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Mariveau

Les amants de Shangai

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Baie d 'Along Novembre 1941

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Notre aviso vient de relâcher dans cette sublime baie, parsemée de rochers comme posés par une divine et puissante main . Je suis le Second du bord et demain matin une mission sans retour m'attends, alors j'ai décidé ce soir de laisser cette lettre pour mes amis.

Cela fait maintenant deux ans que la guerre a commencé en Europe, mais ici en Extrême Orient, elle a commencé depuis déjà quatre ans en Chine à Shanghai

Shanghai 1937

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Je me trouvais en poste là bas comme officier en troisième sur la canonnière Francis Garnier, je partageais mon temps entre le service du bord et les patrouilles à terre pour la protections des quartiers étranger;

Un matin alors que je me trouvais à la tête de ma patrouille lorsque je remarquais un attroupement devant l'Opéra de la ville. Une multitude de chinois vociféraient devant une charrette renversée et une voiture encastrée dedans.

Des policiers chinois s'affairaient autour de cette voiture. Je m'avançais, la présence de mes fusilers marins fit reculer la foule, qui avait encore le souvenir de ces hommes combattant un contre cent à Pékin cinquante ans plus tôt.

Au volant de la Packard cabriolet, se tenait un homme d'une trentaine d'année, ivre mort dans son smoking blanc, il avait des cheveux gominés comme c'est gigolos que l'on rencontrait dans cette ville.

Il y avait aussi une passagère, une femme de trente cinq ans environ, elle était sublime dans sa robe de soirée de soie noire qui mettait en valeur bien de ses atours féminins.

Je ne cache pas que j'aime les belles femmes et je me plaisais à reconnaître parmi elles les plus sublimes.

Madame lui dis je votre mari est dans un bien piteux état, elle me sourit et répondit, ce n'est qu'un amant d'une nuit et ce avec une telle assurance mais aussi amertume dans ses mots . Elle rajouta, soirée exécrable, acteurs sans talent, amant sans panache et je reste sur ma faim.

Le chef des policiers chinois s'impatientait, je payais les coolies plus qu'il ne le fallait et je glissais quelques billet au fonctionnaire qui de zélé, sut facilement se faire corrompre.

Je confiais le volant à mon quartier maitre, ancien chauffeur de maison, il ramena la dame à son hôtel. Quand au gigolo, je le laissais au bon soin des policiers chinois, ainsi il aura une leçon, on abandonne jamais une belle femme dans l'adversité.

« Comment pourrais vous remercier Monsieur ? Pierre de Courcelle, Lieutenant de Vaisseau sur le Francis Garnier répondis je, je n'ai fait que mon devoir d'officier et de gentleman pour porter secours à une belle dame rajoutais je en fixant les yeux de cette sublime créature.

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« Appelez moi Francesca, Francesca Loison, j'accompagne mon mari planteur d’hévéas en Cochinchine pour affaire .

J'étais surpris, quel trio vaudevillesque si la situation n'était pas aussi explosive dans cette ville.

J'étais songeur, une belle femme, un mari riche et un gigolo..............

Pierre puis je vous appeler Pierre, je tiens à vous remercier, je ne vous oublierez pas.

Je reprenais le cours de ma patrouille avec plus de légèreté dans mon esprit.

Alors que j'étais de service à bord, un planton m'apporta un carton d'invitation pour le bal du gouverneur chinois de la ville . Un petit mot manuscrit l'accompagnait « soyez présent mon sauveur »

Je mis ma tenue de soirée et je me présentais à ce bal. Il se tenait dans un palais digne de la splendeur des derniers Empereurs, pas ce fantoche de Pu Yi à la solde des japonais.

J'eus droit aux regard inquisiteurs de bien de diplomates, officiers supérieurs , ou hommes d'affaires, comment ce petit officier pouvait il avoir été invité chez le gouverneur.

Dans la salle, se tenaient les épouses les maris, les maitresses, les concubines, les escroc et les espions de toutes les nations occidentales, mêlés à la haute bourgeoisie chinoise. A part se tenaient les japonais regardant avec dédain ce petit microcosme. Je me surpris à penser qu'ils avaient raison.

Francesca entourée de jeunes hommes, m’aperçut, les abandonna sans autre marque d'attention et se dirigea vers moi. Je la saluais, elle me prit par le bras.

Elle me conduisit vers un groupe d'homme, Messieurs dit elle voici l'officier qui m'a sauvé ce matin. Je me trouvais ainsi devant le gouverneur et les ministres des nations présentes à Shanghai.

Pierre je vous présente mon mari. Je dus me contrôler pour ne pas m'étrangler devant l’aplomb de Francesca.

Faites moi danser, Pierre, le bal venait de commencer . J'entrainais ainsi Francesca dans une valse, j'aimais danser avec de belle femme, elle dansait avec grâce. Nous étions l'objet de tous les regards, surtout des femmes présentes. Je pouvais deviner dans leur yeux de la jalousie, comme dans ceux de leur mari.

