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Mariveau

Le Poète et l'Egérie

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Sans elle Il se sentait perdu, sa page était blanche, son esprit vide, le poète avait perdu le goût d’écrire, son inspiration était partie, son égérie avait disparu.

Abandonnant l’essence de sa vie, il se laissait glisser, d’errances en perditions, les mots, les phrases devenant à son goût insipides.

Vers des rivages incertains, il dérivait, sous les rires narquois de l’Albatros. Les écueils étaient proches, les naufrageurs avaient détruit de phare, la lumière qu’elle était. Ils riaient de ce poète en détresse, ceux là même qui l’achèveraient lorsque naufragé épuisé il se retrouverait sur la grève.

Oubliant ce qu’il était, il abandonnait à sa maitresse, à sa fée , les nuits d’insomnies se succédaient sans espoir de rejoindre bon port.

Unique espoir d’échapper à ses cauchemars, pour la retrouver au détour de ses rêves tourmentés, il ne s’était pas résolu à l’oublier, son âme chaque nuit se détachait et venait errer près d’elle .

Rien n’aurait pu l’empêcher de penser à elle, les brumes de cette terrible absinthe tentait bien de le soustraire à ses pensées, mais il luttait car il savait au plus profond de son cœur qu’elle ne l’avait pas quitté.

Emporté dans ses tourments, le poète n’était plus l’ombre de lui-même, il se rattachait à elle, par es mots qu’elle lui avait inspiré, par les paroles d’une chanson qui en d’autres temps lui donnaient joie et plaisir, mais qui maintenant n’étaient que mélancolie et désespoir.

La nuit avait été encore bien tourmentée, lorsqu’au matin, il trouva un billet d’elle : je ne t’ai jamais oublié lui disait elle. Je n’ai jamais été loin de toi . Tu m’as fait mal, je t’ai fait mal, nous nous sommes fait mal, mais toi aussi tu ne m’as pas oublié.

Encore embrumé par les restes de son étreinte nocturne avec sa maitresse, il sentit poindre les larmes, son cœur se serrait. Il se leva, s’assit à son bureau, alluma sa lampe à pétrole, ouvrit son encrier, tailla sa plume d’oie, sortit de son tiroir une feuille de parchemin, et se mit à écrire.

Rien ne pouvait plus l’arrêter, ni sa maitresse, si ces naufrageurs sans pitié, ni même ceux qui se moquait de sa détresse, et encore moins les bien-pensant.

On ne pourrait décrire ce que vivait le poète, la renaissance de son art, de sa vie, de son envie, au diable le plaisirs de ces nuits d’ivresses artificielles quand on a l’ivresse de sa passion.

Unique était le lien entre elle et le poète, une même essence coulait dans leurs veines, puisant leurs force dans leurs âmes et leurs cœurs. Ils n’étaient point amant, ils étaient un et unique.

Grisant furent à nouveaux leurs échanges, ils se comprenaient, ils se savouraient, rouge écarlate était leur union de leurs esprits ,de leurs cœurs, de leurs âmes et de leur passion.

Egérie elle avait été, Égérie elle était restée, Égérie elle était, Égérie elle sera toujours. Le poète reprit sa plume et lui écrit de sa plus belle écriture, JE T AIME en lui offrant une rose.

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Très très beau, empreint d'une ineffable douceur, de nostalgie et de tendresse, ce superbe texte. Bravo, Mariveau!:)

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je ne me lasse jamais de te lire mon beau Baudelaire-Mariveau

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Pfiou j'adore, j'ai épousé un Vincent mais est-ce le bon ? LOL

De délicats mots sur de superbes pensées ...

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Guest Titelilie

Je me répète encore et toujours mais...

C'est tellement fort et beau, intense et poignant... C'est un sentiment qui ne se décrit pas et pourtant tu y es parvenu!!!

Bravo Vincent!

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