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Orchidée

Un 25 août pas banal

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Ce week-end n’avait rien de programmé. Un coup de fil de maman jeudi, et vendredi avant le lever du jour on prenait la route pour les rejoindre dans un camping entre plage et pinède sur l’ile d’Oléron. Mes parents chaque année y louent un mobil home afin d’oublier Paris et ses tribulations au plus fort du mois d’août.

La route fut l’occasion de parler, quoi de plus normal dans un couple et plus encore dans un nouveau couple. Et Melissa très curieuse m’interrogea sans détour sur des sujets que nous n’avions pas encore approchés.

– Comment tes parents ont appris pour toi ? Facile de deviner en sous-entendu que ma chérie abordait le fameux coming out, l’épreuve à passer pour faire reconnaître son homosexualité à ses proches. Comment tu leur as annoncé ?

« Badaboum ! Accrochez vos ceintures, on redescend sur terre. » Une rencontre, une attirance, la naissance d’un sentiment profond, un projet commun, et un matin on se réveille l’une à côté de l’autre en s’apercevant qu’on n’a rien dit du primordial, qu’on a bâti sur des suppositions.

– Le problème ne s’est pas posé, ma mère m’a surprise avec une copine de classe.

– Raconte !

Ô douce Melissa ! Je la reconnaissais bien là, qui ne pouvait se contenter d’un silence loquace et refusait de comprendre le non-dit. Sa voix devint celle d’une adolescente en mal de découverte.

– Tu dois le savoir puisque tu as lu mon livre.

– Oui mais t’entendre le dire c’est différent. Allez ma chérie, raconte.

« Dix-sept ans en terminale, bientôt le bac. La drague devenait un exercice amusant, les expériences engendraient le courage. La discrétion entourant mes amours magnifiait chaque rencontre, lui donnant une saveur unique. Le jeu consistait à apprendre lors de balade dans les endroits gays puis à mettre les leçons en application au lycée.

Aline me faisait flasher depuis quelques temps avec son visage poupon encadré par de beaux cheveux châtain clair. Ses grands yeux paraissaient des lacs dans lesquels je plongeais aussi souvent que possible. Son copain commit l’erreur de la tromper au cours des vacances de Pâques, occasion à saisir.

Mon statut passa aussitôt de copine à celui de confidente consolatrice. On faisait régulièrement nos devoirs ensemble, mes parents téléphonaient aux siens, l’invitaient à dîner, puis ma mère la raccompagnait. Nos liens se resserraient. Je voulais en tomber amoureuse et ne plus la laisser repartir dans son quotidien.

Après la Pentecôte, Créatures célestes de Peter Jackson nous occupa un mercredi après-midi. Une amitié passionnée entre deux jeunes filles, réprouvée par leur entourage, coûta un max de mouchoirs en papier. Mais la projection eut l’effet escompté. Bien sûr je connaissais ce film par cœur, le choix n’avait rien d’anodin.

Aline se laissa apprivoiser. Nous étions collées l’une à l’autre sur le canapé au bout d’une demi-heure. Ma bouche se posait sur la sienne dix minutes plus tard. Le raidissement ne dura pas, et ma proie s’alanguit bientôt, acceptant puis réclamant caresses et baisers. »

– Ça devient chaud, m’interrompit Melissa dont le regard brillant laissait poindre un désir naissant. Continue s’il te plait.

« Donc on en était au flirt un peu poussé sur le canapé, quand maman rentra à l’improviste deux heures plus tôt que prévu. Elle nous surprit nues jusqu’à la taille, chacune la main dans le pantalon de l’autre. »

– C’est donc vrai ? Je croyais que c’était une partie romancée.

– Eh non !

Sans doute la honte des années plus tard marquait encore ce terrible souvenir de son empreinte, car ma douce Melissa se fit plus tendre encore.

« C’est ainsi que ma mère à découvert ma nature. Choquée davantage par le fait d’avoir été surprise dans cet état qu’obligée de me révéler entraîna une crise de larmes proche de la crise de nerfs. Ma mère pleura aussi, non de découvrir mon homosexualité mais à cause du manque de confiance qui m’avait poussée à ne pas me confier à elle. Maman me consola de son mieux, arguant que j’étais sa petite fille chérie, que rien entre nous ne changerait à cause de cette découverte. Le soir elle n’effleura pas le sujet.

Le lendemain matin, mon père – adorable mais effacé – m’embrassa sur le front. Ce geste de tendresse précéda un long monologue de sa part dans lequel il me fit part de sa volonté de respecter mon choix et de son soutien. Ma délicieuse maman lui avait expliqué avec sa patience de femme amoureuse et de mère accomplie.

J’ai compris ce jour-là combien était grande ma chance d’avoir des parents aussi merveilleux. Mes notes s’améliorèrent et je perdis mon image de rebelle. »

– Ma pauvre chérie, je comprends pourquoi tu es si complice avec eux.

