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Mariveau

Les Amants de l'Orient Express (1) La Rencontre

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Préambule:

Voici le début d'une série de Nouvelles qui conduiront nos deux personnages à travers l'Europe et le Moyen Orient en 1930 à bord du mythique train le Simplon-Orient-Express .

1930 l'Europe est encore sous le choc de la Grande Crise . Les insouciantes années folles avaient succédé aux années terribles de la Grande Guerre, mais l'Europe à nouveau se dirigeait à grande enjambées vers le précipice. Les femmes étaient devenues partie prenante de la société se libérant un peu plus du carcan des poncifs rétrogrades d'une société basée sur la phallocratie. La misère était bien présente, entrainant dans le maelström bien des famille, mais pour d'autres, la grande bourgeoisie vivait ses derniers moments d'insouciance.

L'Orient Express, mythique train qui depuis la fin du XIX° siècle traversait l'Europe Centrale, était la quintessence du lux ferrovière, le raffinement de sa décoration par des décorateurs comme Prou ou Lalilique était source de ravissement pour ses voyageurs fortunés dans ces wagon pullman à la livrée bleue nuit. C'était un art de vivre, un art de paraître.

L'Orient Express magnifié par bien des poètes et des écrivains, comme Appollinaire dans son Trente mille Verge, Agatha Christie ou Graham Green.

L'Orient express et ses voyageurs célèbres Pierre Loti, Lawrence d'Arabie ou Mata Hari

Nos deux héros Antonia et Vincent vont traverser cette Europe bouillonnante et grondante, de Londres à Paris de Lausanne à Venise en passant par Milan et Vérone, de Trieste à Salonique en passant de Zagreb à Belgrade et Sofia puis Instambul.

ISTAMBUL, la mythique Byzance , la Constantinople des croisade, mais ce ne sera pas le point final de ce voyage car nos deux amants embarquerons dans un autre train de légende le Taurus-Express pour rejoindre les rives du Tigre et de l'Euphrate . Bagdad et Bassorah chère à Shéhérazade et ses mille et une nuit sera alors peut être le point final de cette histoire.

Londres janvier 1930

Une Rolls Royce, se stationne devant la gare Victoria, une femme en descend suivit de son chauffeur. Ce dernier hèle un porteur qui charge sur un chariot un ensemble de valises et de malles.

Cette femme à la démarche assurée, féline porte un manteau en cachemire, son visage est pratiquement dissimulé par une longue étole de vison.

Un jeune vagabond donnant du coude à son camarade, lui dit regarde une grande dame.......... Elle se dirige vers le quai du train pour Douvres, puis ce sera Calais et enfin Paris où son voyage à bord de l'Orient Express débutera.

Qui est elle ?

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Antonia est la femme d'un diplomate du Foreign Office, elle doit rejoindre son marie déjà en poste depuis quelques mois à Bagdad. Elle a décidé de traverser l'Europe et une partie du Moyen Orient en train pour se donner du temps pour réfléchir au sens de sa vie.

C'est une magnifique femme d'une quarantaine d'année, mais les années, les aléas de la vie et les maternités n'ont aucunement altéré sa beauté Elle a passée une partie des années folles à Paris où son mari était en poste. Au cours de son séjour elle s'est découverte une autre personnalité, découvrant la liberté, aimant la Ville des Lumières et envoutée par ce quartier de Montmartre.

C'est à Paris qu'elle a découvert que son mari la trompait outrageusement avec un jeune secrétaire de l'Ambassade. Secrétaire avec lequel il était parti à Bagdad. Mais l'hypocrisie et les convenances faisait qu'elle restait l'épouse modèle de son cher mari.

Elle se jeta à corps perdu dans cette vie parisienne, posant pour des peintres des sculpteurs, se donnant à eux l'espace d'une nuit. Elle découvrit le plaisir, le désir dans les bras d'un amant ou d'une maitresse, mais elle se donnait pour oublier.

Antonia aimait provoquer, rire, danser mais aussi rêver. Sur ce quai de gare , les hommes l'observait, la déshabillant pratiquement du regard, ils s'imaginaient quelques aventures avec cette femme, aventures disaient ils que leurs épouses ne pouvaient leur donner. Quelle hypocrisie, il ne voulait surtout rien leur demander de peur de perdre ses femmes soumises attendant sagement le soir leur maris infidèles.

