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snaga

Quand l'amour efface les douleurs.

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Ceci est un texte écrit avec PtitangeCathy,et j'éspère qu'elle regrettera pas cette association.Je l'avais prévénu qu'elle aurait du poster le récit toute seule, mais elle est obstinée.'Sont comme ça les anges.Bref, y'aura une suite si le récit plait,sinon, bin, il restera sans fin.

Elle est la première à pousser la porte pour quitter le hall, sans prêter attention aux paroles échangées derrière elle. La jeune fille, perdue dans ses pensées, s'avance d'un pas décidé sous le regard bienveillant du soleil. Sa longue chevelure brune, à peine ondulante, a des reflets brillants sous les caresses de l'Astre Lumineux. Des frissons lui parcourent la peau brune de ses bras nus, des regrets lui viennent à l'esprit. Jamais, elle n'aurait dû tout dévoiler aujourd'hui. Jamais, elle n'aurait dû se mettre à nue devant son petit groupe de travail et surtout devant Madame Dalliers, la professeure de psychologie. Et pourtant, dès le début elle avait accepté les règles du jeu de ces séances, et ça n'est pas au bout de deux de ces séances qu'elle va reculer. Non, elle doit tenir. Après tout, elle n'a pas pleuré aujourd'hui, ça a son importance, ça signifie qu'elle commence à devenir plus forte. Plus forte ? Et puis quoi encore ? Si elle était forte, pourquoi est-ce que ses cauchemars continuent de la harceler, prêts à la pousser à bout. Prêts à la pousser du haut de la falaise, façon de parler bien sûr, il n'y a pas de falaises sur ce campus. Il y'a d'autres moyens de plonger dans le vide, et d'y rester. Chacun de ses rêves lui montre la voie à suivre pour parvenir à tout oublier. Aussi sournoisement qu'une araignée camouflée dans son antre, attendant patiemment que sa proie se prenne dans le piège mortel de sa toile tissée.

Plongée en pleine réflexion, Néhlya Belkrim heurte le ballon de foot qui s'échoue à ses pieds, vêtus d'escarpins noirs assortis à son pantalon de la même couleur. Il n'y a que ce débardeur blanc qui lui amène un peu de gaieté. Deux garçons l'interpellent dans une tentative de drague qu'elle ne relève pas. Ne pas se dissiper, ne pas croiser le regard des autres, ils pourraient comprendre et l'avoir en pitié. Non, elle n'a vraiment pas besoin de ça, elle se sent assez honteuse et responsable comme ça et c'est bien suffisant. C'est ce qu'elle a compris au bout de ses nombreuses heures de discussion avec ce psychiatre. Elle a besoin d'aide pour remonter le courant et atteindre la berge, elle a besoin qu'on la soutienne mais en aucun cas, elle ne souhaite qu'on la conforte dans ses idées de pauvre victime apeurée. Et s’ils ne pleurent pas sur son compte, alors ils la jugeront, elle en est certaine. Quoiqu'il en soit, elle deviendra bien vite l'attraction de l'école. Dès demain, tout le monde la regardera d'un air étrange. Tout le monde la jugera, elle en est certaine. Ça s'est déjà produit, il n'y a pas si longtemps, alors pourquoi les choses changeraient maintenant ?

Sur 36 élèves de sa classe, sur 36 futurs éducateurs spécialisés, combien sont vraiment aptes pour ce métier ? Suite à des remarques déplacées, à des réflexions blessantes sur son physique, une élève a abandonné l'école il y'a tout juste 1 mois. Va-t-elle, elle aussi, avoir droit à ce même genre de moqueries, alors que l'année scolaire va bientôt se terminer ? Ça ne peut être une coïncidence, si tous ces signes vont dans le même sens, c'est qu'il y'a forcément une raison.

L'internat, long bâtiment construit perpendiculairement à l'école, se dresse enfin devant elle, humble, usé mais accueillant malgré tout. Des tags divers ornent les murs du bas. Son regard noisette entrevoit 6 personnes regroupées sur l'escalier de la partie garçon à gauche et 3 sur celui de la partie réservée aux filles à l'autre bout. Ils fument, en l'observant.

