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Arlequin46

Le solitaire

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Le soleil était déjà bien haut dans le ciel, brûlant. Son chapeau bien vissé sur la tête, John, surnommé le Solitaire, s’engagea dans la rue principale du pueblo ; une intense concentration se lisait sur son visage ; son pas, ni lent ni rapide, était déterminé ; son bras droit pendait sur le côté, comme inerte, la paume de la main tout proche de la crosse de son revolver.

Tout en marchant, il repensait à ces sept dernières années, aux évènements qui l’avaient conduit jusqu’à ce village perdu en bordure du Rio Grande, à cette longue traque qui avait fini par faire de lui, le même type d’hommes qu’il pourchassait. Il se rappela de ses longues heures à s’entraîner à tirer sur des bouteilles, améliorant sans cesse sa précision et sa rapidité à dégainer son arme. Il se souvint du premier homme qu’il avait abattu en duel ; il n’en avait éprouvé aucune satisfaction, ni aucun remord ; cet homme avait mérité son sort.

Au fil des mois, des années, John s’était fait une réputation de tueur, faisant peur à beaucoup, mais attirant la jalousie d’autres hommes se prétendant plus rapides. Combien de morts avait-il à son actif ? John avait cessé de compter. Lentement, sournoisement, son cœur, assoiffé de vengeance, avait basculé du mauvais côté de la barrière. Pourtant, ce n’était pas à cette vie de meurtrier solitaire qu’il s’était destiné, mais bien à celle d’un paisible fermier de l’Oregon. Il se voyait déjà avoir une ribambelle d’enfants avec Kate, son épouse ; la vie n’était pas toujours facile, mais il était heureux. Son cœur se serra en revoyant l’image de sa femme ; sa mâchoire se crispa en repensant au jour où tout avait basculé.

Il s’était levé très tôt, ce jour-là, pour aller travailler aux champs. Kate l’avait rejoint, en fin de matinée, apportant avec elle un panier pique-nique. Ils avaient quitté les champs pour aller chercher la fraîcheur de la forêt toute proche et pris leur repas sous un immense Douglas qui devait être plus que centenaire. Ils avaient élaboré leur projet d’avenir, avaient beaucoup ri, comme toujours, puis Kate avait pris un visage sérieux ; elle avait quelque chose d’important à lui proposer.

- Johny. Cela fait un moment, déjà, que nous parlons d’avoir un enfant… Tu en veux toujours un, n’est-ce pas ?

- Oui, ma chérie, et pas qu’un seul !

Kate avait éclaté de rire, avant de reprendre un ton de circonstance.

- N’allons pas trop vite ! Un, c’est déjà bien pour commencer !

- Mais où veux-tu en venir ?

Kate s’était approchée de lui, le regardant droit dans les yeux ; aujourd’hui encore, il se souvenait de l’étincelle qui brillait dans ses grands yeux noirs.

- Je suis en pleine période fertile, lui avait-elle dit. Que dirais-tu si nous mettions notre projet à exécution, ici-même, dans cette forêt ?

- Là ? Tout de suite ? Voyons, je suis sale, je sens mauvais…

Kate l’avait fait taire en lui donnant un long baiser langoureux.

- Je t’aime comme tu es ; j’ai envie de toi comme tu es !

Elle l’avait forcé à s’allonger et avait ouvert sa chemise, massant le torse musclé où elle aimait s’endormir le soir. Puis elle avait commencé à y déposer une multitude de petits baisers, des baisers papillons, comme elle aimait les appeler, avant de se mettre à caresser la verge au travers du pantalon.

John n’avait pu cacher plus longtemps le désir qui l’avait gagné, tant son sexe déformait son vêtement. Il se rappela qu’il avait fermé les yeux, lorsque sa femme avait déboutonné la braguette, tirant son membre à l’air libre. Il avait poussé un profond soupir, lorsque la bouche chaude, délicieusement humide, l’avait entièrement avalé, entamant une fellation qui lui donna des frissons dans tout le corps, le faisant onduler du bassin.

Aux râles que poussait son mari, Kate compris qu’il était temps de passer à autre chose. Elle avait retroussé sa longue robe, s’était mis à cheval au-dessus du sexe masculin et s’y était empalée très lentement. Elle était restée un moment immobile, voulant profiter de cette montée du plaisir qu’elle sentait, puis elle s’était mise à danser sur la verge, langoureusement, amoureusement.

