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mllecigarettes

Les cendres.

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Des notes alignées (et continueront peut-être). Histoire totalement décousue. Bonne lecture.

Sortir dehors, marcher dans les rues sa main près de mon cul ou encore boire un verre en terrasse, relevait à la fois du défit, de l'excitation et de la condamnation. Les regards en coin, les messes basses acerbes. On en avait bien conscience même si on n'en parlait jamais. Pas besoin. En fait, tout le goût de l'interdit était là. Il me regardait, regardait ces messieurs-dames, à l'aise. Rajoutant une assurance dans le sans-gêne. Je le sentais vainqueur, fière. Terriblement fière, conscient de mon appartenance, de ce qu'il avait, de ce que les autres enviaient. Quant à moi, mon esprit aimant les contre-sens, la provocation, tout en restant constante dans la contradiction du ressenti, j'étais servie. Assise devant lui, il se penchait vers moi, me bouffait des yeux langoureusement, il faisait courir ses doigts sur les traits de mon visage, ma bouche, mes lèvres ourlées. Il m'allumait, jouait avec mon excitation, les nerfs de nos voisins de table, ma honte... Car le message qu'il envoyait était clair, sans équivoque:

Non, je ne suis pas un ami de son père, ni une connaissance bienveillante, détrompez-vous. Cette petite nana en face de moi, cette petite blonde mutine qui vous en fait oublier votre femme à vos côtés, je la choie, la dorlote, la cajole. Mais surtout et soyez-en certains, je la baise.

Ça nous faisait mousser mutuellement. Dans les rues, on en rajoutait, on se défiait. Je marchais parfois plus vite que lui, devant. Pas une affronte totale, je roulais mes hanches, je lui gâtais ses prunelles autant que j'y tenais. Je lui faisais monter la vapeur, discrètement. Parfois, je lâchais tout, faisant semblant de trouver quelque chose d'indispensable dans une boutique. On rentrait, j'allais au comptoir pour poser des questions le plus naturellement du monde. Ce que le/la commerçant(e) ne voyait pas derrière le dit-comptoir, c'était ma façon de frotter mes cuisses enveloppées de soie, l'une contre l'autre, faisant bouger imperceptiblement mes fesses. Doucement. Petit manège cruel. Le sentir fulminer, saliver dans mon dos. Jouer du regard faussement innocent. Au fond, un regard de pure garce. Ne s'en privait pas de me le dire, comme une déclaration d'amour féroce. Garce, que tu es, que j'aime, qui me rend dingue. Je continuais mes taquineries, jusqu'à ce qu'il flanche, reprenne le pouvoir. Jusqu'à ce qu'il m'attrape le poignet, me pousse dans une allée. Sordide, difficile de faire propre en ville. Ça pue, ça sent la pisse, c'est sale. Aussi sale que nous. Il me collait dans le renfoncement d'une porte close. Me soulevait la jupe jusqu'au-dessus de mes hanches, en plein jour. Tout le monde aurait pu nous voir. Le soyeux des fesses nues et la dentelle en chair de ma chatte à l'air frais. Alors, il calait une jambe entre les miennes, sa cuisse contre mon antre humide. L'angoisse autour, la chaleur qui me ronge. Celui qui me met dans les pires situations se trouve être celui avec lequel je me sens le plus en sécurité. “Frotte-toi”. Exécution. Pincer mes seins, vriller sous le tissu, tirer, palper, effleurer. Me frotter encore plus. Gémir doucement. Me regardant, savourant, satisfait, supérieur. Pincer plus fort. Audacieux. Retirer sa cuisse. M'empoigner le cul et vérifier d'un doigt toute l'humidité dont je suis capable. En nage, en rage. Agacer, titiller le clitoris, d'un seul doigt. A toute vitesse. Battements d'ailes de colibri. Bruits de mouille, gémissements étouffants de chaleur. Me laisser couler dans ses bras, physiquement, mentalement. Mais exister comme jamais. Me faire trembler des jambes, genoux qui me disent adieu. S'arrêter net. Me rabaisser le pan de la jupe. Me colle une claque d'amour sur les fesses : “File droit, Mademoiselle”. L'aimer à en crever.