Elle fumerait bien elle aussi, une cigarette, un joint, un stylo, bref n'importe quoi, mais fumer et passer ses nerfs. Oublier les événements qui lui reviennent en pleine face, après seulement deux longues années où elle a essayé de se reconstruire. Tous ses efforts partent en fumée maintenant, et pourtant, elle ne doit pas craquer. Ne pas craquer, c'est si facile à penser. Elle doit continuer à se battre même si elle voudrait tout abandonner. Pour oublier, il lui faudrait tout quitter. S'en aller le plus loin possible. Elle avait essayé de s'endormir pour ne plus se réveiller, quelques jours après que la chose se soit produite. En plein après-midi, elle avait avalé tous les calmants qu'elle avait eu sous la main, dans un ultime geste de désespoir, mais sa mère avait mis un terme à cet appel à l'aide en la découvrant à temps, allongée sur le lit de sa chambre, dont elle n'avait même pas fermée la porte à clé. Par deux fois elle s'était sentie mal à l'aise vis-à-vis de sa propre famille, deux fois de trop, et elle s'était jurée de ne plus recommencer. Alors partir, oui, mais pas comme ses cauchemars le lui demandent. Partir seule? Avec quelqu'un ? Avec qui ? L'espace d'un instant, un vague sourire timide se dessine sur ses lèvres rosées, en pensant à son ex, Mylène, qui avait rompu parce qu'elle ne supportait plus cette situation de couple caché. Lorsqu'elle avait appris l'événement, Mylène avait repris contact avec elle pour avoir de ses nouvelles.

Ses yeux clairs pétillent, sa peau frissonne, elle ressent des picotements dans son ventre. Et ça n'est pas dû à ses souvenirs, non. C'est exactement ce qu'elle avait ressenti, quand à la fin de la séance de didactique, Elle lui avait touché le bras avec tendresse et douceur. Justina......

Un sifflement disperse ses douces pensées. Des paroles sur sa gauche lui font comprendre qu'elle s'est arrêtée un petit moment. Assez, pour que le reste de son groupe la rattrape. Néhlya agrippe la bretelle de son sac et la serre comme si elle ne voulait plus la lâcher. Elle jette un léger regard autour d'elle et poursuit son chemin, en bifurquant juste avant la cantine.

Elle monte les 5 marches sans regarder les 3 personnes qui la détaillent vaguement du visage, et regarde la montre fine à son poignet. 14h55, elle soupire. A défaut d'une cigarette, elle pourra toujours prendre une douche. L'internat semble vide, normal vu la chaleur de ce mois de mai, les étudiants préfèrent être dehors plutôt qu'enfermés. Même si c'est pour emmener leur pc avec eux à l'extérieur, peu importe, au moins ils peuvent respirer.

1er étage, personne dans les couloirs.

Le 2ème étage est à peine plus animé.

Des échos proviennent du 3ème étage mais elle n'y fait pas attention.

Le dernier étage l'accueille de son long couloir encombré de portes. Chambre 4-08, elle claque la porte derrière elle, s'y adosse en laissant tomber son sac sur le sol, et soupire, les jambes tremblantes. Elle se laisse tomber sur les fesses, les mains accrochées à son sac dans un geste de réconfort. Des larmes essaient sournoisement de s'éveiller, lentement ses yeux brillent comme la rosée du matin tombant sur une toile fraîchement tissée. La peau de ses joues commence à s'humidifier sans qu'elle ne puisse s'en empêcher. Fumer ! Ses mains fouillent le sac à la rencontre de l'objet tant désiré. Ne remonte qu’un paquet vide qu'elle chiffonne et jette devant elle. Le paquet tombe aux pattes de la chaise de son bureau. Elle visait la poubelle "Marilyn Monroe", juste à côté. Dommage.

Intérieurement, Néhlya explose, elle grogne de colère, des questions en ébullition dans son esprit.

Elle soupire en se remettant en cause. Son estomac se noue, comme hier au tribunal, comme ce matin devant sa feuille de contrôle alors qu'elle avait passé toute la nuit à relire ses cours sans parvenir à retenir quelque chose. S’il était l'heure du bilan, que retiendrait-elle de cette nouvelle année ? Un succès ? Un échec ? Un résultat mitigé ?

