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Xoal

Oneiros

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Oneiros – Épisode 1

 

Julie n’en finit plus de se retourner dans son lit. Bien qu’il soit près de 3 heures du matin, impossible de trouver le sommeil : l’été enfin arrivé a apporté dans ses bagages une chaleur implacable. Quant au vent, il a visiblement décidé qu’août est un bon mois pour partir en vacances. Il a de la famille dans le sud paraît-il… Selon Julie, c’est plutôt une histoire de cul. Tout ce résume généralement à ça. Elle a entendu parler d’une certaine Miss Tral qui ne doit pas être étrangère à ce départ inopiné. Et puis, tout le monde sait que Cul et Vent sont intimes.

 

Quant à la pluie, Julie prie pour qu’elle perce enfin les gros nuages noirs qui ont fait leur apparition en début de soirée. Mais, Ô rage, Ô désespoir, un peu de tonnerre mais point d’eau en vue. Au milieu de cette fournaise sèche, seule Julie est mouillée.

 

Je voudrais vous y voir vous : des heures à attendre que Morphée vienne vous prendre dans ses bras. Il faut bien s’occuper, rêvasser. En parlant de Morphée, Julie repense à ce tableau vu en Russie : « Morphée et Iris ». Pas dégueu le Morphée. Un peu ambiance éphèbe : corps de jouvenceau et épilation intégrale. Mais alangui sur sa couche, il est à croquer.

 

Julie s’imagine lui griffant délicatement le ventre, ses ongles glissant jusqu’à son nombril. Puis remontant le long de son torse, elle agace ses tétons jusqu’à les rendre durs comme la pierre. Justement, il y a bien autre chose qui mériterait de devenir dur car les peintres néoclassiques étaient sacrément timides sur le sujet.

 

L’image d’une petite souris vient à son esprit. Est-ce le côté flasque de la chose ? Elle se voit tel le chat jouant avec sa proie, l’attaquant pour mieux la relâcher. Il est évident qu’elle ne lui échappera pas. Et pourtant… la petite souris ne semble pas joueuse. À moins qu’elle aussi, écrasée par la chaleur, se soit résignée à rester inerte.

 

-« Oh Morphée, merde ! Tu peux pas y mettre un peu du tien non ?! C’est mon rêve à la fin. Et puis tiens, amène ton pote Zéphyr, il nous fera de l’air. Et s’il n’aime pas regarder, on trouvera bien un arrangement. »

 

Peine perdue. Elle a beau se concentrer, rien n’y fait. Plus elle triture le noyau, plus la fusion de l’atome lui échappe.

 

-« Et merde ! »

 

Lorsqu’elle entend le ricanement, elle fait un bon dans son lit. A-t-elle rêvé ? La fenêtre de la chambre est ouverte, mais un rapide coup d’œil lui confirme qu’il n’y a personne dehors.

 

Elle fait le tour de l’appartement armée d’un gode. Elle se trouve un peu ridicule comme ça, mais à part un vieux concombre dans le frigo, elle n’a rien d’autre qui puisse faire office de matraque.

 

Rien. Elle va pour retourner dans sa chambre quand elle se fige : là, dans le coin le plus sombre, elle jurerait que quelque chose a bougé. Elle s’approche, tremblante malgré la chaleur étouffante et pousse un cri lorsqu’une voix suave et basse émerge du noir.

 

-« En panne de rêves Princesse ? Tu ne t’es pas adressée au bon Service Après Vente… Morphée… Ce branleur. Que dis-je : ce Vieux branleur. C’est vrai quoi, il a quoi ? 4000 ans ou pas loin ? Non vraiment, on n’a pas idée de s’adresser à lui. Et puis toi Princesse, ce qu’il te faut c’est quelque chose de plus fougueux, de plus sauvage. Dans le genre ardent, on fait mieux que Morphée. Moi par exemple. »

 

Julie recule jusqu’à trouver le mur derrière elle. Sa terreur fait place à une apathie qui va crescendo à chaque mot prononcé par son étrange visiteur. Sa voix hypnotique semble venir de partout à la fois.

 

-« Qui êtes-vous ?

-VOUS ?! Pas de ça entre nous Cihuapilli. Je viens d’un temps barbare où ce genre de fioriture n’avait pas lieu d’être. Mon nom ne te dirait rien. Pour toi, je ne suis qu’une obscure divinité d’un temps révolu.

-Une divinité ?! Rien que ça. Et c’est quoi ta spécialité Monsieur la Divinité ?

