent le code lesbien dans son ensemble.

La butch est le type parfait de la lesbienne masculine, telle que les hétéros la représentent. Elle arbore sans complexe les attributs vestimentaires masculins, de la casquette au costume cravate, et assume sa sexualité comme une appartenance politique.

La fem, abréviation de féminine, donne une image totalement contraire. Elle abuse en général de maquillage, des talons démesurés, et dénature la mode féminine en la poussant à son extrême, par esprit de revendication.

La lipstick se distingue par la confusion qu’elle sème. Elle adopte le code vestimentaire et le comportement des femmes hétéros, et ne revendique sa sexualité par aucune marque visible. Les mecs la draguent dans la rue ou dans les bars, et s’étonnent de prendre des râteaux. Á l’inverse, on la laisse tranquille dans les lieux de drague lesbiens, croyant qu’elle s’est trompée d’adresse.

Ainsi, sans le savoir, je suis une lipstick, une image policée de la lesbienne bien intégrée dans la société. Cette représentation me convient. D’abord je trouve honteux un amalgame trop facile dans le comportement sociétal. On dit l’arabe, le noir, la lesbienne, le pauvre, et bientôt le malade à différencier du bien-portant ? Personne ne choisit sa couleur de peau, il n’est pas plus permis de choisir son orientation, c’est comme ça.

Pour l’heure, j’étais davantage tourmentée par le besoin de passer à l’acte que par l’avis de la société à mon sujet.

 

Sarah me présenta comme son nouveau model officiel. Son attitude à mon égard se voulait un savant dosage de protection, d’amitié, et d’un intérêt plus inavouable. Ce dernier point incitait ses copines à épier un mot ou un geste, le signe évident d’une liaison amoureuse en devenir. J’aurais voulu les contenter, mais je n’en avais pas le droit.

Ces nanas formaient une représentation assez juste de la société avec trois travailleuses et deux étudiantes, la sixième en recherche d’emploi. Sarah faisait le lien, elles m’intégraient donc à leur groupe avec bonhomie, et j’acceptais avec beaucoup de plaisir de suivre le mouvement. Il était facile de trouver des points communs à nos parcours respectifs. Je reconnaissais sans honte être novice dans le milieu lesbien, malgré la certitude de mon identité sexuelle ancrée depuis toujours en moi. Cette franchise provoquait des remarques compatissantes.

L’alcool me rendait euphorique, mes inhibitions tombaient les unes après les autres, et le sexe cessa d’être un sujet tabou. Ma niaiserie avouée ne provoqua aucune moquerie. Les fringues ne sont pas l’unique sujet de discussion entre nanas. D’abord la franchise du vocabulaire. Un cul est un cul, on parle de coucher pour une aventure sans lendemain, de faire l’amour pour un couple établi. C’est sans doute là, ma chère Lola, que la différence se fait entre le monde des adultes et celui de l’adolescence, le fait de ne pas être passée à l’acte n’est pas un prétexte à l’exclusion, mais plutôt à la compréhension.

Pour en revenir à la soirée, l’arrivée d’une jeune femme brune, environ 25 ans, provoqua un remous dans notre assistance. Elle toisa chacune d’entre nous, puis s’imposa sur la banquette à ma droite. Je me retrouvai donc coincée entre la nouvelle venue et Sarah, qui parut soudain moins à son aise. Malgré la gentillesse affectée, le malaise entre elles se devinait.

Muriel était en fait l’ex de Sarah, et la rupture remontait à moins d’un mois. Aucun doute, elles avaient éprouvé des sentiments l’une pour l’autre. Ne restait qu’une rancœur inavouable, comme une impression de gâchis.

 

Le débat reprit sur le sujet brûlant de la croisière annuelle organisée par un voyagiste, réservée aux lesbiennes. Certaines y voyaient l’occasion de s’amuser entre nanas, d’autres saisissaient un message politique. La discussion restait toutefois bon enfant, chacune respectant l’idée de l’autre. Moi, ignorante de l’existence d’un tel évènement, j’écoutais en silence. Quand soudain…

Une situation, dont j’étais le centre d’intérêt, devint pour le moins ambiguë : une main de Muriel se fit insistante sur ma cuisse. Sidérée par un tel comportement, je n’osais pas bouger, de peur que les autres ne se rendent compte du manège. Peut-être était-ce le geste amical d’une de ces personnes qui éprouvent le besoin d’établir un contact physique afin d’attirer l’attention, tout le monde connaît au moins un individu incapable de parler sans toucher le bras de son interlocuteur.

Attendre et voir venir, telle était mon intention. En fait, je n’ai pas eu à attendre longtemps pour la voir venir. Ses regards sur moi devinrent vite embarrassants, de véritables appels à une débauche charnelle, sa main glissa vers mon entrejambe. Muriel se moquait de mettre toute la tablée dans l’embarras. Dépassant ma timidité, je m’écartai d’elle. Le sursaut me projeta contre Sarah. Celle-ci posa un bras protecteur sur mon épaule, son regard soutenu investit le mien. Je devinai mon univers étroit sur le point de voler en éclats.

Elle se pencha, effleura ma bouche d’un doigt, comme on caresse un fruit avant de le goûter, pour enfin répondre à mes attentes. Ses lèvres humides se pressèrent contre les miennes, avides, tremblantes, chaudes. Je lui rendis son baiser, oubliant ma niaiserie, savourant la passion de cet instant magique.

Vexée de me voir préférer son ex, Muriel nous abandonna avant même d’avoir bu un verre. Personne ne sembla la regretter. Un doute s’insinua dans mon esprit : Sarah m’avait peut-être embrassée par esprit de compétition, pour ne pas laisser l’autre gagner la partie. Sa main droite toujours sur mon épaule, la gauche enserra mes doigts sous la table, dans un geste d’une exquise douceur. La magie perdurait.

Le fil de la soirée reprit là où il avait été abandonné au moment de l’interruption, comme le déroulement logique d’un film après un intermède publicitaire. Aucune autre marque visible de tendresse ne se fit en public, mais c’était sans importance. Même quand sa main droite déserta mon épaule, la gauche prolongea le contact avec mes doigts sous la table, comme une promesse.

 

La raccompagner chez elle s’imposa sans un mot à notre sortie du Nix Café, une entente tacite incluant tout ce qui pouvait, ou devait, arriver pendant la nuit. Notre démarche lente permit à mon âme de s’imprégner de ce moment particulier, une parenthèse avant le grand saut dans l’inconnu, un silence qui n’en était pas vraiment un, une acceptation de l’inéluctable. Et Sarah, à quoi devait-elle penser sur les sept cents mètres environ nous séparant de son nid. La clé dans la serrure brisa le silence, la porte se refermant sur nous claqua comme un avertissement.

On ne se jeta pas l’une sur l’autre, pressées d’en venir à l’essentiel. Nous demeurâmes un long moment dans l’entrée, entre la cuisine et le salon, les yeux dans les yeux, à nous laisser porter par nos émotions. On avait chacune les nôtres, il nous fallait les mettre à l’unisson avant d’aller plus loin, de passer le cap.

Je glissai dans ses bras, à la recherche d’un second baiser. De nouveau son odeur, ses mains sur mon visage, ses lèvres, sa bouche, sa langue lovée autour de la mienne. J’ignorais par manque de pratique si je m’y prenais bien, ça me plaisait, naturellement. Je me régalais de sa salive. Je portai dans l’ivresse de l’inconscience mes bras autour de son cou.

On se retrouva assises sur le canapé, à s’embrasser encore, un peu plus collées l’une à l’autre, nos jambes se cherchèrent, se frôlèrent, se trouvèrent. Rien de sexuel encore, juste un contact à travers nos vêtements, un flirt à peine poussé. Je caressai son visage tandis que ma langue fouillait sa bouche, j’apprenais à le reconnaître. Les bras passés sous les miens, Sarah s’accrochait à mes épaules, maintenait nos bustes soudés.

Quand le souffle nous manqua, chacune retira ses vêtements en silence, sans regarder l’autre. Puis, me tenant par la main, elle m’entraîna dans la chambre d’un pas redevenu lent.

 

Sarah assise à la tête du lit, moi lovée contre elle, nos corps firent enfin connaissance. Son sein gauche écrasé par mon sein droit, je caressai l’autre aussitôt. Sa réaction me ravit. Mon amante se prit au jeu et massa mon globe à pleine main. Mon premier soupir se perdit dans sa bouche.