– Oui, mais enfin je déconseille à celles qui ne savent pas comment faire leur coming de provoquer le débat en se faisant prendre dans le salon les seins à l’air et avec la main dans le pantalon de leur copine. C’est une situation à mourir de honte.

On changea de sujet, on échangea nos places afin que je ne me fatigue pas trop au volant, et bientôt mes parents nous accueillirent.

Le premier soir un couple et leur fille (prénommée Esther) d’une vingtaine d’années nous rejoignirent. Ces gens, fort sympathiques au demeurant, occupaient le mobil home à côté de celui de mes parents depuis trois saisons maintenant, et certains liens s’étaient noués. Papa les avaient invités à partager la soirée avec nous. Maman nous présenta comme « ma fille et son amie » avec tout ce que cela comporte de sous-entendu. Le moment fut anodin jusqu’à ce que la demoiselle ose une question.

– Vous allez vous marier ? Comme bientôt ce sera permis…

Sa mère la bouscula un peu, gênée de ce qu’elle pensait être un sujet fâcheux.

– Peut-être mais pas encore, répondit mon père en riant sincèrement. Elles ne sont pas ensemble depuis assez longtemps. Même si j’adorerai conduire ma fille devant M. le maire un jour.

Il n’en fallut pas davantage pour orienter la discussion, parler de nos aspirations à vivre comme tout le monde dans une société idéale, démonter l’homophobie trop présente en milieu rural et dans de nombreux domaines professionnels. Tout ceci dans une atmosphère bon enfant ne dérangea personne. En fin de soirée les parents décidèrent une virée pour le lendemain à St Georges d’Oléron, et les voisins ravis de l’initiative s’invitèrent. Nous choisîmes comme Esther de rester profiter de la plage.

Le lendemain donc on déjeunait toutes les trois au mobil home, et la fille des voisins abusa un peu du vin. Ce n’était pas une véritable cuite, cependant je nous voyais mal la laisser en public dans cet état. Aussi je décrétai une sieste avant la plage.

Quand Melissa et moi nous entrâmes dans son mobil home vers 16 h pour chercher notre nouvelle connaissance, une plainte s’évadant d’une chambre nous alerta, aussitôt suivie d’une deuxième. L’obscurité décuplait la puissance des râles.

On s’activa jusqu’à la porte. Esther se sentait mal ? Pas question de rester sans réaction. J’allai entrer dans la chambre par la porte entrouverte, décidée à intervenir, quand ma chérie me priva de mon autonomie.

« Attends un peu. » me chuchota-t-elle.

Intriguée, j’éprouvai soudain le besoin de me faire voyeuse. Car Melissa avait raison, ce cri ne trouvait pas son origine dans la douleur mais dans la recherche du plaisir. Les jambes flageolantes, je regardai dans la pénombre la scène surréaliste du grand lit et du drap blanc jeté à bas. Ma chérie collée à moi me serra fort la main.

Esther la jolie blonde de vingt ans se masturbait, persuadée sans doute d’être seule, simplement et magnifiquement. Les pieds tendus, les muscles de ses cuisses se contractaient pour en redessiner le galbe, sa peau hâlée luisait de transpiration. Une main caressait ses seins tandis que l’autre plongeait dans son intimité. Ainsi notre amie se satisfaisait dans la solitude. Sage d’aspect extérieur, la belle savait entretenir son désir. Un remords me perturba soudain.

« Mais qu’est-ce qu’on fait là ! » murmurai-je, outrée de notre comportement.

On allait retourner dans notre mobil home quand le craquement du sommier accompagna un nouveau cri et sonna le glas de notre volonté.

« Hum… Cécile… »

Oups ! Ainsi la demoiselle se caressait en fantasmant sur une fille. Jolie avec un corps bien dessiné, d’appétissants seins ovales et un ventre plat, des hanches doucement évasées sur des petites fesses musclées, Esther dans sa nudité apparaissait telle que Melissa et moi aimons nous présenter l’une à l’autre, excitante sans tomber dans la perversité. Et notre propre désir s’insinua en nous.

Mon regard se fit acéré devant la scène symbolique tandis que la main de Melissa s’insinua dans mon slip de bain. Je fis de même et trouvai son minou trempé. Si Esther ouvrait les yeux, nous découvrait ainsi à l’observer en l’imitant, quelle serait sa réaction ?

Les pointes érigées sublimaient ses seins dressés, son ventre animé de contractions irrégulières frémissait. Repliées auparavant, ses jambes tendues et écartées révélaient une petite toison blonde taillée ne cachant rien de sa fente ouverte. Un doigt caressait l’intérieur de la vulve, la pénétrait par instant. Un autre cajolait le petit bouton de chair à la jonction des petites lèvres. Des ruades convulsives contrariaient la lente masturbation, prouvant l’imminence du plaisir. Elle calma le jeu en abandonnant son clito et se concentra sur sa grotte, l’autre main caressant toujours ses seins gonflés aux tétons saillants.

