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Arlequin46

Omaha la sanglante

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Les canons avaient enfin cessé de parler, sur Omaha la sanglante ; l’acharnement des alliés avaient fini par payer. Les unes après les autres, dans la douleur, les cris, la mort, les positions allemandes étaient tombées aux mains des soldats américains dont certains, à présent, s’affairaient à nettoyer la plage.

Les barges continuaient à faire des allers-retours, débarquant de nouvelles troupes, mais aussi des véhicules militaires : jeeps, camion, char. Du haut d’un promontoire, un militaire, un appareil photo à la main, prenait des clichés de ce qu’il restait du champ de bataille ; sur la veste de son treillis, en plus de la bannière étoilée, un écusson « presse » indiquait qu’il n’était pas un combattant. Il s’assit sur le bord du promontoire, les pieds dans le vide, sortit un petit calepin et un crayon à papier et, d’un geste nerveux, se mit à écrire.

« J’ai débarqué sur Omaha Beach avec la troisième vague d’assaut. La grande porte de notre péniche s’était à peine abattu dans l’eau, que je découvrais un spectacle apocalyptique, un enfer indescriptible.

Je me suis jeté dans l’eau, en même temps que les soldats ; j’avais de l’eau jusqu’à la poitrine ; elle était glacée. Les militaires hurlaient tout autour de moi ; j’entendais les balles siffler au-dessus de ma tête ; certaines venaient s’abattre dans la mer, à quelques centimètres de mes pieds.

Je suis arrivé assez vite derrière une de ces fameuses asperges de Rommel ; j’y suis resté un court moment, le temps de prendre quelques clichés ; c’est à ce moment que j’ai commencé à voir les soldats flottants, immobile, sur l’eau. Un peu plus loin, sur le sable, d’autres cadavres, si nombreux, qu’il était impossible d’en définir le nombre. Il y avait aussi des véhicules, ou, plutôt, des carcasses de véhicules encore fumante.

Un soldat me cria de ne pas rester dans l’eau ; je me suis mis à avancer, me protégeant derrière tout ce qui pouvait me faire un rempart aux balles, le plus souvent, derrière des corps humains. J’ai réussi, tant bien que mal, à atteindre le grand mur anti-char où je suis resté, recroquevillé, pendant un temps indéterminé.

L’atmosphère était baignée par des odeurs pestilentielles : la poudre, le feu… la mort. »

Le journaliste s’arrêta d’écrire ; sa tête continuait à résonner des cris et des coups de canons, un bourdonnement qui lui devenait insupportable. Quelque chose, en bas, attirant son œil de photographe : un Sherman tentait de se frayer un chemin au milieu de cadavre ; le conducteur avait fini par s’arrêter, de peur de rouler sur l’un d’eux. L’appareil photo crépita ; quelques clichés supplémentaires pour son journal, pour l’Histoire.

Le journaliste se sentit soudain mal ; jusqu’à présent, dans le feu de l’action, il avait pris un tas de photos tel un automate, sans vraiment se rendre compte des évènements qu’il saisissait. Maintenant, la tension était en train de redescendre ; il avait une parfaite conscience des drames qui se jouaient tout autour de lui ; avec son appareil photo, il eut l’impression d’être tel un charognard, cherchant le meilleur cadavre auprès duquel se délecter. L’idée l’écœura lui donnant une violente nausée ; ses nerfs le lâchaient ; il sentait les larmes monter en lui.

- Ca ne va pas, monsieur ?

Le journaliste leva la tête en sursaut, en direction de la voix ; il aperçut un jeune soldat, dont l’uniforme était couvert de sang séché collé à la poussière.

- J’ai juste besoin de décompresser un peu. Je suppose que je dois vous paraître stupide ? Après tout, je ne suis qu’un simple journaliste.

- Je ne sais pas… Je pense que, qu’on tienne un fusil ou un appareil photo, on n’est pas différent face à certains sentiments.