Abandonnant mes lèvres, Sarah embrassa ce sein qu’elle câlinait si bien et goba mon téton qui s’allongea sous sa langue. La merveilleuse sensation me transporta. Á force de contorsion, je finis par lui rendre la pareille. Nous étions littéralement enchevêtrées comme des lianes, chacune un sein dans la bouche de l’autre.

Ma main libre partit à l’aventure sur son ventre, Sarah m’imita. Je jouai un instant les doigts dans sa toison, elle en fit autant. Puis, n’y tenant plus, j’investis son intimité. Je l’entendis déglutir de surprise, sa bouche collée à mon sein, et elle me rendit la politesse. On resta un moment ainsi à se masturber l’une l’autre, à amadouer nos chairs.

Prise d’une nouvelle appétence, Sarah se dégagea de mon emprise. Elle m’installa à sa place à la tête du lit et me régala d’un nouveau baiser. Puis, caressant mon corps de la pointe de ses seins, sa bouche dessina des arabesques sur ma peau. Après avoir honoré encore ma poitrine, elle ondula à reculons, son regard langoureux fixé au mien, jusqu’à se glisser entre mes cuisses écartées.

Ouvrant mes grandes lèvres avec ses doigts, Sarah plongea dans ma moiteur. Je ne pus retenir un feulement rauque. Elle investit ma grotte à la recherche du trésor tapi dans l’ombre. Une femme me léchait pour la première fois, rien n’avait d’importance que cette bouche ouverte sur ma fente, cette langue fouillant ma vulve avec avidité, l’impression d’être aspirée. Concentrée, je voyais son nez disparaître dans ma toison, et imaginais sa langue sur mes chairs révoltées.

Sarah ne me lâchait pas du regard, sans doute m’avait-elle installée en position assise afin d’en profiter, de lire la progression du plaisir dans mes yeux. Moi aussi je l’observais. Elle aimait me fouiller ainsi, savourer ma liqueur, jouer dans mes nymphes.

Mon amante maîtrisa la montée de ma jouissance, sa science amoureuse me laissait pantoise. Elle investit ma grotte d’un doigt jusqu’à l’entrée de mon vagin, et aspira mon clitoris entre ses lèvres. Ma vue se brouilla, mon ventre se comprima. Une sensation intense, inconnue, se répandit dans mon être. Sa langue sur mon bouton, ses doigts dans ma vulve, tout se mélangea dans mon esprit embrouillé. Je jouissais de mon premier orgasme.

La retombée fut lente, d’une exquise douceur, prolongée par une myriade de baisers éthérés, presque chastes, que Sarah distribua de mon ventre à mes seins. Je goûtai ses lèvres, ma langue se faufila entre ses dents, investit sa bouche, la fouilla comme elle venait de faire avec mon intimité. Je savourai sa salive pleine de ma cyprine.

 

Dans un mouvement tournant, je me retrouvai au dessus de Sarah, la position assise devenait inconfortable de toute façon. Son regard dans le mien lut mon désir de lui donner du plaisir, mais aussi une certaine hésitation. Peut-être, si nous avions été vierges toutes les deux, cela aurait rendu la chose plus facile.

– Ce n’est pas la peine, trésor, articula-t-elle d’une voix enrouée, tu n’es pas obligée.

Obligée non, désireuse oui. C’était à moi de jouer maintenant, de mener le bal. Je n’avais pas sa science amoureuse, cependant je voulais la toucher, lui rendre au moins en partie ce trop plein de bonheur qu’elle venait de me donner.

Penchée au dessus d’elle, le visage tout près du sien, mes longs cheveux encadrant nos deux visages dans un même écrin, je caressai ses seins d’une main, ils réagirent aussitôt. Le temps de butiner ses lèvres, ma main descendit sur son ventre. Sarah m’encouragea d’un sourire.

Après une dernière hésitation, les doigts perdus dans sa toison, je frottai ma paume contre ses grandes lèvres qui s’humidifièrent aussitôt. Son regard brilla d’une étrange lueur quand j’entrepris d’écarter les nymphes. Mon index et mon majeur fouillèrent sa grotte sans attendre. Sa moiteur me surprit.

Tendue, Sarah ouvrit de grands yeux devant mon audace, incapable de réprimer un soupir de volupté. Je caressais chaque recoin de sa vulve comme je le faisais à la mienne dans mes jeux en solitaire. Le fait de sentir des chairs inconnues s’animer sous mes doigts emplit mon cœur d’une joie indicible.

Mon amante referma une main sur mon poignet, je compris ce qu’elle attendait, mes phalanges se déplièrent. Sarah entama un mouvement de va-et-vient, se servant de mes doigts comme d’un jouet intime, elle se masturba sur ma main. Je titillai son clitoris de mon pouce.

Vite, bien trop vite, sa bouche s’arrondit, ses yeux se révulsèrent. Béate, j’assistai à la montée de son plaisir. Pressée d’en finir, elle accéléra encore le mouvement. Le clapotis de mes doigts dans son antre résonna dans la chambre.

– Jouis, mon amour, ne pus-je m’empêcher de murmurer.

Sarah expulsa une longue plainte à peine audible, son vagin se contracta. Elle se laissa aller à un orgasme rapide dont l’intensité me surprit. Les yeux béants sans me voir, la bouche ouverte, mon amante stoppa le mouvement de mes doigts, mais les conserva en elle jusqu’à reprendre son souffle. Le plaisir la rendait plus belle encore.

Enfin elle me regarda, un merci sous forme d’un sourire gravé sur ses lèvres tremblantes. Le regard planté dans le sien pour lui prouver mon envie, je portai mes doigts à mes lèvres, et léchai soigneusement mes phalanges mouillées de ses sécrétions. Ce n’était pas pour lui faire plaisir, je désirais vraiment connaître son goût.

 

Le moment de tendresse qui suivit ne pouvait pas être silencieux, il me fallait mettre des mots sur mes émotions. Toucher ainsi une femme, surprendre dans ses yeux la félicité chambouler son être, j’en rêvais depuis longtemps. Ce soir j’avais osé, avec des gestes maladroits, sans aller aussi loin que je l’aurais souhaité, mais ce premier pas m’ouvrait des perspectives infinies.

– C’était parfait, trésor, me répondit Sarah d’une voix tendre, vraiment intense. Tu t’es donnée  sans retenue et tu m’as donné mon plaisir, je ne voulais pas qu’il en soit autrement. Quel pied ! ajouta-t-elle afin de dédramatiser. Pour une première, tu m’as filé un sacré orgasme.

Elle posa la joue sur mon sein droit, puis caressa l’autre d’une main distraite, comme on touche la joue d’une amie d’un geste tendre. J’aurais voulu lui dire « Je t’aime » mais je n’osais pas.

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Invité

Je ne dirais rien de plus sinon que j'aime ta façon d'écrire et que ce parfum féminin qui ressort de ton roman me rappelle certains souvenir bien doux :)

LN

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La tentation du velours 5

 

Ma chère Lola,

Le moral est au plus bas, ma vie est redevenue vide. Le contrat à peine signé, Sarah s’envolait pour New York. Les seules nouvelles d’elle depuis deux semaines me sont données par l’agence. C’est ainsi que ça doit finir ? Bien sûr elle m’avait prévenue de ne pas m’attacher. Malgré tout, je voulais y croire. Un coach me donne maintenant les cours de maintien indispensables.

J’ai honoré un petit contrat. Quelques photos pour un magasin de fringues pour jeunes filles, et je déposais un joli chèque à la banque. Sarah ne m’a pas menti au moins, ce travail me garantit la tranquillité du point de vue financier. Puis une nouvelle proposition est arrivée, l’occasion d’une péripétie peu banale que je souhaite te détailler.

 

La journée s’annonçait chaude en cette fin juin. La valse des étudiants dépêtrés des examens emplissait les terrasses des bistrots d’un joyeux brouhaha. De nombreux Parisiens préparaient leur départ en vacances, les agences de production tournaient à plein régime au contraire, à préparer la prochaine rentrée. Les imprimeurs guettaient les photos afin de mettre les catalogues sous presse. J’entrai dans un immeuble ancien de la rue Lamartine, contente d’avoir de l’occupation pour les deux prochains jours.

– La porte à droite au 1er étage, balança mollement la concierge sans même un coup d’œil dans ma direction.

Le large escalier ressemblait à celui des anciens palaces privés qu’on voit dans les vieux films, le bois craquant sous le poids des femmes en robe de bal et des hommes en jacquette.