-Les rêves Cihuapilli! »

 

Cette conversation devient franchement ridicule mais Julie n’a pas le temps de le faire remarquer. Sans aucune transition, elle se retrouve dans une pièce exigüe, tapissée de velours rouge et dotée d’un éclairage intimiste. Pour seul vêtement, elle porte une longue cape assortie à la pièce. Ce rêve, elle le connaît bien. Elle guette donc la porte qui dans quelques instants va s’ouvrir.

 

Pourtant, il y a quelque chose de différent, quelque chose de plus… réel. Il y a d’abord cette odeur envoutante qui flotte dans la pièce et qu’elle n’avait jamais remarquée jusque-là. Il y a ensuite la caresse de la doublure en satin sur son corps, la douceur affolante qui l’effleure à chaque mouvement, provoquant l’érection de ses tétons.

 

Et maintenant, le bruit des pas qui approchent, quelque peu étouffé par l’épaisse moquette, mais dont les vibrations lui parviennent par le sol.

 

Le silence à présent. Enfin, la poignée de la porte qui tourne.

 

Mais la porte ne s’ouvre pas. La voici de retour dans son salon, la peau moite de sueur. Il y fait plus sombre que tout à l’heure. Elle croit sentir encore un soupçon de l’odeur capiteuse présente dans son rêve, et puis non, plus rien.

 

-« J’aime bien ce rêve. C’est dommage que Morphée ne l’ait pas fignolé. Tu le lui avais pourtant livré sur un plateau d’argent.

-C’était différent. Pas complètement, mais il y avait des choses…

-Des choses en plus ? Des sensations ? Oui. Je me suis permis quelques améliorations. Je te l’ai dit : Morphée est une feignasse. Aucune originalité. Finitions bâclées. Ah ça… quand il faut faire des rêves low-cost en grande série : il y a du monde. Tiens, par exemple : le rêve où tu te retrouves à poils en classe ou au boulot ; tout le monde l’a fait. Tu parles d’une personnalisation de la vie onirique. Non, moi, je suis un artisan, un artiste. Chaque rêve est unique, fait pour un dormeur ou une dormeuse. Pas question de recycler ou de lésiner sur les sensations. Tout y est : le goût, l’odeur, la vue, l’ouïe et le toucher.

-Encore !

-Encore ?! Mais oui ma Cihuapilli, tu peux en avoir encore. Mais vois-tu, mes ouailles m’ont habitué à payer cher mes services, à consentir des sacrifices. Qu’es-tu prête à sacrifier ? »

 

[À suivre]

 

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Un régal de te lire.... 

la  suite  bien  sûr    !

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étrange ....

 

j'attends la suite, toujours aussi surprenant Xoal

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Excellent, amusant

quel est le prix du sacrifice ?

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Humm

A quoi s'attendre ?

J'ai beau cogiter, je ne trouve pas ... alors j'attends aussi de lire la suite !

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Merci pour vos petits mots d'amûûûûûûûûûr !

 

Alors la suite...

 

Oneiros – Épisode 2

 

Décidemment, ce… truc est bizarre. Cette façon de parler de sacrifice… Julie en a eu un frisson dans l’échine. La présence dans l’ombre bouge, mais impossible de la distinguer clairement. C’est à croire que l’obscurité l’accompagne dans chacun de ses gestes. Puis, finalement, quelque chose émerge du noir : une longue tige de métal doré dont l’extrémité s’affine jusqu’à un bout arrondi. Une lance ? Un sceptre ?

 

La présence se rapproche. Julie, dos au mur, ne peut reculer. La tige s’approche de son ventre mais dévie au dernier moment vers son mont de Vénus. Elle est froide et lorsque Julie l’empoigne, elle se rend compte qu’elle est extrêmement lourde. Mue par une intuition, elle dirige la tige vers son sexe, l’enfourchant comme une sorcière le ferait de son balai.

 

Quelques va et vient suffisent à réchauffer le métal qui semble animé d’une vibration légère.

 

-« Bien. Très bien. »

 

Julie décide que la situation est de toute façon bien trop étrange pour qu’elle tente de maîtriser les évènements. Elle lâche prise, ferme les yeux et se laisse aller à une danse lascive, façon pole dancing horizontal.

 

Pièce et cape satinée sont de retour. Julie inspire à pleins poumons, se gorgeant de l’odeur stimulante qui flotte autour d’elle. La poignée de la porte a repris sa course et la porte s’ouvre, lentement. Très lentement.