Sous ce manteau ses hommes devinaient la robe courte arrivant au dessus du genou , les bas de soie noire couvrant des jambes au galbe parfait. Ils devinaient ses seins lourds altier dont les pointe dardaient légèrement sous ce chemisier de soie blanche, sous l'effet de la fraicheur du petit matin.

Antonia avait les cheveux court, découvrant une nuque parfaite, laissant présager un dos sublime et une chute de rein vertigineuse,et des hanches aux harmonieuses courbes. Elle était l'objet du désir de ces hommes qui la regardaient ce matin là. Elle le savait et riait intérieurement.

Antonia avait quitté son dernier amant deux jours auparavant, c'était un bel et beau jeune homme, elle aimait recevoir cette virilité en elle, se cambrant sous les assauts puissants de cet homme. Elle avait du plaisir, ce plaisir de sentir le sexe d'un homme en elle, elle aimait sentir frapper contre sa croupe le pubis de ses amants. Elle aimait les chevaucher et les soumettre par ses caresses buccales.

Mais s'ils la quittaient avec la satisfaction d'un enfant à qui après une colère dans un magasin de jouets on avait cédé , elle, elle sentait un vide total.

Antonia monta dans le wagon pullmann, le train pris la direction de la France.

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PARIS Décembre 1929

Le Commandant Vincent Lenoir entra au Ministère de la Guerre.

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C'était un homme d'une quarantaine d'années, bien battis, il avait consacré une bonne partie de son existence à la vie militaire. Durant la Grande Guerre il avait été officier de liaison auprès des troupes britanniques en Palestine, puis en Syrie et en Irak. Il se souvenait de ses longues conversations avec le Colonel Lawrence, oui le fameux Lawrence d'Arabie. Cet homme était une forte tête se plaisait à dire ses amis, un dangereux individu pour ses supérieurs . Mais sa connaissance du Moyen Orient , de la langue arabe de l’hébreu et surtout de l'anglais le rendait indispensable pour des desseins plus importants que le déroulement d'une carrière d'officier métropolitain. Son esprit frondeur lui faisit dire qu'il n'était pas amoureux de la langue de Shakespeare mais de celle de Wellington et de Nelson réunis.

Il fut reçu par le chef du 2° Bureau, il fut bref et sec, Commandant voici vos ordres: vous embarquez dans un mois sur l'Orient Express, notez tout ce qui vous paraitra nécessaire au cours de ce voyage. Vous serez journaliste, parvenu à destination vous vous mettrez à la disposition de l'attaché militaire à Bagdad.

Vincent sourit, enfin il retournait dans cette région qu'il aimait temps, depuis quatre ils se morfondait dans un obscure bureau du ministère.

Le goût du thé à la menthe, des pâtisseries orientales lui manquait, mais aussi la douceur de ces femmes orientales, leurs goûts d'épices, leur parfums de rose de Damas, d'huile d'Argan et de savon d'Alep.

Il aimait ces femmes expertes dans l'art de l'amour, il avait eu certes des maitresses à Paris qui l'avaient comblé mais il ne retrouvait pas en elle cette sensualité de l'Orient chantée par les poètes arabes ou persans

C'était encore un bel homme, ses cheveux étaient blancs, sa barbe poivre et sel, il avait des yeux verts qui avaient fait basculer bien des coeur.

Beaucoup de maris cocus ou d'amants jaloux seraient soulagés de la voir ainsi partir. Il en riait.

Il regagna un petit hôtel particulier que lui avait légué son ami de toujours . Cet ami et son épouse avaient été assassinés au Liban par les Druzes 8 ans auparavant sous les yeux de leur Fille Myriam, elle avait 14 ans. Il avait élevé cet enfant comme sa fille, elle avait 22 ans maintenant, c’était une magnifique jeune femme. Elle aimait en secret cet homme, il le savait.

Emmenez moi avec vous, je vous aime. Non Myriam, je vous cède en plus de vos biens, ceux légués par mes parents. Elle s'effondra en pleurant, ne pleurez pas , tu es belle Myriam et tu fais tourner la tête aux hommes, vis ta vie intensément avant de t'enfermer dans le carcan d'un homme, sois toi même, il lui remit tous les actes de propriété.

