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Mariveau

Une nuit de juin à Versailles

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Au large de Brest printemps 1680

Sur la dunette de la Frégate La Flore Vincent de Gramont, regarde les côtes bretonnes qui s’approchent. Voilà trente ans qu’il a quitté sa douce Gascogne. Il est le fils d’un gentilhomme, officier des gardes. A 18 ans, il avait tué en duel un gentilhomme dont il avait séduit sa sœur. Arrêté, il avait été condamné et contraint de s’engager il était devenu cadet au Régiment royal des vaisseaux.

1650 La Fronde touchait à sa fin et le jeune Louis XIV prenait son envol, Vincent faisait de même. Son intrépidité et son ascendant naturel avaient été rapidement remarqués et il prit très vite le commandement d’un navire engagé contre la flotte espagnole opérant au large des îles de la Tortue et de Saint-Domingue.

Il prit goût à l’aventure, et durant trente ans courant sus aux galions espagnols, séduisant de belles dames capturées sur ces navires, il s’adonnait aux plaisirs dans les tavernes des ports caraïbes, avec de sublimes créoles, expertes en art amoureux, dont lui-même était friant depuis son adolescence.

Quand la France entra en conflit avec les Pays-bas en 1678, il prit part à des raids sur l’île hollandaise de Curaçao, et prit le commandement d’une petite escadre de corsaires au service du Roi de France opérant dans la région. Durant deux ans il écuma les possessions espagnoles et hollandaises des Antilles.

Mais l’appel du pays était fort, et sur ordre de son Chef, il prit la route de la France pour rendre compte au Roi et au Ministre de la Marine et des Colonies Monsieur Colbert, des victoires aux Indes Occidentales.

Il débarqua rapidement confia le commandement de sa frégate à son fidèle second, libéra l’équipage et pris la direction de Paris.

Il fit partir ses affaires d’un coté, lui il voulait gouter à nouveau aux odeurs de la campagne et la griserie des courses à cheval. Il acheta un étalon noir et pris la route de Paris.

Après quatre jours de chevauchée à se rompre le cou, Rennes, Le Mans, Chartres, il arriva aux portes de Paris.

Paris à changer depuis son départ, voilà déjà dix ans le Roi a fait détruire les remparts en afin d'aménager sur leur emplacement une promenade plantée. Les anciennes portes fortifiées sont remplacées par des arcs de triomphe à la gloire du roi.

Vincent est désorienté, par le grouillement et le brouhaha des rues, où se mêlent bourgeois artisans, chômeurs en quête d’une tache et autre malandrins que les gens du guet pourchassent sans relâche

La ville qui atteint les 400 000 habitants ne doit son accroissement démographique durant tout le règne de Louis XIV qu'à l'immigration provinciale, la mortalité l'emportant sur les naissances.

La ville est à cette époque misérable et marquée par une forte insécurité, mais aussi sanitaire, hygiénique, commercial, etc. Le roi choisit Versailles comme résidence il y a trois ans , mais le siège du gouvernement est encore au Louvre , c'est Colbert qui a pris en main la politique parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Il y a implanté l'Observatoire, l'hôpital de la Salpêtrière puis l' hôtel des Invalides sur la rive gauche, la seule à disposer des terrains nécessaires.

Le faubourg Saint-Germain s'étend jusqu'aux Invalides, le Louvre et les Tuileries sont embellis et la place Vendôme aménagée.

Vincent rejoint l’hôtel familiale, sa jeune sœur tombe dans ses bras, elle est mariée à un Conseiller du Parlement de Paris. Un pli l’attend et sans prendre le temps de se changer, le voilà parti au Louvre où Monsieur Colbert veut l’entretenir séance tenante.

Le voilà devant le Ministre, ce dernier le jauge, et sourit lui qui a la réputation de ne point sourire. Votre tenue , cher Monsieur fera merveille auprès de cette Cour hypocrite, dont les membres affament leurs gens.

Le Roi nous attend séance tenante à Versailles.

Le voilà maintenant traversant les courtisant, ses bottes cavalières claquent sur le sol, les hommes réprouvent cette tenue, les femmes sont intrigués.

Vincent de Gramont a les cheveux longs presque blancs, attachés avec un catogan noir assorti à son tricorne, sa culotte de peau, et sa veste. Il porte à la ceinture son épée et sa dague qui en bien des duels avec des maris jaloux lui a bien servi.

