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Eumerius

Le cabaret

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Extrait d'un texte que je suis en train d'écrire. Il décrit la vie dans un cabaret très spécial. Il est question de sexe, mais c'est plus pour vous amuser que pour vous exciter. Ce passage raconte la formation d'une nouvelle "hôtesse", qui s'appelle Djamila.

Comme Djamila s’était déjà joliment maquillée pour son entretien d’embauche, elle n’eut pas grand chose à faire. Dès qu’elle eût terminé, elle descendit au rez-de-chaussée avec Mélina et trois autres filles, où se trouvait la salle de spectacle. En traversant les couloirs et en descendant l’escalier avec des jeunes femmes affichant aussi fièrement leur nudité, elle ressentit une impression qu’elle n’avait encore jamais connue, celle de rentrer dans la normalité, ou plutôt de redéfinir la normalité, et même de disposer d’un pouvoir devant lequel tous les hommes plieraient.

La salle baignait dans une lumière rouge lui donnant une perpétuelle allure crépusculaire, mais au milieu, se trouvait un plateau violemment inondé de blanc, muni de cinq barres verticales chromées. Djamila les découvrit avec émotion, comme s’ils étaient ses futurs amants. Un côté de la salle était en majeure partie occupé par un bar et une table de mixage où deux hommes étaient en train de travailler, avec ses étalages de bouteilles et de verres. Le côté opposé était tapissé de miroirs. Les hôtesses entrèrent par un troisième mur, faisant face à l’entrée des clients.

« Voici le lieu de toutes les débauches, s’écria Mélina en levant les bras. C’est notre univers. Djamila, je te présente Franck, notre disc-jockey, et Adrien, le barman. Il y a deux autres garçons, mais ils ne sont pas encore là. »

Djamila constata avec plaisir et envie que Franck et Adrien était de charmants hommes, tirés à quatre épingles. Le premier alla à sa rencontre et lui donna des grosses bises, accompagné d’une caresse insistante sur l’épaule et le bras. Il était presque aussi haut qu’un lampadaire, si bien que malgré la taille déjà grande de la nouvelle hôtesse, il fut obligé de se pencher.

« On est tous au courant de ta venue, Djamila, déclara-t-il. C’est vraiment un plaisir de très voir. Tu es sublime.

Merci.

J’espère que tu resteras longtemps ici. Mais tu as remarqué qu’il faut obéir au doigt et à l’œil à Mélina. Comme on le dit, au-dessus d’elle, il n’y a que Dany et Dieu. »

Djamila pouffa de rire. Adrien s’approcha d’elle et lui donna pratiquement un baiser sur la bouche, les joues rouges d’excitation. Il semblait plus âgé que Franck, mais il était aussi plus petit.

« Tu plaisantes ? dit-il à Franck. C’est elle qui donne les ordres ! Je t’assure que quand elle engueule Dany, elle le fait chier dans son froc.

Eh ! vous deux, faut pas me chercher ! s’écria Mélina.

Non, mon capitaine ! Je ne vous cherche pas ! répondit Franck en faisant le salut militaire.

Bon, je m’en vais. Ils vont finir par m’énerver », bougonna Mélina en s’éloignant.

La petite troupe de nudités en talons aiguilles la suivit en marchant sur une épaisse moquette à motifs noirs et rouges. Le plateau était entouré de quinze tables rondes, autour desquelles des fauteuils de cuir étaient disposés.

Mélina s’arrêta près de l’une d’elles et posa sa main sur un dossier.

« C’est là que tu joueras ton rôle d’hôtesse, dit-elle à Djamila. Je te donnerai des conseils avant midi. Pour le moment, je t’informe seulement que le strip-tease se déroule ici. Ton client peut ne pas le demander, parce qu’il ne l’ose pas ou parce qu’il se contente de bavarder avec une hôtesse en jolie robe, et qu’il y a de temps en temps des filles nues qui dansent sur le plateau. S’il te demande de te mettre à poil, ça lui coûtera cinquante euros. Tu te déshabilles avec des mouvements très suggestifs, mais pas en dansant. Tu te rassieds et tu le laisses mater tes nichons pendant une demi-heure. Quand quelqu’un viendra chercher tes vêtements, si le suivras et tu te rhabillas. Après, rien de t’empêche de retourner auprès du même client, mais tu aussi céder la place à une autre hôtesse. Si ton client te demande une danse pendant que tu es nue, ça ne lui coûtera rien. De toute façon, une ou plusieurs filles vont régulièrement se trémousser sur le plateau. Et quand tu danseras, ce sera pour tout le monde et pas seulement pour lui. Tu as compris ?

Oui.

Quand ton client partira, tu iras chercher tes habits là-bas, tu les remettras et tu tiendras compagnie à un autre homme, s’il y en a un.

Comment les clients payent ?

Lors de leur réservation, ils donnent leur numéro de carte bleue. Ils sont débités à leur départ et ils reçoivent un ticket.

Il y a quinze tables et beaucoup plus de fauteuils, or nous ne sommes que sept. Qu’est-ce qu’on fait s’il y a plus de sept clients ?

C’est rare, mais ça arrive. Dans ce cas, on s’arrange comme on peut. Il faut que chaque homme reçoive au moins la visite d’une hôtesse. Et puis tout le monde peut regarder les filles nues sur le plateau. Tu verras que cet après-midi, il n’y aura que deux ou trois hommes à la fois. »

Mélina reprit sa marche pour rejoindre Sylvia, Nora et Alena à côté du plateau. Elles avaient déjà dû l’entendre parler, mais elles semblaient prêtes à écouter les mêmes explications avec plaisir.