***

Rentrer chez soi, accueuillie au regard froid, allongé dans le canapé. Beau, excitant, alangui. Mâle suprême, séduisant. Faire le dos rond, glisser vers lui, se faire chatte ou chienne. Regard froid. Insensible. Avoir mal au coeur, ne pas aimer le rejet. Vieille blessure, souvenir d'enfance. Supplier du regard pourvu que le sien cesse. Froid. Glacé. Presque vouloir en pleurer. M'attraper les cheveux dans la nuque, en faire un chignon autour de ses doigts sévères. Amener mon visage devant sa queue. L'engouffrer. Son plaisir qui me semble égoïste, injuste, faussement forcée. “Ça te fait mal mais ça te fait du bien. Tu mouilles autant que je bande parce que t'aimes ça.” Le ton est affirmatif, implacable. C'est encore pire de se dire que c'est vrai. En fait, c'est encore meilleur. Donc, les bouchées sont doublées. L'amener au bord du gouffre et lui tenir la main. Me relever la tête, sonder mon âme de ses yeux, faire glisser un doigt sur ma bouche. Suceuse. Petite suceuse qui aime ça. Petite chose fragile mais vorace. Faut aimer les contrastes. Jouer avec ma langue, me rendre vulgaire, obscène. Belle à ses yeux, sans limite, voir ce que les autres ne verront jamais. N'ont jamais perçu. Gardien du temple, mon garde fou. “Ma beauté, va te laver”.

Le bain coulé d'avance, mousse de partout. Blanche, vaporeuse. Parfum chaud, épicé et doux. Je me déshabille, me coule dans l'eau très chaude. Il revient, cigarette aux lèvres, l'allume pour moi, me la tend. Pas besoin de lever le petit doigt. Deux verres de vin. Il me caresse les cheveux, doucement. M'adore. De velours, ses yeux. Contemplation. Me lave les cheveux, fait mousser mon corps, me rince délicatement. Une poupée, une âme à prendre soin.

***

“A mon tour”.

Je veux qu'il se donne, qu'il s'oublie comme je m'oublie. Je sors du bain, on mange à table, chandelles de feu. Je le veux sur le lit, je le lui dit, je le veux allongé sur le ventre. Nu. Son regard qui devient mielleux, minaude des cils, du bout des lèvres. Mon regard assuré. Il avale la dernière bouchée gourmande, défait sa chemise en chemin. Torse du mâle. Son pantalon baise le sol. Détendu sur le lit. Vulnérable. Corps et âme.

Je le regarde. J'en peux plus de cette beauté. Regard qui s'enflamme. Fixe. Consumant. Dévorant de loin. Je m'allume une cigarette. Je la fume calmement. Moment de répit, de calme avant tempête. Pleine certitude.

M'assoir près de toi. Passer ma main sur ta peau. Tes grains de beauté qui sont là depuis toujours, qu'on égrène. Arabesques dorsales, d'effleurements, de griffes. Douceur, morsure d'une épaule tendre. Canines sadiques. Tes fesses rondes, tes cuisses frémissantes. Mes ongles dans ta chair, tes muscles saillants. Ta chevelure folle, indomptable qui coule entre mes doigts. Ton souffle profond, grave. Tour à tour masculin et féminin.

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C'est beau, c'est fiévreux, plein d'amour.

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Guest Maitresteeve

Maintenant qu on est tout nu allongé sur le lit, il se passe quoi....faudrait la fumer assez vite cette cigarette ma libido retombe assez vite en ce moment...;-)

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Guest Titelilie

Plein de sensualité et d'érostisme...

Je ne suis pas nue sur mon lit mais quand bien même ;)

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Guest jeanmimel

décousue c'est vrai, mais toujours des mots, des situations, des phrases chocs, envoutantes, entrainantes.. on fonce avec toi, nous te suivons comme lui, nous te désirons aussi .....

j'adore toujours.

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Guest Eva96

Magnifique texte, très fort et quel style !

Bravo Mlle Cigarette :)

J'adore !

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Troublant et sensuel

A la fois un style très nerveux, on a parfois l'impression de courrir un 100m et pourtant de la douceur de la tendresse

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Invité

Superbe, j'adore ton écriture et cette façon de raconter ces situations troublantes. On se laisse facilement entrainer au fil des mots.

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