Le journaliste observa un moment le soldat qui s’asseyait à ses côtés, posant son fusil sur ses genoux. Il ne devait pas avoir plus de 25 ans, mais l’expression de son visage lui en donnait dix de plus.

- Vous êtes blessé ?

Le soldat regarda son treillis ; il y avait du sang un peu partout ; il eut un léger rictus de dégout.

- Ce n’est pas mon sang, dit-il d’une voix monocorde. Y a eu cette percée ; on s’est jeté dans la brèche ; on a dû déloger les allemands, dans les bunkers, à coups de grenades. Ensuite, on a eu des combats à la baïonnette… Ce n’est pas mon sang.

Le journaliste n’en eut pas besoin de plus, pour comprendre ce qu’avait vécu ce jeune soldat.

- Quel est votre nom ?

- Jack, Jack Porter.

- Moi, c’est Marc Stevenson. Avez-vous déjà combattu sur d’autres fronts ?

- Non, monsieur ; c’était mon baptême du feu, aujourd’hui… C’est étrange ; j’ai été débarqué avec la première vague, à 6 heures 30, et j’ai tiré mon premier coup de feu plus de quatre heures après. Je crois qu’il ne reste plus beaucoup de survivants de cette première vague ; moi, je suis encore là… Vous ne trouvez pas ça curieux ?

Une grande douleur s’entendait dans la voix de Jack ; une blessure profonde faisait saigner son cœur. Il avait mal d’avoir perdu des amis et il avait tout aussi mal d’avoir dû ôter la vie à d’autres hommes, fussent-ils nazis. Ses dernières fibres d’innocence s’étaient définitivement envolées ; plus rien de serait comme avant ce mardi 6 juin 1944.

- Comment faites-vous pour tenir ?

- Je me raccroche à un doux souvenir, répondit Jack en fixant l’horizon. Mon esprit s’évade, au-delà de ces navires, pour rejoindre Suzana. Elle m’a fait un beau cadeau, quelques heures avant qu’on ne quitte Portland ; vous me permettez de vous raconter ?

- Bien sûr.

Jack raconta si merveilleusement bien sa dernière nuit à terre, que Marc n’eut aucune peine à voir les images défiler dans son esprit. Il vit le visage de la jeune femme, le décor qui entourait les deux amants. C’était un environnement peu propice à des ébats amoureux, mais il semblait magnifié par la preuve d’amour du lieutenant Suzana Aslan.

- Hey ! Vous deux ! Vous vous croyez où ?

Jack se releva précipitamment, saluant le sergent qui lui faisait face. Ce dernier jeta un coup d’œil rapide sur Marc, qui n’avait pas bougé d’un pouce, et eut un léger rictus de dégout en voyant qu’il était de la presse.

- Soldat, fit-il à l’adresse de Jack, l’heure n’est pas encore à conter tes actes de bravoure ! La guerre, c’est par là !

- Oui, sergent !

Jack se pencha vers le journaliste et, posant une main amicale sur son épaule, lui dit :

- Vous aussi, monsieur, pensez à un évènement heureux. Vous aiderez votre esprit à souffler.

Marc esquissa un sourire en guise de remerciement et regarda s’éloigner Jack. Une fois que le jeune soldat eut disparu de sa vue, il retourna son regard vers la mer, retrouvant la vue de cette incroyable armada qui bouchait toute la ligne d’horizon ; il ferma les yeux, décidé à suivre les conseils de Jack, et commença à voir les images des locaux du journal pour lequel il travaillait. Plu précisément, il se retrouva quelques jours avant qu’il ne quitte New-York pour rejoindre l’Angleterre.

Il était resté à travaillé très tard, ce jour là, si concentré sur sa tâche, qu’il ne s’était pas aperçu que la nuit était tombée depuis un moment.

Durant toute la journée, des centaines de messages, de bruits de couloir, avaient circulé concernant le début d’une opération de grande envergure en Europe ; certains n’hésitaient pas à dire qu’il allait s’agir d’une opération d’invasion, par la mer, dont l’humanité se souviendrait durant les siècles à venir.

