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Orchidée

La princesse amazone

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À mon ami Mariveau et à vous, celles et ceux qui ne me connaissent pas encore comme les assidu(e)s à ma plume.

Je me fais rare, c’est certain. Pourtant c’est avec un plaisir sans cesse renouvelé que je viens partager avec vous un instant de tendre passion. Ma compagne Melissa en guise d’égérie, je l’ai imaginée princesse et moi Amazone. Ce qui nous unies dans la vie réelle est devenu cette balade à la musique entrainante que je viens vous chanter aujourd’hui.

Nulle femme ne saurait être plus heureuse que moi, aimée autant dans le corps que dans le cœur par celle qui est à la fois mon amante et ma maîtresse. J’espère, par ces quelques lignes, vous offrir la vision du bonheur simple, absolu, qui est le nôtre.

Capable de suivre toutes les pistes, qu’elles émanassent du gibier ou d’un mortel, Cybèle prit le temps de fouiller chaque buisson avant de se découvrir. Son instinct l’avait attirée dans la petite déclivité de terrain rocailleux parsemé d’une austère végétation d’épineux après avoir indiqué leurs emplacements aux Amazones de garde. Au loin lui parvenait la rumeur de la colonne occupée à installer le campement ou à se débarrasser dans les eaux tièdes du Halys de la poussière accumulée suite à une journée de chevauchée.

– N’aie pas peur, prévint-elle en avançant lentement. Tu es seule dans ce coin perdu ?

Les baies sauvages dont le jus rouge maculait son menton glissèrent des mains moites de la jeune fille à peine pubère, le front bombé sous la sombre tignasse drue se plissa d’une ride d’anxiété. Sa tunique sale en lambeaux protégeait avec peine un corps victime de malnutrition. Le regard fiévreux détailla l’étrange apparition.

– Tu n’as rien à craindre, répéta Cybèle sans précipitation. Es-tu blessée ? Tu dois avoir soif.

– Vous êtes de celles qu’on nomme Amazones ? se risqua l’adolescente poussée par l’instinctive nécessité d’accorder à nouveau sa confiance. Je vous cherche depuis si longtemps…

Un vertige saisit la jeune fille. Percevant sa quête achevée, elle se laissa tomber avant que Cybèle n’eut répondu.

Les flammes du feu de camp dansèrent un moment devant son regard vide avant que l’adolescente ne prit conscience de la réalité de sa situation. Des femmes conversaient sans éclats de voix tandis que d’autres dormaient. Une certaine quiétude se dégageait de l’ensemble, telle une rassurante impression de puissance. Un sursaut projeta l’épais manteau noir et la jeune fille s’étonna de se trouver propre, vêtue d’une robe de lin.

– Qui êtes-vous ?

– Celles que tu cherches, répondit Danaé avec douceur, les Amazones. Viens te réchauffer près du feu, il y a de la viande et des fruits. Puis tu nous conteras ton histoire.

Incapable de résister à l’offrande d’un repas, l’adolescente tituba jusqu’à un rondin de chêne, et prit place au milieu de la vingtaine de regards tournés dans sa direction. Nombre de ces regards se voilèrent à la remémoration de leur propre histoire, comme la litanie d’un poète sans cesse répétée.

– Mâche lentement, conseilla Cybèle en tendant une cuisse de lapin rôti à la braise. Comment te nommes-tu ?

– Zenia, je marche depuis quatre jours et autant de nuits en espérant ne pas être rattrapée.

Si bien des questions pressaient, les Amazones laissèrent à leur protégée le temps de combler le vide de son estomac, car de toute évidence son jeûne remontait à l’origine de sa fuite.

– Je viens de Tiras la cité des loups, continua la jeune fille repue quelques instants plus tard par peu de bouchées avalées avec difficulté. J’ai réussi à échapper aux chasseurs, ainsi que se sont nommés le fils de notre maître et sa troupe. À chaque nouvelle lune une vierge est enlevée à sa famille, ensuite ces maudits chassent l’infortunée jusqu’à sa capture. Le chasseur le plus méritant se voit récompensé d’or, puis le fils du maître peut déflorer la vierge et la tue. J’étais cette proie.

