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Arlequin46

Les jeunes mariés

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Jack Porter leva les yeux au ciel, tentant d’apercevoir les B 24 dont il entendait les grondements si caractéristique. Mais, bien que le jour commençait à se lever, il ne distingua aucun des 420 bombardiers volant, tant la couverture nuageuse était imposante.

Même si la pluie avait cessé un moment, pour reprendre de plus belle ensuite, la mer ne s’était jamais calmé, faisant, par instant, des creux de plus de deux mètres, malmenant les navires de guerre. Mais l’armada continuait à avancer, sans faiblir ; sur les ponts, prêts à embarquer dans les péniches, les soldats de toutes nationalités gardaient un silence morbide ; même s’ils ne pouvaient encore l’apercevoir, ils savaient que la côte normande était toute proche.

Certains navires commencèrent à changer de cap, virant vers les cibles qui leur avait été attribuée. Gold, Juno, Sword, Utah et Omaha Beach allaient bientôt être à portées de tir des canons.

Pierre prenait l’air à sa fenêtre ; les traits tirés par une nuit blanche, il respirait à plein poumons l’air frais vivifiant de l’aube.

- Tout va bien, mon amour ?

Le jeune homme se retourna amoureusement Jacqueline, la femme qu’il avait épousée la veille.

Tout deux se connaissaient depuis leur plus tendre enfance, s’étant croisés, pour la toute première fois, sur les bancs de la maternelle. Ils avaient fait les 400 coups ensemble, devenant les meilleurs amis du monde, avant de réaliser, au début de la guerre, que leur amitié était en fait de l’amour.

Leur première intention avait été d’attendre la fin de l’occupation pour faire un mariage à la hauteur de leur amour ; mais la libération tardait à venir, la guerre se prolongeait sans que une issue finale ne se profile à l’horizon.

Fatigués de cette attente interminable, ils avaient fini par décider de célébrer leur union en deux fois : un simple mariage au civil dans un premier temps, puis un mariage devant Dieu lorsque les allemands auraient été chassés du Pays.

Le maire de Vierville sur Mer avait donc célébré leur union, puis ils étaient rentrés dans leur village, Louvières ; le couvre feu interdisant toutes célébrations festives, ils avaient passé la nuit à s’aimer avec passion, avec la fougue de leurs jeunes âges.

- Tout va bien ? répéta Jacqueline, soudaine inquiète du silence de son mari.

- Oui, ma chérie, tout va merveilleusement bien, répondit Pierre en venant s’asseoir sur le bord du lit, auprès de sa femme.

Jacqueline avait remonté la couverture jusqu’au menton, se protégeant de la fraîcheur qui pénétrait la chambre par la fenêtre ouverte ; seule une jambe en dépassait par le côté, laissant deviner que la jeune femme était nue sous la couverture.

En revoyant les images de sa nuit d’amour, cette jambe découverte, Pierre sentit la forme lui revenir aussitôt ; il était appelé, irrésistiblement attiré par ce corps qu’il avait tant honoré ces dernières heures.

Il posa une main sur le mollet ; la peau laiteuse était douce comme celle d’un nouveau né. Il promena ses doigts le long de la jambe, redessinant le contour du genou, effleurant à peine la cuisse ; il écarta un peu plus le pan de la couverture, découvrant l’aine de sa femme sur laquelle il déposa un baiser furtif.

Jacqueline tressauta sous ce contact doux et chaud ; elle rejeta complètement la couverture sur le côté ; les tétons pointaient haut et dur sur une poitrine ferme, en forme d’orange ; elle poussa un profond gémissement lorsque le souffle de son mari vint se perdre sur son bouton d’or gonflé à l’extrême. Elle écarta les jambes, attendant, espérant le moment où la bouche de Pierre viendrait se coller à son intimité.

Un grondement, encore très faible, commençait à se faire entendre dans le lointain ; les B24 approchaient de la côte, venant remplir leurs macabres missions.

Pierre prenait un malin plaisir à faire languir sa femme, promenant la pointe de sa langue tout autour du clitoris, mais sans jamais le toucher. Jacqueline, les yeux clos, les sens exacerbés par le traitement que lui infligeait son mari, réagissait au plus petit contact par des sursauts, de petits cris ; elle savait son intimité inondée par le liquide suave du désir.

Enfin, Pierre prit le bouton entre ses dents, lui donnant de nombreux petits coups de langue. La jeune femme ondula aussitôt des hanches, referma légèrement ses cuisses sur le visage du jeune homme, lui agrippa les cheveux ; une chaleur bienfaisante commençait à s’emparer d’elle.

