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sabounette

Histoire tragique,fantastique et érotique

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Grande fan de Claude Seignolle et de ses contes fantastiques, je me suis permise d’adapter à « ma sauce » l’une de ses histoires (« la morte ») que j’ai été amenée à raconter lors d’une de mes séances de contes pour adultes… et bien sûr d’y ajouter ma dose d’érotisme…c’est plus fort que moi !!!...voici donc une histoire tragique et belle comme je les aime…

Je suis morte de manière brutale et tragique un lundi sombre et pluvieux de l’an de grâce 1664…

Pensez-vous, chers lecteurs, que l’on puisse mourir d’amour ?...écoutez donc mon histoire et vous comprendrez que l’Amour est un sentiment puissant, avec lequel on ne doit pas jouer…

Mon âme reste désepérement accrochée au souvenir de mon premier et seul amour : Dorian…

La jeune étudiante que j’étais alors se souvient avec émoi du tout premier regard échangé, un électrochoc, un cataclysme dans tout mon corps…je me suis évanouie et retrouvée… dans ses bras à mon réveil…vision angélique de ce visage sculpté dans le marbre le plus fin, regard velouté aux cils délicatement ourlés, bouche sensuelle et admirablement dessinée…

A compter de ce jour, nous ne nous sommes plus jamais quittés ; à ces côtés mon corps de pucelle appelait avec force et passion ses caresses les plus audacieuses, je ne me reconnaissais plus ! J’avais perpétuellement soif de sa bouche sensuelle et je me languissais de ses doigts ô combien experts, et de sa peau laiteuse aux reflets marbrés tout contre ma peau métisse, attendant avec fébrilité ses mots crus chuchotés au creux de mon oreille, capables de me faire chavirer alors vers l’extase la plus totale…

Je ne quittais plus notre petite chambre de bonne et l’attendais parfois des journées entières enroulée dans l’un de ses vêtements pour m’imprégner de son odeur chaude et sucrée…et le soir il me transportait vers des terres inconnues, que je n’aurai jamais imaginé exister ; chacune de ses caresses me brûlaient la peau et en appelait d’autres plus précises…j’aimais qu’il me place devant notre grand miroir, lui derrière moi en train de me caresser à la lueur orangée des candélabres…l’amour est si beau que je ne rougis pas de vous en parler ainsi !...ses mains parcouraient mes seins et bien vite mes mamelons roulaient sous ses doigts, sa langue chaude venait lécher leurs bouts durcis de désir…

Sa main descendait lentement sur mon ventre, s’attardait sur mes cuisses qui faiblissaient et s’écartaient outrageusement, appelant avec force une caresse plus profonde…ses doigts me faisaient languir, il me regardait tanguer sous ses caresses, satisfait de l’effet provoqué…et il fallait qu’il voit dans le miroir mon regard briller de supplication, pour alors enfoncer fermement trois de ses doigts dans mon antre chaude, largement ouverte et dégoulinante de désir…il me faisait alors hurler de bonheur comme une louve face à la pleine lune…

Il m’avait fait perdre toute raison et il était devenu mon opium dont j’avais besoin chaque soir pour survivre.

Et puis un soir, il est rentré, trempé par la pluie ; le lendemain il a commencé à tousser et son état a empiré rapidement les jours qui ont suivis, me laissant désemparée, aux abois, le cœur prêt à exploser de le voir fiévreux et si mal…J’entends encore résonner à mon oreille les mots du médecin : « pneumonie » « fièvre foudroyante » « peu d’espoir »… mais je ne comprenais pas ! De quoi me parlait-t-il donc ? Mais mon Dorian allait guérir ! Il allait guérir, c’était certain !!!

Un matin j’ai retrouvé ma petite main seule dans sa paume largement ouverte, figée, froide…

J’ai vu ses proches venir chercher son corps, j’ai suivi comme une ombre le cortège funèbre jusqu’au cimetière…

Et c’est lorsque j’ai vu son cercueil descendre dans ce trou béant que je me suis mise à hurler comme une damnée, griffant à sang mon visage, arrachant mes cheveux par poignées, suppliant de toutes mes forces qu’on me rende mon bien aimé, mon amour…

Je viens de passer plusieurs mois dans une maison psychiatrique où les électrochocs ont laissé des traces brunâtres autour de mes tempes ; les docteurs en blouses blanches ont déclaré que j’étais désormais « guérie » de mon « mal » ; mais sachez que la douleur physique n’est rien face à cette douleur indicible qui me ronge…toujours terrée aux tréfonds de mon âme.

Je déambulais sans but dans les grandes avenues de Paris…et mes pas m'ont ramenés comme par enchantement vers le cimetière où était enterré mon Dorian.

Mon cœur s’est serré atrocement, le souffle me manqua soudain .Un désir fou s’empara alors de moi, irrépressible : j’avais envie de passer une dernière nuit avec lui à pleurer sur sa tombe…j’avais besoin de lui dire adieu, juste lui et moi.

Je suis restée des heures tapies contre un arbre ; j’eus tout le loisir d’observer ce jardin triste, rempli de roses sauvages, de cyprès vigoureux et noirs, nourris et abreuvés de chairs liquéfiées.

Lorsque la nuit fut noire, je me mis en route, touchant et palpant les pierres tombales, les grilles de fer, les couronnes de fleurs fanées ; je lisais les noms avec mes doigts en les promenant sur les lettres…lorsque tout à coup je m’arrêtais pétrifiée…une des tombes venait de se soulever sous mes pieds… ;à peine le temps de me jeter à terre que la dalle se souleva brusquement poussée par un corps qui était à l’intérieur !...la lune était faible mais je pus apercevoir ladite personne que je pensais être un de ces pilleurs de tombes ; mon cœur s’arrêta de battre lorsque je pus voir devant moi un grand squelette nu avec quelques morceaux de chairs nauséabondes encore accrochées à ses vieux os.