 

Une femme se tient sur le seuil. Elle porte une combinaison de dentelle noire qui met en valeur ses formes voluptueuses. Les arabesques de la broderie la font paraître à la fois nue et vêtue. À ses pieds, de magnifiques escarpins vermeils aux talons aiguilles d’une improbable longueur.

 

D’une enjambée, la voici maintenant face à Julie. Elle est si proche que son souffle lui caresse le visage. Derrière elle, la porte se referme sans un bruit.

 

Julie n’a d’yeux que pour ceux de l’inconnue, d’un marron très clair aux reflets orangés. Elle jurerait que ces reflets y ont une vie propre, dansant telles les flammes hypnotiques du feu des enfers. Cattleya ! C’est son nom. Il s’impose à Julie sans qu’elle sache d’où cela lui vient.

 

Les mains de Cattleya viennent se poser sur sa taille et débutent une exploration toute en sensualité de son dos et de son ventre, empruntant chacune un itinéraire propre dont toute symétrie est absente. Elles semblent rayonner depuis leur point de départ, y revenant sans cesse pour s’en éloigner un peu plus à chaque voyage. Bientôt, elles visitent chaque val et chaque mont, arpentant un sein, étreignant une fesse, suivant la ligne de crête d’une épaule.

 

Un lacet délicatement défait, et la cape choit en silence, laissant Julie nue. Nulle sensation de froid, au contraire. Julie sent une douce chaleur irradier sous les doigts de Cattleya. Lorsque d’un doigt elle vient l’effleurer, sa fleur s’ouvre, avide d’être butinée.

 

Des doigts affamés viennent goûter au nectar que les pétales entrouverts laissent s’écouler. L’un joue du pistil, tandis que deux autres débutent une exploration où la superficialité n’est pas de mise. Être mise pourtant est bien la seule chose à laquelle aspire Julie. Fléchissant les genoux, cambrant la croupe, elle s’offre à la caresse, l’invitant à se faire plus aventureuse, tout comme ce doigt que Cattleya vient de poser au creux de son cul mais qui s’obstine à tourner autour du pot sans vouloir y plonger.

 

Bouche haletante et légèrement entrouverte, son premier gémissement est cueilli par les lèvres charnues de Cattleya. Leurs langues s’entrechoquent timidement avant de s’adonner à une salsa endiablée vite interrompue par les cris de plaisir de Julie. C’est à son con à présent de donner le rythme, un rythme épileptique aux contractions cataclysmiques.

 

Totalement chavirée, Julie se laisse tomber à genoux, s’écroulant sur l’épaisse moquette, complètement épuisée. Elle se love avec reconnaissance dans les bras de Morphée.

 

Morphée ? Non, pas Morphée. Mais qui alors ?

 

-« Ahahuilli, Cihuapilli… »

 

Est-ce son nom ?

 

-« Pas un nom. Une quête. »

 

[À suivre… peut-être]

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Toujours aussi étrange.

Envoûtant.

Tu nous entraînes dans un rêve plein de volupté

Alors que nous réserve la suite ??

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Toujours aussi étrange.

Envoûtant.

Tu nous entraînes dans un rêve plein de volupté

Alors que nous réserve la suite ??

 

Merci. Pour la suite, j'attends qu'Erato me fasse signe.

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Guest Ainsel

Je découvre tes récits. J'adore ! C'est fin, c'est original... Un plaisir.

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Un récit plein de charme et d'imagination

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Je découvre tes récits. J'adore ! C'est fin, c'est original... Un plaisir.

 

Merci pour le compliment. Il y en a d'autres sur le forum. J'ai reposté la plupart sur mon blog, mais il faut que je prenne le temps de vérifier ça un jour car ce n'est pas franchement complet.

 

Un récit plein de charme et d'imagination

 

Merci Piewy, fidèle lecteur qui me fait toujours le plaisir d'exprimer ce qu'il pense de mes textes !

 

J'en ai un autre sur le feu, dans un style assez différent. Je le posterai surement dans le courant de las semaine prochaine.

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Comment ça "à suivre peut-être" ?

Tu as intérêt oui ....

 

Déjà, la suite que tu as postée, est inattendue, alors comme je n'ose imaginer la suivante ... j'attends !

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Comment ça "à suivre peut-être" ?

Tu as intérêt oui ....

 

Déjà, la suite que tu as postée, est inattendue, alors comme je n'ose imaginer la suivante ... j'attends !