A bord du B24 Red Ass du 446th Bomb Group, une certaine anxiété régnait, une angoisse s’accentuant au fur et à mesure que le bombardier approchait de sa cible ; la pluie battante, le plafond nuageux très bas, rendaient une visibilité au sol nulle. Pourtant, le pilote avait descendu son appareil aussi bas que possible mais la couverture nuageuse était toujours au-dessous du B24. Lui et son copilote comprirent que le largage devrait se faire à l’aveugle, au risque de taper à côté, de ne pas détruire les batteries côtières ; pourtant, de la mise hors d’état de nuire des défenses allemandes, dépendaient un débarquement des troupes, sur les plages, sans trop de pertes.

La vague orgasmique saisit violemment Jacqueline, la faisant se tordre dans tous les sens, lui arrachant des cris à se rompre les cordes vocales, inondant la bouche de son mari de sa cyprine suave ; elle était tellement transporté par sa jouissance, qu’elle ne se rendit même pas compte qu’elle tirait très fort les cheveux Pierre.

Le lieutenant-colonel Krause avait retrouvé le gros de sa troupe aux abords de l’entrée de Sainte-Mère-l’Eglise. Une dernière fois, il mentalisa une sorte de mini check liste, voulant s’assurer qu’il n’avait oublié aucun détail. Les patrouilles, qu’il avait formées un peu plus tôt, étaient bien en position, contrôlant tous les points d’accès au village ; les allemands n’avaient plus de moyen de communiquer avec Cherbourg ; l’aube se levait, signal de l’attaque.

- On fouille toutes les maisons se trouvant autour de la place de l’église, dit-il à l’un des ses officiers. C’est là où sont cantonnés les allemands. Aucun tir de sommation ; l’allemand se soumet immédiatement ou il meurt.

- Bien compris.

L’officier fit passer les consignes dans le rang ; enfin, Krause donna l’ordre de l’attaque et les hommes du 3ème bataillon de la 82ème aéroporté pénétrèrent en silence dans le village encore endormi.

A peine s’était-elle remise de son orgasme, que Jacqueline se jeta sur son mari, le couchant sur le dos pour venir s’empaler sur son sexe bien raide et le chevaucher avec frénésie. Pierre ne bougeait pas, s’abandonnant totalement à la danse de sa femme, savourant le plaisir qui montait en lui.

Hélène arrêta brusquement sa chevauchée ; un bruit assourdissant semblait avoir envahi la maison ; ils comprirent assez rapidement qu’ils étaient survolés par des bombardiers et Jacqueline reprit sa danse sur le sexe de son mari.

Comme tant d’autres, les deux jeunes mariés s’étaient habitués au survol d’avions alliés, devenu de plus en plus fréquent ces dernières semaines. Les cibles étaient des défenses côtières, des garnisons allemandes, des bâtiments de munitions et rien de tout cela ne se trouvait à Louvières ; ils n’étaient pas concernés par le bombardement qui se préparait ; ils n’avaient rien à craindre.

Les rues de Sainte-Mère-l’Eglise étaient totalement désertes ; les militaires américains ne rencontrant pas le moindre soldat allemand, leur progression fut rapide jusqu’à la place de l’église. Par des gestes précis, Krause fit se diviser les hommes en plusieurs petits groupes ; l’attaque devait être quasi simultanée dans toutes les maisons.

Harry et cinq autres soldats se tenaient accroupis devant la porte d’entrée de la première maison qu’ils allaient devoir sécuriser. D’un simple regard, ils se confirmèrent qu’ils étaient tous prêts ; l’index d’Harry se raidit sur la détente de son M 1.

D’un magistral coup de pied, l’un des soldats fit sauter la porte et tous s’engouffrèrent aussitôt dans la maison, tandis que les premiers coups de feu éclataient quelque part dans un autre bâtiment. Le groupe tomba sur trois allemands qui se redressèrent en sursaut sur leurs lits.

- U.S Army ! hurla l’un des américains. Haut les mains !

Harry aperçu l’un des allemands qui se jetait sur sa mitraillette ; son doigt pressa la détente et le M1 cracha deux balles qui firent mouches ; l’allemand tomba sur le sol, mort.

Un feu d’artifice sembla éclater dans le ventre de Jacqueline ; elle accéléra ses vas-et-viens sur le sexe de son mari, succombant à un nouvel orgasme.

Pierre crispa ses doigts sur les cuisses de sa femme, se vidant en elle ; les cris des deux jeunes mariés résonnèrent dans toute la maison. A bout de souffle, en sueur, Jacqueline se laissa tomber à côté de son époux.