Je ne disais rien, fixant simplement le regard de ma cavalière. Nous enchainâmes deux trois quatre valses.

« Francesca je vous accapare que va dire votre mari, regardez le Pierre se pavaner avec ses deux maitresses dit elle amèrement, je ne suis qu'une banque, qu'un investissement de mon vieux père pour cet homme, emmenez moi sur cette terrasse, l'air ici devient irrespirable d'hypocrisie et de mensonge.

Face à nous s'étendait le port de Shanghai, il brillait de mille feux, un fourmilière s'affairait comme pour se hâter de finir un travail avant la tempête qui allait bientôt s'annonçait et qui emporterait tout sur son passage

« Je suis lasse de cette vie dit elle, Francesca vous fuyez et noyez votre chagrin en vous donnant à des amants, vous méritez mieux, lui dis je .

Francesca me regarda, oui des amants dit elle, ils me donnent du plaisir quand il ne sont pas ivre mort......

Quittons ce maudit bal, accompagnez moi dans ma chambre et soyez un de ces amants.

Je posais alors un doigt sur sa bouche, chutt, puis je l'embrassais. Ses lèvres avaient un goût sucré, Francesca se laissa faire, de tendre ce baiser devint sensuel, langoureux. Francesca défaillit, je la retint dans mes bras. Nous étions là dans la nuit face à l'Asie soudait dans ce baiser, nos langues s'aimant, elles étaient devenues amantes avant nous.

Francesca frémit, je sentais son souffle s'accélérer , sa poitrine sublime collée contre mon torse.

Nous étions là maintenant dans sa chambre, elle me dégrafa ma vareuse, mettant à nu mon torse. Francesca entreprit de jouer avec sa bouche sur mon torse, faisant réagir mes seins comme ceux d'une femme. Je fis alors glisser le long de ses épaules les bretelles de sa robe de soirée la même qu'elle portait le jour de notre rencontre.

La robe glissa lentement le long de son corps découvrant son corps complètement nu, ses hanches aux courbes de déesses, ses jambes au galbe parfait. Elle repoussa du pied sa robe et retira ses escarpins découvrant un pied mutin à la cheville si fine.

Francesca s'agenouilla et entrepris de libérer ma virilité de son carcan de tissu. Elle gloussa de plaisir découvrant l'objet de son désir . Elle mit tant de douceur à me caresser de ses douces et fines mains puis sa bouche s'empara de mon sexe . Sa langue était si habile, ses lèvres si curieuses si mutines. Je me maitrisais car Francesca me conduisait vers l'extase, c'était un supplice si fort . Elle serrait mon gland de ses lèvres jouant avec sa langue sur sa fine peau.

Elle s'arrêta un instant « Pierre laisse toi aller, tu auras tout le temps cette nuit de me prouver ton désir de me posséder »

Elle reprit alors son va et vient buccale jusqu'à ce que ne pouvant plus me contrôler, je m’épanchais dans sa bouche. Elle gémit recevant au fond de sa gorge mon écume chaude, elle l'avala avec avidité, ce qui accentua mon éjaculation, je râlais avec puissance ma jouissance , mais elle ne s'arrêta pas en si bon chemin, me regardant elle entreprit avec sa langue de recueillir chacune des perles de ma jouissance .

Elle s'allongea alors sur le lit ouvrant ses cuisses avec indécence, ce qui eut pour effet de rafermir ma virilité. Je découvrais alors son sexe rasé, aux lèvres légèrement ouvertes, elles brillaient de son liquide d'amour. Elle se mit à se caresser devant moi, torturant son bourgeon, enfonçant en elle ses doigts.

« Viens me boire »

J'enfouis alors mon visage entre ses cuisses. Mes lèvres pincèrent son bourgeons, mes doigts glissèrent dans son antre, laissant place alors à ma langue . Elle se cambrait gémissait.

« Prends moi Pierre »

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Je me présentais à elle et lentement je m'enfonçais dans sa caverne d'amour avec douceur et tendresse, je lui caressait le visage les seins les jambes, je l'embrassais.

Pour la première fois depuis longtemps Francesca ressentit un plaisir qu'elle n'avait plus connu , ses amants d'une nuit la prenais sans ménagement simplement pour accrocher un trophé à leur tableau de chasse et assouvir leur bas instinct animal.

J'allais et venais en elle avec lenteur douceur, n'accélérant le rythme que progressivement.

Mais je ressentais quelque chose d'autre pour cette femme, et je me devais de lui donner autant de cette tendresse qu'elle n'avait plus reçu que du plaisir charnel.

Francesca fut surprise par mes gestes et elle fût prise d'un violent orgasme , un orgasme si sensuel, offerte à l'amour ses mains se crispant sur les draps de soie du lit.