 

– Bonjour. Anaïs, je suppose ? me lança une jeunette à peine plus âgée que moi, dont le sourire contrastait avec le masque de la quarantenaire à la conciergerie. Je m’appelle Viviane. Venez avec moi, s’il vous plait.

La peinture fraîche du lieu transformé en studio photo tranchait aussi avec le caractère vieillot de l’immeuble. Je la suivis, le regard collé à ses fesses rondes moulées dans un pantalon de toile beige, jusqu’à la salle de maquillage.

Cette partie de l’anatomie attire mon regard comme un aimant. Même gamine, je me souviens, il m’arrivait de caresser mes poupées à cet endroit précis.

La pièce en ébullition, trois nanas installées devant les coiffeuses à miroir éclairant racontaient des blagues potaches aux maquilleuses, chacune la sienne. Voici pourquoi on m’avait accueillie par mon prénom. Après un sourire général en guise de bienvenue, auquel je répondis par un salut, toutes retournèrent à leurs occupations.

Je me déshabillai entièrement comme mes collègues mannequins. Viviane, les mains tendues vers moi prêtes à m’envelopper dans un peignoir de coton, regardait sur le côté. Aucune pudeur à cela, elle vérifiait sur la tablette la présence du nécessaire. Mon esprit faisait sans peine la part des choses entre la nudité pour raison professionnelle et le nu érotique. J’étais embauchée pour servir de model par un commerçant de lingerie spécialiste de l’adolescence, une de ces marques dont les prix font bondir les mamans non fortunées.

Assise à la coiffeuse, le peignoir sur mes épaules béant sur mes formes exposées à la lumière crue, je ressentis le regard de Viviane de manière quasi-physique. Elle me demanda de me relever, écarta un pan du vêtement, se positionna à côté de moi à me toucher et se pencha. Quel défaut son œil exercé avait-il pu relever pour faire ainsi la moue.

– Un problème ? balançai-je, inquiète.

– Trois fois rien, ne bougez pas, me rassura-t-elle d’un sourire complice.

Viviane s’agenouilla face à moi, un peigne dans une main et une paire de ciseaux dans l’autre. Sa position, le nez presque dans la toison de mon minou, n’avait plus rien de professionnel. Elle commença à désépaissir ma touffe comme l’employée d’un salon de coiffure l’aurait fait avec mes cheveux. Son souffle sur la partie très intime de mon corps me rappela un souvenir pas si vieux, la réaction chimique ne se fit pas attendre.

– Je vous donnerai des lingettes, ne vous inquiétez pas, prévint ma maquilleuse d’un ton qui se voulait neutre, mais ne l’était pas vraiment.

Ainsi elle savait que je mouillais, la gêne prit définitivement le dessus. Viviane continua son œuvre, puis passa les doigts dans mon pubis désormais aux poils courts.

– C’est parfait, me dit-elle tandis que je l’aidais à se relever. Une toison trop épaisse déforme les slips, ça se voit à la photo.

Sans un mot, elle me donna une petite boite de lingettes intimes, et me montra les toilettes d’un mouvement du menton. Je m’enfuis littéralement dans la direction indiquée.

– Je vous attends, signifia une voix redevenue normale dans mon dos.

Dès mon retour, Viviane me prépara enfin au shooting photo en appliquant une poudre à l’effet matifiant (pour les parties du corps qui ne se maquillent pas) sur ma poitrine, mes cuisses et mon ventre à l’aide d’un pinceau de soie. Elle allait régulièrement répéter l’opération entre les prises au moment du changement de sous-vêtements.

 

Après deux séances entrecoupées d’une pause déjeuner, nous étions assez complices pour que l’envie me prenne de lui offrir un verre. Cette nana avait du chien avec son air de fausse ingénue, le nez mutin sur la petite bouche aux lèvres fines, une certaine ressemblance avec Emma Watson. Les cheveux châtain, tirés en arrière avec une queue-de-cheval haute, dégageaient les oreilles.

– J’ai eu la honte de ma vie ce matin, arguai-je afin d’amorcer la discussion.

– Je n’avais rien remarqué, mentit Viviane avec aplomb, c’est ton air surpris qui m’a avertie d’un problème.

– Tu dois en voire de drôles, même si tu ne travailles pas depuis longtemps.

Une petite ride d’expression plissa son front lisse, les lèvres s’étirèrent à peine dans un sourire amusé. La mimique la rendait craquante.

– J’ai eu mon CAP d’esthéticienne à 17 ans, ça fait trois ans que je bosse dans cette boîte.

Hop ! L’air de rien, j’avais mon renseignement. Draguer cette nana s’était imposé à mon esprit comme un défi. Mon histoire avec Sarah était une blessure pas très visible, mais douloureuse.

– Jamais je ne t’aurais donné 20 ans, je pensais que tu en avais 18, comme moi.

– Eh non ! s’amusa Viviane. Par contre, je pensais l’inverse de toi. Souvent des models font plus jeunes que leur âge véritable. Tu n’es pas vexée, j’espère.

Il en aurait fallu davantage. Une petite brise maintenait une température agréable sur la terrasse ombragée, je buvais un jus de fruit en compagnie d’une jolie fille, le moment ne se prêtait pas à la susceptibilité. Beaucoup auraient échangé leur place avec la mienne.

– Tu coiffes souvent des minous ?

Entendre son rire me rassura, car la question m’avait échappé.

– Bien sûr, comme toutes les esthéticiennes. Tu te fais épiler le sexe par une pro, non ? Mais je ne me retrouve pas souvent dans cette position. J’espère que ton copain ne sera pas déçu, tiqua la belle en baissant d’un ton.

– Je ne pense pas, non. Je suis libre en ce moment, continuai-je pour ne pas avoir à mentir.

– Le mien est en déplacement, il ne rentrera qu’à la fin de la semaine.

Occasion à saisir, je me fis fort de mettre Viviane dans mon lit avant le retour de son mec.

 

Faire boire une personne dans l’intention de la manipuler m’a toujours choquée. Cependant, mon accompagnatrice n’avait guère besoin d’encouragement. Et l’alcool lui déliait la langue.

– C’est la première fois que je passe la soirée avec un mannequin. Il y en a même qui refusent de déjeuner avec nous à la pause. On trouve beaucoup de frime dans ce métier.

– Oh ! fis-je d’un air blasé, ça leur passera. Je fais ce boulot pour gagner un peu d’argent, mais j’attends de reprendre mes études de littérature à la Sorbonne.

– Toi pourtant, tu devrais réussir sans mal, corrigea Viviane avec un haussement des sourcils. J’ai rarement vu une fille aussi bien foutue de visage et de corps, certains top models n’ont pas ta prestance naturelle. Ton agence a tiré le gros lot avec toi. Tu as déjà fait combien de missions ?

Je me pris au jeu, émue de me sentir belle dans ses yeux.

– C’est la deuxième. J’ai signé un contrat il y a deux semaines.

Ce n’était pas le genre de discussion dont je rêvais, mais le principal était de l’intéresser. Alors autant lui laisser le choix.

– Certaines attendent des mois avant d’être appelées, et toi tu portes déjà du Andres Sarda ! Je ne sais pas si tu imagines…

Non, je ne savais pas en effet, sauf que cette nana rendue volubile par quelques verres de bière me plaisait.

– Vous êtes mannequin ! Avec mon pote on s’en doutait.

Avant même de dévisager les inconnus installés à la table jouxtant la nôtre, j’en voulus un peu à Viviane d’avoir parlé si fort. L’habitude de fréquenter depuis deux semaines des cafés réservés aux femmes m’avait incitée à baisser la garde. Les deux lascars d’une bonne trentaine d’années portaient le costume à la façon des bureaucrates imbus de leur poste à responsabilité. La brillance dans le regard de mon accompagnatrice ajoutait à son charme naturel, mais à l’inverse, la lubricité dans les yeux de ces hommes les rendait moches. L’un d’eux entreprit d’avancer sa chaise à notre table sans demander la permission.

 – On est attendues, balança Viviane en levant la main pour accrocher l’attention du serveur.

– Laissez-nous vous offrir un verre, les beautés, ricana celui qui s’était approché en posant sa main sur mon épaule, vous avez bien le temps.

Le serveur comprit la situation au premier coup d’œil. Cependant, confrontée à mon affolement, Viviane réagit la première.

