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Faites des rencontres coquines près de chez vous

Arlequin46

La catin

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Vingt deux autres camarades avaient rejoint Jacques, son frère et Hélène dans une maisonnette perdue au beau milieu des bois normands. Cet endroit, Jacques le connaissait comme sa poche ; avant la guerre, il était garde-champêtre et avait lui-même construit se refuge en bois.

Hervé, le chef d’un autre groupe du même réseau, avait amené un poste radio. Après avoir dispatché six hommes à l’extérieur pour prévenir en cas d’intrusion ennemi, il l’avait allumé et passé plusieurs minute à trouver la bonne longueur d’onde de la BBC ; tout le monde attendait à présent que démarre l’émission « Les français parlent aux français ».

Frantz Dietrich était arrivé à Caen en fin de matinée. Après avoir fait un long rapport sur l’état des fortifications des plages normandes, il avait été prendre un bon bain relaxant, puis s’était allongé trois heures, ordonnant à ce qu’on ne le dérange sous aucun prétexte.

A sept heures du soir, il fit appeler sa voiture et demanda au chauffeur de le mener au centre ville de Caen, chez Françoise Delcourt ; la jeune femme célébrait ce soir sa 25ème année d’existence.

Depuis la fenêtre de sa chambre de bonne, Françoise guettait la voiture de Frantz avec une certaine impatience ; cela faisait plus de deux semaines qu’elle ne l’avait pas revu et le temps lui avait paru une éternité. Elle savait que sa liaison avec un officier allemand était plus que très mal perçue ; elle n’ignorait pas que tout le monde la surnommait « la catin du bosh », mais elle s’en moquait ; elle l’aimait et ce depuis le premier jour où elle l’avait rencontré.

Elle avait bien tenté de lutter contre cet amour naissant, indécent en cette période de conflit, mais le cœur à ses raisons que la raison ignore et, par un bel après-midi de l’été 43, ils s’étaient déclarés leurs flammes et elle s’était toute entière offerte à lui.

La voiture apparut enfin. Françoise se jeta sur son imperméable, descendit les deux étages à une vitesse vertigineuse et se jeta enfin dans les bras de Frantz qui l’attendait sous le porche. Ils échangèrent un long baiser passionné.

- Tu m’as tellement manqué mon amour !

- Toi aussi mein liebling, répondit Frantz.

Du coin de l’œil, il vit la concierge qui les observait depuis sa loge, en secouant la tête dans un geste de désapprobation et de dégout. Jusqu’alors, ce genre de réaction le laissait impassible, mais, aujourd’hui, il se sentait de plus en plus inquiet pour la sécurité de la femme qu’il aimait éperdument.

- Que se passe-t-il Frantz ? demanda Françoise qui avait remarqué la tension soudaine du militaire.

- Rien, ma douce, ce n’est rien. Allons-nous-en !

Frantz déploya son parapluie et les deux amants se dirigèrent vers la voiture en courant d’un même pas.

- Où allons-nous ? demanda la jeune femme une fois installée.

- C’est une surprise, répondit Frantz en souriant.

Jacques tira une longue bouffée sur sa cigarette, recrachant lentement la fumée en pointant le regard vers le ciel. C’était encore une nuit sans étoiles, signe que la masse nuageuse était toujours aussi intense.

Pour l’heure, la BBC ne diffusait que ses programmes traditionnels, rien de bien intéressant pour un résistant français. Jacques avait donc décidé de sortir prendre l’air et tenté de remettre un peu de calme dans son esprit de plus en plus obsédé par son amour pour Hélène.

Même devant ses camarades, il avait une envie folle de la prendre dans ses bras, de gouter à nouveau à ses lèvres exquises, de lui crier son amour, mais, comme elle le lui avait si bien dit, le moment n’était pas choisi.

La porte de la maisonnette s’ouvrit brusquement ; le cœur joyeux, Jacques se retourna vivement, s’attendant à voir Hélène ; il eut du mal à cacher sa déception en voyant Hervé.

- Il ne fait pas chaud, fit ce dernier.

- En effet, mais il semble que la pluie se soit enfin arrêtée de tomber.

Hervé s’était tellement habitué au bruit caractéristique des gouttes d’eau s’écrasant au sol, qu’il avait fini par ne plus les entendre et ne s’était donc pas rendu compte qu’il ne pleuvait plus.

- C’est pourtant vrai, dit-il. C’est plutôt bon signe. As-tu pensé à ce que tu allais faire si Londres décidait de repousser à cause de la météo ?

- Non. Et toi ?

- Moi et mes gars, on a prévu une retraite du côté d’Orléans ; on a un contact là-bas.

Jacques tira une dernière fois sur sa cigarette, avant de l’écraser sous ses pieds.

- Je ne sais pas pourquoi, dit-il, mais je sais… je sens que tu n’auras pas besoin de cette retraite. Quelque chose me dit qu’ils vont débarquer, quelque soit les conditions météo.

Françoise et Frantz avaient passés deux bonnes heures au restaurant, discutant de tout et de rien, plaisantant et riant à tour de rôle, totalement insouciants ; il n’y avait plus d’allemand et de française, simplement un homme et une femme s’aimant d’un amour sincère, passionné, un couple échafaudant des projets d’avenir.

Frantz trouvait la jeune femme particulièrement belle ce soir. Elle avait laissé ses cheveux libres de leurs mouvements et il avait l’impression de voir une cascade dorée tomber le long d’un visage illuminé par un regard émeraude fascinant.

Après le dîner, les deux tourtereaux se rendirent dans les appartements militaires de Frantz ; ce dernier donna de nouvelles consignes pour que l’on ne les dérange pas, sauf cas d’extrême urgence. Une fois en tête à tête, il avait sorti un coffret recouvert de velours de l’un des tiroirs d’un secrétaire et l’avait tendu à Françoise.