Le murmure se transforma en grondement de colère autour du feu. De leur ancienne infortune les femmes conservaient la haine farouche, les Amazones avaient appris de leur nouvelle existence à transformer cette haine en force implacable.

– Essayons de dormir, conseilla Danaé. Nous réfléchirons mieux à la manière de dresser les loups de Tiras l’esprit clair. Zenia, tu es dorénavant sous notre protection.

La colonne s’étira vers le sud au petit matin. L’adolescente assise près de celle qui menait le chariot de vivres se retourna vers son ancien monde un instant. Puis, les yeux embués, elle se résolut à regarder de l’avant.

– Est-ce là votre armée ? interrogea Zenia afin de tromper le temps. Celle qui fait trembler les rois et les princes ?

Dariane se rappela sa chevauchée dans le massif pontique des années auparavant, embarrassée de nombreuses questions au moment de suivre Lysippé dans sa quête. Alors la reine sut avec patience la réconforter, l’amener à partager son dessein et à croire en l’avenir.

– La princesse Danaé avait à peine plus de ton âge quand je fus sauvée de l’esclavage, sa mère commandait une troupe moins de deux fois supérieure à la nôtre. Désormais le peuple des Amazones compte plus de quatre mille guerrières. Mais à Thémiscyra toutes ne portent pas les armes, chacune après un temps d’étude choisit ce que sera son avenir.

En ces temps reculés, quand le seigneur d’une cité pouvait se proclamer roi et ne régnait parfois que sur quelques pierres autour de sa demeure, la taille de l’armée reflétait la richesse. Les Mèdes qu’on ne nommait pas encore Perses ne pouvaient prétendre dominer l’Anatolie faute d’une troupe suffisante, et les coalitions coûtaient cher depuis la disparition des tribus se vendant comme mercenaires.

– Vous saurez punir ceux qui nous font du mal ?

– Ma jeune amie, rassura Dariane, les loups ont mordu une dernière fois à Tiras. La proie suivante leur restera en travers de la gorge.

Ne décelant, hormis la présence de quelques pillards, aucun mouvement de troupe aux abords d’Amasia, Danaé profita de longs moments de repos afin de questionner la jeune fille sur le déroulement de l’abjecte chasse à la vierge. Il ne s’agissait point tant de déclarer une guerre que de mettre un terme à la cruelle pratique d’un seigneur vaniteux et barbare.

Forte d’une bonne constitution, Zenia récupéra ses forces assez rapidement, ce qui lui permit d’observer le mode de vie de ses protectrices. Qu’on les considéra filles de Divinités ou démons envoyés au sein du monde pour détruire les hommes, les Amazones représentaient un mystère. Les caravaniers de passage dans les cités, s’ils ne s’avisaient jamais de contrarier les puissants, rétablissaient à l’oreille des gens du commun la vérité sur les nombreuses exactions prêtées aux guerrières libres.

Le peuple amazone reprenait en écho l’ordre de Lysippé, à savoir le refus de la soumission, le rejet de la sentence inique qui condamnait les femmes à subir le bon-vouloir des mâles. Ce hurlement de colère porté par le vent d’Anatolie résonnait désormais aux oreilles des opprimées de toutes conditions tel un chant d’espoir impossible à ignorer.

Le plus surprenant pour l’adolescente fut la hiérarchisation hors du commun de sa nation d’accueil. Les commandements s’échangeaient selon la tâche à accomplir, et la subordonnée à une mission devenait la donneuse d’ordre pour une mission suivante. Cependant, toutes se montraient le soir devant le feu d’une égalité parfaite, sans aucune considération de naissance ou d’une quelconque supériorité.

À l’approche de la nouvelle lune, Zenia guida la troupe de retour de sa mission d’exploration. Une douzaine de femmes récupérées en chemin ralentissaient à peine la chevauchée des Amazones décidées à en découdre avec le seigneur de Tiras. Danaé avait mis au point une tactique après s’en être ouverte à ses conseillères, suite aux déclarations de l’adolescente.