– Tiens ! Paie celui-là, lui cracha-t-elle en posant bruyamment la soucoupe avec notre note sur leur table, avant de prendre ma main et de m’entraîner vers la tête de taxi toute proche.

Á peine dans la voiture, la tension retomba. J’indiquai l’adresse du bar d’Hélène au chauffeur quand elle se colla à mon oreille.

– J’ai envie, mais pas au point de me taper ces machos.

Son rire ramena le calme dans ma poitrine oppressée.

 

Entrée sans se poser de questions, Viviane sembla enfin remarquer après deux autres verres le drapeau arc-en-ciel, emblème gay. Son comportement demeura celui d’une personne désireuse de s’amuser, rien n’indiqua une gêne quelconque.

– Ce n’est pas ici que des mecs viendront nous déranger, rit-elle, même pas ceux qui auraient pu être intéressants.

Une question me tenaillait depuis un moment, elle ramenait toutes les discussions à son état d’excitation, à son désir de faire une rencontre. Rassurée de la voir prendre la chose avec humour, je tentai d’en savoir davantage.

– Tu trompes ton mec souvent ?

– Jamais, reconnut-elle sans se départir de sa bonne humeur. Mais ce week-end j’avais mes règles, et elles sont douloureuses, donc on n’a rien fait. Maintenant j’en ai envie, seulement il ne rentrera que vendredi. Ceux que je rencontre c’est pour discuter, pour s’amuser. Je me ferai du bien toute seule.

Ce n’était sans doute pas une invite. Néanmoins, je décidais moi aussi d’abandonner le jus de fruit pour une boisson plus corsée. L’accompagner un peu pouvait décanter la situation. Viviane m’en remercia d’une œillade.

Je l’écoutai parler un long moment, posant une rare question de temps à autre, ou répondant à ses interrogations. Elle finit par commander un café, à cause du travail à assurer le lendemain. Sa contenance resta celle d’une jeune femme euphorique, mais pas ivre. Plusieurs fois elle évoqua la particularité du lieu dans lequel nous nous trouvions, sans jamais se moquer ni médire.

– Je n’ai rien contre, reconnut-elle à mon oreille à maintes reprises, c’est juste que j’aime les mecs, quoi.

Va savoir pourquoi, chère Lola, jamais Viviane ne me demanda si j’avais eu une expérience lesbienne. Je lui aurais dit la vérité bien sûr, mais cet aveu aurait changé son regard sur moi.

Donc, au bout d’un moment, je la regardai se dandiner sur sa chaise. Son mal être soudain me mit en alerte.

– Ça ne va pas ?

Elle pouffa avant de se pencher une nouvelle fois à mon oreille pour une confidence.

– J’ai envie de faire pipi, mais je n’ose pas y aller toute seule. Tu m’accompagnes.

Ce n’était même pas une question. Et puis, je ne pouvais pas la laisser ainsi.

 

Viviane me tendit son sac à main avant d’entrer dans une des cabines. Dans son insouciance, ou débordante de confiance envers moi, elle se soulagea sans songer à fermer la porte. Mon regard se porta sur son intimité. Incapable de me raisonner, je la regardais, et elle parlait comme si notre comportement était normal.

La coquine s’essuya deux fois avec du papier toilette après avoir soulagé sa vessie, mais ne parut pas satisfaite du résultat. Quelle situation invraisemblable !

– Tu peux me donner une lingette ?

Elle n’aurait pas dit : « tu peux me donner une cigarette ? » sur un autre ton. J’ouvris son sac, trouvai l’objet en question, et n’eus d’autre choix que de pénétrer dans la cabine pour lui donner. Viviane se redressa, les cuisses écartées, le minou ainsi superbement exposé à mon attention, un triangle de poils noirs si minuscule qu’il ne cachait rien de sa fente. La première lingette utilisée finit sa course dans la cuvette.

– Donne m’en une autre, sourit-elle complice, je mouille.

N’y tenant plus, je fermai doucement la porte derrière moi. Elle me regarda approcher, sans peur ni enthousiasme, dans l’expectative.

 

Ouvrant ses lèvres intimes d’un doigt, j’en glissai un autre dans la vulve chaude et humide. Les chairs s’animèrent sous la sollicitation. Viviane se pencha en avant par manque d’équilibre, le menton au niveau de ma poitrine du fait qu’elle était légèrement accroupie, et se cramponna à mes épaules. La caresse resta légère jusqu’à entendre un premier grognement.

Alors, sans m’interroger sur ce que j’étais en train de faire, je la pénétrai de deux doigts. Sous le choc de se sentir investie de la sorte, Viviane leva vers moi des yeux brillants, sa petite bouche forma un O de surprise. Son vagin aspira mes doigts.

Je la masturbai vite et fort, à la recherche d’une délivrance rapide. Ce n’était pas la peur d’être prise sur le fait, mais simplement une volonté animale de la prendre ainsi, sans rien demander en retour que de profiter de sa jouissance. J’entrepris de mon autre main des caresses dans la zone clitoridienne, le bouton quitta son capuchon. Ainsi branlée, mon amante s’offrit sans détour.

Le résultat ne se fit pas attendre. Viviane ne tenta pas de retarder l’inéluctable. J’ignorais s’il s’agissait d’un véritable orgasme, mais ses soudaines contractions sur mes doigts traduisirent son état de transe. Elle me tendit ses lèvres. On s’embrassa presque sauvagement, dents contre dents, langue contre langue, avec des bruits de déglutitions. Sa bouche abandonna la mienne dès la fin des soubresauts de ses chairs autour de mes doigts.

Viviane rajusta son slip et son pantalon sans prendre la peine de se nettoyer avec la lingette que je lui tendais, le regard de nouveau calme, comme si rien ne s’était passé. On se lava les mains côte à côte à l’unique lavabo, sans un mot ni même un regard par l’intermédiaire de la glace.

 

On retourna s’asseoir, personne n’avait remarqué notre absence, ou personne ne s’en souciait. Elle commanda un café, moi un jus de fruit. On reprit notre discussion faite de futilités, comme s’il n’y avait eu aucun intermède.

 

Viviane demanda au chauffeur du taxi de me déposer, puis m’embrassa sur la joue comme une simple copine avant de poursuivre son voyage.

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Invité

Beau roman et belles façons d'écrire; Bravo

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Merci Orchidée et bravo !

 

J'aime énormément tes mots, ta sensibilité et l'histoire que tu nous offres.

Ton écriture nous happe, nous laisse dans l'expectative de suivre le cheminement d'Anaïs sur les chemin de son plaisir.

Et l'écriture sous forme épistolaire rajoute vraiment quelque chose de très intéressant. Ainsi, on partage les émotions et la vision que la narratrice veut bien partager à sa correspondante .

 

Enfin, je n'ai que deux mots à rajouter :

MERCI et ENCORE !!!

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Merci de tous ces compliments, ça me donne bien sûr envie d'écrire la suite.

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La tentation du velours 6

 

Très chère Lola,

Pas vraiment inquiète, je m’interrogeais tout de même sur la réaction de Viviane au lendemain de cette aventure hors du temps. Sans doute avais-je gâché toute chance de la mettre dans mon lit, je regrettai un peu ma précipitation. Mais la vie se fait aussi de ce genre d’expériences. Pour rien au monde je ne souhaitais un retour à la case départ. J’avais été honnête avec Sarah, et elle l’avait été envers moi. Notre séparation était de son fait, non du mien… Je me maudis de penser encore à elle, d’espérer son retour.

Peut-être que je souhaite découvrir mon moi profond par l’apprentissage d’un langage corporel particulier. La question se pose. Ou alors je suis amoureuse, et le désir est la répercussion de cet étrange sentiment. Les deux situations me paraissent catastrophiques. Je suis en passe de devenir une obsédée sexuelle, ou je m’entiche de la première femme qui croise mon chemin.

C’est difficile de grandir, Lola. Néanmoins, je n’ai plus le choix. La vie parisienne n’est pas faite pour une gamine isolée comme moi, dont l’unique attache familiale est un téléphone portable qui sonne à Londres.

 

Viviane me reçut au studio photo avec la même gentillesse affectée que la veille, celle d’une jeune femme concentrée sur son travail. La séance de maquillage corporel se déroula au mieux, sans nécessiter de recours à une lingette intime. Il me fallait moi aussi réagir en professionnelle, mais surtout en adulte responsable, et ne pas laisser mes émotions imprimer de traces visibles sur mon corps.