- Je te souhaite un joyeux anniversaire, mein liebling.

Emue, la jeune femme prit le coffret et l’ouvrit d’une main tremblante. Frantz sentit son cœur battre de bonheur en voyant le regard de sa bien aimée s’illuminer encore plus.

- Cette parure de diamants appartenait à la mère de ma grand-mère maternelle, expliqua-t-il sur un ton solennel. Aujourd’hui, si tu le veux bien, elle entre dans ta famille.

Françoise planta son regard humide dans les yeux de Frantz. Elle voulait le remercier, lui dire quelque chose, mais aucun sons n’arrivaient à sortir de sa gorge nouée par l’émotion. Alors, avec une infinie tendresse, Frantz récupéra le coffret, le déposa sur un petit bureau et en sortit le collier de diamant serti d’émeraudes. Il écarta la longue chevelure blonde et accrocha le collier autour du coup de la jeune femme, puis recula de quelques pas pour admirer le résultat.

- Mein liebling, ce collier n’attendait que toi pour revenir à la vie ! Il faut que tu essayes les boucles d’oreilles.

Françoise se rapprocha de lui, mis ses mains autour de son coup, déposa un baiser au creux de son oreille et lui susurra :

- Les boucles vont devoir attendre un peu.

La 5ème Symphonie de Beethoven retentit enfin dans le poste radio ; dans un réflexe commun, tout le monde se rapprocha, comme pour mieux entendre ce qui allait être dit. Hélène vint s’asseoir tout prêt de Jacques, lui prenant la main.

« Ici Londres. Les français parlent aux français ».

Frantz remonta lentement le long de la jambe de Françoise, alternant caresses et baisers à fleur de peau ; il l’a sentait frémir à chacun de ces contacts. Il arriva devant le pubis et marqua un temps d’arrêt, humant la douce odeur suave qui en émanait.

Françoise poussa un petit soupir d’extase lorsque les doigts de Frantz vinrent fouiller son intimité, la pénétrant avec douceur, tout en malaxant son bouton d’or déjà bien gonflé par l’excitation.

En aveugle, elle tendit un bras et arriva à se saisir de ce qu’elle cherchait. La verge de Frantz était longue, bien dure ; elle se mit à la branler tandis que les doigts s’activaient de plus belle dans sa grotte trempé.

La main de Françoise était douce et chaude à la fois. Frantz s’était quelque peu décalé sur le côté pour qu’elle puisse mieux atteindre son sexe ; sa gorge commençait à s’assécher sous l’effet de la monté du désir. Son excitation monta d’un cran lorsque la jeune femme se mit à onduler sous ses doigts experts ; ses gémissements de plaisirs étaient devenus des cris de bonheur.

Elle sentit la vague déferler en elle, fut prise de spasmes incontrôlés. Elle sentit venir cette envie étrange, comme l’envie d’uriner ; soudain, son Mont de Vénus éjecta un long jet incolore, la faisant hurler deux fois plus fort, faisant trembler tout son corps de manière désordonnée.

Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits ; Frantz la regardait avec un sourire d’ange. Elle le fit s’allonger sur le lit, se mit à cheval sur lui et s’empala d’un coup sur sa verge ; à présent, elle voulait le faire jouir à son tour, sentir son sperme chaud venir percuter le fond de sa cavité.

Frantz ferma les yeux ; la caverne de sa belle était délicieusement étroite, lui faisant sentir d’autant mieux la pénétration.

Bien vite, ce fut à son tour de pousser des gémissements de plaisir ; Françoise le chevauchait avec une fougue effrénée, faisant sortir le membre masculin presque totalement, avant de s’y rassoir avec force.

Frantz commença à sentir les premiers picotements au creux de son ventre, la grosse veine de sa verge battre de plus en plus fort , ses gémissements étaient devenus des râles ; l’orgasme était tout proche.

Françoise le comprit aussi ; elle accéléra donc ses mouvements de va-et-vient, sentant une nouvelle vague se former au plus profond de son être. Elle sentit les mains de Frantz se crisper brusquement sur ses hanches ; leurs deux corps se déchainèrent à l’unisson et Françoise hurla une nouvelle fois sa jouissance, tandis que Frantz se répandait en elle.

La main d’Hélène serra un peu plus fort celle de Jacques ; Henry et Hervé se regardèrent, quelques peu incrédules, n’osant croire qu’ils avaient bien entendu.

« Les sanglots longs – Des violons – De l’automne ».

Les vers de Verlaine résonnèrent de longues secondes dans la tête de Jacques, avant qu’il ne réalise la situation.

- Tu avais raison, finit par lui dire Hélène. Tu avais raison Jacques !

Ces trois premiers vers confirmaient que le débarquement aurait lieu dans le courant de cette même semaine. Les trois prochains, donneraient le signal, aux résistants concernés, pour attaquer et détruire les cibles prévues de longues dates.

- Oui, Hélène, répondit Jacques, j’avais raison.

4 juin 1944, 11 heures du soir.

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:P :???: Merci de nous faire voyager dans le temps.... :P

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Invité

Vraiment magnifique...

Je ne trouve plus les mots Arlequin

Merci, de ravir mes yeux :???: avec une aussi jolie plume

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J'aime beaucoup ce chassé croisé entre différents personnages.

Il y a de l'émotion dans ton texte... Tu rappelles qu'à cette époque, des femmes et des hommes se sont aimé, malgré l'horreur de la situation.

Et puis, le corps à corps de Françoise et Frantz... pfiou... :P magnifiquement décrit.

:???:

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Que dire,face à un tel compliment ? Merci, Fani, cela me conforte dans la poursuite de l'écriture de mon roman

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