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Orchidée

Symphonie fantastique

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Tu te lèves, trop tôt à mon goût, me laissant orpheline de ta présence. Je refuse de bouger dans l’espoir secret de sentir à nouveau ta chaleur, le front aux aguets d’un tendre baiser en guise d’au revoir, l’oreille attentive au feutré de ton pas léger sur la moquette, de ta main douce sur la poignée. Mais rien de tout cela, sinon la certitude de ta constance près de mon côté du lit.

 

 

Fraîcheur excessive d’un drap jeté au bas du lit, frisson de ma nudité dévoilée à une spectatrice unique et attentive, mes yeux restent fermés comme l’acceptation silencieuse du sort qui m’est réservé. Le petit jour entre par bribes à travers les persiennes, dessinant des barreaux d’ombre et de lumière dans cette chambre devenue le cachot de notre amour.

 

 

L’attente en préliminaire me laisse dans l’expectative, pressée et résignée à la fois, attentive à ton souffle trop lointain qui contrarie le silence bourdonnant. Ton immobilisme n’est pas une inaction, encore moins une punition, c’est un discours qui en dit long sans jamais se répéter, les propos d’une femme aimante à son épouse admirée.

 

 

Je pourrais, ignorante de la peur du vide, poser ma main sur tes cuisses fermes que je devine sans les voir. La fragrance sauvage exhalée de ta peau vivifie mon amour pour toi, parfum subliminal de cette intimité qui est la nôtre. Un geste de ma part tuerait-il la magie de l’instant ? Je ne prendrai pas le risque de me réveiller d’un songe si délicat.

 

 

Le temps s’égraine, ou pas, peu importe. L’extase sera à l’heure à son rendez-vous fixé par notre horloge biologique commune. Je me force à ces mots incongrus dans le salace de la situation, un bémol à mon excitation grandissante, un frein à mon imaginaire exacerbé, un silence posé par Éros dans la partition musicale de ta convoitise.

 

 

Ton regard s’étale sur mon être, une première caresse à la saveur d’un soleil printanier, inquisiteur, éthéré. Tu aimes me savoir nue, tu aimes me voir entière, de cette façon particulière de me posséder avant même de me prendre. Mes yeux fermés m’observent à travers ton regard, je me sens belle, désirable, aimée. Ton âme touche mon cœur.

 

 

Vient le moment des premiers frissons, des premiers soupirs, de remplacer la contemplation par les actes. Je t’appelle sans un mot, je t’implore en silence, je te supplie par mes pores. Ton souffle enfin s’égare sur ma peau, à la recherche de l’insondable vérité, douceur exquise de ton haleine sur mon ventre dans la folie balbutiante d’une étreinte pas encore partagée.

 

 

Merveilleuse sensation de tes petites mains sur moi, caresses affriolantes dont tu détiens le secret, d’une inexpérience aussi trompeuse que savante, d’une douceur exagérée. Tu sais que je sais, et cela t’amuse de me torturer, de faire semblant d’ignorer, de jouer le rôle de la merveilleuse ingénue à la découverte de mon corps si semblable au tien.

 

 

Tu me découvres du bout des doigts, déshabillant ma nudité, par effleurements d’une délicate attention, comme le sable d’une plage brassée avec légèreté pour ne pas la blesser, pour ne pas la brusquer. L’effleurement se fait insistant, pas trop, pernicieux prélude qui n’en finit pas de s’éterniser, savoureuse torture de l’attente par toi contrôlée.

 

 

Le frôlement devient caresse. Enfin ! Le tempo de l’adagio mesuré, tes mains distillent les premières notes de la partition. Mon corps est le violon soliste dont tu connais chaque corde, dont tu tires les plus beaux accords, dont tu découvres la grâce en artiste consommée. Et je me pâme sous tes mains, tendue comme l’arc du violon, je me devine Stradivarius.

 

 

L’allégro suit le rythme, délicieuse torture d’une bouche avide, harmonie de sons réinventé pour l’occasion, pour me surprendre, pour me suspendre à tes lèvres brûlantes de désir. Ce désir dont la fièvre monte en moi dans un crescendo étourdissant. Le violon se transforme en flûte enchantée sous ta bouche avide de mon plaisir.

 

 

J’ouvre les yeux, le final ne peut se jouer sans moi. Tes mains sur mes seins, ta langue dans mon antre, ton souffle sur mon bouton d’amour, pour une somptueuse apothéose. La mélodie s’emballe, devint tempestoso. Tu es à la fois maîtresse de ballet et maîtresse de musique, mon corps se fait l’orchestre soumis à tes plus folles volontés.

 

 

Mon désarroi décuple ton ardeur. Telle la diva emportée par son lyrisme, je suis incapable de retenir mon extase. Je jouis de tes caresses, de tes baisers, de ces mots que tu n’as pas prononcés mais qui résonnent tendrement à mes oreilles. Je jouis de ton amour pour moi, de mon amour pour toi. Et l’extase n’en finit pas de mourir quand ta bouche enfin prend la mienne.

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encore un texte, une suite de mots à la musicalité exquise !

 

merci pour ce doux moment

 

merci pour cette symphonie

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Magnifique, tout simplement exquis.

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