Le photographe exigea de nous le meilleur. Il l’obtint, ce qui permit de terminer la journée de travail tôt dans l’après-midi. La présence de Viviane inutile pour le rhabillage, je m’attendais à la voir filer, pressée de profiter de sa liberté. Elle traîna au contraire à ramasser les tampons de coton imprégnés de poudre, à ranger ses affaires. Nous quittâmes le studio photo ensemble. Á peine dans l’escalier, sa voix résonna à mon oreille.

– Tu as quelque chose de prévu, maintenant ?

– Non, juste quelques courses, répondis-je l’air de rien, heureuse de me laisser entraîner.

 

Trois semaines à Paris, et je n’avais pas encore visité Montmartre. Le Sacré Cœur, bâti sur une butte, se repérait de loin. La Place du Tertre au pied de la basilique respirait au rythme des appels joyeux des peintres au milieu d’une foule bigarrée de touristes en mal de souvenirs.

La vie bouillonnait au milieu des présentoirs malmenés par des mains avides, sur les chaises défoncées des caricaturistes. Les terrasses de restaurants bondées, pressées par les vendeurs à la sauvette, résonnaient de langues et d’accents aux saveurs inhabituelles.

Accrochée à mon bras, Viviane s’incrusta sur une terrasse au centre d’une douzaine de joyeux lurons en foire, jeunes hommes et jeunes femmes issus de milieux différents, réunis dans ce paradis des cinq sens par une volonté commune de profiter de l’existence.

Ma tendre Lola, comme j’aimerais te faire découvrir l’enchantement de ce lieu hors du temps, hors des normes conventionnelles de notre société, là où les différences deviennent des sujets de contemplation, non un motif de discorde. Aucun besoin ici de se connaître pour se sourire, de parler le même dialecte pour s’entendre. On s’attendrait presque, par un bel après-midi d’été, à voir les anges délaisser la basilique le temps de se rafraîchir à une table, et répondre à leur dieu de patron sur un téléphone portable que le travail peut attendre.

Le comportement de Viviane se voulait celui d’une amie d’enfance, de celle qu’on se refuse à abandonner par peur d’avoir à grandir.

 

Une nana de notre groupe se leva, puis disparut dans la salle. La plupart des regards suivirent la brune pétillante, les sourires à la table devinrent des remerciements d’enfants au matin de Noël, les discussions se transformèrent en murmures. Que se passait-il donc pour assagir ainsi la bande de délurés dont les frasques m’amusaient depuis un bon moment.

Un flot de musique se déversa dans la salle puis dans la rue par delà la terrasse, précédant de peu une voix chevrotante, pleine d’émotions contenues. La brune réapparut dans notre champ de vision, un micro accolé à ses lèvres, le regard lumineux de ceux qui ont trouvé leur chemin et ne s’en écarteront sous aucun prétexte, sous aucune menace.

Heureuse de mon air surpris, Viviane colla son bras au mien dans un geste difficile à définir. Le contact physique entre filles ne signifie pas obligatoirement une attirance sexuelle, mais aussi la franche camaraderie, ou l’amitié platonique.

Incapable de me retenir, je me tournais régulièrement afin de saisir ses pensées. Son air mutin se teintait parfois d’une certaine gravité, jamais longtemps, comme si des pensées contradictoires se disputaient. Alors, sous le poids de mon regard, elle me rendait un sourire énigmatique, parfois accompagné d’une œillade.

La brune pétillante au micro, répondant au prénom de Véro, nous régala d’airs français connus aux quatre coins de la planète : « Une île » de Serge Lama, « Mon mec à moi » de Patricia Kass, « Domino » de Patachou, et bien d’autres, un récital d’une heure au cours de laquelle elle se promena de table en table, comme une vedette de cabaret incapable de se satisfaire de l’estrade. Elle vivait son art au milieu du public.

Véro s’approcha enfin de nous, s’installa sur une chaise derrière celle de Viviane et la mienne, et nous gratifia d’un sourire complice qui ne s’adressait qu’à nous. Sa voix s’accorda sans mal sur la musique du groupe « Mecano » :

« Deux femmes qui se tiennent la main

Ça na rien qui peut gêner la morale

Là où le doute s’installe

C’est que ce geste se fasse sous la table

Quand elles sont seules

Comme elles n’ont rien à perdre

Après les mains, la peau de tout le reste

Un amour qui est secret

Même nues elles ne pourraient le cacher

Alors sous les yeux des autres

Dans la rue elles le déguisent en amitié

Qui arrêtent les colombes en plein vol

Á deux au raz du sol

Une femme avec une femme… »

 

Le temps d’une chanson au titre évocateur, les attentions à notre table et aux autres se firent complices, les sourires engageants, les regards complaisants. On n’était pas dans le Marais, mais le ciel de Montmartre était aussi bleu. Viviane se pencha vers moi afin d’effleurer mes lèvres des siennes. Ce baiser léger, suggéré, fleurit dans ma poitrine comme une promesse d’avenir. Des « Ah ! » comblés se mêlèrent aux « Enfin ! ».

Véro finit son tour de champ, regagna sa place à notre table sous les applaudissements, et notre groupe redevint celui des joyeux lurons en foire.

 

La magie nous entraîna jusqu’à 22 heures. Entre les sujets variés de discussions, la dégustation d’un plateau de fruits de mer, quelques chansons de l’artiste à notre table, qui n’avait pas besoin de miro, la pendule égrena son chapelet d’instants délicieux entrecoupés de marques d’affection. Je laissais faire Viviane, cette soirée était la sienne. Sans abuser de la fibre sentimentale, la belle me gratifia de temps à autre d’un petit bécot, d’une main appuyée sur la mienne, d’un frôlement de ses jambes sous la table, autant de gestes anodins en d’autres circonstances, mais qui prenaient ce soir là une dimension particulière.

– Coucher avec une nana, ce n’est pas vraiment tromper mon mec, hein ? me demanda-t-elle sur le trottoir en guettant un taxi.

– Honnêtement, je n’en sais rien, lui répondis-je sans avoir réfléchi à la portée de mes mots.

Viviane s’accrocha à moi de toutes ses forces, sa joue sur le haut de mon bras. Elle tritura une mèche de mes cheveux et glissa à mon oreille :

– Pas grave, je m’en fous.

Sa voix grelottait d’émotion.

 

Consciente d’une certaine nervosité, j’installai Viviane au comptoir servant de table, unique séparation entre la cuisine équipée et la chambre de mon studio. Si, à ce moment de l’histoire, elle avait fait marche arrière, je ne lui en aurais pas voulu. Bien sûr cette nana me plaisait, ma libido se satisfaisait de sa présence. Je n’avais pas seulement envie de faire l’amour, j’avais surtout envie d’elle. Le fait qu’elle soit hétéro ne rendait pas la chose plus facile, au contraire. L’aventure de la veille aussi me contrariait, comme un obstacle sur un parcours déjà difficile, comme si ce stupide jeu m’avait ôté le droit d’en exiger davantage.

– Tu veux boire quelque chose ?

La fin du magnifique film dano-suédois : « Fucking Amal » se rappela à ma mémoire, quand les filles quittent le bahut en clamant haut et fort : « Ma copine et moi, on va baiser. » avant de se retrouver dans la chambre à partager un chocolat. Oui, c’était peut-être ce que nous aurions de mieux à faire, boire un verre et rire de cette histoire, ne pas prendre le risque qu’elle nous entraîne trop loin.

Viviane en décida autrement. Elle se coula dans mes bras, enserra ma taille, puis leva vers moi un regard suppliant.

 

Ma bouche se fit douce, presque timide sur la sienne. La pointe de ma langue dénicha le sel de ses lèvres par accoup. Elle les entrouvrit, comme un appel au secours, une invitation à l’audace. Notre premier baiser s’éternisa, de tendre à fiévreux, d’une sensualité délicieuse. Sans cesser de m’embrasser, Viviane me fit reculer, avec la lenteur d’un slow sans musique. Sa langue fouillait encore ma bouche quand nous tombâmes en travers du lit.

L’envie de déshabiller l’autre nous prit ensemble. On se roula sur l’édredon, avides de mettre nos peaux en contact, sans cesser de s’embrasser. L’exercice se transforma en tendre chahut, une série de gestes désordonnés, précipités par la curiosité. La tension se fit moins violente. Le dernier rempart de tissu envolé, la douceur revint, avec la volonté de pousser plus loin.