Sur l’injonction de Cybèle, vingt Amazones de la garde personnelle de la princesse Thémis abandonnèrent leur armure clinquante pour une tunique et des jambières de lin tressé sombres. Puis, sous le regard intéressé de Zenia, elles se noircirent les bras et le visage de charbon de bois tiré du feu. Nulle forfanterie à l’approche du combat, pas plus de peur visible, les guerrières se concentraient sur ce qui devait être fait.

Danaé salua chacune des guerrières formées par sa sœur d’une œillade complice ou d’un mot gentil, puis le groupe disparut dans la pénombre. La princesse resta un long moment sans bouger, les yeux en direction d’un péril qu’elle ne pouvait point partager avec ses Amazones. La main de Pélicia se glissa dans la sienne afin de la consoler.

– Le rôle ingrat de voir celles qu’on affectionne partir sans savoir combien reviendront n’est guère enviable. Ta destinée de reine est à ce prix pourtant. Toutes t’aiment pour cela.

– Et toi qui as renoncé à cet avenir dans le royaume de ton père, m’aimes-tu ?

– Comment en serait-il autrement, assura Pélicia pressant la main dans la sienne. Avec mon nouveau peuple, et avec toi en particulier, j’ai appris à percevoir au-delà de l’horizon. Les sentiments sincères que j’éprouve pour toi se moquent bien de la physionomie.

Une dernière fois l’esprit de Danaé s’emplit de l’amertume du souvenir. Il était temps de laisser la muse Pétrée au passé, de se tourner vers un avenir certes incertain mais prometteur. Les signes d’attachement à son égard incitèrent la princesse à investir le regard brillant démesuré de Pélicia.

– M’acceptes-tu pour compagne, et voudras-tu régner avec moi le moment venu ? C’est là mon vœu le plus cher.

– Oui mon aimée, balbutia la jeune femme en caressant de sa main libre la joue brûlante de Danaé, nul égard envers les convenances imbéciles de mon ancien monde ne me privera d’un tel bonheur. Cette fièvre que tu ressens me brûle aussi, ta demande m’honore autant qu’elle me ravit.

Pélicia ne put retenir un hoquet quand la princesse, célèbre pour sa grande beauté même chez les Dieux de l’Olympe, se libéra de sa tunique de lin. La crinière sombre, qui encadrait l’ovale parfait du visage, caressa les épaules rondes à peine tombantes. La jeune femme laissa errer son regard sur le corps de la princesse livrée ainsi sans pudeur. Danaé l’interrompit dans son observation, et délivra celle qui allait devenir son amante d’un vêtement devenu pesant avec le désir.

– Je te veux, balbutia la princesse troublée en s’allongeant sur sa couche, la main tendue.

Maintenant nue, le cœur battant à rompre, Pélicia accepta l’invite charnelle. Longtemps elle s’était interrogée sur la manière dont elle devait perdre sa virginité. Et, si tel n’était point encore le cas à l’aube de ses vingt ans, elle ne devait sa pureté encore intacte qu’à son statut de fille de roi.

« Ton époux saura. » lui avait dit sa mère en maintes occasions. « La femme n’a qu’à se laisser faire, et accepter la vigueur de l’homme. »

Pélicia sut en cet instant ne jamais désirer subir la vigueur d’un mâle. Pourtant, nulle question ne meurtrit son esprit attentif à l’instant présent. Son corps réagissait, devinant les gestes, acceptant la magie d’un désir qu’elle ne pouvait taire. L’envoutement sans doute résidait là, dans le fait de donner et de recevoir sans contrainte, d’accepter ces gestes réprouvés par la société patriarcale qui lui semblaient si naturels ce soir. L’écorce ne sait-elle point flotter tandis que l’arbre n’avait jamais appris à se mouvoir sur l’eau ? Sans aucun doute le secret de la joute amoureuse tenait d’un mystère semblable. Elle n’avait qu’à se laisser porter cœur et âme, laissant le soin à son corps de trouver les gestes et les attitudes.

La bouche sèche, Pélicia eut souhaité connaître l’art subtil de la poésie afin de déclamer tant de beauté. Elle ne put que s’attarder sans mot dire sur les seins ronds aux aréoles foncées. La pointe de sa langue joua du satin de la peau claire, semant ici et là des gouttelettes de salive qui se mêlèrent aux perles de sueur de son amante.