Son visage est halé par des années de mer, il porte en sa chair les traces de ses combats.

Une femme le regarde, elle semble fascinée par cet homme.

Le Roi le reçoit en audience devant la Cour et avec sa truculence gasconne il raconte ses aventures, ils entends les Ohhhhh , les ahhhhhhh des courtisans. Puis le Roi l’invite à le suivre dans son cabinet particulier, où ils parleront de la situation stratégique et des besoins de l’escadre des Indes Occidentales.

De retour devant la Cour, le Roi lui remet un brevet de Capitaine de Vaisseau dans la Marine Royale, et des lettres de marque pour poursuivre la guerre de Course si le besoin se fait sentir et lui donne le titre de Baron. Le Grand Monarque se retire, et invite Vincent à rester car ce soir il y a bal à la Cour.

« Baron je vous pris rester en cette tenue, il me plait de compter un homme de confiance auprès de moi ce soir »

Colbert se retire

« Bonne chance Baron »

Il est aussitôt assailli, par une nuée de belles dames à la peau de porcelaine, mettant en avant leurs avantages mammaires. Frétillant comme des vierges sortant du couvent prête à découvrir le loup.

Son regard croise le regard profond de cette femme.

Elle a trente ans, marié à un vieux baron, dont la mèche est depuis longtemps éteinte et dont les cierges de ses amants sont loin d’être à la hauteur de ses attentes.

Elle s’approche de Vincent, et avec l’effronterie dont elle est la prêtresse, elle lui dit

« Monsieur, vous êtes un homme d’épée je crois, un homme à femme, n’auriez vous pas occis un mari jaloux jadis, et vos aventures faites de combat sur mer, n’ont-ils pas eu des prolongements dans bien des lits »

Les courtisans sont offusqués, et s’écartent

« Madame, bien de valeureux capitaines n’ont pas votre audace, mais sachez que les années n’ont pas entamées la vigueur de mes assauts, vous plairait il de croiser l’épée, je vous sais bonne escrimeuse je crois »

Avec un radieux sourire elle prit Vincent dans ses bras et l’accompagna durant toute la soirée.

Ils riaient, elle rayonnait, une complicité s’installait entre eux. Les heures passaient et les contacts se faisaient de plus en plus pressant, sensuels.

Ils sortirent dans le parc admirer le feu d’artifice.

Elle entama le premier assaut, l’embrassant avec fougue, puis avec un rire s’enfuit dans le parc mais de façon à ce qu’il la rattrape.

Ce qu’il fit rapidement. Elle se retourna et la prenant avec fougue, il posa ses lèvres sur les siennes.

L air de ce mois de juin était lourd, au détour de cette fontaine dont l'eau rafraichissait l'air .

Il la sentit frémir lorsqu’elle sentit son corps puissant la coller contre lui.

Son parfum , un mélange de musc de vanille la transportait dans un monde irréel de désir et d’envie. Il sentit son cœur battre comme le branle-bas avant un abordage. Ses lèvres s'entrouvrirent. Ses lèvres étaient sucrées, un mélange de violette et de rose émanait de son cou. Leurs bouches se soudèrent en un baiser de passion et de désir emprunt de sensualité.

Pas un mot entre eux. Des courtisans s’approchaient, elle l’entraina dans un bosquet discret

Elle se dévêtit avec une légère pudeur qui la rendait encore plus délicieuse.

Elle était belle, ses cheveux blonds lâchés cachant, ses jolis seins en forme de poire, aux aréoles carmines contrastant avec la blancheur de sa peau.

Ses hanches étaient une ode à la sculpture, une invitation pour des mains vagabondes comme celle de ce corsaire, ses jambes au galbe parfait se prolongeaient sur des chevilles si fine et de si petits pieds. Elle frissonna, mais ce n’était pas de froid. S’approchant de Vincent et tout en l'embrassant langoureusement. Elle délaça sa chemise et caressa son torse.

Il l’a pris dans ses bras; l'allongeant sur l’herbe au parfum de printemps, son souffle s’accélérait. Il ne voyait que ses grands yeux bleus. Prenez-moi dit-elle. Non lui dit-il, je vais vous faire découvrir d'autres sensation et ses lèvres sa langue, ses doigts prirent possession de chaque parcelle de son corps. A chaque caresse, son corps se mettait à vibrer, elle gémit son plaisir. Elle se cambra lorsque comme le naufragé, sa main aborda son intimité, elle se laissa aller.