 

Très chère, si j'apprécie votre intérêt, la conséquence de sa démesure sur votre impétuosité me laisse songeur. Ne mériteriez-vous pas une fessée pour une telle insolence ? :twisted:

 

Bon et puis j'ai comme un soucis avec ce récit qui est parti d'une boutade envers quelqu'une ici-bas. Je n'ai rien décidé pour le moment quant à la suite à donner à tout ça.

 

J'ai une semaine de célibat devant moi qui va me laisser le temps d'y travailler, encore faut-il que je donne à manger à mon imagination pour qu'elle s'exprime ! :bbl:

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Ah!!! Là, ok! C'est bien toi!

( et y'a personne qui fait pipi derrière un bosquet non plus, c'est cool :D )

Il y a pourtant un point que j'aimerais comprendre: pourquoi le " peut-être"?

:)

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Ah!!! Là, ok! C'est bien toi!

( et y'a personne qui fait pipi derrière un bosquet non plus, c'est cool :D )

Il y a pourtant un point que j'aimerais comprendre: pourquoi le " peut-être"?

:)

 

Tu me pardonneras mes fugaces tendances urophile (que mon correcteur orthographique insiste pour écrire "europhile").

 

Pour ce qui est de la suite de ce récit, j'y ai un peu travaillé, mais ma muse se refuse à moi. J'ai des pistes mais ça part un peu dans tous les sens.

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Arf... On n'aura jamais du la fin de son rêve...

Tu nous manques Xoal!

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La suite...

Je vous recommande de relire le début avant d'attaquer ce morceau car sinon vous risquez d'être un peu perdu.

****************************

Oneiros – Épisode 3 (ébauche)

 

La pièce est encore plongée dans le noir lorsque Julie est réveillée par un grondement sourd. Elle s’est endormie à même le sol et a l’impression qu’un camion lui est passé dessus tellement elle a mal de partout. Elle se recroqueville et cherche compulsivement son gode-matraque sans pouvoir le trouver. Elle scrute les zones d’ombres de la pièce sans succès : son étrange visiteur n’est plus là.

 

Un nouveau grondement fait comprendre à Julie que c’est la faim qui l’a réveillée, une fringale de tous les diables (elle se morigène intérieurement d’avoir de telles pensées : elle ne voudrait quand même pas voir débarquer Lucifer dans son salon). Ses longues jambes la portent rapidement jusqu’au frigo. En véritable légumovore, elle y trouve en nombre poireaux, courgettes, concombre (hum… con-comble…) et autres carottes. Bref, c’est plutôt de la fuck-food que de la fast-food, et Julie n’a pas prévu de se lancer dans une ratatouille à 4 heures du mat’.

 

Elle jette finalement son dévolu sur une grande Paulaner et un concombre. L’histoire ne dit pas qui de la bière ou du légume aura été le plus vite enfilé…

 

Son second réveil se fait dans la douce lumière matinale et au creux des cousins de son canapé. Un café, une clope et une douche plus tard, elle est parfaitement réveillée. Les événements de la nuit ne sont plus que de vagues souvenirs. J’ai rêvé se dit-elle. Oui, c’est ça : j’ai rêvé !

 

Elle virevolte dans l’appartement, se préparant pour sa longue journée de prospection lorsque son pied heurte un objet lourd et froid à moitié dissimulé sous le canapé. Après avoir lâché un « putain ! » rageur et exécuté la danse de l’orteil fou (danse requérant un équilibre et un bon dynamisme, puisque je vous rappelle qu’elle se pratique sur une seule jambe et en sautillant), Julie se penche pour ramasser l’objet en question tout en le maudissant et en prévoyant de lui faire subir une fin déshonorante (pour autant que les objets puissent avoir un honneur) puis s’immobilise.

 

Elle sent un long frisson lui parcourir l’échine et un voile de sueur froide vient humidifier sa peau car l’objet qu’elle entraperçoit n’a certes rien à faire là. Que faire ? Elle ne peut pas le laisser là mais n’arrive pas à se convaincre de le toucher. Elle ne peut pas non plus demander à quelqu’un de venir l’aider : on lui poserait sûrement des questions auxquelles elle ne saurait pas répondre.

 

-« Bon, le mieux, c’est de laisser ça là. Je verrai ça ce soir. »

 

*****

 

L’appartement est plongé dans l’obscurité. Julie a trouvé mille excuses pour repousser l’instant du retour et la nuit est déjà bien avancée lorsqu’elle tire le loquet derrière elle. Avait-elle bien fait de ne pas y toucher ce matin ? Quoiqu’il en soit, l’objet n’avait pas quitté son esprit de la journée. Elle avait beau eu retourner la question dans tous les sens, il n’y avait qu’une explication possible à sa présence. À moins que cela aussi n’ait été un rêve ?

