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Guest Anonymous

TALGO STORY

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Guest Anonymous

C'était il y a six ou sept ans dans le Talgo (train de nuit pendulaire) Paris-Madrid, à l'époque où le wagon restaurant n'était pas encore descendu au niveau d'une cantine au point de me faire renoncer à ce moyen de transport. Un nouveau printemps s'amorçait, période où j'ai toujours aimé partir vers le sud pour jouir de ces prémices de la nature renaissante que l'on serait bien en peine de discerner si tôt au nord de la Loire. Une précision pour la bonne compréhension de mon récit: le Talgo se subdivise en compartiments T1 pour les solitaires, T2 pour les couples, et couchettes avec ségrégation des sexes (même les couples mariés y sont impitoyablement séparés).

Bien que seul ce soir-là, j'avais hérité d'un T2, mon agence de voyages n'ayant pas trouvé de T1 disponible. Au départ de Paris, j'avais donné libre cours à une pointe de sadisme, observant sur les voies parallèles les malheureuses sardines compressées dans les trains de banlieue cependant que je disposais de tout l'espace désirable avec coin toilette privatif. J'avais remis mon passeport à un employé de la Renfe qui me le restituerait le lendemain matin et réservé une table pour le second service.

L'aventure commença au wagon restaurant: nous approchions de Tours et je sirotais un whisky de seconde zone dont il fallait (déjà à l'époque!) se contenter, le regard perdu dans les jeux d'ombre et de lumière de l'abat-jour placé près de la vitre, quand le garçon prit ma solitude en pitié, à moins que ce ne fut l'affluence qui le conduisit à m'offrir une compagne. Ma première pensée en découvrant une brune d'une quarantaine d'années aux cheveux bouclés, engoncée dans une robe fourreau noir à liserés rouges qui s'arrêtait à mi-cuisses, fut que je ne devrais pas oublier de rajouter un honnête supplément au pourboire de mon entremetteur.

- J'espère que je ne vous dérange pas...

Elle s'était exprimée en français avec un fort accent qui me parut espagnol dans un balancement un peu exagéré des grands anneaux d'or qui pendaient à ses oreilles. Vu que mes cheveux noirs n'avaient pu trahir ma nationalité, j'en déduisis qu'elle avait dû m'entendre commander mon whisky en français tandis qu'elle attendait debout qu'on lui octroyât une place. Compte tenu de mon ignorance crasse de la langue de Cervantes, ses propres capacités linguistiques étaient de bon augure.

Je lui répondis en l'assurant que tout le plaisir était pour moi et lui offris un verre. Elle opta pour un xérès qu'elle vida d'un coup avant d'exploser: j'appris ainsi que son mari était un goujat qui ne savait même pas réserver une place de train, qu'elle s'était retrouvée dans un compartiment couchettes surpeuplé, et de surcroît de femmes!, que les employés n'avaient rien voulu entendre prétextant que le train était complet... Nombre de convives aux tables voisines nous jetèrent un coup d'oeil, sans doute persuadés d'être les témoins d'une scène conjugale. Escomptant la calmer un peu, je lui indiquai que j'avais moi-même dû me contenter d'un T2. Y eut-il lien de cause à effet ou son échauffement fut-il seul responsable? Le fait est qu'elle déboutonna aussitôt les trois boutons du haut de sa robe qui fermait sur le devant, s'excusant qu'elle étouffait et révélant un soutien-gorge de dentelle noire fort alambiquée qu'une poitrine opulente semblait sur le point de pulvériser.

Le garçon nous apporta une assiette de saumon fumé dont un précédent voyage m'avait prouvé l'excellence. Dès la première bouchée, elle se lamenta qu'elle ne voulait pas passer la nuit avec des femmes, ajoutant qu'elle n'était pas lesbienne et n'avait aucun goût pour être enfermée dans un harem. Mon sang de gentleman ne fit qu'un tour:

- Si j'osais...

-Osez! répliqua-t-elle.

Ainsi fut-il arrêté que je lui donnerais asile.

Le repas terminé sur un cognac - et le garçon largement gratifié -, Marisa puisque tel était le prénom qu'elle m'avait révélé en même temps que sa nationalité vénézuélienne, Marisa donc me suivit jusqu'à mon T2 après être allée récupérer ses affaires. A ma grande stupeur, elle avait aussi commandé six grandes bouteilles d'eau minérale que nous emportâmes avec nous. A peine étions-nous entrés qu'elle opta pour la couchette inférieure cependant que je l'invitais à faire sa toilette en l'assurant que je tournerais le dos pour respecter sa pudeur depuis mon perchoir. Un bon quat d'heure s'écoula, ce qui n'avait rien de surprenant compte-tenu du faible débit du robinet du lavabo. Je l'entendis même qui faisait pipi dans le pot de chambre avant de le vider et ranger dans son petit compartiment, exercice périlleux qui demande toujours une certaine dextérité en raison des secousses du train. Nouvelles ablutions.

