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Mariveau

Les Amants du France

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PORT DU HAVRE, Paquebot Le France 30 juin 1932

Elle regarde les derniers dockers détachant les amarres qui retiennent encore le paquebot au quai, la sirène du bord laisse échapper un puissant son. Le transatlantique se détache lentement des quais, tiré par deux remorqueur. Direction la haute mer.

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C'est le dernier voyage pour NEW YORK pour ce magnifique navire, à la décoration et au luxe raffiné.

20 ans déjà qu'il navigue sur les mers, des rigueurs de l'Atlantique Nord, aux périlleuses eaux chaudes et resserrées de la méditerranée à la merci d'un U BOOT transportant troupes ou blessés meurtris par les combats des Dardanelles.

De ses 210 mètres de long, et ses 6500 tonneaux, il traverse à bonne allure de ses 25 nœuds cet océan terrible où il y a à peine 20 ans le TITANIC sombrait.

Mais lui peut lui importait d'obtenir le ruban bleu du paquebot de plus rapide, il aimait sa nonchalance et son luxe. Il était le dandy des paquebots, Proust ne s'y était point trompé en voyageant régulièrement à bord, peut être à la recherche du temps perdu.

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Edwige c'est son prénom, est aussi à la recherche de se temps perdu, femme libre meurtrie dans son âme et sa chair, si la guerre ne lui avait pas enlevé son mari-amant, c'était bien ce goût de l'aventure et du risque qu'il avait qui lui avait enlever celui qu'elle aimait. Un petit matin il y a maintenant cinq ans, après une nuit d'intenses, tendres et amoureuses étreintes, elle l'avait accompagné à l'aérodrome du Bourget, un dernier baiser et son amant-mari avait décollé pour toujours.

Edwige refusa longtemps cette fatalité l'attendant, puis un jour on lui remis une sacoche et un journal, l'avion de son aimé avait été retrouvé dans le désert, les dernier mots de son agonie avaient été pour elle.

« Edwige mon amour, je t'aime plus que tout, je n'aurais jamais du te quitter pour cette quette insensée.

Refait ta vie, mais ne m'oublie jamais , pardonne mon égoïsme,je le paye ainsi de ne plus sentir ton parfum, sentir le goût de ta peau, le plaisir de nos étreintes . ADIEU »

Puis elle se lança à corps perdu dans la vie, gagnant PARIS et MONTMARTRE, brulant sa vie dans les cabarets posant pour des peintres, se donnant à eux, à des gigolos, à des bourgeois voulant s'encanailler, se donnant à des femmes, buvant fumant dansant. Dans ces étreintes elle ne recherchait plus l'amour mais simplement des sensations de plaisir pour oublier.

Elle n'aimait plus son corps mais chacun de ses amants et maitresses désirait intensément posséder une nuit ce corps si fin, si sensuel et désirable.

Les remorqueurs ont lâché les aussières, les machines vibrent sous le pont, l'étrave fend les vagues de la Manche cap à l'Ouest .

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Edwige en avait assez de cette vie, elle régla toute ses affaires, pour refaire sa vie aux États Unis, ainsi elle se trouvait ce soir du 30 juin 1932 à l'entrée de la salle de restaurant des 1° classe du Paquebot.

Tout à bord n'était que luxe, ne l'appelait on pas le Versailles des Mers, le luxe à la française, avec ses peintures, son escalier digne du Roi Soleil, son mobilier, sa cuisine raffinée.

Elle portait une robe charleston de couleur noir avec des manches de tulle couvrant en partie ses bras et ses mains. Elle tenait avec classe un long fume cigarette, un bandeau dissimulait des cheveux fin châtains clairs. On l'aurait confondu avec la grande Gréta Garbo.

Sa robe s'arrêtait au ras de magnifiques genoux . Elle portait des chaussures à talon à bride, on devinait une plastique parfaite de ses jambes sous le délicat couvert de bas de soie noir. On s'aimait à imaginer des jolies seins menus dont plus d'un homme ou femme les auraient honorés de leurs bouche.

Le Commandant se leva et invita à sa table Edwige, elle ne remarque pas immédiatement le jeune homme qui l'observait intensément.

C'était un homme de taille moyenne mais à l'allure noble, il ressortait de cet homme une sorte d'aura. De nombreuses dames se trouvaient en pâmoison devant lui. Des yeux sombres, des cheveux noirs, il devait avoir une trentaine d'années. Il portait un smoking à la coupe parfaite, à l'inverse des dandy, point de cheveux gominés.

Edwige ressenti une gêne devant cet homme qui la regardait, il ressemblait tant à son aimé.

Mais ce disait elle, encore un amant, cela me poursuit, pourquoi s'enticherait il d'une femme de 10 ans de plus que lui.

Le diner des plus succulent, arrivait à sa fin, l'orchestre du bord entama un foxtrot et enchaina avec un charleston, elle ne réalisa pas qu'il l avait invité à danser et qu'elle avait accepté. Quel merveilleux danseur, tout en cet homme rappelait son mari, son amant. Puis ce fut un quickstep. Is enchainèrent les danses, mais une valse lui fit trop de mal et elle quitta précipitamment la salle se réfugiant sur le pont supérieur.

Appuyé à la rambarde regardant fixement l'horizon dans cette nuit Atlantique si noire de ce mois de juin, Edwige pleurait, elle était en train de rompre le serment fait sur la tombe de Pierre dans ce fortin près de Tamranasset , de ne plus jamais aimé un homme.

Pierre lu apparut, lui sourit, et lui dit garde moi une simple petite place dans ton cœur et ton esprit, je te l'ai écrit dans mon journal et vit ton amour, je veillerai sur toi.

Elle entendit des pas derrière elle, elle se retourna l'inconnu était là. Regardant à nouveau vers l'horizon na pour revoir Pierre celui ci avait disparu.

L'homme s'approcha pris un mouchoir et sécha ses larmes, je m'appelle Jacques dit il, Jacques emmenez moi dans votre cabine.

Elle se laissa conduire, dévêtir, caresser , embrasser par cet homme aux gestes si sensuels, elle lui offrit tout de son corps, il s'abreuva à sa coupe, dévora ses fruits murs et dardés par le désir, il étancha sa soif à sa bouche. Délicatement il la posséda, elle se laissa aller aux vagues de plaisirs. Elle lui rendit toute cette sensualité non pas mécaniquement comme avec ces amants et maitresses mais avec amour. Elle le chevaucha, honora son désir d'homme, lui offrit tout ce qu'une femme amoureuse offre à son amant amoureux.

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Toute la nuit ils s'aimèrent.

Elle se leva au petit matin, elle regarda tendrement son jeune amant, elle mit une robe de chambre cachant sa sublime nudité et gagna le pont arrière. Elle regarda longtemps le sillage fait par le navire, le bouillonnement des hélices. Elle avait à la main la dernière lettre de Pierre, elle pleurait, Pierre je t 'ai toujours aimé et je t'aimerai toujours, mais j'ai retrouvé à nouveau l'amour avec Jacques . Elle reprit la lettre hésita pour la jeter, mais elle se ravisa, elle voulait garder ce lien au delà du temps.

Elle regagna sa cabine, Jacques se réveillait, Jacques, fait moi encore l'amour.

Nous étions le 1° juillet 1932, la traversée ne faisait que commencer , ainsi qu'une nouvelle vie pour Edwige

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