 

Pourtant non. Dès qu’elle s’approche du canapé, elle le voit. Elle s’agenouille et l’observe un moment. Sa frayeur matinale lui semble bien ridicule à présent et elle n’éprouve cette fois-ci aucune anxiété lorsqu’elle se saisit de l’objet qui se révèle bien plus lourd qu’elle ne l’imaginait. Elle le tourne et le retourne à la recherche d’une inscription lisible, mais ne trouve que des pictogrammes inintelligibles, usés par le temps.

 

La forme est oblongue, vaguement phallique, mais il est impossible de dire ce que l’objet est supposé représenter. La présence d’une partie plane à l’une des extrémités permet de poser l’objet debout. Est-ce une figurine ? Une statuette ? Ce dont Julie est certaine, c’est que l’objet est en pierre, d’une pierre noire, brillante et parfaitement lisse, dépourvue du moindre défaut.

 

Julie la manipule avec une curiosité grandissante, la tournant sous divers angles pour que les gravures accrochent la lumière et soient plus distinguables. Avec la nuit qui avance, cela devient de plus en plus difficile et Julie s’aperçoit que, absorbée par son observation, elle n’a pas vue le temps passer. Elle est rentrée il y a presque une heure et son ventre cri famine.

 

Elle va pour poser l’objet mais suspend son geste quand elle remarque que la pierre s’est particulièrement réchauffée au contact de ses mains. Mais plus étrange encore, elle a l’impression qu’une profonde vibration, basse et lente, sourde de la pierre. Pas comme un battement de cœur. Non plutôt comme… un vibro ? « Merde ma pauv’fille, tu deviens folle, et pas que du cul ! ».

 

Une paulaner plus tard, elle s’écroule de fatigue sur le sofa mais le sommeil la fuit tant est si bien qu’après avoir fait valdinguer ses vêtements aux quatre coins de la pièce, elle vient nicher une main au creux de ses cuisses en quête de réconfort. Malgré toute l’expérience et la dextérité dont elle fait preuve, rien ne vient. Sûrement la faute de cette foutue statuette qu’elle empoigne bien décidée à la balancer dans le vide-ordure.

 

C’est un véritable électrochoc : une onde lui remonte le bras et se diffuse si violemment dans le reste du corps qu’elle s’effondre dans le canapé. Impossible de lâcher l’objet et bien qu’il n’y ait aucune sensation de brûlure, elle a l’impression que la cyprine qui empoisse ses doigts est en ébullition contre la pierre. Une nouvelle onde, plus forte la parcours et une image s’impose à son esprit. C’est idiot mais elle ne peut résister à cette suggestion et approche la statuette de sa bouche pour y déposer un baiser. Puis un autre. Une vibration lui répond, plus douce, plus supportable, comme une invitation, et la voici donnant de petits coups de langue, d’abord timides, puis de plus en plus lubriques.

 

*****

 

La voici de nouveau dans la pièce aux murs tapissés de velours. Pas de Cattleya. Julie est seule. Pas de trace non plus de l’étrange statuette qu’elle tenait encore dans sa main il y a quelques secondes à peine. Après une courte attente, elle décide de voir si la porte est verrouillée. Elle ne l’est pas, mais à peine entrouverte, un courant d’air s’infiltre dans la pièce, soufflant les bougies et laissant Julie dans une obscurité totale.

 

Que faire ? Elle décide d’avancer, bras tendus.

 

La voici dans un couloir étroit dont elle peut toucher les deux murs. Adieu velours, il s’agit plutôt ici de bois. Elle avance prudemment. Le couloir oblique de temps à autres et elle finit par apercevoir une bougie à quelques distances. Elle court jusqu’à elle mais elle s’éteint avant qu’elle ne l’atteigne. La voici à nouveau dans l’obscurité. Elle tend les bras mais ne trouve aucun mur. Désorientée, elle tourne sur elle-même cherchant à revenir sur ses pas. Sans succès.

 

En pleurs, elle se laisse tomber à genoux. Entre deux sanglots, elle ressent une sensation bizarre. D’abord sur une épaule, puis sur l’autre. Comme un baiser, frais et léger, déposé avec délicatesse. Elle appelle et tend les bras, mais nul ne répond. À nouveau cette sensation de baiser, cette fois-ci sur ses mains, puis qui remontent le long de ses bras.