- Tu peux te retourner, conclut-elle enfin en me tutoyant pour la première fois.

Comment savait-elle que je n'étais pas cardiaque? Elle n'avait sans doute pas pensé à l'effet dévastateur de la vision qu'elle m'offrait: inclinée contre la barre d'appui de la fenêtre, elle me présentait son cul nu, robe troussée au-dessus des hanches. Encore tout habillé, je ne fis qu'un bond et empaumai ses fesses dont le grain velouté invitait aux caresses. Mais Marisa ne l'entendait pas ainsi:

- Non! Prends-moi! Tout de suite. Le cul!

Pourquoi ne lui aurais-je pas donné satisfaction? Sa mise en scène m'avait mis dans l'état que l'on se plaît à attribuer aux Turcs de ces harems qu'elle redoutait tant. Mais avais-je bien compris? Je lui chatouillai prudemment du gland le périnée pour lui donner l'occasion de préciser.

- Non, le cul! Je suis fidèle à mon mari.

Cette façon de voir les choses ne laissait aucune place au doute. Mais n'allais-je pas la blesser ainsi sans préparation? Non que je fusse partisan des crèmes et autres produits laitiers, incursions du commerce dans l'amour alors que les sécrétions vaginales font parfaitement et plus voluptueusement l'affaire. Marisa toutefois n'était pas maso, son entrée des artistes était simplement presque aussi large que ses idées. Ce qui ne l'empêcha pas de hurler lorsqu'un changement soudain d'aiguillage me propulsa brutalement en elle, dans un fracas juste suffisant pour couvrir les décibels de notre intimité. Soucieux de lui prouver que l'Européen que j'étais avait quelque connaissance de l'Amérique Latine, je m'étais penché sur elle et lui mordillais 'sauvagement' la nuque, tel un jaguar au demeurant fort apprivoisé, tandis que je fouaillais sa face cachée en regardant défiler le paysage baigné de lune. Ce rut sauvage nous mena jusqu'à Bordeaux et c'est alors que Marisa me révéla le but de ses réserves d'eau minérale: l'eau du train n'offrait pas de garanties suffisantes pour la toilette intime qu'elle m'invita à lui faire avant de me rendre la pareille. Occasion pour elle de m'avouer, avec un tendre baiser sur ma joue, que 'ç'avait été comme dans le film'. Mais elle avait une autre idée derrière la tête.

A peine étions-nous rafraîchis et complètement dévêtus qu'elle m'entraîna sur sa couchette où jeux de langues et de mains s'enchaînèrent. Elle m'autorisa même à visiter des doigts ses profondeurs conjugales arguant du fait que 'les médecins le font' et que, par conséquent, elle restait parfaitement fidèle à son époux. Mais tout ceci n'était que préliminaires en vue d'autre chose et il fallait attendre, je le compris bientôt, le passage de la frontière.

Certains parmi vous n'ignorent pas que l'écartement des voies de chemin de fer n'est pas le même en France qu'en Espagne (ceux qui ont déjà pris le Transsibérien ont pu connaître le même phénomène entre la Russie et la Chine). Quoi qu'il en soit, force était de changer d'essieux et cette délicate et assez longue opération est riche en secousses. Le train s'immobilisa, nous perçûmes voix étouffées et bruits de ferraille. L'instant que guettait Marisa était venu et elle s'arracha à ma point trop chaste étreinte en me faisant signe de la suivre. Se repositionnant, reins cambrés et seins écrasés contre la vitre, elle me demandant aussitôt de l''encouler' (sic). A peine m'étais-je ancré dans le fondement de sa délicieuse personne qu'elle m'ordonnât de ne plus bouger. La suite fut proprement démoniaque: nous étions livrés au bon vouloir des cheminots qui passaient régulièrement au ras de notre fenêtre et dont les opérations décidaient de tous nos mouvements. Curieusement les périodes de calme plat étaient pour moi les plus intenses en raison d'imperceptibles frémissements de la paroi anale de Marisa qui feulait pour sa part à la moindre agitation.

