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Orchidée

La nymphe et l'Amazone

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J’ai disparu pour une durée indéterminée pourtant tout va bien. Je suis ainsi faite que, prise dans l’élan incontrôlable de l’écriture, je déserte toute vie sociale pour plonger indéfiniment dans un univers mystérieux qui se dessine au fil des pages comme les mémoires d’une vie par procuration.

À l’instar de notre ami mariveau je plonge dans l’histoire. Ou plutôt je la réécris, redéfinissant non les contours mais le contenu. Le mythe des Amazones était l’idée d’un pur exercice de style destiné à égayer mon blog sur ce forum, quelques lettres amusantes et sans prétention. Prise au jeu, je décidai d’écrire un roman érotique.

Mais je suis d’une nature entière, sans ambivalence, et j’ai finis par dénaturer ce qui ne devait être qu’une sympathique expérience au profit d’un travail complexe, acharné, la longue traversée en solitaire d’un océan d’idées à creuser. Oubliée l’histoire érotique de quelques femmes à cheval, j’en suis à étudier la psychologie de l’Antiquité, à observer le contexte historique de la période pré-hellénistique de la guerre de Troie. Pour osé que soit cette démarche, je revisite le mythe des Amazones. Il se pourrait que ce travail m’amène à écrire l’œuvre majeure de ma vie d’écrivaine.

Ma mère me connait : il n’y aura aucune place pour le repos avant la fin de l’aventure. Aussi elle vient faire mes courses et promener Roxy, mon adorable chienne cocker. J’ai oublié ma vie au profit d’une passion, soif inextinguible de la création littéraire.

Hier soir je me suis mise au lit devant la télévision à 20 h 30 comme d’habitude, et comme d’habitude la télé m’a regardée dormir. J’ai rêvé.

« La chaleur émanant des flancs de sa monture au galop se propageait à ses cuisses nues. Danaé aimait ces longues chevauchées en solitaire à remonter la rive du fleuve Thermodon jusqu’à leur épuisement commun. Elle s’allongeait alors dans la plaine au pied du massif pontique en bordure de la mer Noire, laissant son fier coursier brouter l’herbe grasse, à rêver de ce monde libre que les Amazones bâtissaient autant au cœur des batailles féroces les opposant aux hommes égoïstes et vaniteux que dans la réalisation de chefs-d’œuvre architecturaux dans Thémiscyra la belle cité. Leur royaume était conquis sur les décombres de ceux des rois décadents. Comme Aphrodite l’avait ordonné, le peuple des Amazones était celui des guerrières farouches.

En d’autres circonstances, la sensation d’une présence l’aurait alertée et poussée à saisir son Labrys, la double hache légère dont le maniement était devenu un jeu au fil de l’entrainement. Cependant aucune perception de danger ne l’incita à la défensive.

– Qui es-tu ? demanda Danaé sans effroi à l’apparition qui troublait ainsi son repos. Je viens souvent ici mais ne me souviens point de t’y avoir déjà vu. Serais-tu perdue ?

La jeune fille sortant de l’eau la dévisagea sans animosité, comme elle l’eut fait d’une statue dans un temple dédié à une divinité inconnue, par simple curiosité.

– On me nomme Pétrée.

– Et moi… commença l’Amazone dans le but de rassurer son interlocutrice.

– Je sais qui tu es, la coupa d’une voix douce la jeune fille en détaillant celle dont les exploits retentissaient dans toute l’Anatolie.

Surprise, Danaé détailla l’étrange apparition. Une longue chevelure claire encadrait l’ovale doux du visage. Les yeux, semblables à deux perles d’eau incrustées dans l’écrin soyeux, brillaient d’un étrange éclat. Le nez fin se profilait entre deux pommettes hautes à peine rosées. D’adorables fossettes mettaient sa bouche aux lèvres légèrement ourlées entre parenthèses.

– Tu es Danaé, dernière fille de Lysippé la reine des Amazones. Je t’ai reconnue sans jamais t’avoir vue. Ta beauté est célèbre sur le Mont Olympe qui dépasse même celle de la Déesse Aphrodite. Puis-je savoir à qui tu rêvais ainsi ? Auras-tu laissé dans l’attente de tes faveurs un des reproducteurs que vous gardez aux portes de Thémiscyra, ou une Amazone folle d’inquiétude et de jalousie ? Ta virginité est-elle encore ta plus grande marque de noblesse ?

