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Arlequin46

La dernière nuit

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Eisenhower écoutait attentivement tout ce qui lui expliquait son chef météo, James Stagg ; il semblait calme ; son visage était fermé dans une expression grave, le genre que l’on affiche lorsque nous sommes sur le point de prendre une décision lourde de conséquences.

James Stagg était beaucoup plus agité ; il tenait un papier à la main, un document dont il semblait se servir pour tenter de donner du crédit à ses dires. Il savait qu’il était dans le vrai : les calculs des deux autre groupes chargés de la météo, rejoignaient ses propres conclusions.

Enfin, Stagg se tut. Les deux hommes se toisèrent un instant du regard, puis Eisenhower se dirigea une nouvelle fois vers sa fenêtre ; bien qu’ayant baissé d’intensité, la pluie n’avait toujours pas cessé ; une tempête sévissait toujours au dessus de la Manche, semblant décidé à ne pas rendre les armes très facilement. Pourtant, Stagg lui certifiait qu’il y aurait une accalmie entre le 5 et 6 juin, une fenêtre à exploiter. Eisenhower faisait confiance au météorologue ; le 19 juin, c’était beaucoup trop loin dans le temps.

Eisenhower poussa un profond soupir et se tourna une dernière fois vers son chef météo. Ce dernier esquissa un mouvement de la tête, comme pour approuver la décision qu’il devinait. Le général décrocha son téléphone.

Londres, 4 juin 1944, peu avant 5 heures du matin.

Les yeux fermés, la tête légèrement en arrière, Suzana s’abandonnait totalement aux caresses de Jack. Elle avait le souffle court ; son corps réagissait au moindre effleurement de doigts.

Jack posa sa joue contre le pubis de la jeune femme ; il se régala de l’odeur aphrodisiaque qui se dégageait de l’antre humide, une grotte qu’il avait déjà possédé à deux reprises. Le jour allait bientôt se lever ; il savait qu’elle allait devoir repartir, mais il voulait la rendre heureuse, encore une fois… une dernière fois.

Suzana sursauta lorsque la langue râpeuse se mit à lécher son bouton d’or ; elle cambra les reins pour mieux s’offrir à ce contact.

Jack se mit à bouger sa tête de haut en bas ; dans le sens de la descente, la pointe de sa langue venait flirter avec l’entrée du vagin, suivit par son nez ; dans le sens de la montée, le nez pénétrait la grotte, aussi loin qu’il le pouvait, avant de venir percuter le clitoris, toujours suivi par la pointe de sa langue. Voyant que les hanches de sa douce ondulaient de plus en plus vite, il aspira le bouton d’or dans sa bouche, le suçant avec passion, frénésie.

Suzana chavira totalement dans ce nouvel orgasme, perdant le contrôle de ses pensées, des ses paroles, de son corps. Elle agrippa fermement la chevelure de son amant, plaqua sa tête contre sa vulve afin qu’il ne perde pas une goutte de la liqueur suave qui s’en dégagea au moment de la jouissance.

Suzana récupérait à peine de son orgasme, quand la porte de la remise s’ouvrit brusquement. Elle se tourna en sursaut et reconnu le soldat de la passerelle, accompagné par son chauffeur. Les deux hommes, subitement gênés par les deux amants en tenue d’Adam et Eve, se mirent dos à eux.

- Mon lieutenant, bredouilla le chauffeur, sans vouloir vous commander, il serait souhaitable que vous vous habilliez le plus rapidement possible.

- On a découvert mon absence ? s’enquit la jeune femme.

- Oui, mon lieutenant, mais je vous ai couvert. J’ai expliqué que j’avais dû vous raccompagner à votre appartement pour un problème… très féminin. Veuillez m’excuser, mon lieutenant. On m’a donc donné l’ordre de vous prendre à votre appartement et de vous conduire aussitôt au QG des opérations.

Jack et Suzana, qui terminaient de se revêtir, se regardèrent, comprenant que trop bien ce que voulait dire les dernières paroles du chauffeur militaire. Et, au cas où un doute aurait pu subsister, le soldat de la passerelle l’aurait chassé définitivement ; il expliqua à Jack qu’il régnait une forte agitation au port et qu’il était donc préférable qu’il regagne le Thomas Jefferson au plus vite.

Les deux amants se regardèrent à nouveau, en silence ; ils sentaient leur cœur se serrer ; le moment tant espéré, mais aussi tant redouté était arrivé.

- Non, Jack, finit par dire Suzana d’une voix rauque, ce n’est pas un adieu. Arrange-toi comme tu veux, mais je me refuse à ce que notre histoire s’arrête ainsi, ce matin ! Ne me dis pas adieu Jack !

Fondant en larmes, elle se jeta dans ses bras ; la gorge noué par l’émotion, Jack dut faire un immense effort pour la séparer de lui.

- Je t’aime, ma belle Suzana. Je suis certain qu’il ne m’arrivera rien, car je suis protégé par la force de ton amour. Nous allons nous revoir, à Paris, lorsqu’elle sera enfin libérée. Ensemble, nous irons visiter ce tas de ferraille qu’on appelle Tour Eiffel. Je t’aime, mon amour !

Jack tourna aussitôt les talons et disparu rapidement, suivi du soldat de la passerelle. Il savait qu’il ne fallait surtout pas qu’il se retourne, au risque de perdre tout courage ; il était heureux que la pluie n’ait pas cessé car, ainsi, ses larmes étaient masquées.

Moins de deux heures plus tard, le Thomas Jefferson et toute la flotte d’invasion ancrée à Portland, appareillaient pour rallier la zone de rencontre, appelée Piccadilly Circus, à 30 kilomètres au sud-est de l’île de Wight.

Portland, aube du 4 juin 1944.

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Invité

J'ai toujours été une grande fan d'histoire :cry2:

Un superbe mélange d'histoire et d'amour.

Merci Arlequin :bisou:

Je suis très fan de tes histoires

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