Nous ne prîmes un peu de repos que lorsque le Talgo s'ébranla vers Vittoria. Nous étions encore mi-sommeillants mi-délirants dans les bras l'un de l'autre quand le téléphone intérieur sonna pour le petit déjeuner. Les énormes croissants à la mode espagnole avaient dû être embarqués à Valladolid, mais la splendeur des remparts d'Avila dans le soleil levant rendait presque savoureuse cette pâte indigeste. Marisa me quitta peu après pour regagner, me dit-elle, son 'wagon à bestiaux' et y récupérer son passeport. C'est alors qu'elle s'éloignait vers les compartiments couchettes, après avoir pris ses affaires dans mon T2, que je fus pris d'un doute. Comme j'avais pris soin de laisser ma porte imperceptiblement entrouverte, je la vis qui repassait trois minutes plus tard dans l'autre sens: vers son T1 qu'elle avait sans doute abandonné pour vivre un fantasme. A l'épier ainsi, je faillis rater l'imposante silhouette de l'Escorial.

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Guest decibel

Effectivement, très belle narration détaillée :aime2::wink:;)

... en plus, maintenant si on veut prendre le train de banlieue, nous les malheureuses sardines réduites à un resto/cantine "sans whisky de 2ème zone" ;) , nous sommes au courant des vibrations ;) provoquées par les modifications des écartements des voies de chemin de fer internationales, et on ne s'inquiétera plus ;);)

... et, cette fois, ce fut une aventure avec "une fossile" (+ de 35 ans ;) ) brune, plus une blonde ... ouf j'ai eu chaud !!! ;)

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J'imagine juste le plaisir de prendre le train à tes côtés Decibel et imaginer la suite....

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Récit savamment détaillé et émoustillant, riche en détails touristiques qui me serviront la prochaine fois que je prendrai le transsibérien :wink:

Signé : Iza, ex-sardine de banlieue, fille d'ouvrier syndicaliste qui rêvait d'aristocrates à la lanterne en buvant du whisky de secone zone (je plaisante, mon père ne buvait que de l'eau :aime2: )

;)

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Quel récit croustillant.

Je ne suis jamais aller à madrid malheureusement :aime2:

:wink: ;)

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Guest Haru

Je crois que je vais prendre le train plus souvent...Très beau récit^^

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Guest Anonymous

Récit savamment détaillé et émoustillant, riche en détails touristiques qui me serviront la prochaine fois que je prendrai le transsibérien :pompom:

Signé : Iza, ex-sardine de banlieue, fille d'ouvrier syndicaliste qui rêvait d'aristocrates à la lanterne en buvant du whisky de secone zone (je plaisante, mon père ne buvait que de l'eau :wink: )

:clap:

Le 14 juillet est passé, ouf. Mais je redoute le 10 août. Peut-être devrais-je songer à émigrer. Je vais en discuter avec mon pote Chateaubriand.

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Guest decibel

:langue: :ange::pardon:

Pour les ignares que nous sommes : Le 10 août 1792, pendant la Révolution française, la foule - avec le soutien du nouveau gouvernement municipal de Paris qui sera connu sous le nom de commune insurrectionnelle de Paris- assiège le Palais des Tuileries. Le roi Louis XVI et la famille royale demandent le soutien de l'Assemblée législative. Cet évènement est la fin effective de la monarchie française (qui sera restaurée en 1814). La fin officielle de la monarchie se fera six semaines plus tard (le 21 septembre 1792).

Cette insurrection et ses conséquences sont communément appelés par les historiens de la Révolution simplement "le 10 août"; les autres désignations sont "journée du 10 août" ou "insurrection du 10 août".

Te voilà prévenue, belle Iza :aime2::oops::aime: (heu, merci Wikipédia :aime2: )

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après Aout? Octobre le plus dur!! avant y avait eu Février! puis Mai :langue:

dur dur les chateaubriand.

émigrer? et où donc actuellement?

y a-t-il un chateau de disponible?

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Guest decibel

Le chateaubrilland, personnellement, je le préfère tendre et saignant ... dans mon assiette !!! :pardon::aime2:

:langue:

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Est-ce qu'on ne s'éloigne pas du sujet....

Mais je veux bien partager ton Chateaubriand Decibel

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Guest decibel

Est-ce qu'on ne s'éloigne pas du sujet....

Mais je veux bien partager ton Chateaubriand Decibel

... c'est quand tu veux :langue: ... heuh dans le prochain train (pour revenir au topic ? :pardon: )

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Guest decibel

Dans un train ou ailleurs, le tout c'est de pouvoir fixer un lieu et une date.

Je regarde quand part le prochain transsibérien !!! :pardon: :langue:

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