Marc avait tenté de faire le tri dans les différentes informations, se doutant qu’il y avait, volontairement, beaucoup de choses fausses envoyées par les militaires alliés ; une telle opération, si elle devait exister, resterait secrète jusqu’à la dernière minute. Mais une chose était sûre : quelque chose, depuis Londres, était en train d’éclore.

- Vous travaillez bien tard, Marc.

Jane Baker, directrice du journal, bien que toujours célibataire à l’approche de la quarantaine, faisait partie de ces femmes qui ne laisse pas un homme indifférent, sur laquelle on se retourne volontiers à son passage. De longs cheveux noirs ondulés, des yeux en forme d’amande, une bouche appelant les baisers, Marc, comme bien d’autres, avait succombé aux charmes de sa patronne, dès le premier regard ; mais il n’avait jamais eu le cran de lui faire la moindre avance.

- Savez-vous que vous êtes le dernier ici ?

- Pas exactement, puisque vous êtes là, vous aussi. J’espère, du reste, que ce n’est pas moi qui vous retiens ?

- Et vous, Marc, qu’est-ce qui vous retient aussi tardivement ?

- Des bulletins, des infos, vraies ou fausses. Je n’arrive pas à savoir ce qui est réel et ce qui est de l’ordre du fantasme ! Pourtant, quelque chose se prépare, c’est certain !

Jane avait esquissé un petit sourire qui avait fait briller ses yeux noirs. Elle était venue s’asseoir sur le petit bureau, face à Marc, croisant ses jambes de telle manière que sa jupe découvrit l’une d’elles jusqu’à mi-cuisse.

- J’ai une bonne nouvelle pour vous !

- Une bonne nouvelle ? avait répété Marc, quelque peu décontenancé par la vue que lui offrait sa patronne.

- J’ai un très bon ami, au Pentagone, un ami influant, qui ne peut rien me refuser. Marc, vous partez pour l’Angleterre dans trois jours ; vous intégrerez la 29ème division en qualité de correspondant de guerre.

Marc avait eu beaucoup de mal à croire ce qu’il avait entendu. Il savait que Jane cherchait à placer un des ses journalistes dans une division américaine basée en Angleterre, mais il n’avait jamais pensé que son choix se porterait sur lui ; il était le dernier arrivé, embauché depuis un peu moins de six mois.

- Vous semblez surpris, Marc ?

- Beaucoup. Je n’aurais jamais cru que vous choisissiez le dernier arrivé dans votre journal.

- Vous devriez avoir plus confiance en vous. Certes, vous ne travaillez pour que moi que depuis peu, mais nos lecteurs aiment vos articles, votre façon d’écrire : vous êtes, sans nul doute, le meilleur de mes journalistes.

- Je ne suis pas très habitué aux compliments, avait répondu Marc, gêné et de plus en plus troublé. J’espère pouvoir vous remercier, un jour ou l’autre.

Le regard de Jane s’était subitement troublé ; elle avait décroisé ses jambes et, toujours assise sur le bord du bureau, s’était penché vers Marc, lui offrant une belle vue sur l’intérieur de son chemisier entrouvert.

- Un jour ou l’autre, avait-elle murmuré d’une voix devenue sensuelle, c’est beaucoup trop loin pour moi. Qui peut savoir ce que nous réserve demain ? Je veux que vous me fassiez l’amour, Marc, ce soir, ici, sur ce bureau !

Tout en parlant, Jane avait retiré l’un de ses escarpins ; son pied nu s’était glissé entre les cuisses de Marc, massant une verge devenu très dure.

Fou de désir, Marc avait saisi le petit pied, l’avait couvert de baisers, s’attardant longuement sur les orteils, avant de remonter le long de la cheville, du mollet. Appréciant le traitement infligé, Jane s’était cambrée en arrière, fermant les yeux, respirant un peu plus vite.

Peu à peu, Marc était remonté le long de la cuisse, repoussant toujours un peu plus la jupe, jusqu’à se retrouver devant le dernier rempart protégeant le joyau féminin.

