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Marie05

L'étincelle

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Cette histoire, écrite il y a quelques années, et retrouvée au fin fond d'un vieux dossier, n'est pas spécialement érotique, mais en lisant quelques commentaires par ci par là, je pense que beaucoup se reconnaîtront....

L'étincelle.

Le dimanche chez mes parents se passa... comme un dimanche ordinaire... sans surprise... comme ma petite vie.

Mais en moi un sentiment oppressant s’insinuait. Il fallait que cela change.

Les horaires d’Elisabeth et son sacro-saint Hôpital, c’était bien beau, mais ce n’était pas ça la vie à laquelle j’aspirais.

Je pris une décision qui me semblait-il allait changer ma vie.

De retour à la maison, je donnai le bain aux enfants, les fis manger et les couchai.

Une fois seul, je m’installai à mon bureau et allumai l’ordinateur.

Non, après réflexion, je décidai de revenir aux bonnes vieilles méthodes et pris une feuille de papier et ma plus belle plume.

Quand Elisabeth rentra cette nuit, à pas d’heure, comme d’habitude, elle trouva la feuille portant son prénom, pliée en deux et scotchée sur la porte.

Elle l’ouvrit et lu cette simple phrase: “Je ne supporte plus cette vie, cette routine. Fais tes valises.”

Le doute et l’incompréhension la saisirent. Que signifiait cette mascarade ?

Elle regarda sa montre: 5h du matin. Génée et confuse, elle réalisa que ses priorités n’étaient plus sa famille, son mari qu’elle aimait pourtant de tout son être, mais bel et bien son Hôpital, ses malades...

Chassant ces sentiments, elle sentait pointer en elle la colère envers l’incompréhension de son mari.

Mais il était tard, elle était fatiguée et ne voulait pas entamer une discussion sachant qu’elle serait incapable de garder son calme et son objectivité.

Ereintée, sentant monter les larmes elle alla se coucher dans la chambre d’amis.

Elle dormit jusqu’à 9h ce lundi-là. Bien sûr, quand elle se réveilla, son mari avait emmené les enfants à l’école et lui devait traîner quelque part dans la maison, à moins qu’il ne soit allé à un quelconque rendez-vous, qui comme les autres, serait sans suite...

Faire ses valises... Il en avait de bonnes!!!

Elle pensa à la petite chambre au dernier étage de l’hôpital. Elle était libre en ce moment. Si vraiment son mari ne voulait plus d’elle, elle pourrait y habiter quelques temps... Puis réalisant ce à quoi elle pensait, elle se dit que c’était impossible!!!!

Impossible d’abandonner ses enfants, impossible qu’ils en soient arrivés là. Il lui fallait une explication.

Certes elle avait des torts mais lui????

Il fallait bien qu’elle travaille puisque Monsieur refusait toutes proposition sous prétexte qu’elles ne correspondaient pas à sa formation.

Elle alla se doucher, histoire de reprendre ses esprits. Une douche brûlante la détendrait tout au moins!!

Ses idées étaient confuses. Elle n’osait affronter son mari. Mais mince!! Après tout, on ne pouvait pas rayer d’une simple phrase toutes ces années vécues ensemble. Et les enfants, qu’allaient-ils devenir??

La douche n’eut pas l’effet escompté. Au contraire, elle appréhendait de plus en plus de voir son mari et l’explication qui allait suivre.

A la réflexion, ils auraient dû faire des efforts tous les deux. Elle, en ménageant ses horaires à l’Hôpital et lui en acceptant le job le moins minable qu’on lui avait proposé...

Mais l’amour dans tout ça???

S’aimaient-ils vraiment encore comme au premier jour?

Où était-elle la petite étincelle qui les faisaient vibrer à chaque instant, au moindre geste, au moindre mot?

Qu’avaient-ils fait pour la faire vivre?

RIEN.

Le constat était accablant.

Elle se mettait 2 minutes à la place de son mari. Ce nouveau dimanche de garde avait dû être la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase...

Et ces tristes constatations la poussaient petit àpetit vers la chambre conjugale.