– Que de questions ! L’Amazone se surprit à rougir autant d’être célèbre que du compliment. Je ne sais si ma beauté peut se comparer à la tienne. Quant à ma virginité, c’est là le simple fait de n’avoir trouvé personne à qui l’offrir. Cet être devra se reconnaître car je ne suis pas douée pour les relations amoureuses.

– Me permets-tu de t’inviter à marcher un peu le long de la rive ? demanda Pétrée dont les sourcils froncèrent d’étonnement.

Non pressée, Danaé accepta volontiers la délicate invite. Son regard effleura involontairement la nudité qui transparaissait à travers la tunique trempée de la jeune fille. Celle-ci ne semblait s’émouvoir de montrer ses charmes.

– Tu devrais faire preuve de prudence, avertit l’Amazone. Te promener dans cette tenue équivoque n’est guère conseillé dans une contrée sauvage, quand tant d’hommes s’approprient les femmes sans demander leur consentement.

– Je sais. J’habite là depuis trop longtemps pour me laisser abuser, et je connais les moyens de paraître invisible à qui je ne souhaite me montrer. Me trouves-tu belle et désirable ou est-ce un compliment vide de sens que m’offre ton regard brillant en cet instant ?

Ce faisant, Pétrée tourna sur elle-même dans un rire d’une pureté cristalline qui troubla Danaé.

– Certes oui tu es très belle, avoua l’Amazone incapable de mensonge. Désirable, j’ignore le sens profond de ce mot et ne saurais te répondre avec justesse. Pourquoi désirer un être et comment assouvir ce désir s’il est avéré ? Il se peut que je sois destinée à servir Artémis la vierge farouche.

De nouveau un rire lumineux éclaira le visage de Pétrée.

– Vierge indubitablement elle l’est. Pourtant je t’assure qu’Artémis n’a rien de la chaste créature que tu peux imaginer. Déesse des jeunes filles, elle passe son temps à les séduire afin de leurs accorder ses faveurs. Car elle est aussi Déesse de la chasse. Or ce mot reflète bien des perceptions. Baignons-nous.

Captivée par la voix qui, bien que toujours douce devenait rauque, Danaé se laissa faire. Les gestes de Pétrée en complète harmonie avec les eaux calmes du Thermodon se voulaient emprunts de douceur. Elle amena la jeune fille à l’endroit du fleuve qui permettait de s’immerger sans perdre pied. Le courant en cette période du solstice d’été entrainait dans son sillage une bienfaisante chaleur.

– Apprécies-tu la volupté sur ta peau de la caresse chatoyante ? Ne ressens-tu l’impérieux besoin de te fondre dans l’élément liquide pour ne faire qu’une avec lui ?

Danaé s’émut de l’art secret du déshabillage dont Pétrée joua outre mesure, qui prit le temps de humer l’odeur naturelle de sa peau en faisant glisser avec lenteur la tunique blanche de long de son torse et de ses bras levés en signe de soumission.

L’inconnue admira son dos en triangle, sa taille fine et ses hanches rondes. Son regard approbateur se focalisa sur la vision fantasmatique des fesses hautes, pleines et blanches sous la lumière crue du soleil. Enfin, dans un mouvement de bras par-dessus son visage éclairé, elle la fit se retourner.

Danaé se surprit à jouer d’une attitude faussement timide qui mit en valeur son sein droit, rond et plein à l’aréole brune, tandis qu’elle dissimula en partie le gauche derrière son bras. L’œil ravi de l’observatrice suivit la musculature sans excès de l’abdomen et se focalisa un instant sur le nombril profond. La courbure légère du ventre annonça le pubis recouvert d’une toison sombre, tandis que sa cuisse gauche légèrement en avant dissimulait son trésor intime. L’Amazone se retrouva ainsi nue sous le regard dans lequel elle devina le contentement, de celui qui ravissait les femmes tant il ressemblait à un compliment silencieux.

– Par Éros ! susurra Pétrée. Voilà un corps qui n’inspire que jouissance. Y aspire-t-il de même ? Quelle est ta pensée sublime Danaé quand je te regarde ainsi ? Ressens-tu un émoi au plus profond de ton être qui le transforme ?

Pour la première fois de sa jeune existence l’Amazone troublée ne sut que répondre, et un frisson subtil la parcourut. Était-cela le désir, la volonté de n’être qu’un objet charnel de concupiscence entre des mains inconnues ?