 

Julie ferme les yeux, respire, essaie de retrouver son calme. « Ce n’est qu’un rêve, cocotte ! Rien de plus ».

 

Elle s’abandonne à la sensation. Bientôt, c’est une main, puis une deuxième qui caressent son corps. Les baisers se multiplient. D’autres mains la touchent, la saisissent, la soulève du sol. D’autres bouches, d’autres mains parcourent son corps, l’électrisent. Elle halète, tournant la tête en tous sens pour tenter de saisir les bouches qui se posent sur ses joues et dans son cou. Elle y arrive parfois, le temps d’un court baiser ou d’un fougueux french kiss. Hommes ? Femmes ? Impossible à dire, toutes ses bouches, toutes ses peaux qu’elle effleure ont la douceur de la soie.

 

Toujours portée, elle sent qu'on lui replie les jambes. Elle n’offre aucune résistance, accompagnant même le mouvement en écartant largement les cuisses, s’offrant à ces bouches qui ne tardent pas à venir fouiller son intimité de leurs langues épaisses et chaudes. Léchée et mordillée de toute part, elle gémit et accueille un premier orgasme en montant dans les aiguës. Chaque centimètre de son corps semble sollicité : ici une bouche qui se referme sur un téton, là des doigts qui prennent possession de ses orifices. Les orgasmes s’enchaînent. Elle se sent entièrement prise et possédée. Mais, ces bouches et ses doigts semblent de plus en plus avides et Julie panique. Une morsure par ici, des doigts un peu trop inquisiteurs par là-bas. Elle se sent soudain écartelée et se voit gazelle dont les hyènes se disputent la carcasse !

 

Elle crie, se cambre, se débat. Elle cherche à échapper à ces vampires dont elle sent qu’ils veulent lui prendre son énergie. Elle dégage un premier bras, frappe à l’aveuglette arrachant quelques cris à ses adversaires. Une nouvelle ruade et elle se dégage complètement, chutant violemment au sol. Le court étourdissement qui suit est mis à profit par la horde pour la plaquer au sol. Elle se croit perdue mais soudain, les mains reflues, les souffles se dispersent.

 

Ils sont partis et pourtant, elle sait qu’elle n’est pas seule. Assise au sol, elle devine une présence qui décrit lentement un cercle autour d’elle. Non. Pas un cercle, une spirale. Une spirale dont elle est le centre.

 

Elle commence à distinguer une forme basse qui se déplace avec fluidité. Julie s’agenouille et tend les bras. Au fond d’elle-même, elle est convaincue qu’elle n’a rien à craindre de cet animal, car à présent que les cercles se font de plus en plus près d’elle, elle le distingue vaguement. Du bout des doigts, elle effleure son pelage et se sent immédiatement comme électrisée. Un frisson la parcourt. Une flopée de papillons s’agite frénétiquement au creux de son ventre et elle porte instinctivement une main à son sexe aux lèvres gonflées de désir. Elle s’apprête à y enfoncer ses doigts quand elle s’immobilise soudain, pétrifiée. Son regard plonge dans les yeux qui la scrutent, maintenant immobiles, à quelques centimètres de son visage. Des yeux sauvages, jaunes. Les yeux d’un loup.

 

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:good:

J'adore ce retour Xoal!

Top! 

puis ça fait du bien de te lire, même si ça fait un peu froid dans le dos aussi... 

;)

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:good:

J'adore ce retour Xoal!

Top! 

puis ça fait du bien de te lire, même si ça fait un peu froid dans le dos aussi... 

;)

Merci ! C'est vrai que d'habitude je préfère donner chaud dans la culotte plutôt que froid dans le dos ! Mais les frissons, c'est si bon...

Génial !!! Merci pour cette lecture sensuelle ! Et vivement la suite !

 

Merci aussi ! La suite est à peine ébauchée... quelque part... dans un recoin sombre de mon cerveau...

Va falloir être patiente.

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Et mince, la patience n'est pas mon fort ! Merci de nous régaler de ces songes envoûtants ! Prend tout ton temps ! (enfin pas trop hein !)

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A te lire, je me sens tour à tour envieuse, craintive, voire affolée, et pour finir tétanisée !!!

J'attends la suite pour ressentir d'autres émotions ...