Jane avait été parcourue par de longs frissons, durant la lente ascension de son amant, et c’est un long soupir d’extase qui s’échappa de sa gorge, lorsqu’elle sentit la bouche de Marc se coller à son intimité, au travers du fin tissu de coton. Elle avait placé ses jambes sur les épaules viriles, avançait un peu plus son bassin, s’offrant totalement à son amant.

Marc avait écarté la petite culotte, humé un instant la douce odeur qui émanait de l’antre humide, puis avait commencé à jouer avec le clitoris, le titillant de la pointe de sa langue. Enfin, il l’avait pris dans sa bouche, entamant une succion qui arracha de longs râles à Jane, buvant, avec délectation, le liquide qui s’était mis à couler à flot.

Jane s’était mise à gémir de plus en plus fort ; sa respiration était devenue saccadée ; son corps s’agitait dans tous les sens. Au bord de l’explosion, elle avait agrippé les cheveux de son amant, se frottant de plus en plus vite contre son visage ; ses cris avaient empli toute la pièce, les couloirs déserts du journal, lorsque l’orgasme s’était emparé d’elle.

N’y tenant plus, alors que Jane était encore prise de spasmes, Marc avait baissé son pantalon et avait planté sa verge au plus profond de l’intimité de sa maitresse. Ses vas-et-viens avait, tout d’abord, étaient lents, avant de se faire rapide, plus fort. Jane avait été secouée par un nouvel orgasme, encore plus puissant que le premier ; Marc s’était rapidement retiré, au moment où il avait senti venir sa propre jouissance, se répandant en longs jets sur les cuisses de Jane, secouée par de violents tremblements.

- Faut pas rester là, monsieur ! Vous allez finir par vous faire écraser !

Marc ouvrit les yeux en sursaut, revenant à la triste réalité du moment. Il aperçut une petite colonne de Sherman qui montait dans sa direction.

- Tout va bien, monsieur ?

- Oui, soldat, répondit Marc en se relevant, tout va bien.

A son tour, Marc prit le chemin qui montait sur le haut plateau, jetant un dernier regard sur la plage.

Omaha la sanglante, midi et demi.

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Oui... et non. En fait, ceci est un chapitre (complet) d'un roman que je suis en train d'écrire. Comme le sujet est ne se prête, à priori, pas à l'érotisme, je poste certains passages, afin de vérifier l'impact. Pour l'instant, il semble que je m'en sorte relativement bien :twisted:

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Invité

Que dire, que dire...

Tu sais que j'adore réellement ce que tu écris. Chaque fois je découvre, un nouvel aspect de la seconde guerre mondiale.

Je laisse embarquer à chaque fois.

:twisted:

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j'aime!!!

Et j'aimerais beaucoup lire les prochains episodes!!

D'ou puise tu cette passion pr la segonde guerre mondiale??

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Bonsoir Debo

Je me verrais mal poster tous mes chapitres sur le forum ; la plupart ne comporte pas de scènes érotique lol Mais, en cherchant, tu devrais trouver d'autres chapitres, venant avant celui ci, que j'ai mis en ligne.

Pour ta question, je t'ai envoyé un MP

Mille et un baisers

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Oui... et non. En fait, ceci est un chapitre (complet) d'un roman que je suis en train d'écrire. Comme le sujet est ne se prête, à priori, pas à l'érotisme, je poste certains passages, afin de vérifier l'impact. Pour l'instant, il semble que je m'en sorte relativement bien :-D

Relativement n'est pas le mot que j'aurais employé

Superbement serait plus juste....

On retiens son souffle jusqu'au bout

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Non il n'y a pas lieu

Tu écris super bien sur cette période en exprimant bien les sentiments des gens à l'époque pour qui rien n'était acquis et on ressent bien le désir de prendre et donner du plaisir à l'autre en ne sachant pas s'il reviendra ou pas....l'instant de plaisir qui suspend l'urgence du moment...

C'est :-D ....on reste suspendu à tes écrits...

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