– Je ne ferai rien de ce que tu ne souhaiteras, rassura Pétrée qui la ramena sur la berge et l’allongea dans l’herbe. À tout moment tu pourras aller en paix.

Danaé ne protesta nullement quand un doigt lissa son épaule et son bras avant de redessiner un sein tendu à la pointe exacerbée, puis cajola sa taille jusqu’à la hanche pleine avant de se focaliser sur son nombril. Décidée à ne rien brusquer, Pétrée maintenait le jeu de séduction à son comble en dessinant des arabesques imaginaires sur le corps de plus en plus tendu, non par l’appréhension mais dans l’espoir de découvrir la volupté.

Le souffle de l’Amazone s’accéléra. Sa féminité en demandait davantage et sa chair réclama sa part d’exubérance, palpitant de savourer ce rituel qui devait faire d’elle une femme accomplie.

Pétrée mordilla le lobe de l’oreille puis lécha le corps offert à son attention, savourant le sel de la peau du cou jusqu’à la poitrine. Puis sa bouche s’attarda sur un sein et en mordilla le téton, tandis que ses doigts agaçaient l’autre d’une caresse savante. Un soupir de contentement attisa son désir de faire sienne cette jeune pucelle.

Surprise du ressenti inconnu, Danaé se laissa glisser dans la volupté. La langue et les mains offrirent mille frissons à son corps, découvrant les endroits sensibles et les fêtant tour à tour. Son ventre se crispa quand la bouche picora çà et là les perles de sueur dans une myriade de baisers fiévreux. Des doigts s’égarèrent enfin dans son pubis.

Comprenant que la belle ne reculerait pas, Pétrée en amante accomplie guetta sa réaction quand elle porta ses lèvres au calice. La senteur épicée flatta ses narines et sa langue s’insinua dans le sillon chaud et humide pour en extirper le moindre secret. Le miel coula dans sa gorge qu’elle déglutit avec avidité.

– Étanche ma soif par ton plaisir.

Danaé se pâma sous l’hommage particulier de la jeune fille, perdue dans une multitude de sensations inconnues. Son âme sombrait dans le grand mystère de l’amour sans espoir, l’eut-elle souhaité, d’en réchapper.

– Viens maintenant. Je veux savourer ta jouissance.

Danaé ne chercha ni à comprendre ni à retenir le volcan qui menaça de répandre sa colère dans son ventre. La bouche collée à son antre, une main sur ses seins et l’autre à caresser son bouton exacerbé, la langue dans sa chair lui procurait un émoi indicible. Pourtant ce fut le timbre sensuel qui provoqua son extase.

La raison déserta son esprit. Plus rien n’exista que ce plaisir qu’elle découvrit d’une intensité remarquable. Sa jouissance la tétanisa, le corps arqué, secoué de spasmes puissants, exprimée dans une longue plainte rauque.

Pétrée s’abreuva à la source jusqu’à la tarir, jusqu’à ce que son amante la supplie d’arrêter.

– Reviendras-tu demain douce Danaé, que tes seins réchauffent mes mains et que ta liqueur enchante mes papilles ?

– Oui, répondit la jeune fille. Et tu prendras de moi ce que ton honneur t’a empêchée de toucher aujourd’hui.

Le cœur battant, Pétrée quémanda un baiser. Son amante fouilla sa bouche avec une avidité ingénue qui la ravit.

– C’est à toi, concéda Danaé, que je souhaite offrir ma virginité. Toi, la nymphe océanide perdue en ce lieu, tu prendras tout de moi et me soumettras tout de toi. Je deviendrai dans tes bras maîtresse experte autant qu’amante accomplie.

Pétrée s’étonna d’être découverte. Sans doute cette liaison provoquerait des remous au sein des Dieux de l’Olympe. Qu’une nymphe naïade considérée fille de Zeus et gardienne de la nature accordât dans l’anonymat ses faveurs à une mortelle n’avait rien d’exceptionnel. Mais que Danaé devînt son amante attitrée allait engendrer des jalousies. La fille de Lysippé reine des Amazones guerrières se voulait de loin la plus admirable beauté jamais vue chez les mortels. »

Modifié par Orchidée
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Superbe comme toujours mon amie...........................

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quel plaisir de te relire !!

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oui quel retour je suis d accords avec toi Débo

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Invité

J'adore la douceur, qui transparaît dans tes récits

Ta plume est divine

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