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Oneiros – Épisode 4

 

Tétanisée, Julie n’ose plus bouger. Une peur venue du fond des âges lui étreint les tripes. Le loup, car s’en est un à n’en pas douter, s’assoie face à elle, semblant attendre quelque chose de sa part. Elle sent la chaleur qui émane de lui et prend alors conscience du froid qui règne dans la pièce, durcissant ses tétons et hérissant sa peau. Les secondes s’écoulent, longues comme des minutes. À présent, elle tremble. De froid. Elle est épuisée. N’y tenant plus, elle tend les bras vers la bête, effleure son pelage, bien plus doux qu’elle ne l’aurait imaginé.

 

Alors qu’elle hésite encore, un murmure familier résonne à son oreille « Mayaquen ! ». Bien qu’elle n’en comprenne pas le sens, elle l’interprète comme une invitation et vient se blottir contre le loup. Aussitôt, sa chaleur l’enveloppe et elle oublie sa peur. Du moins, jusqu’à ce qu’elle sente un frôlement contre son dos, puis un souffle sur sa nuque. Soudain, sa situation lui revient : seule, nue, perdue et à la merci de deux bêtes. Car bien qu’elle ne l’ait pas vu, elle devine que c’est bien d’un second loup qu’il s’agit.

 

Elle étreint plus fort celui qui lui fait face comme une naufragée s’agrippant à une bouée. Elle entrouvre les yeux et distingue la blancheur de son épais pelage. Elle se recule, desserrant son étreinte sans perdre le contact. La voici à présent agenouillée face à ce loup au regard perçant. L’autre est toujours là, elle le sent, mais ne l’approche plus. Ses mains profondément enfoncées dans la douce toison se mettent à caresser le corps puissant contre lequel elle ne pourrait pas faire le poids s’il décidait de la dévorer.

 

Une truffe humide effleure son dos, remonte jusqu’à son oreille. Une langue chaude et râpeuse lui caresse l’oreille. Puis le museau suit son épaule, descend le long de son bras et remonte jusqu’à son aisselle. Elle tressaille. C’est l’autre, celui qu’elle n’a pas encore osé regarder. Elle ferme les yeux lorsque le prédateur s’enhardit à explorer le creux de ses reins et qu’elle sent ses moustaches effleurées ses fesses. Malgré elle, elle se surprend à s’être cambrée.

 

Fermant les yeux, elle se love contre le loup blanc qui se recule. Soudain terrorisée qu’il l’abandonne, Julie a eu le réflexe de s’agripper à lui et elle se retrouve à quatre pattes. Le loup blanc s’est immobilisé, mais elle prend conscience que sa position l’offre aux appétits de l’autre, ce que lui confirme un souffle animal sur son intimité. Bien qu’horrifiée, elle ne bouge pas, ne se roule pas en boule. Ce n’est qu’un rêve se dit-elle. Un rêve sauvage et perturbant, mais un rêve. N’a-t-elle pas les moyens de reprendre les rênes de ce songe ?

 

Qu’est-elle prête à sacrifier ? Cette pensée s’impose à son esprit. N’étais-ce pas la question que lui avait posée cette apparition étrange qui se prétendait d’essence divine ? N’avait-il pas prétendu être un artisan créant des rêves sur mesure ? Un sourire au coin des lèvres, Julie tente le tout pour le tout. Toujours à quatre pattes, elle descend sur le sol en une prosternation lubrique, offrant son cul ouvert à l’un, tandis qu’elle se glisse sous le ventre de l’autre. Sa bouche ouverte vient cueillir un sexe tendu tandis que deux mains lui écartent les fesses et qu’une langue explore son petit trou.

 

Un feu ardent envahit ses tripes et dévale jusqu’à son buisson. Elle pompe goulument ce sexe, remontant ses mains sur les puissantes cuisses de son amant, empoignant ses fesses qu’il a cambré pour mieux s’enfoncer dans sa gorge, manquant de l’étouffer.

 

Julie se dégage et roule sur le côté. Ses deux amants la toise d’un regard aux yeux jaunes, dernier vestige de leur apparence lupine.

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d'une violente douceur, j'adore

ne t'empresse pas pour la suite, laisse nous savourer cette partie avant ;)

 

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Oneiros – Épisode 5

 

Bien que ses yeux se soient habitués à l’obscurité, elle ne distingue les deux hommes qu’assez vaguement. Lorsqu’elle se lève pour s’approcher de l’un d’eux, elle constate qu’ils sont plus petits qu’elle. Telle une aveugle, elle laisse courir ses mains sur leurs corps râblés, à l’ossature épaisse et aux muscles puissants. Sagement, ils se laissent caresser, sans bouger. Mais Julie perçoit dans leur regard une sauvagerie qui ne demande qu’à s’exprimer.