Il ne semblait même pas me voir.

Je le vis s’agenouiller devant sa pierre tombale où je pus lire difficilement :

« ICI REPOSE JACQUES OLIVANT - DECEDE A L’AGE DE 51 ANS- IL AIMAIT LES SIENS, FUT HONNETE ET BON, ET MOURUT DANS LA PAIX DU SEIGNEUR »

Et je vis soudain le mort saisir une pierre anguleuse et effacer son épitaphe…il gratta la pierre méticuleusement, puis, du bout de l’os qui lui avait jadis servit d’index il écrivit ceci :

« ICI REPOSE JACQUES OLIVANT- DECEDE A L’AGE DE 51 ANS -IL HATA PAR SES DURETES LA MORT DE SON PERE DONT IL DESIRAIT HERITER, IL TORTURA SA FEMME, TOURMENTA SES ENFANTS, TROMPA TOUT SON MONDE ET MOURUT MISERABLEMENT »-

Je m’aperçus alors que de toute part les morts expiaient leur faute en gravant leur vérité, alors que d’autres se contentaient de lire ce qu’ils avaient effectivement accompli, souvent de belles choses.Mais je me rendis compte qu’une majorité d’entre eux avaient été de vrais bourreaux pour leurs proches, haineux, malhonnêtes, vils et fourbes, qu’ils avaient accompli des actes honteux et innommables, toutes ces personnes soient disant irréprochables.

Je pensais aussitôt à mon cher Dorian qui avait fait tellement de bien autour de lui ; il avait, grâce à son cœur noble et généreux, apporté tant de beautés dans ce monde cruel ! Il m'avait rendu si heureuse!... Les larmes roulèrent sur mes joues…

Je le reconnus immédiatement de loin ; le costume sombre et élégant dont il était apprêté faisait paraître sa peau naturellement laiteuse comme phosphorescente !

Je me sentis défaillir à nouveau devant lui…

-« si tu m’aime, embrasse-moi… » Me dit-il alors.

Je n’aurai pu espérer pareil cadeau de la mort ! Pouvoir serrer à nouveau mon bien aimé avant son grand départ pour des mondes inconnus…

Ma bouche emprisonna ses lèvres froides et durcies, qui mêmes bleuies me paraissaient toujours aussi désirables ! Ma langue chercha avidement la sienne, s’enroula et je bus sa salive, sans me soucier de son corps en putréfaction…c’était mon amour vous comprenez ?!...la mort elle-même ne pourrait nous séparer !...alors que mes mains caressaient fébrilement son corps, que le mien était en fusion, il me repoussa doucement, le regard triste.

Je le vis alors, incrédule, s’agenouiller devant son épitaphe où était inscrit:

« IL AIMA, FUT AIME, ET MOURUT »

De ses belles mains aux longs doigts effilés il gratta l’épitaphe, avec tant de rage que ses ongles se décollèrent et sa chair s’écrasa mollement sur la dalle. Il macula la pierre de son sang pourri et de ses doigts jaillir ses os qui raclèrent les mots auparavant incrustés dans le marbre. Mon cœur se serra, je sentis mon souffle se couper.

De son os sanguinolent je le vis alors graver sur la dalle froide et rougie :

« IL N’AIMA QUE LUI-MEME. MANIPULATEUR, IL SEDUIT DE NOMBREUSES JEUNES FEMMES DONT IL FAISAIT COMMERCE. SORTI UN JOUR POUR SEDUIRE UNE NOUVELLE VICTIME, IL PRIT FROID SOUS LA PLUIE ET MOURUT BETEMENT »

Je tombais alors inanimée, foudroyée par une crise cardiaque d’une telle violence, qu’elle me fit littéralement exploser le cœur dans la poitrine !...

FIN.

:bisou: :aime:

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fantastique sûr!! érotique je ne sais pas mais agréable à lire!!

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judicieuse remarque mon ami! mais je sais aussi me laisser déborder par de nobles et tendres sentiments... lorsqu'une excitation diabolique ne m'étreint pas le corps! :aime2:

PS: non, je ne suis pas schyso! juste une sabounette! :clap:

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J'ai eu grand plaisir à lire ce texte, qu'il est beau :pardon: ! Tu es une conteuse de premier ordre, Sabounette, merci à toi :langue:

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Waouh ! Un écrit "ancien" que je ne regrette pas d'avoir déniché.

C'est vrai que ton texte dénote de ce qu'on a l'habitude de lire ici... mais il est magnifique. J'ai adoré te lire... et me rends compte que tu as vraiment plusieurs facettes !

:welcome:

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Guest Anonymous

J,ai adoré du début jusqu'a la fin, vraiment délicieux.

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Guest alexiane_

Merci Sabounette de me mettre la larme à l'oeil dès le matin..

Très joli, très touchant

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merci de faire remonter ce texte un soir d'HALLOWEEN!!! :):) la fête de "samain" pour les sorcières comme moi! :P:(:(:P :(

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Désolé, Sabounette, si tu repasses par là, j'ai pas résisté à poster un petit com sur ton texte.

Original, sombre, et cynique, avec un titre qui ne pouvait qu'attirer ma curiosité.

Bref, quand est-ce que tu repasses par ici pour nous écrire un autre texte de cette trempe ?

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