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Pour un ami à l’imagination fructueuse qui se reconnaîtra, qui sait si bien donner vie à ses histoires. Et aussi pour vous, celles et ceux de ce forum si sympathique sur lequel il fait bon s’épancher.

Le hasard voulut qu’Artémis la Déesse des jeunes filles, passant près du village sous une forme méconnaissable, se saisisse d’intérêt pour la blondeur d’Orina, qui riait comme seule une jeune fille sous le charme sait le faire, avec ce petit rien d’exagération qui colore les joues. La sœur d’Aphrodite Déesse de l’amour se prit aussitôt de jalousie pour le tendre sentiment porté par la douce Orina à l’encontre de Thémis. Or la cadette de Lysippé ne montrait guère empressement à succomber à la tentation.

– Que voilà étrange situation, raisonna la déesse dans un souffle de vent. Les filles aux cheveux d’or sont si rares dans nos contrées, et celle-ci porte sa préférence à une congénère plus qu’aux hommes.

La princesse Amazone enseignait la pratique du tir à l’arc depuis trois jours maintenant à sa protégée, qui prétextait le désir de perfectionnement dans le but d’accaparer l’attention de l’élue de son cœur. Orina profitait de la promiscuité avec malice, cherchant le contact physique à la moindre occasion. Sans doute en voulut-elle à Éros de ne point viser aussi juste que Thémis dont la flèche atteignait toujours le but.

L’observation se prolongea sans que l’assiduité de l’une n’eût raison de la résistance de l’autre, et le désir d’Artémis grandit au point de lui faire oublier toute raison. La Déesse de l’amour n’aurait certes point apprécié l’ingérence, pourtant le dessein ourdi par Artémis saurait délier la situation.

Tandis que Lysippé dans une masure avec ses trois filles abordait les sujets inhérents à la nation amazone en devenir, Orina se rapprocha d’Amapola devant un feu sur lequel une marmite pleine de légumes laissait échapper un fumet délicat.

– Je peux te poser une question ?

– Bien sûr, répondit Amapola en souriant de connaître le sujet de la discussion. Hélène ne se trompait pas, qui discerna le manège entre sa cadette et la jeune fille aux cheveux d’or, puis s’en ouvrit à sa compagne.

– Comment… je veux dire si mes sentiments pour… Tu dois me trouver hébétée, balbutia Orina.

– Non, répondit avec gentillesse son interlocutrice. Il est normal de te poser des questions. L’amour n’est guère aisé, et entre femmes encore moins. Notre nature nous veut enclines à partager avec nos semblables. Alors où cesse l’amitié pour un attachement véritable ? Même Aphrodite ne saurait avec justesse t’apporter une réponse. Mais j’estime que déjà tu en as connaissance. Reste à l’accepter.

Pour Orina dont le regard se perdit au milieu des flammes léchant la marmite, les paroles confortèrent son impression. Ses sentiments pour Thémis s’exprimaient d’eux-mêmes sans qu’elle pût les dissimuler. Cependant un autre problème se posait qui, en ces temps mémoriaux où la chasteté restait la vertu première, risquait de contrarier son projet.

– Oui mais… on m’a violée.

Amapola posa un bras protecteur autour des épaules de la jeune fille. Sans l’intervention de son aimée dans la passe du Pongée en Macédoine du nord, sans doute eut-elle connu sort identique. Alors l’avenir l’aurait terrifiée.

– Crois-tu que Lysippé et ses filles ignorent le sort funeste de la plupart d’entre nous ? Ne t’en es-tu ouverte à Thémis quand celle-ci t’as consolée ?

– Si bien évidemment. J’ai peur cependant d’une réaction de rejet de sa part.

– Allons, ne crains point ce sujet. Les princesses amazones ne sauraient confondre victimes et coupables dans leur quête de justice. Thémis ne te rejettera pas sous tel prétexte, j’en ai la conviction. Sa droiture l’en empêcherait.

Orina se sentant rassurée remercia Amapola. Si d’autres questions se posaient, Aphrodite lui soufflerait les réponses en temps utile. Son corps devinerait les gestes et les attitudes d’une amante accomplie le moment venu.

La jeune fille s’éloigna la tête un peu plus haute, le regard moins fuyant, la certitude rivée à l’âme d’un avenir meilleur. La force des Amazones se révélait dans ses veines.

Quand Orina se coucha ce soir-là, l’impression de solitude l’envahit au point d’humidifier ses yeux. En était-il ainsi des sentiments portés qu’ils ne fussent source de joie en sa seule présence, et si terrible à porter en son absence ?

Thémis, retenue par la garde à assurer, lui manqua en cet instant plus que de raison.

– Pourquoi n’es-tu avec moi ? geint la jeune fille au bord des larmes.

La princesse d’habitude la conduisait jusqu’à son alcôve, la déshabillait avec douceur puis s’assurait du drap de lin à la protéger. Elle prenait place au bord de sa couche, posait avec une tendresse non feinte les mains sur les siennes, lui parlait longuement de ses aspirations.

Alors Orina fermait les yeux, charmée par la voix qui lui promettait un avenir radieux au sein du peuple amazone, un avenir en osmose avec leurs sentiments partagés. Car Thémis l’aimait à n’en point douter, même si jamais encore elle ne lui avait avoué son attachement sincère.

– Moi aussi je t’aime, confia en pensée la jeune fille à son amour absent. Nous saurons vivre notre passion sans peur de décevoir ou des médisances, dans une nation affranchie de la bêtise et de l’ignominie.

Orina s’endormit après avoir soufflé la chandelle, calmée par la certitude d’accomplir sa destinée dans un jour proche. Les Amazones, dont elle se revendiqua, détenaient ce terrible pouvoir de choisir leur avenir sans permettre à quiconque de les contredire.