Elle pensait que ça aurait été facile à supporter, elle pensait être prête pour revivre tout ce qu'elle aurait voulu absolument oublier. Et voilà que ce procès la rend de plus en plus folle. Elle renifle en essayant de retenir ses larmes qui la narguent avec acharnement.

De vendeuse à éducatrice, il y'a un ravin qu'elle n'aurait jamais franchi si la chose ne s'était pas produite, il y'a tout juste deux ans. Et tout ça pour quoi ? Pour redoubler sa première année, quelle belle réussite. Qu'est- ce qu'elle avait espéré en s'inscrivant ici ? Etre bien accueillie ? Commencer une nouvelle vie reconstruite sur des bases saines ? Avec ses 24 ans, alors que la plupart des élèves n'ont pas plus de 20 ans, Néhlya se sent exclue du reste de sa classe, même si certains garçons l'ont plusieurs fois abordée, dans l'espoir de la draguer.

- Arrête d'être conne ! La vérité ! Ne craque pas, je t'en prie. Pas maintenant, je n'ai vraiment pas besoin de ça.

Décidée de calmer ses nerfs sous une douche relaxante, Néhlya se relève en délaissant son sac sur son bureau, se dévisage un petit moment dans le miroir accroché au-dessus de son lavabo, sèche ses larmes qui s'échappaient le long de sa peau bronzée, se passe la main droite dans sa chevelure, et se mord la lèvre, dans un geste d'anxiété. Son shampooing, son gel-douche et sa serviette mauve l'attendent dans son armoire. Néhlya attrape un petit sac de sport et y plonge ses affaires de douche. Pas de peigne, elle n'en voit pas la peine, et ses cheveux sont démêlés.

Un léger vent s'engouffre par sa fenêtre entrouverte, aux volets levés, au moment où elle ferme la porte derrière elle. La verrouille.

Cette journée m’a perturbée , écouter le récit de cette fille Nelyah en cours de didactique m'a fortement émue , mais en même temps cela m’a ramenée à mes propres blessures.

Et oui moi aussi, Justina Garcia, qui fais la forte, qui ne montre rien à personne, j’ai de profondes blessures également.

Je ressors donc de ce cours, je franchis les portes et là un soleil m’éblouit, je marche tranquillement, je regarde autour de moi et là je vois cette fille devant moi, le soleil se reflète dans ses long cheveux châtain, elle est si belle malgré cette tristesse qui l’habite.

A ce moment-la, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une envie irascible de la consoler, de l’aider de faire fuir cette tristesse qui l’habite, en même temps j’ai peur qu’elle me repousse, elle ne me connaît pas et je ne sais même pas si elle m’a seulement remarquée. Cette envie est plus forte mais si elle refusait mon aide je ne le supporterais pas. Lui la refusait et maintenant il n’est plus là.

Mon regard se détache d’elle un instant et se pose sur ces jeunes hommes qui jouent au foot. Ils ont l’air si joyeux, lui aussi devrait être la entrain d’y jouer, une profonde tristesse s’empare de moi, une larme coule sur ma joue. Oui si cette saleté de drogue ne lui avait pas ôté la vie, lui aussi serait heureux en ce moment.

De nouveau mon regard revient sur elle et je la vois s’éloigner vers ce bâtiment, le dortoir.

Je reste encore un moment, là, immobile, à observer ces jeunes hommes et à l’imaginer à leur place. Je me décide enfin à partir cela ne me sert à rien de l’imaginer ainsi à part me faire encore plus de mal.

Je me dirige à présent vers le dortoir, j’en franchis les portes et commence à monter les étages , j’atteins enfin le 3è étage , ma chambre est au fond du couloir.

Chambre 410, j’ouvre la porte et la referme derrière moi, je jette mon sac sur mon lit et le suis de près , je m’allonge et je reste là les yeux au plafond.

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Invité

Ca me raméne à de mauvais souvenirs . Ca prouve que les mots amménent des images . Bravo à vous .

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Très beau texte plein de sensibilité

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J adore le mystère plane.... mais ....m enfin ....

Une petite suite ???? Pour notre grand bonheur

J ai hate de savoir ....

Plein de questions en suspends.

Vous écrivez super bien.

Merci

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j'ai été conquis par ce début de récit et attend la suite avec plaisir.

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Invité

on est sur un nuage en attendant de voir la suite

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