 

De ses mains, elle flatte leurs sexes, éprouve leur dureté. Deux hommes pour elle seule, elle l’a souvent rêvé, fantasmé, mais jamais vécu.

 

Rêvé ? N’est-elle pas justement en plein rêve ? N’est-elle pas simplement endormie sur son canapé ?

 

Peu importe. Elle n’a de toute façon pas la tête à y réfléchir maintenant que quatre mains se sont lancées dans l’exploration de son corps. Elle passe de l’un à l’autre pour de courtes étreintes, des baisers enfiévrés. Sa chaire est caressée, embrassée, léchée et mordue. Les caresses se font plus fermes et plus exploratrices. Soutenue, soulevée, elle s’offre, écarte ses cuisses, tend ses fesses. Des doigts triturent son petit bouton, s’enfoncent dans son sexe brûlant. Un doigt vient s’aventurer à l’entrée de son petit trou : elle l’encourage en s’empalant dessus.

 

Deux doigts tournoient dans son sexe, tandis que leurs jumeaux s’affairent dans son cul. Branlée de part et d’autre, Julie s’abandonne à ses doux tortionnaires. Elle grogne et gémit. Elle réclame, ordonne et supplie. « Je veux des queues ! » leur crie-t-elle, chassant les doigts malicieux.

 

Elle saute dans les bras de l’un, l’enserrant de ses bras et de ses jambes pour ne pas tomber, son sexe planté dans sa grotte humide. Lui glisse ses mains sous ses fesses pour la soutenir ; ses fesses qu’il écarte pour mieux offrir son joli cul à son comparse.

 

Julie sent son gland gonflé collé à son petit trou. Ce n’est pas la première fois qu’il sera visité ainsi, mais elle tremble légèrement lorsqu’elle le sent presser contre son orifice pour y entrer. Lentement, sa rondelle se détend, se distord et s’ouvre pour laisser entrer le sexe épais de son amant. Par petit coup, il progresse en elle, tandis que son porteur reste immobile. Ça y est, la voici pleinement, doublement mise. Ses deux amants bougent en rythme, un rythme qui va crescendo, tout comme les cris de Julie. Elle espérait un orgasme rapide, mais son plaisir plafonne. Son porteur se fatigue. Son comparse vient saisir Julie sous les cuisses. Devinant la manœuvre, elle passe ses bras derrière son cou pour se cramponner à lui.

 

À présent seul aux commandes et plus libre de ses mouvements, son amant imprime à son bassin un mouvement ample, coulissant de toute la longueur de sa queue dans le cul de Julie, la pilonnant de plus en plus vite et de plus en plus fort.

 

Julie a fermé les yeux et n’a donc pas vu le second homme s’agenouiller devant elle. Lorsque sa bouche chaude vient se coller telle une ventouse à son sexe, elle pousse un cri de surprise qui se transforme rapidement en un râle de plaisir lorsqu’une langue experte vient agacer son bouton.

 

Cette fois-ci, le plaisir arrive au galop et Julie rugit sans vergogne.

 

*****

 

- « Cihuapilli… » Un murmure. Tout au plus.

 

- « Cihuapilli..! » Une phrase dans les limbes du sommeil.

 

- « CIHUAPILLI ! » Julie sursaute et se redresse brusquement sur son canapé. Elle s’est endormie en serrant contre elle (en elle serait plus juste) la statuette.

 

- « Il va falloir me la rendre maintenant. »

 

Comme à chacune de ses apparitions précédentes, la pièce est plongée dans l’obscurité, et il est à peine distinguable. Julie n’a pas besoin d’un long discourt pour comprendre de quoi il parle.

 

- « Je pourrais la garder.

- Non.

- Mais si, j’en prendrai soin.

- Tu t’es… assise dessus ! C’est ça que tu appelles prendre soin ? D’autres rêveuses m’attendent, merci de ne pas les faire poireauter… »

Déçue, Julie « libère » la statuette et la rend à son propriétaire. Avant qu’il ne parte, elle tente de le retenir.

 

- « Tu ne m’as même pas dit comment tu t’appelles.

- Xoaltecuhtli

-Ah oui… quand même. Faudra trouver un diminutif. »

 

Elle sent bien qu’elle l’a vexé. L’air de la pièce est devenu électrique.

 

- « Je te reverrai ?

- Dans tes rêves… »

 

[Fin]

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