Le massif Pontique abandonna son habituel manteau gris et humide pour une pelisse d’un bleu nuit profond parsemée d’étoiles scintillantes. L’une d’elles, filant à grande vitesse, donna l’impression de vouloir se poser au milieu du village endormi bercé par la brise printanière.

Thémis entra dans la chambre sans bruit, prenant garde à ne pas réveiller la dormeuse dans la chambre à côté, ni celles à se reposer dans l’autre pièce. Les masures abritaient ainsi quatre ou cinq femmes regroupées selon l’âge et le caractère de chacune, dans un évident souci de paix sociale. La logique en toute circonstance, sauf parfois à la guerre, était enseignée chez les Amazones au même titre que la lecture.

La fille de Lysippé resta un instant au pied de la couche en admiration devant l’ovale parfait du visage, le front haut sous des cheveux blonds aériens au point d’en paraître ondulés. Le fin nez droit piqueté de légères taches de son y prenait son envol entre deux sourcils clairs joliment dessinés au-dessus de la bouche délicate à la lèvre inférieure à peine ourlée. Oui, Orina par sa beauté se voulait muse inspiratrice.

Thémis rejeta le drap de lin, découvrant ainsi la nudité du corps souple dans une position apaisée. Attachés hauts sous le cou long, deux petits seins à l’aréole claire et au mamelon encore sage appelaient les caresses. Le ventre plat se creusait jusqu’au nombril profond, effet d’une respiration calme. La hanche arquée soulignait la taille fine, dessinant un abdomen à peine bombé d’adolescente.

« La plus parfaite description d’Aphrodite n’aurait soutenu la comparaison. » pensa Thémis dont le regard s’attarda sur le pubis orné d’une toison blonde épaisse au centre et presque duvet à l’aine. Les cuisses musclées sans excès serrées l’une contre l’autre la privèrent d’une vision plus intime.

Orina, tirée du sommeil de se sentir ainsi observée, ouvrit ses grands yeux d’un bleu limpide et s’étira. Le geste exposa sa nudité plus encore, la sublimant telle une offrande.

– Thémis, murmura la jeune fille. Que fais-tu là ?

– J’admire la perfection incarnée. Nul poète si doué soit-il ne connait assez de mots pour te décrire.

Le compliment acheva de réveiller Orina dont le souffle se précipita. Ou si le présent se voulait un rêve au subtil parfum de réalité, elle souhaita ne jamais ressusciter.

Thémis s’assit sur la couche, animée d’un puissant désir. Sa main savoura la douceur de la peau, enveloppant un sein ferme dont la réaction la ravit. Ses doigts redessinèrent une hanche, puis effleurèrent le nombril avant de se perdre dans la toison dorée sous la pâle clarté de la nuit. Enfin elle allait faire sienne la troublante beauté qui l’avait attirée au premier regard dans sa direction.

Orina n’en revenait pas de ressentir pour la première fois un plaisir physique. Et son corps se pâma sous la caresse de plus en plus audacieuse, précise. Ses seins durcis aux tétons fiers, son ventre palpitant, ses cuisses tremblantes s’écartèrent dans une invite subtile. Ses chairs animées s’ouvrirent en une délicate corolle suintante de désir.

Tout son corps maintenant réclamait avec force ces baisers et ces caresses de la passion qui amenaient à l’extase. Aussi la maîtresse poussa son avantage dans les chairs parfumées de son amante en prélude à d’autres plaisirs.

Soudain Orina, avec la fulgurance d’un éclair marbrant le ciel d’orage, se dégagea de la main entreprenante et se tassa à la tête du lit en position défensive, masquant ainsi sa nudité.

– Non ! cria la jeune fille terrorisée. Non, ce n’est pas toi ! Tu n’es pas Thémis. Vas-t-en !

Le hurlement réveilla les endormies et attira la garde qui fit irruption dans la chambre. Sur le pas de la porte, le court javelot prêt à être lancé, Thémis en armure retint son geste. Car la main suspendue par la stupeur en direction de la jeune fille dénudée était la sienne qui, en tenue légère, s’apprêtait à soumettre Orina.

Dariane encore ensommeillée se demanda bien comment une personne, fut-elle princesse amazone, pouvait se tenir à deux endroits en même temps. Aucune réponse cependant ne s’imprima dans son esprit embrumé.

Artémis, reprenant enfin sa forme originale, s’enfuit dans un courant d’air. La Déesse dans sa précipitation perdit une flèche à la pointe d’or de son carquois. La fille de Lysippé s’en empara.

– Quand elle viendra la chercher, gronda Thémis grisée de colère, elle devra me rendre des comptes.

Puis la princesse se précipita au chevet de la douce Orina secouée de sanglots et l’enlaça tendrement.

Modifié par Orchidée
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Je ne sais quoi dire !!! Ton talent est indéniable et ta plume redoutable!!!!!!! Une seule critique : pk me faire attendre si longtemps entre les épisodes????????????????

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Terribles et inhumains sont les penchants des Déesses et des Dieux de l'Olympe.............................Il est temps de se rebeller ......................... :)

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Invité

Sublime, magnifique...

Ta plume est plus que redoutable

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Ma douce debo, il faut les écrire ces épisodes :twisted: et y mettre assez de coeur qu'ils te plaisent.

Pour vous remercier, j'en rajoute tout à l'heure ;)

Bisous

Modifié par Orchidée

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Subjuguée par ton écriture envoutante! Tu écris en virtuose, suscitant de magnifiques images, sublimant les personnages, leurs émotions.

Je me joins à débo pour réclamer la suite, petite Orchidée!

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