Nous nous aimions les yeux dans les yeux, pour mieux savourer l'un et l'autre cette petite mort.

Enlacés, nous roulâmes dans le lit, elle me chevaucha avec fougue, livrant ses seins d'odalisques à mes mains. Nous eûmes un orgasme commun en m’épanchant dans sa matrice. Elle s'allongea sur moi épuisée épanouie. Mais notre désir l'un pour l'autre était puissant, nous n'étions point rassasié de l'un et l'autre. De caresses en baiser elle ranima mon désir masculin, de baiser en caresse j'exacerbais à nouveau ses sens. Elle se retourna et me présenta sa divine croupe.

« Viens elle est à toi »

Je m'enfonçais à nouveau en elle avec plus de fougue cette fois ci, au claquement de mon pubis sur ses fesses répondaient des gémissement de plus en plus fort.

Elle écarta ses fesses pour mieux me recevoir, je ne pouvais qu'être fasciné par cette rose qui à chacun de mes accoups s'écartait. Je ne pus m'empêcher de glisser un doigt sur cette chair si douce si fine.

« Qu'attends tu Pierre, je suis à toi.

Je me retirais de sa matrice et je glissais mon visage pour laisser ma langue vagabonder sur sa rose.

Puis je me présentais à sa grotte, appuyais mon gland contre son intimité, elle m'accompagna en venant comme s'empaler sur mon membre lui arrachant un hurlement de plaisir. J'étais en elle.

Avec douceur et lenteur j'entrepris mon voyage, puis le désir de jouissance montait en moi comme en elle et j’accélérais, pour une dernière fois de la nuit répandre mon jus dans le corps de cette femme.

C'était le petit matin, je devais prendre mon service , je l'embrassais pensant ne plus la revoir.

« Reviens moi vite Pierre dit elle.

Durant ls six mois qui suivirent chaque soir nous nous retrouvions pour une nuit d'amour.

Puis un soir, elle me dit qu'elle quittait Shanghai pour rentrer à sa plantation , je suis désespérée Pierre, je t'aime . Je t'aime Francesca . Nous fîmes l'amour une dernière fois.

Baie d'Along Novembre 1941

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Cela fait maintenant quatre ans , et pas une nouvelle d'elle. Je lui écris chaque semaine, lui racontant notre drôle de guerre en Asie.

Depuis la défaite de la France et l'armistice, les japonais occupent nos bases d'Indochine, ils se font pressant, nous devons leur donner riz caoutchouc , ils excitent les nationalistes.

Ce matin j'ai été convoqué par mon Commandant. Pierre m'a t il dit avec gravité , vous allez quitter le bord avec trois de nos meilleurs hommes , votre mission sera de récupérer des planteurs et les mettre à l'abri en Chine. Vous ne reviendrez pas à bord. Si vous réussissez rejoignez De Gaulle, que vous sauviez l'honneur de notre bateau. Les japonais seront à vos trousses. Bonne chance mon ami, vous en aurez besoin.

KUMMING 1943

Je reprends le cours de cette histoire, je rentre de mission dans la jungle.

Ce matin donc de novembre 1941, je regardais une dernière fois mon aviso mouillé dans cette baie d'Along. Puis nous nous enfonçâmes dans la jungle.

Après plusieurs jours de marche, nous atteignîmes les abords de la plantation. Il ne restait plus que des débris fumants. J'avais échoué dans ma mission étant arrivé trop tard. Ici et là des corps méconnaissables avaient été laissés à même le sol.

Sortant de la jungle, un groupe d'annamites s'avança vers nous .

Je crus avoir des visions, Francesca était là toujours aussi belle même dans l'adversité. C'était donc sa plantation. Elle me reconnut aussitôt et se jeta dans mes bras.

Un petit garçon tirait sur son pyjama noir de paysan « maman j'ai faim »

Je compris son silence, son mari avait repris ses droits. A mon regard, elle comprit mon désarroi . Non Pierre c'est ton fils. Je ne t'ai jamais oublié comme toi tu ne m'a jamais oublié. Je le sais depuis peu en fouillant dans les affaires de mon mari après son assassinat.

Francesca sorti d'un sac deux paquets de lettres, Pierre voilà toutes tes lettres que mon mari avait caché et tiens je te donne celle que je t'ai écrit.

Francesca prit congé de son fidèle personnel et nos prîmes la route de la Chine

Après bien des péripéties nous sommes parvenus à KUMMING la capitale de la Chine Nationaliste .

Francesca est infirmière et moi je travaille pour l'OSS

A chaque retour de mission nous nous retrouvons et nous nous aimons avec la même intensité qu'à cette nuit à Shanghai

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tu as un talent tellement puissant !!!

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Quelle culture et quel talent Mariveau.

Pas grand chose a dire à la lecture d'un aussi beau récit,si ce n'est que tu nous fais voyager avec tes personnages.

Respect!

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