On fit connaissance lentement, d’attouchements en caresses, pour ne rien rater de cet instant si particulier. Les bras emmêlés, nos mains s’attardèrent sur un sein, un ventre, une joue, une fesse. Aucune ne voulait rester inactive à la découverte de l’autre. Nos bouches se séparèrent enfin pour nous permettre de nous regarder dans les yeux, puis pour mieux appréhender nos formes à la fois semblables et différentes.

Elle était belle avec son corps mince sculpté dans le marbre, tant la nervosité imprégnait tous ses muscles. Ses petits seins tendus m’invitèrent à l’audace. Je les cajolai, les massai, les baisai du bout des lèvres en prenant soin d’éviter l’aréole sensible. Ne rien précipiter. Ils réagirent pourtant, je finis par gober la pointe fière, par la titiller entre mes dents. Mon amante se pâma.

Puis Viviane entreprit les miens d’une caresse innée, les yeux ébahis, les mains avenantes, le souffle court sur ma peau.

– Tes seins sont beaux, susurra-t-elle avant de les embrasser.

Sa bouche glissa en haut, en bas, à droite, à gauche, entre mes deux globes maintenus dans ses mains fermes. Le geste devint appuyé, elle agaça les tétons de sa langue avant de les suçoter avec un plaisir non feint.

On se retrouva à genoux l’une en face de l’autre, désireuses de passer à la suite. Sans cesser de toucher nos seins, nos bouches s’unirent dans un nouveau baiser, je dénichai sa fente d’une main, et elle investit la mienne. On se caressa mutuellement, du bout des doigts, sans aller trop loin, par mimétisme, laissant le désir monter d’un cran, puis d’un autre.

N’y tenant plus, je la renversai sur le lit. Viviane lâcha un petit hoquet de surprise. Je la voulais maintenant, là, sur ce lit, lui faire ce que mon esprit méditait, cet appel des sens si particulier entre femmes, goûter enfin l’inaccessible.

Sans prendre le temps de caresser ses seins de nouveau, de toucher son ventre, de jouer avec son pubis, de l’amener à partager mon impétuosité, je glissai la tête entre ses jambes. Une dernière hésitation sans doute, je mordillai l’intérieur d’une cuisse. Puis je ne vis rien d’autre que ce sexe fermé comme un abricot, un coffre au trésor qu’il me fallait ouvrir.

J’introduisis ma langue dans les pétales d’amour, la résistance du fruit me surprit. Je léchai la fente de bas en haut plusieurs fois, puis tentai une nouvelle approche. Les chairs se détendirent, la doucereuse odeur de cyprine m’enivra. Viviane se rassura, et par là même me donna la clé de son intimité. Ma langue entra cette fois, inquisitrice, avide. Je fouillai sa vulve comme j’avais fouillé sa bouche d’un baiser passionné, goûtant sa mouille comme j’avais goûté sa salive.

Mon amante soupira d’aise, elle glissa une main sous mon ventre, tenta d’atteindre mon minou trop loin. Sa main emprisonna un de mes seins dont elle tritura la pointe.

– Hum… tu lèches bien.

Encouragée, j’écartai les grandes lèvres avec mes doigts. Le vestibule m’apparut dans toute sa splendeur, nacré et humide, suintant de désir. Je l’investis de la langue.

Viviane me laissa jouer de ses nymphes, me repaître de sa liqueur, puis me demanda de la prendre avec mes doigts. J’en glissai un dans son antre, happé par ses chairs affamées. Elle oublia mon sein aussitôt pour porter ses mains à son sexe qu’elle ouvrit, débusquant son clitoris.

– Oh oui… plus fort…

Je la masturbai ainsi, le regard ébahi sur son trésor béant, sur ce bouton qu’elle malmenait avec une insolente indélicatesse. Je l’observai et guettai l’instant fatidique.

Viviane fut longue à venir, comme si elle retardait le moment fatidique inconsciemment, comme si la peur d’être abandonnée la retenait. Ella lâcha prise pourtant, acceptant de livrer son sort superbe à ma vue. La regarder jouir me rendit heureuse.

 

Étendue sur le lit, mon amante dans mes bras, je n’attendais rien, aucune réciprocité, ni baisers ni caresses, juste qu’elle reste ainsi collée à moi. La portée symbolique de mon acte était la seule récompense qui vaille : je l’avais goûté et j’avais adoré ça.

 

Tu comprends, chère Lola, être attirée depuis toujours par les filles n’était pas suffisant. J’avais besoin de ce contact, comme un rituel de passage, pour concevoir ma nouvelle existence sous un jour acceptable. Je pourrai maintenant me présenter dans les bars du Marais avec cette certitude : je suis prête.

J’appartiens désormais à une communauté. Et même si l’idée de sectarisme me rebute comme je te l’ai expliqué il y a quelques jours, ça pourra me servir le cas échéant. Non, la vie d’une nana seule à Paris n’est pas simple. Alors, en cas de danger, je pourrai toujours me réfugier chez mes copines lesbiennes.

Je ne suis pas certaine que Viviane se soit retenue. Sans doute a-t-elle été longue à jouir à cause de mon inexpérience. Et sans ses propres caresses manuelles, elle ne serait pas venue. L’orgasme n’est pas à chaque fois au rendez-vous pour les filles, il nous faut une combinaison de plusieurs facteurs psychologiques, parfois un fantasme ou une caresse bien précise. Mais ne pas atteindre l’orgasme ne signifie pas qu’on n’a pas de plaisir.

C’est plus difficile dans les bras d’un homme, comme tu me l’as expliqué. Il s’attend toujours à nous faire grimper aux rideaux comme si sa virilité en dépendait. N’en déplaise à certains, cet esprit de compétition est dérangeant, il provoque même un blocage chez certaines femmes.

Quoiqu’il en soit, ma petite Lola, je possède un sacré avantage sur toi : je connais mon corps. Donc je connais celui de mes amantes. Et puis, on n’est pas pressées par le temps entre nanas, se caresser et s’embrasser n’est pas pour nous un petit préliminaire qui doit obligatoirement aboutir à autre chose.

Un dernier avantage, non des moindres, deux lesbiennes vont rarement chercher la délivrance en même temps. Le fait de s’occuper de l’autre sans la contrainte liée à son propre plaisir permet de mieux l’amener à l’extase. Il nous suffit d’inverser les rôles ensuite.

Tout ça pour te dire, chère amie, que jamais je ne serai à un homme comme je peux être à une femme. J’aime les seins et les minous, la douceur des courbes et les traits féminins d’un visage. Il ne pourra jamais en être autrement. Et là, je ne te parle que des raisons physiques, mon attirance ne se limite pas à cela bien sûr.

Pour en revenir à cette nuit avec Viviane, elle a voulu me donner aussi du plaisir. Pas besoin d’avoir fait des études pour savoir que ça ne pouvait marcher ainsi. La pauvre tenta de m’imiter, de me caresser, de me masturber, je ne la sentais pas à son aise et on arrêta avant que ça devienne trop glauque.

On discuta longuement ensuite, pour permettre à notre amitié de se développer. Nous désirons l’une comme l’autre nous revoir, passer du temps ensemble, mais pas comme amantes. Viviane est intelligente, drôle, honnête je crois. En sa compagnie je vis l’adolescence que je souhaitais, et dont on m’a privée à cause de principes imbéciles. Elle m’a invitée à déjeuner samedi midi, pour me présenter son copain. Je n’ai rien contre le principe, mais j’ai refusé. On doit d’abord passer au stade de véritables copines, nous libérer du contexte dans lequel nous avons bâti le début de notre relation. Ensuite, quand on sera capables de se parler sans rougir et sans penser à nos aventures sexuelles, on pourra envisager une autre étape.

Puis nous avons dormi côte à côte. Pas le choix, je n’ai qu’un lit. D’accord, au réveil elle était dans mes bras, mais on n’a pas essayé de recommencer.

 

Ma Lola, j’attends de tes nouvelles avec une impatience grandissante. Je t’embrasse.

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La tentation du velours 7

 

Ma chère Lola,

Tu m’as fait rire dans ta lettre, quand tu dis avoir expliqué à ton mec que l’orgasme n’est pas une question de grosseur de bite ou de performance sportive, plutôt d’être à l’écoute de sa partenaire. Je ne doute pas de ta capacité à lui faire comprendre la leçon.