C’était vraiment Mélina qui semblait détenir l’autorité, mais elle était heureusement une supérieure intelligente, dotée d’un charisme provenant de sa passion pour son métier.

« Bien alors, c’est là que les choses se corsent, déclara-t-elle. Tu as compris que les filles sont déjà nues quand elles montent là-dessus. Donc, ce qu’elles font, ce n’est pas du strip-tease à proprement parler. Elles se démènent pour exciter les hommes. Il ne faut pas faire les choses à moitié. Si une fille danse, et que pendant ce temps, son client la regarde du coin de l’œil en mangeant ses pop-corn, c’est raté. Elle n’a plus qu’à s’arrêter et aller se rhabiller. Par contre, si elle fait bander le mec à en faire sauter sa braguette, c’est réussi. La danse, c’est du sexe. Ça se fait à distance, mais c’est quand même du sexe. Ce n’est pas sans raison que tu vas là-dessus en montrant ta chatte et ton cul. Les filles du Crazy Horse, ce sont des bégueules à côté de nous. »

Mélina s’arrêta pour mesurer l’effet de ses paroles. Ses quatre auditrices étaient tout ouïe.

« Je le répète, nous sommes des cochonnes, reprit-elle. Si les clients étaient autorisés à nous toucher, le cabaret se transformerait vite en un bordel. Mais la loi ne le permet pas, alors les clients se contentent de nous regarder. Quoique... il y a parfois des hommes qui se masturbent. D’ici, on ne peut rien voir, mais si vous remarquez qu’un client laisse ses mains sous la table et si vous trouvez ensuite des traces de sperme, c’est que vous avez fait un boulot digne des félicitations de Dany et du bon Dieu. »

Les auditrices ne purent s’empêcher de rire. Mais les paroles de Mélina leur donnaient aussi des bouffées de chaleur.

« Et le plaisir doit être réciproque, continua-t-elle. Le sexe se pratique normalement à deux. Danser sans qu’aucun homme ne vous regarde, c’est aussi agréable que de se branler avec un poireau. Vous devez capter son regard et ressentir son désir de vous sauter. Vous devez imaginer qu’il vous caresse et vous pénètre avec sa grosse bite. Moi, ça m’est déjà arrivé d’avoir un orgasme ici.

Vraiment ? fit Djamila.

Oui, vraiment, parce que l’orgasme féminin est un phénomène psychologique. C’est sérieux, je l’ai lu dans une étude. Ceci dit, quand je suis en scène, je me caresse. Tout est permis. Absolument tout. Ceci, par exemple... »

Mélina écarta et plia les genoux. Ses fesses arrivées à dix centimètres du sol, elle enfonça deux doigts dans son vagin et entreprit de se masturber. Elle rejeta la tête en arrière, ferma les yeux et ouvrit la bouche, et l’on entendit bientôt le lancinant chant d’une femme au bord de la jouissance.

Djamila en fut stupéfaite, mais en voyant les visages de ses trois consœurs, elle comprit que Mélina n’était pas sérieuse. Et en effet, celle-ci se redressa subitement, assez satisfaite de sa comédie.

« Bon, je reconnais que ça fait un peu vulgaire, dit-elle à Djamila. Face à le genre d’homme qui fréquente ce cabaret, il vaut mieux être plus suggestive et artistique. Mais c’est bien cela que tu dois avoir en tête. Comme je ne cesse de le répéter, la danse, c’est du sexe. Voilà ce que tu peux faire. »

Elle se déhancha tout en se caressant d’une manière aérienne. C’était un geste très simple mais qu’elle exécuta de matière parfaite et très excitante. La même expression de jouissance que précédemment apparut sur son visage.

« Tu peux faire cela ? demanda-t-elle.

Oui, répondit Djamila.

Il paraît que tu as fait de la danse ?

Oui, quand j’étais petite.

C’est excellent. Cela t’aidera, mais rappelle-toi que tu n’es pas à l’Opéra de Paris. Tu as remarqué que j’avais l’air d’être au septième ciel ?

Oui.

Ce n’est pas entièrement simulé. Je pense à l’un des hommes qui sont ici. »

Djamila tourna instinctivement la tête vers Adrien, qui était en train de nettoyer des verres.

« On peut bien sûr s’entraîner sans aucune présence masculine, compléta Mélina. Mais tu dois imaginer très fort qu’un homme te caresse. Tes mains doivent devenir les siennes. »

Elle monta sur le plateau, qui avait une cinquantaine de centimètres de haut, et se mit à danser très lentement, afin de bien mettre en évidence chacun de ses mouvements. Djamila la regarda avec admiration, car si elle savait faire évoluer son corps, elle ne l’avait jamais fait avec des sandales à talons aiguilles, qui adhéraient à peine aux pieds et touchaient tout juste le sol. Elles donnaient l’impression à Mélina d’être en apesanteur.

La jeune femme se déhancha encore, s’enroula autour d’une barre, fit ondoyer ses membres et son corps, se baissa de manière à montrer ses fesses, leva une jambe et exécuta bien d’autres mouvements d’une grande sensualité. Elle n’hésitait pas à se caresser d’une main, tout en tenant la barre de l’autre main. Djamila s’efforça de tout retenir.

« Qu’est-ce que vous en pensez ? demanda Mélina en s’arrêtant.

Pas mal, fit Djamila.

Au début, le mieux est de faire comme moi. Après, tu pourras changer la chorégraphie, mais l’esprit doit rester le même, d’accord ?

D’accord.

Maintenant, je vais y aller plus vite, et en musique. Eh ! Franck ! Tu nous mets la musique ?

Oui, mon capitaine ! »

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