Le Red Ass ouvrit ses soutes, alors qu’il survolait Vierville sur mer, aussitôt imité par les autres bombardiers ; un déluge d’acier se mêla à la pluie ; 1285 tonnes de bombes allaient meurtrir la terre normande.

Pierre se redressa brusquement sur le lit ; le vacarme était effroyable ; le sol tremblait ; il comprit que quelque chose n’était pas normal dans ce nouveau bombardement.

Une explosion, plus violente que les précédentes, ébranla la maison ; tout un pan de mur s’écroula, entraînant une partie de la toiture dans sa chute. Pierre se jeta sur sa femme pour faire de son corps, un rempart entre elle et la maison qui s’effondrait.

- Ca va être un sacré merdier, tu ne crois pas ?

Jack tourna la tête vers son ami Tom ; ce dernier affichait un grand sourire, mais il voyait bien qu’il était forcé, que, tout comme lui, il avait la peur au ventre.

- Ouais, lui répondit-il, une putain de sacré merde !

Une détonation les fit sursauter ; le cuirassé USS Texas venait d’ouvrir le feu sur les batteries côtières d’Omaha Beach, aussitôt imité par l’USS Arkansas.

Les hauts parleurs du HMS Jefferson crachotèrent un instant ; entre les coups de canons, Jack entendit une voix demandant aux soldats de prendre position dans les péniches de débarquement.

Tout semblait être redevenu calme à Louvières ; il y avait toujours de violentes explosions qui éclataient, mais elles semblaient s’être éloignées.

Pierre ressentit une violente douleur à l’épaule gauche. Il releva doucement la tête, en grimaçant, et regarda autour de lui ; toute la partie ouest de la maison, ainsi que les trois quart de la toiture, avaient disparu. Il imaginant qu’une bombe avait dû tomber très proche et que le souffle avait causé tout ces dégâts. Mais qu’importe, ce n’était que du matériel ; le principal était que Jacqueline et lui s’en soient sortis.

Il se releva avec difficulté et parvint à s’asseoir sur ce qui restait du lit. A tâtons, il chercha la main de sa femme et la serra fortement.

- Je crois que c’est fini, mon amour, lui dit-il. Jacqueline ?

Pierre baissa les yeux sur sa femme qui n’avait toujours pas bougé. Il comprit subitement qu’elle ne bougerait plus jamais, qu’elle ne lui répondrait plus jamais ; sa douleur physique s’effaça devant une autre plus violente, plus insupportable, lorsqu’il vit le bout de bois qui transperçait la gorge de son épouse.

Krause observait avec satisfaction la trentaine d’allemand à genoux, sur la place de l’église, les mains derrières la nuque. Onze autres avaient été abattus, d’autres s’étaient enfuis dans la campagne ; Krause pouvait annoncer le succès de sa mission : Sainte-Mère-l’Eglise était passé sous contrôle des alliés.

Petit à petit, les habitants du village sortirent de leurs maisons, se rendirent sur la place et laissèrent exploser leur joie devant les libérateurs attendus depuis si longtemps.

6 juin 1944, aux environs de 6 heures du matin.

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Invité

Les larmes se sont mises à couler toutes seules...

Ton récit est boulversant, j'en ai la chair de poule.

Que d'émotion

Je le dis, le redis et le redirai encore, j'adore, j'adore, j'adore, me laisser emporter par tes récits.

:police:

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Je n'avais pas vu ta réponse à ce post... Mieux vaut tard que jamais lol Merci pour ce commentaire et je suis navré de t'avoir tiré des larmes..

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Invité

Je n'avais pas vu ta réponse à ce post... Mieux vaut tard que jamais lol Merci pour ce commentaire et je suis navré de t'avoir tiré des larmes..

N'en sois pas navré, j'aime lire des récits qui me bouleversent...

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Arlequin, là

je ne peux que te dire tu as un don

Superbe recherche, Normandie 1944, un de mes domaines,

Mais cette intensité Eros et Tanatos réunis

Cela me trouble, et perce ma cuirasse

Superbe

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Extrait tiré de mon roman... enfin presque, car celui-ci était le second jet.

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je me rends compte que je n'avais pas commenté ce superbe récit que j'avais pourtant lu ! Donc je tiens à te dire Arlequin que tu es impressionnant !

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Guest decibel

je me rends compte que je n'avais pas commenté ce superbe récit que j'avais pourtant lu ! Donc je tiens à te dire Arlequin que tu es impressionnant !

:aime2: :aime2: Je plussoie :-D merci de l'avoir fait remonté de son long sommeil sur ce forum ! :welcome:

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très intense, émouvant

beau

Merci

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