 

J’ai passé ces derniers jours beaucoup de temps avec le coach de l’agence, ex mannequin elle-même. Franchement, j’aimerais lui ressembler à son âge. Les leçons ne servent pas seulement au boulot. Je me tiens plus droite, je marche mieux, donc je fatigue moins. Je connais les produits bons pour ma peau, ceux à éviter. Mes sourcils ont poussé, ils me donnent un air canaille qui, si j’en crois le coach, est du plus bel effet.

La semaine suivant notre aventure, autant la nommer ainsi, j’ai revu Viviane avec beaucoup de plaisir. Nous nous sommes promenées, on a été au cinéma, elle est venue déjeuner chez moi et j’ai été invitée chez elle. Mais pas le week-end, je la laisse avec son mec. Donc, tout ce temps passé en sa compagnie est un pur bonheur. Une impression me chiffonne cependant, il suffirait de peu qu’elle ne passe de l’autre côté du miroir. Est-ce pour elle un fantasme, un désir, ou un sentiment plus profond envers moi ? La question se pose.

Un coup de téléphone de Sarah m’a déboussolée. Retenue à New York pour le boulot, elle a su me dire que je lui manque, mais pas quand elle envisage de rentrer. Ce que je ressens a aussitôt refait surface, amenant une déprime détestable. En sa présence je voulais simplement être moi, la gentille Anaïs, une personne sincère capable de tout donner.

Si Sarah avait reconnu qu’une autre femme comptait dans sa vie, je n’aurais pas insisté. Mais d’entendre ce « Tu me manques, trésor. » poussa les trompettes de la révolte à résonner dans ma tête. Quand on se retrouvera, car elle finira par revenir, ce sera à moi de la faire courir. Je serai devenue entre temps une maîtresse experte, l’amante incontournable.

 

Un lieu inconnu méritait mon attention : le 3 W Kafé (Woman with Woman). C’est fait, ma petite Lola. Ce célèbre bar lesbien a servi de décor à une scène de « La vie d’Adèle », Palme d’Or au festival de Cannes 2013, tu m’excuseras du peu. Les hommes y sont tolérés, mais on n’en voit pas beaucoup. N’ayant pas davantage aperçue Adèle Exarchopoulos, l’héroïne du film qui me fait craquer, je suis retournée au Nix Café, avec l’intention de me faire une place dans ce microcosme de la « lez attitude ».

Pour une fois, on me remarqua. Un jean beige taille basse et un tee-shirt assorti y furent pour beaucoup. Comme d’habitude pour sortir, je n’étais pas maquillée. Tous ces trucs sont réservés au travail de mannequin, ma peau est très bien au naturel. Un baiser avec ou sans rouge à lèvres n’a pas la même saveur, je préfère sans. Les ongles longs et vernis ? C’est au minimum inconfortable, voire dangereux, au cours d’un rapport lesbien ; un ongle peut blesser les chairs intimes, le vernis peut provoquer des inflammations. En fait, il ne me maquait qu’une casquette pour dissimuler mes longs cheveux. Je me suis contentée d’une queue de cheval haute.

Je venais draguer ou me faire draguer, pas question de repartir seule. Pas question non plus de servir de faire-valoir à n’importe qui. On m’a persuadée que je suis jolie, bien faite, alors ces atouts doivent me servir.

Des copines à Sarah, installées à une table, me firent une place. Elles m’accueillaient comme une des leurs maintenant. Attitude plaisante mais trop réservée, ces filles ne se draguaient pas, ne couchaient pas entre elles, se retrouvaient pour boire un verre et papoter. Le débat du soir tournait autour du mariage gay enfin reconnut légalement, la volonté ou la nécessité de porter le combat sur un autre terrain. Je finis par m’ennuyer.

– Ça ne va pas, Anaïs ? demanda Nathalie, petite brune de 21 ans étudiante aux Beaux-arts.

– Je ne suis pas venue pour parler politique, répondis-je négligemment, j’ai envie de me faire une nana.

Ce ne fut pas tant l’aveu qui jeta un froid, mais la tournure de phrase employée. Les regards sur ma personne changèrent. Tant pis ! Je les abandonnai bientôt, après avoir repéré une fille esseulée au comptoir.

 

– Salut, tu veux boire quelque chose ?

L’inconnue tourna vers moi une frimousse d’employée de bureau torturée par ses collègues, le genre à crier « Au viol ! » quand un courant d’air s’infiltre sous sa jupe. Il ne me vint pas à l’idée que je lui ressemblai sans doute à mon premier passage dans ce type de lieu.

Sous la chevelure brune flirtant avec ses épaules tombantes, je découvris un joli minois rond, plein, respirant la santé. Les lunettes à fine monture sur un petit nez à peine épaté révélaient deux grands yeux noisette.

– Une bière, merci, glissa une petite voix de gorge intimidée.

Un geste à la barmaid, un sourire entendu, et on nous servit. Mon invitée resta interdite devant le Vittel rondelle.

– Tu ne bois pas ?

Sans l’avouer, je trouvai ridicule de commander la même chose qu’une personne qu’on veut séduire pour s’inventer des points communs et justifier l’abordage.

– Ça m’arrive, mais ce n’est pas bon pour la peau. Á la tienne quand même, fis-je en trinquant, armée de mon plus beau sourire. Comment tu t’appelles ?

– Sandrine, et toi ?

– Anaïs. Tu fais quoi dans la vie, à part profiter d’une belle soirée d’été.

La faire parler, lui montrer de l’intérêt, démonter le savant mécanisme de la séduction par des interventions réfléchies, ne pas jouer les ingénues éblouies, ne pas se mettre en avant ni en arrière, ne pas forcer les confidences mais provoquer le désir d’en faire, lire entre les lignes, tout cela me convenait. Je draguai pour la première fois, avec un plaisir non feint.

Sandrine, qui se sentait hétéro depuis toujours, expliqua l’arrivée d’une nouvelle collègue dans le cabinet d’assurance pour lequel elle travaillait. Lier connaissance lui avait paru normal, se lier d’amitié avait suivi. La nouvelle était lesbienne et, de fil en aiguille, la relation évolua. Sandrine abandonna son mari pour une femme.

– Delphine voulait vivre avec moi mais… je ne sais pas, poursuivit la jeune femme de 25 ans après avoir commandé une autre tournée. Elle donnait l’impression de vouloir régir ma vie, je me sentais prise au piège.

– Pas simple en effet de tenir à quelqu’un sans l’étouffer. Et maintenant, un coup de blues t’a amenée jusqu’ici.

– Oui, admit-elle avec une facilité naissante, preuve que la belle se détendait en ma compagnie. Retourner vers un homme ? C’est difficile maintenant, je ne pourrai plus me comporter comme avant. Je veux être une femme sans que ce soit un rôle à jouer, tu comprends ? Je fais le ménage pour vivre dans le propre, pas parce que mon devoir d’épouse l’exige.

Sandrine devenait intarissable. Une gorgée de houblon, et elle repartit dans sa diatribe.

– Tu bois de l’eau, c’est ton choix, je le respecte. Qu’on reconnaisse mon droit à aimer la bière sans me traiter de garçon manqué, ou pire. Pourquoi, à diplôme équivalent, une femme est moins bien payée qu’un homme au même poste ? Un mec raconte une histoire de fesses à un repas entre amis ou en famille, tout le monde en rit. Une nana fait la même chose, on la dévisage comme une lépreuse. Merde alors !

Oups ! La liberté de penser entraînait une libération du langage, le vernis policé s’écaillait. Un rire franc tinta à mes oreilles.

– Quoi ? gloussa Sandrine devant mon air déconfit. Tu n’es pas d’accord ?

– Si ! Ta manière de l’exprimer m’amuse, c’est tout. Enfin non, ce n’est pas tout, je dirai plutôt qu’elle me charme.

Le regard noisette à travers les lunettes s’éclipsa un très court instant derrière un battement de paupières appuyé. Laquelle des deux avait touché l’autre ?

– Parle-moi de toi, lança Sandrine enfin calmée.

Prise au jeu, je me laissai aller à certaines confidences, sans entrer dans les détails sordides du rejet parental de mon homosexualité, ni de la grande question de mes sentiments envers Sarah, la présentant comme celle qui m’avait offert une belle opportunité d’emploi. Il ne s’agissait pas d’un manque de confiance, mais du refus d’endosser le vêtement d’une victime. Je voulais la persuader de mes capacités à réussir, lui donner envie de connaître la femme qui vivait en moi, non le désir de materner une adolescente meurtrie.

– Tu vas reprendre tes études, alors ? demanda Sandrine, un coude sur le comptoir et la joue dans sa main, dans une attitude d’écoute attentive.

