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Mariveau

Aurore et le Corsaire du Roi

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Versailles Octobre 1666

Les fêtes des vendanges ont été des plus agréables, certes les courtisans ont peu apprécié le mauvais confort de ce petit château. Certain des grands du royaume regrettent Monsieur Fouquet et Vaux le Vicomte. Le jeune roi a 28 ans , et n'a cure de ces humeurs. Dans les nouveaux bosquets, les couples se font et se défont.

La musique de Lulli, les pièces de Molière participent à cet atmosphère de fête et de plaisirs.

Je profite pleinement de ces moments. Depuis mon retour dans le royaume, je parcoure les salons et les bals racontant les aventures en terre d'Amérique, je fais frémir de belles dames, qui sont promptes à tromper leur mari, et ce pour mon bon plaisir.

Mais pardonnez moi je ne me suis pas présenté.

Je me nomme Pierre de Mareuil de Campestan, Comte de Peyrolles, Baron de L'Estac, mais surtout je suis un capitaine corsaire au service du roi. J'ai voué ma vie à la mer, j'ai gardé mes titres, mais j'ai abandonné à mon jeune frère mes biens.

J'ai quarante ans, je brûle la vie par les deux bouts, j'aime l'aventure, j'aime les femmes, j'aime me battre, rire, boire, mais aussi écrire mes aventures.

Je suis à Versailles car Monsieur Colbert m'a mandé pour une nouvelle mission.

Depuis quelques jours j'ai remarqué qu'à chacune de mes visites dans les salons à la mode, une femme m'observait avec insistance. J'aimais faire rougir ces belles dames racontant mes amours et mes étreintes avec de belles nobles espagnoles, de belles beautés noires aux parfums de vanille et de cannelle, des femmes séminoles de Louisiane, aux farouches algonquines.

Cette femme d'à peine trente ans peut être moins, est friante de ces histoires, elle écoute ne dis rien, mais je la surprend fermant les yeux la bouche légèrement ouverte lorsque je raconte moult détails de mes ébats. Je devine son regard jaloux lorsque je quitte l'assistance avec à mon bras une de mes conquête, plus entreprenant que les autres.

Je suis convié donc au bal de clôture des fêtes des vendanges de Versailles, le roi doit me recevoir en audience devant la Cour.

Je me présente à Monsieur Colbert, qui me remets mes ordres. « Monsieur de Mareuil me dit il, vous ne changerez jamais », observant ma tenue. Je porte une tenue qu'il me plait de porter, de noir vêtu de la tête au pied , pour moi pas de dentelle, pas de bas de soie, pas d'escarpin, simplement des bottes cavalières, une culotte de peau noire, une chemise de soie noire négligemment ouverte sur mon torse, une tunique de peau de même couleur.

Je rentre dans la salle de bal, les nobles du royaume me détestent, mais je m'en amuse, certains se souviennent encore douloureusement d'avoir croisé le fer avec moi. Je n'y peux rien, leur femmes sont si irrésistibles.

Les dames de la Cour m'observent, gloussent entre elles, ou simplement se toisent, que de jalousie féminine...... j'aime bien.

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Je m'incline devant le Roi

« Monsieur le Comte dit il relevez vous, nom père et le votre n'ont il pas combattu ensemble à la Rochelle. Vous avez eu vos ordres, voici vos lettres de cachet. Laissez moi vous présenter le Marquis de SAINT PAUL et sa jeune épouse, Monsieur le Marquis sera mon ambassadeur à Calcutta et votre interlocuteur dans votre mission. Je salue le marquis sans me détacher de la jeune femme.

C'est cette jeune femme qui me suivait dans les salons. Je la regarde droit dans les yeux, ses joues rosissent, mais elle soutien mon regard avec une certaine effronterie pour une femme de son rang.

Elle est magnifique, de longs cheveux châtains clairs coiffés en chignon. Je devine des seins généreux très bien proportionnés, une taille fine, des hanches aux courbes aguichantes. Ses yeux d'un noir intense me troublent.

Le marquis un homme de plus de 30 ans que la jeune femme, m'adresse la parole, Monsieur de Mareuil, nous allons faire la traversée avec vous, j'ai beaucoup de choses à vous parler.

Les yeux de la jeune femme brillent, le marquis me présente, Aurore , je fais celui qui ne la connait pas, elle se détend aussitôt.

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Le bal se poursuit tard dans la nuit, j ai perdu de vue Aurore. Je me suis laissé aller, avec deux belles dames et au petit matin je quitte le lit d'une troisième.

Une semaine plus tard nous embarquons à Lorient.

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La traversé dura quatre mois jusqu'à Port Dauphin dans l'ile de Madagascar.

Mon amour de la mer, et l'amitié viril des marins me fit passer beaucoup de temps avec l'équipage et ses officiers. Le soir je retrouvais le Marquis, Aurore et quelques bourgeois les accompagnant.

J'écoute d'une oreille distraite le Marquis, je ne peux me détacher du regard d'Aurore.