Elle ouvrit les portes de l’armoire, prit une valise et y entassa quelques vêtements. Elle allait partir comme il le souhaitait. Elle aussi avait besoin d’y voir clair. La petite chambre serait bien suffisante pour quelques jours voire quelques semaines.

Et pour les enfants, son mari pourrait toujours s’organiser avec ses parents.... comme d’habitude, finalement... elle était si souvent absente!!!

Elle appela un taxi. On lui dit qu’il serait devant chez elle dans dix minutes.

Aussi fut-elle étonnée de le trouver déjà là en ouvrant sa porte.

“Pour une fois qu’ils sont à l’heure, je ne vais pas me plaindre” pensa-t-elle.

Elle monta et le chauffeur démarra. Elisabeth était plongée dans ses pensées. Au bout d’un moment, elle constata que le chauffeur n’allait pas vers l’Hôpital. Sortant de sa torpeur elle réalisa qu’elle ne lui avait pas donné d’adresse!

Elle n’eut pas le temps de demander quoi que ce soit, l’homme s’était arrêté et descendait lui ouvrir la porte.

Elisabeth, complètement hébétée regarda autour d’elle: il devait y avoir une erreur. Que faisait-elle ici??

Elle n’eut pas le temps de se poser beaucoup de questions. Elle vit son mari en haut des marches de cet hôtel 5 étoiles.

Il avait un grand sourire aux lèvres et l’accueillit avec beaucoup de tendresse.

Ils montèrent dans la suite qu’il avait réservée à leur intention.

Elisabeth se croyait dans un rêve.

Alors il ne la quittait pas?? Il l’aimait encore??

L’air amusé, son mari la prit dans ses bras et lui fit la plus belle déclaration d’amour qu’elle n’avait jamais eue! Il lui expliqua que ce dimanche chez ses parents avait été comme un déclencheur, un détonnateur. Il ne voulait pas gâcher leur vie. Il allait se secouer, trouver du boulot, rappeler ce gars qui avait tant insisté pour l’engager et qu’après tout ça ne l’empêcherait pas de chercher mieux ailleurs. Mais ça permettrait à Elisabeth de souffler, de ne plus accepter n’importe quelles gardes et pourquoi pas

de travailler à mi-temps. Ils auraient ainsi plus de temps pour leur famille, leur vie sociale. N’était-ce pas plus important que leur carrière?!

Elisabeth était subjuguée par son homme!!! Cet homme qu’elle aimait plus que tout au monde, cet homme qu’elle avait choisi et qui tant d’années après savait encore l’étonner et la surprendre. Cet homme qui savait faire vivre cette petite étincelle si fragile.

Ils s’aimèrent tendrement, comme au premier jour, ils redécouvrirent chaque parcelle de leurs corps, chacun de leurs désirs les plus fous.

Ils avaient frôlé la catastrophe, ils en étaient conscients. Mais la petite étincelle était bel et bien au fond de leur coeur. Il suffisait de savoir la faire vivre...

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Guest Tendre émoi

Très belle leçon de vie !

Un joli conte, riche d'enseignements...

Mais plus difficile à mettre en oeuvre dans la réalité...

Peut être suis je déjà trop desabusé, avec le sentiment d'avoir déjà trop essayé...

Une étincelle, lueur d'espoir !

Bravo pour ce récit !

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Merci.

Il y a une part de moi dans ce récit... un tout petit chouilla.... l'histoire de la lettre, je l'ai faite à mon homme, il y a une dizaine d'années maintenant...

Quand il est rentré du boulot, il a trouvé un mot sur la porte "fais tes valises"....

Et je l'ai emmené en week-end....

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C'est vrai, beaucoup d'entre nous peuvent se retrouver dans ce récit

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rhooo tu m'a fait pleurer.....c'est beau...merci

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Merci RTX et La Brune.

Ah mais non, faut pas pleurer jolie demoiselle !!! :bisou:

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touché, comme rarement parmi tous ces beau récits ici...

bravo et merci

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Merci !! (snifff j'ai déjà plus de "j'aime", la journée va être longue... lol)

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