Il pince ses tétons dardés par le plaisir, ses mains lui prodiguent les gestes que de belles créoles lui ont appris pour donner félicité, sérénité et plaisir.

Son désir est puissant, elle ouvre doucement ses jambes, il sent alors ses mains se porter à son vît et le conduire à sa coupe de fertilité.

Elle se cambra et il s'enfonça délicatement en elle, elle gémit son plaisir. Sa gangue intime est d'une douceur infime, il ne peut se détacher de ses yeux , sa bouche entrouverte appelle la sienne. Leurs langues se cherchent se trouvent, il va et vient lentement en elle, comme les vague sur le sable fin d’une ile au trésor. Son bassin ondule.

Ils s’enlacent, et entament une sarabande amoureuse. Ils roulent sur le sol et il se retrouve sur le dos , elle le chevauche, son bassin ondule encore et encore. Il caresse ses seins à travers ses longs cheveux.

La musique de Lulli les accompagne dans cette danse érotique. Les détonations des feux d'artifice accompagnent ses assauts.

Il sent en lui monter une indicible envie de jouir en elle, elle le sent et elle accélèrent son mouvement telle la cavalière qu'elle est parcourant les forêts de ses domaines.

Telle la lave d'un volcan s'écoulant dans la mer dans un jet puissant, son liquide de vie jaillit en elle lui arrachant un cri de jouissance et lui un râle de plaisir.

Il n’a pas quitté son regard et ils affalent l'un contre l'autre.

Le feu d’artifice est terminé, les courtisans rentrent à la suite du Roi dans le Palais.

Ils sont seuls dans ce bosquet. Ils se caressent, s’embrassent

« Fais moi découvrir les plaisirs que tu as appris de tes voyages. »

Elle entreprit à réveiller à nouveau son plaisir, de ses mains.

Sa bouche si fine s’empara de son sabre d’abordage, et l'enserrant de ses lèvres elle joua avec ses mains. Sa langue courrait sur son gland exacerbé par le désir. Elle le fixait toujours. Il était au supplice. Elle s'allongea sur le ventre lui présentant des fesses merveilleuses.

Il présenta son désir contre elle, remontant ses hanches et il la pénétra à nouveau. Son étui soyeux était encore plus humide, bouillant. Elle gémissait à chacun de ses à-coups.

Il s’enhardit, et changea de route, virant lof pour lof, il présenta son vît aux porte de son palais de Sodome, elle attendait cet instant, avec un peu d’appréhension car elle avait des souvenirs douloureux.

Point en fut, car il entreprit de sa langue vagabonde à explorer le con trempée de celle qui cette nuit était devenue sa maitresse, suçotant son bourgeon, pinçant de ses lèvres ses lèvre intimes. Il se servait de sa langue comme une auxiliaire zélée de mon vît.

Il aimait son nectar inondant sa bouche, la langue vint se poser sur sa rose qui luisait de plaisir. Il glissa un puis deux doigt, lui arrachant un cri de plaisir.

Les portes du Palais venaient de s’ouvrir, laissant le passage à sa lance. Il pénétra son intimité, lui arrachant un nouveau cri de plaisir. Allant et venant elle haletait son plaisir

Il sentait monter la tempête en lui, l’air était lourd, un orage grondait au loin, mais il ne pouvait partir sans voir une dernière fois ses yeux. Il se retira, elle comprit, elle vint empaler son palais de Sodome en position de Lotus. Ils s’embrassèrent, l’orage était là, la pluie se mit à tomber, l’eau fraiche coulait sur le corps nus et dans un dernier spasme s’épanchant en elle.

La pluie cessa aussi vite qu’elle était arrivée, comme les pluies tropicales qu’il avait connu.

Ils se rhabillèrent, il était tard, ils rejoignirent les appartements qu’elle occupait dans une aile du château. Ils refirent l’amour tout le reste de la nuit. Ils étaient amants.

Six mois plus tard, ils galopaient en direction du domaine familial dans sa Gascogne natale.

Il avait démissionné de sa charge, avait remis le commandement de la Flore à son second.

A chaque étape, à chaque halte de leur voyage, comme deux adolescents ils faisaient l’amour, ils s’aimaient.

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Ah!...Si Versailles m'était conté...ainsi!!! :air_kiss:

Joli moment...Merci!

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