Les yeux fermés, John s’était laissé transporter dans les prairies sauvages de l’amour, du plaisir, de l’extase. Il aimait particulièrement, quand sa femme le montait ainsi, une chevauchée d’abord lente, puis de plus en plus rapide, jusqu’à en devenir endiablée.

Kate laissait échapper de longs gémissements ; son Mont de Vénus était en train d’inonder le pubis de son mari ; une vague de chaleur prenait naissance en elle : cet enfant serait celui du bonheur.

John sentit sa grosse veine battre de plus en plus fort ; son souffle était devenu haletant. Il avait entendu sa femme crier, prise par un violent orgasme, et il s’était aussitôt répandu en elle, ivre de joie.

Ils étaient restés une bonne heure collés l’un à l’autre, imaginant des noms pour le bébé ; lui aurait voulu une fille ; elle, n’avait aucune préférence. Puis le moment de reprendre les labours étaient venus ; il était retourné dans ses champs et elle était repartie dans leur petite maisonnette.

Il se souvint que c’était la fumée, à l’horizon, qui avait attiré son attention. Il était resté songeur pendant quelques secondes, avant de comprendre que cette fumée venait de chez lui.

Il se rappela de la course folle qu’il avait faite, de la peur qu’il avait éprouvé en voyant sa maison en feu… de la douleur indescriptible en trouvant sa femme, au milieu de la cour, nue et morte.

Un ranch, à quelques kilomètres de là, avait aussi subit une attaque le même jour ; une personne avait survécu et avait entendu l’un des assaillants appeler son chef par son nom. C’est ainsi que John découvrit qui étaient les auteurs du meurtre de sa femme et, après l’enterrement, il s’était acheté un revolver et un cheval avec les économies qu’il avait placé à la banque.

Sept années de traque, d’enfer et il était enfin arrivé au seul but qui l’avait conservé en vie. Il arrêta sa marche et planta son regard froid dans celui de Josh Stanton ; il sentit le gout du sang monter dans sa bouche.

Stanton était accompagné de quatre autres hommes ; John savait qu’il vivait certainement ses dernières secondes car il n’avait aucune chance de s’en sortir face à cinq adversaires, mais il s’en moquait : le plus important était que Stanton allait mourir avec lui.

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Toujours autant de plaisir à te lire !! Je suis aux temps des far west le temps d'un récit !! merci !!

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S'il y a une suite, elle sera plus que bienvenue...j'espère que Johny va pas se faire descendre comme un vulgaire pied tendre :lal: J'adore l'ambiance en tout cas!

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Invité

La vengeance, le souvenir du plaisir, tu les alternes avec brio.

John obtiendra-t-il justice ?

J'espère qu'il y aura une suite :lal:

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Non, sur celui-ci, il n'y a pas de suite en perspective... A présent, je travaille sur la suite de la nouvelle série des "Titia" :lal:

Mille et un baisers

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Y a pas a dire tu as le don de nous tenir en haleine

Merci

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Finalement, j'ai pas pu me retenir à faire un petit "up" à ce texte, Arlequin. Ta plume est des plus efficaces, ton talent n'est plus à démontrer.

Tout y est, l'ambiance glauque, le duel final qui mènera surement à la perte du héros, un peu à l'image d'un film comme Le Grand Silence (Hay, je m'étais promis de pas en causer, tant pis).

Peu importe si John ne sort pas vainqueur, ce qui compte c'est que Stanton tombe avec lui.

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Finalement, j'ai pas pu me retenir à faire un petit "up" à ce texte, Arlequin. Ta plume est des plus efficaces, ton talent n'est plus à démontrer.

Tout y est, l'ambiance glauque, le duel final qui mènera surement à la perte du héros, un peu à l'image d'un film comme Le Grand Silence (Hay, je m'étais promis de pas en causer, tant pis).

Peu importe si John ne sort pas vainqueur, ce qui compte c'est que Stanton tombe avec lui.

Merci pour ce up :) Je n'ai jamais envisager de faire une suite à ce texte, donc, jamais imaginer comment se finirait ce duel. Au fond, c'est tout aussi bien ainsi : chacun imagine sa fin ;)

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