– Oh oui ! Je veux bien faire un peu de photos, il faut reconnaître que ça paie, mais ma passion c’est la littérature. Après la Sorbonne, je ne sais pas, prof ou écrivaine… Si, ça se dit, on appelle ça la sexualisation des professions.

Nouvelle étape dans le processus de séduction, on en était à relever avec humour certains mots ou expressions particulières à chacune. L’ironie permettait surtout d’en apprendre sur les espoirs à court terme, sur ce que chacune attendait de l’autre dans l’immédiat, une manière de dédramatiser la situation. Je me fis prendre de vitesse par Sandrine à ce jeu.

– Alors, tu viens ici chercher la femme de ta vie.

– Euh… non, finis-je par admettre. Un peu de bon temps suffirait.

Les yeux derrière les lunettes s’écarquillèrent, la commissure des lèvres se releva, je m’attendis presque à la voir se gratter la tête sous l’effet de la réflexion, ou se frotter le menton, comme dans les dessins animés. La surprise venait de changer de camp.

– Ne me dis pas que…

– Quoi ! lâchai-je dans un éclat sonore qui divertit la serveuse occupée à nettoyer des verres. Je te choque ?

Sandrine ne pouvait pas douter de ma bonne humeur, mais paraissait circonspecte sur ce que je venais d’avouer à mots couverts.

– Non, non ! se débattit-elle aussitôt, prise à son piège. C’est juste, euh… curieux de t’entendre l’avouer comme ça.

– Comment voudrais-tu que je le dise ?

D’autres regards se tournèrent dans notre direction, attirés par nos rires. Leur présence ne nous gêna pas, il était trop tard pour cela. Certaine de ne pas essuyer un refus, amusée d’abandonner la poignée d’indiscrètes à son sort, je pris une des mains de Sandrine dans les miennes. Son frisson se propagea à tout mon être.

– On va chez moi, j’habite à côté.

Elle ne se déroba pas, et se laissa entraîner. On partit presque en courant, comme deux gamines délurées pressées de faire quelques bêtises.

 

Ma chère Lola, si tu voyais mon nid maintenant, tu tomberais des nues. J’ai installé des posters, tous tirés à partir de scènes d’amour de films lesbiens. La petite mamie du rez-de-chaussée sera sans doute choquée. Mais ce n’est pas vulgaire, attention, j’ai choisi des représentations érotiques de mon attirance.

 

– Tu annonces la couleur, au moins, gloussa Sandrine dont la main restait dans la mienne, à la découverte de mon alcôve.

– Disons que je n’aime pas l’hypocrisie.

– Tu as vu ce film ? ajouta-t-elle après un sourire de connivence, le doigt sur l’image des deux femmes nues enlacées dans leur sommeil. « When night is falling. »

– Oui, Pascale Bussières est surprenante.

– Et celui-là ! s’exclama Sandrine devant la photo étalée sur la largeur complète de la tête du lit. Certaines disent que les scènes de sexe dans « La vie d’Adèle » ne sont pas réalistes.

Sur le poster, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux se broutaient mutuellement le minou. Soft mais évocateur.

– Je ne sais pas, balbutiai-je, rattrapée par ma niaiserie. Je n’ai pas vu le film, et j’imagine que toutes les filles ne font pas l’amour de la même manière.

– Tu as raison. C’est chaud, s’emporta mon invitée, d’une grande beauté érotique. J’ai le DVD, on se fera un visionnage chez moi si tu veux.

– Merci, dis-je en lâchant sa main. Tu veux boire quelque chose ? Je n’ai pas de bière.

– Comme toi, ça ira.

Je tapotai rapidement sur la télécommande de la stéréo. Une voix sensuelle s’éleva sur un air de Chill out. Deux petites bouteilles de vodka soda, des verres pour la forme, et je m’adossai au bar, le regard perdu à la contemplation de Sandrine à deux mètres de moi, au milieu de la chambre.

 

Son ondulation au rythme de la musique provoqua l’entrebâillement du chemisier échancré sur une gorge blanche, la silhouette apparut à la lumière sous le tissu. Je devinai les seins pas très gros mais larges, d’une exquise rondeur. Les épaules dans l’alignement des hanches prononcées sous la taille fine, le bassin généreux, elle s’approcha posément, portée par des cuisses pleines gainées dans un pantalon de toile grise taille basse. Sa main joua avec les pans de la chemise, les écarta afin de livrer à mon regard subjugué la vision d’un nombril profond.

Sandrine se coula contre moi, mordilla ma lèvre inférieure. Avant que je prenne sa bouche, elle avait saisi une bouteille sur le comptoir, virevolté en souplesse, et s’était posée à côté de moi, son bras contre le mien.

On trinqua sans un mot, les yeux dans les yeux. Une gorgée de vodka, je l’enlaçai pour un slow. On se déhancha dans un langoureux corps à corps, ses formes incrustées aux miennes, ma joue sur son front, attitude d’abandon mutuel. Le sucré de son parfum léger disparut derrière la fraîcheur naturelle de sa peau.

Un regard échangé, l’acceptation du désir, la tendresse partagée d’un sourire, je pris ses lèvres avec douceur. Notre baiser s’éternisa le temps de la danse, sans autre geste que mes mains sur ses hanches et ses bras autour de mon cou. Les corps enlacés, les langues lovées l’une contre l’autre, on laissa monter la fièvre sans provocation inutile.

 

Repue de ma salive, Sandrine me poussa contre le bar dans ma position initiale. Elle m’offrit sa bouche après l’avoir remplie d’une gorgée de vodka soda. Nos langues se mêlèrent dans le liquide pétillant, dont une partie échappa à ses lèvres pour se répandre dans son cou. Je léchai le résultat jusqu’à l’entendre soupirer.

On s’aventura dans une lente découverte de nos nudités par un déshabillage mutuel, sans plus attendre, sans rien précipiter, détachant nos vêtements un à un. L’exercice s’éternisa, entrecoupé de regards captivés, de caresses suggérées, de halètements compulsifs au son envoûtant de la Chill. Les habits mélangés jonchèrent enfin le parquet entre la porte et le bar.

Les bras tendus, ses mains dans les miennes, je me laissai aller à l’observation du cou fin dans lequel battait la grosse veine. Les seins étaient comme je les avais imaginés, pas très gros, ronds et larges aux belles aréoles brunes, aux tétons encore sages. Je fus une nouvelle fois surprise par la profondeur du nombril au milieu du ventre plat magnifiquement dessiné. La taille mince s’évasait sur des hanches pleines. Le pubis épilé, mon regard se focalisa sur la naissance de la fente fermée de son fruit d’amour. Les cuisses musclées sur deux jambes galbées à souhait parachevaient ce nu artistique de femme accomplie.

Sandrine me détailla de la même manière. L’éloquence de son regard me fit me sentir belle et désirable. Je découvrais le pouvoir de l’érotisme suggéré, de la sensualité d’un corps exposé à la vue de l’autre, offert dans ce qu’il avait de plus impudique.

 

Je remplis sa bouche d’une gorgée de vodka. Nos langues se retrouvèrent dans le liquide qui s’évada de nouveau entre ses lèvres charnues. Je léchai le résultat sur son menton, dans son cou, entre ses seins que j’empoignai au passage, jusqu’au nombril que je pénétrai de la langue. Tendue, ma belle poussa son ventre en avant. Mais je ne répondis pas à sa supplique.

Puis ma bouche suivit le chemin inverse. Je remontai lentement de long de ce corps vibrant que je désirais ardemment. Je pris ses lèvres dans un nouveau baiser passionné. Sandrine empoigna mes fesses pour mieux nous souder l’une à l’autre.

Un second slow nous rapprocha du lit. Ma cuisse gauche se faufila entre ses jambes, se frotta à ce sexe que j’allais enfin toucher, embrasser, aimer. Sa langue dans ma bouche, Sandrine laissa ses pétales s’ouvrir et déposer un peu de mouille sur ma peau, pour mon plus grand plaisir.

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Invité

Je suis restée scotchée à ton récit. Il est magnifiquement écrit, plein de sensualité et juste dans les mots.

 

Je crois que beaucoup d'entre nous peuvent se retrouver dans l'histoire d'Anaïs. Merci d'avoir partagé ta plume savoureuse.

 

Perso j'y aurais ajouté un dessin de Joy Argento qui sait si bien esquisser "une femme avec une femme"

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