Danaé ondula sous la caresse légère ; son corps à sa manière réclamait davantage d’audace. Un soupir échappa des lèvres ourlées de la princesse quand la bouche de Pélicia se referma sur son téton.

Le geste provoqua le changement attendu, et la réaction des seins fermes ravit Pélicia, l’incita à d’autres frôlements dispensées avec tact. La pointe cajolée durcit sous sa langue, que bientôt la bouche abandonna. Danaé était maintenant livrée à ses instincts sur l’autel du désir.

Le parfum da la sensualité brûla ses narines quand les doigts de la princesses se crispèrent dans sa tignasse, pressés de l’amener à la source de toute vie. Pélicia résista pour la forme sans doute, davantage afin de profiter de l’instant présent. Elle couvrit le ventre de son aimée d’une myriade d’attentions tandis que ses mains ne pouvaient se détacher des seins tendus.

Sa langue se perdit dans le nombril profond, arrachant un soupir à sa victime. Le ventre bombé se contracta avant de lâcher un premier spasme bref. L’instant dura, que pas un grain de peau de la poitrine fière à l’arrondi de la hanche ne fut fêté.

Danaé écarta ses cuisses fermes, telle une invite insoutenable.

La vasque dissimulée par la toison sombre s’ouvrit à son regard, et Pélicia guette encore le moment ultime de profiter de ce désir qu’elle apprenait à faire naître. La princesse tremblait, couverte de sueur, implorante, plus belle que nul Dieu n’eut osé l’imaginer, livrée à la volonté de sa maîtresse.

Pélicia enfin se permit de toucher l’inaccessible, d’embrasser l’interdit, de braver le dernier écueil. Sa bouche collée à la fontaine d’amour, sa langue fouilla les nymphes délicates jusqu’à se perdre dans les abysses d’une volupté inconnue. Le pistil libéra ses sucs enivrants.

Danaé se laissa aimer, lucide que sa douce maîtresse n’allait rien perdre de ce qui lui était offert. Ses chairs vibraient sous l’hommage, léchées et embrassées, livrées à un sort merveilleux. La bouche, la langue et les doigts de son amante s’activaient dans son antre de femme comblée, et rien ne pouvait la détourner de son destin.

Sans rien en savoir, Pélicia devina le moment ultime. Elle redoubla d’attentions et de passion, se régalant de l’ambroisie amère. Ce chemin qui lui était inconnu, elle le devinait, le pressentait dans ses propres entrailles autant que dans les spasmes de sa victime consentante.

Danaé se laissa aller, vaincue. L’apothéose, qu’elle n’avait retenue ni anticipée, la révéla dans sa nature la plus parfaite. Le plaisir silencieux l’envahit, lui fit perdre la raison, l’amena sur des rivages inconnus qu’aucun Dieu n’avait visité. Plus de sagesse en cet instant de folie pure, plus rien que l’étrange sensation d’un bonheur d’une intensité inégalée.

Les yeux ouverts, Pélicia se régala de la vue, de l’odeur et de la saveur de celle qui était sienne désormais.

La princesse l’eut-elle souhaité, elle ne put dissimuler la vérité à ses Amazones réunies au repas du matin. Dans son regard brillait l’amour donné et reçu, la vision furtive du corps souple de son amante, des petits seins tendus, du ventre tremblant d’émoi, de la hanche arquée, des fesses rondes et dures, du trésor intime sous la toison clairsemée comme un duvet. Danaé en était persuadée, toutes pouvaient dans son regard admirer la beauté révélée de celle qui, en une nuit, lui avait tout pris et tout offert.

Les Amazones ne virent rien de tout cela en fait, ni les caresses et les baisers, ni la fièvre ni le corps-à-corps glorieux dans sa démesure. Les guerrières ne devinèrent que le bonheur sans tache de leur princesse, et se réjouirent pour elle.

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Ma belle Amie Orchidée

Tu sais comme votre bonheur me touche, j'attends avec impatience le résultat de ta plume fertile.

Je vous embrasse

Mariveau

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Toujours un réel bonheur de te lire, Orchidée!

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