Un sentiment que je ne connaissais plus revient à la surface. Je sens que quelque chose se passe chez Aurore. Mais durant ces quatre mois, il ne se passa rien entre nous.

Février 1667 Port Dauphin

Nous avons débarqué au petit matin, j'ai pris congé du Marquis et d'Aurore, j'embarque sur ma corvette, je la débaptise pour la nommer Bhora : Aurore en Indi.

Nous prenons le large immédiatement, Aurore est sur le pont du vaisseau de la Compagnie des Indes qui nous a amené, elle me regarde, je m'incline, elle se retourne brusquement me tournant le dos, la tête basse, elle pleure, je suis troublée.

Notre croisière nous amène près des côtes d'Arabie, de l'Ethiopie , des Indes.

A chacune de mes escales, je goute aux plaisirs avec de sublimes femmes, aux corps merveilleux, aux techniques subtiles, mais lorsque je regagne ma cabine, c'est Aurore que je vois dans mes rêves.

Mai 1667, Port Dauphin

La Bhora relâche enfin après quatre mois de mer. Sur le quai, un silhouette Aurore est là.

Je saute dans une chaloupe et me voilà sur le quai.

« Aurore vous ici, oui mon ami depuis votre départ, je suis seul mon mari est parti pour Pondichery pour nous installer, il va arriver dans quelques semaines, je me languissait de vous »

Sans attendre je prends Aurore dans mes bras et l'embrasse avec passion, loin de me repousser elle me rend mon baiser avec fougue .

Viens me dit elle, deux chevaux nous attendent. Aurore monte en selle et prend le galop le long de la côte. Je la suis et au détour du chemin, je découvre le paradis.

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Une crique de sable corallien blanc, des falaises sombres, une végétation luxuriante, une mer d'un bleu limpide. Les vagues de l'Océan Indien s'achèvent leur course venant des Indes pour s'étendre lascivement sur le sable chaud.

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Aurore saute du cheval se retourne vers moi, retire sans pudeur sa robe , elle offre à mon regard son corps de Déesse. « Pierre depuis quatre mois, je viens chaque jour vous attendre, offrir mon corps nu au rayon du soleil, à l'onde de l'océan, ici je rêve de vous. Les rayons du soleil sont votre souffle sur mon corps. Le va et vient des vagues c'est vous Pierre, venez me rejoindre ». Elle plonge dans les flots.

Je me dévêts et plonge la rejoindre.

Nos corps se cherchent, se trouvent, nos bouches se rencontrent, nos langues se mêlent. Je sens les jambes d'Aurore enserrer mes hanches. D'un coup de rein elle s'empale sur mon désir , lui arrachant un cri de plaisir, qui un instant fait faire silence dans la forêt de palétuviers.

Nous ne sommes plus qu'un corps.

Je sors de l'eau tenant dans mes bras Aurore, je l'étends sur le sable et ma bouche, ma langue mes lèvres mes mains mes doigts prennent possession du corps d'Aurore, caresses baisers subtils se succèdent, lui procurant un indicible plaisir, fait de spasmes et de gémissements.

Aurore me rend mon hommage en s'emparant de sa fine bouche mon membre. Je m'abandonne à ses caresses buccales.

Je m'enfonce en elle avec douceur, et telles les vagues de cet océan, je vais et viens au rythme du ressac, je dévore ses lèvres ouvertes. Nous roulons dans le sable, elle me chevauche, nous atteignons l'orgasme.

Dans les bras l un de l'autre face à l'océan nous nous embrassons.

Chaque jour nous revenons sur cette plage, nous donnant l'un à l'autre.

Mais un matin, le vaisseau de la Compagnie des Indes revient, le Marquis revient chercher son épouse.

Ce soir là avant le départ, nous nous sommes aimés une dernière fois avec pour seuls témoins les étoiles et l'astre de la nuit.

Au petit matin nous appareillons, ma corvette escorte le vaisseau de mon aimée vers Pondichery.

Nous nous regardons d'une dunette à l'autre.

Au large de Pondichery nos routes se séparent.

Mais je ne peux me résoudre à perdre Aurore.

Je laisse le Commandement de la Bhora à mon second, un ami fidèle. Il signe sur le livre de bord que le 12 Juin 1667 Pierre de Mareuil de Campestan, Comte de Peyrolles, Baron de L'Estac, commandant la corvette corsaire Bhora est mort d'une fièvre tropicale et a été immergé au large de Calcutta.

Je débarque sur une plage discrète près de Pondichéry. Me voilà dans le Palais de l'ambassadeur. Je suis arrivé à temps la nouvelle de ma mort n'est pas encore parvenue à Aurore.

Je me glisse dans sa chambre, elle dort, je dépose un baiser sur ses lèvres, elle se réveille, elle me sourit.

« Viens avec moi Aurore, oui mon amour répondit elle »

Nous embarquons sur un boutre que j'ai acheté, mon équipage m'attends, nous partons pour la Chine de Marco Polo.

Aurore me sourit.

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Un de mes préférés je pense!

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Sensualité et romantisme

Superbe

Une superbe écriture

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