La sécheresse de ma bouche n’empêcha pas mon intimité de ruisseler de cyprine face au spectacle qui ne souffrait d’aucune vulgarité. Melissa me caressait savamment, évitant mon clitoris pour ne pas me faire rugir. Ses doigts fouillaient ma vulve et frottaient mes petites lèvres pour entretenir mon excitation. C’était délicieux quoiqu’insuffisant. Était-ce là ce que ma chérie désirait, me maintenir dans un état second sans me délivrer ?

De mon côté je ne me privais pas de la branler sans retenue, un doigt dans son vagin comme elle aime et un autre sur son bouton. Sa cyprine inondait ma main en conque sur son minou. J’aurai aimé la lécher, me régaler de son trésor, mais pour se faire j’aurai du abandonner le spectacle.

Bientôt Esther abandonna ses seins. Une de ses mains écarta ses replis intimes tandis que l’autre se concentra sur son clitoris. Et de nouveau elle appela dans son fantasme.

« Oh ! Cécile… je… »

Ainsi conviée, mon regard alourdi caressa le corps exposé. Il suivit les gestes naturels, beaux car irréfléchis, qui devaient amener notre amie à sa délivrance presque en solitaire.

Tout se précipita. Melissa arrêta de me caresser, retira ma main de sa culotte, et se blottit dans mes bras tandis qu’Esther arrivait au point de non-retour. C’était dingue, jamais encore je n’avais connu une telle situation. Ma copine et moi on venait de se chauffer à mort devant une nana en train de se caresser, et maintenant on allait sagement l’observer prendre son pied.

Alors on accompagna notre amie par la pensée dans sa jouissance, et on se régala de ses spasmes jusqu’à l’anéantissement.

Pas facile de retrouver le calme après ça, Melissa m’entraîna dans notre mobil home, jusqu’à notre chambre, et on se lâcha enfin. On fit l’amour sans perdre de temps, excitées l’une et l’autre par le spectacle auquel on venait d’assister.

En amante accomplie, Melissa se coula sur moi et plongea dans mon intimité, m’offrant la sienne. Je la bus littéralement tant sa cyprine débordait. Ma langue titillant l’entrée de son vagin, je branlai son clito d’une main tandis que je caressai délicatement ses petites fesses somptueuses de l’autre.

Elle-même s’appliquait à me lécher sur tout le vestibule jusqu’à la hampe de mon bouton qu’elle excitait par en dessous, sachant que je ne pourrai pas résister. Sa langue endiablée profitait de toute ma vulve. Par instant je l’entendais déglutir ma mouille, et imaginer son plaisir de me boire décuplait le mien.

Melissa jouit dans ma bouche, alors son orgasme déclencha le mien. Notre extase partagée fut somptueuse, d’une puissance phénoménale.

On allait à peine se remettre de nos émotions, quand un applaudissement nous tira de notre bonheur. Esther se tenait dans l’encadrement de la porte de notre chambre, qu’on n’avait pas pris le temps de fermer.

La demoiselle nous avoua avoir deviné notre présence tandis qu’elle se caressait en solitaire. Cécile n’existait pas, elle l’avait inventée pour l’occasion, afin de retenir notre attention.

« J’espère que vous ne m’en voudrez pas, mais maintenant je vais fantasmer sur vous. Vous êtes magnifiques toutes les deux. »

Loin de s’offusquer de la situation graveleuse, on s’en amusa. Et notre complicité grandit pendant tout le week-end sans aucun sous-entendu. Melissa et moi formons un couple et rien ni personne ne saura changer cela.

Nous n’avons jamais eu envie de cette fille, elle nous a juste émoustillées sans le vouloir grâce à un concours de circonstance. De plus Esther n’a jamais exprimé le désir de partager nos ébats de près ou de loin. Le concours de circonstance disparu, la magie de l’instant a cessé.

Par contre une réelle amitié est sans doute sur le point de naître. On se téléphone tous les jours depuis lundi, et la belle viendra nous rendre visite en septembre. Elle n’a plus de copain depuis quelques semaines, et souhaite qu’on lui fasse connaître nos lieux de sortie habituels. Bien sûr par soucis d’honnêteté nous l’avons prévenue de l’orientation sexuelle de la clientèle des bars du Marais. Elle ne s’en offusque nullement, affichant au contraire une certaine impatience.

Ainsi Esther n’est pas lesbienne ? Nous avons quelques copines à lui présenter.

À suivre…

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Guest nico91800nico91800

Sympa

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Invité

Un très beau moment de plaisir. Ta plume est un délice pour l'éveil des sens.

J'espère que tu nous livreras la suite....sait-on jamais

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Superbe récit, dans lequel tu décris si bien le plaisir.

J'aime le ton léger sur lequel c'est conter.

Tu peux compter un membre de plus dans ton club de fan

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