PARIS JANVIER 1930

Une voiture du Ministère de la Guerre se stationne gare de Lyon, un chauffeur en civil en descend et prends dans le coffre quelques bagage . Vincent ne portait pas son uniforme mais une tenue de voyage noire recouvert par un long manteau de la même couleur. Il prit la direction du quai de l'Orient Express longeant les wagons pullmans venant de Londres que l'on venait d’atteler à la rame principale.

Antonia regardait le quai par le fenêtre de son sleeping, tout semblait irréel, des silhouettes fantomatiques se détachaient en ombre chinoise à travers le brouillard de ce soir d'hiver et la vapeur des locomotives. Elle vit alors cet homme et fut parcouru d'un frisson, les riches passagers du train s'écartaient pour laisser passer cette silhouette massive, puissante, à la démarche souple toute vêtue de noir. Elle se surprit à penser que l'Ange de la Mort venait de passer devant elle.

Vincent marchait le long du wagon, ses réflexes de combattant du désert reprenaient vie en lui, il se sentait observer. Il tourna la tête en direction du wagon et il la vit, il inclina la tête et la salua tout en poursuivant son chemin.

Un sifflet strident, un choc puis le staccato de la puissante locomotive fut le signal du départ de l'Orient Express.

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Le train filait à toute vitesse en direction de Lausanne puis après le tunnel du Simplon , Milan et Vérone seraient les prochaines étapes.

Antonia eu du mal à s'endormir, la vision de cet homme l'avait troublée. Elle eut des cauchemars , puis des rêves impudiques, elle revivait en cette nuit, toutes les étreintes passées avec chacun de ses amants, mais pour chacun, il n'y avait qu'un seul visage, celui de cet homme. Mais étaient ce des cauchemars , jamais auparavant elle n'avait rêvé de ses amants. Au petit matin elle se trouva épuisée par les orgasmes nocturnes qui avaient accompagnés ses rêves et qui avaient laissé libre cours aux mains habiles de la belles. Elle était humide et transit comme jamais elle ne l'avait été.

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Depuis un an l'Italie était aux mains des Chemises Noires, l'arrêt de Milan fût pour le Commandant Lenoir l'occasion de prendre contact avec l'honorable correspondant qui lui remit des documents. Il resta dans son sleeping à travailler et préparer la suite de sa mission se faisant servir tous ces repas en cabine.

Antonia cherchait cet homme qui la troublait tant, avait elle rêvé, ne le trouvant nul part dans le train pourtant tous les passagers lui semblaient maintenant familier, le personnel de bord ne put la renseigner ce qui accentua son trouble.

Vérone approchait, Vérone la tragique, Vérone de Roméo et Juliette si bien raconté par Shakespeare .

Antonia quitta son sleeping pour se rendre au wagon restaurant pour prendre son petit déjeuner, toutes les tables étaient prises. Le maître d'hôtel proposa une place libre au fond du wagon, elle regarda en direction de cette table, il était là. L'employé de la Société des Wagons Lit demandant à l'homme s'il acceptait la compagnie d'Antonia .

Vincent leva la tête, sourit en regardant fixement de ses yeux verts jade le regard d'Antonia, il se leva, fit le tour de la table tira la chaise et invita Antonia à s'assoir, ce qu'elle fit comme une automate ne pouvant détacher son regard de celui de cet homme.

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Vincent Lenoir, journaliste et accessoirement aventurier se présenta t il

Lady Chatham, Antonia Chatham bredouilla t elle et de poursuivre, je rejoins mon mari diplomate à Bagdad.

Vincent lui sourit à nouveau, Milady, sans vous parâitre outrecuidant accepteriez vous de partager ma table le temps de ce voyage, moi même me rendant en Irak sur les fouilles de Sumer pour mon journal. C'était un demi mensonge car effectivement il voulait profiter de cette mission pour se rendre à Ur en Chladée .

Antonia reprenant de son assurance, mais le visage rosissant lui j'accepte à une condition, que vous m'appeliez par mon prénom, cher Vincent.

Dans une heure l'Express arriverait à Vérone................................

Modifié par mariveau8182
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:clap: :clap:

je n'ose pas dire vite la suite...car le voyage sera long j'espère.

Merci pour ce plongeon dans l'histoire

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la suite galope dans ma tête ................entre d autres histoires...........MERCI

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Quel voyage !

Merci Mariveau

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génial, génial, une nouvelle série !!

(mais n'oublie pas de finir la toscane quand mm !!!! ))

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