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Guest Argan

Le magma

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Guest Argan

Il est mystérieux comme un ruisseau souterrain qui serpente sous la peau et enfle sans prévenir. Est-ce le "je t'embrasse" murmuré et le presque rien en retour, un sourire, une ivresse ?

Il te prend à la lisière du sommeil, pose un écrin autour de ton bas-ventre, dans ce moment interlope où concupiscence et inconscience deviennent un noeud de vipères qui convulsent et tétanisent.

Les images floues s'incarnent derrière tes paupières closes, quand les appels inavouables s'infiltrent entre tes lèvres disjointes, quand les ondes de chaleur palpitent dans le cerveau limbique en lascives circonvolutions.

Une sorte de carrousel noir des couleurs chaudes se met en branle. Des soupirs muets, des abandons désincarnés où le désir qui ne connaît pas son nom, qui ignore encore qu'il est déjà désir, tout cela est causé par lui. Le ressac est lourd comme un corps tourmenté quand la chair qui se réveille enfin, sous un corps moite, éveillé dans sa gangue d'envie.

Une légère torture douce de l'appétit s'empare de toi, une convulsion lente, puis une lente combustion qui s'entretient ensuite d'elle-même. Le souvenir des plaisirs passés avec d'autres t'aguiche et fait la pute avec ton imaginaire, qui enfante dans d'impudiques caresses une étreinte moite, savoureuse, ta peau qui forme un grain si agréable sous la paume, ta nuque humide de sueur qui ploie sous la poigne jusqu'à mon entrejambe et tes cuisses qui s'entrouvrent sous l'envie de te caresser...

C'est ta propre main qui te conduit vers mon sexe bandé, ce sont tes doigts, qui s'enroulent autour du gland palpitant, qui glissent et caressent en cherchant les replis et les creux, qui remontent aux narines poissés de l'odeur de désir, de chair. Puis ta bouche...

Un chuchotement se fait entendre: "Tourne toi j'ai envie de te prendre pr le cul"

Un cercle vicieux, l'appel au sexe nourri par le sexe, l'appel au sexe de l'autre par le sexe de soi, l'envie qui se boucle et se projette, l'idée du corps de l'autre avivée par l'inavouable parfum, c'est l'homme et la femme en bêtes affolées de leur propre sang et un musc impudique dont on maculerait le corps de l'autre, once par once de la peau convoitée.

Le plaisir qui vient sonne comme une délivrance et une souffrance, les reins qui se creusent et se cassent, l'esprit qui jouit en un maëlstrom pervers, chacun déversant dans chaque pore comme de l'autre du plomb fondu de luxure dans les plaies alors que tes yeux semblent perdus, hagards alors que tu tombes dans l'inconscient..."Continue.......plus fort", c'est ce que tu souffles haletante.

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Les cris s'estompent...

Puis, le silence comme un drap froid, le cœur qui ralentit, le souffle qui s'extirpe de ta bouche, l'entrejambe moite, le sperme sur le bord de tes lèvres. Et le repos enfin succède à l'apaisement... Mais, comme les braises sous la cendre, les méandres du désir, ce magma, si mystérieux suinte encore de toutes les pores de ta peau.

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