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Onyx31

BlackBerry vs iPhone : saison 1 épisode 6

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Vienne. À chaque évocation de ce nom, un léger sourire de contentement s'affiche sur les lèvres de Christelle de Valnor. C'est que ce lieu est chargé de souvenirs des plus agréables. À chaque fois, elle ressent la même sensation, une sorte de chaleur, lancinante, localisé dans son bas ventre.

Bienvenue à bord, je suis Philippe Smith votre commandant de bord. Nous sommes actuellement à 10 000m d'altitude, la météo est clémente. Heure prévu d'arrivée à Tokyo Airport, demain à 8h heure locale. Je me joins à tout mon équipage pour vous souhaiter un agréable vol à bord de ce Boeing 747 d'Air France.

Welcome on board …..

Christelle n'écoutait déjà plus, elle se demandait ce qui l'attendait là bas, au pays du soleil levant. Il y a déjà un mois que cette folle aventure a commencé. Elle ouvre son sac de voyage et en sort un exemplaire du Herald Tribune. Sur la première page, un numéro de téléphone, un smiley et un mot HELLO. C'est comme cela que tout avait commencé. Elle posa le journal contre sa poitrine, bascula sa tête en arrière sur l'appuie tête et se remémora se jour là. La seule fois où elle l'avait vu, l'homme au BlackBerry, Marc Aurèle.

Heureux doit être l'homme qui suscite une telle émotion.

Christelle ouvre les yeux et tourne la tête vers sa voisine qui vient de prononcer cette phrase dans la langue de Shakespeare, avec un adorable accent exotique. C'est une japonaise, jeune, entre 20 et30 ans, de beaux yeux noirs, sourcils savamment épilés, fond de teint clair et des lèvres peinte d'un rouge vermillon. Mais ce qui attire le plus le regard de Christelle, c'est sa tenue. Elle porte une veste noire bordée d'un liseré blanc qui lui tombe sur le bas des hanches. Elle est cintrée à la taille par une large ceinture de soie rouge imprimée d'oiseaux et de grosses fleurs blanches. Pour finir, une longue jupe crayon tombant jusqu'aux chevilles. Cette tenue est, de par sa coupe et sa matière, parfaitement dans le style des productions modernes de la haute couture européenne, mais, de part ses couleurs, ses motifs et son agencement, est porteuse de la tradition japonaise.

Paix intérieure.

C'est ce que dégage cette femme.

Pardon ?

Je disais simplement que l'homme qui suscite à une femme autant d'émotion doit avoir de très nombreuses qualités. Beaucoup de femmes éprouvent de l'admiration, de la passion, du désir, de l'envie, voir de l'amour. Vous c'est différent. Je dirais qu'il vous transcende, qu'il vous pousse à vous plonger au plus profond de votre être pour faire éclore tous vos talents, pour que vous abandonniez vos tabous et que vous vous révéliez, pour que votre épanouissement soit total.

Christelle est stupéfaite. Non seulement cette inconnue avait vu juste, mais elle avait réussi à exprimer très précisément ce qu'elle essayait désespérément de formuler depuis des jours, mais que, submergée par ses émotions diverses, elle n'avait pas réussi.

Cela l’intrigua.

Christelle de Valnor, enchanté.

Mineko Iwasaki, pour vous servir, dit elle en joignant les mains sur sa poitrine et en inclinant le buste.

Christelle hésite, mais pas très longtemps. Elle n'est pas femme à tergiverser. Elle décide de raconter toute son histoire à Mineko. Ce qu'elle n'imaginait pas à cet instant, c'est qu'une très forte amitié allait dorénavant les lier.

Ici Philippe Smith votre commandant de bord, il est 7h heure locale et nous allons amorcer notre descente. Il fait 23° temps nuageux. J'espère que ce voyage fut agréable. A bientôt sur un vol Air France.

Christelle avait la tête penchée au hublot, un sourire mutin au coin des lèvres.

Le Japon. Pays fabuleux.

Me voici, moi, Marc Aurèle, pour la première fois de ma vie à Tokyo. Je devrais être comme à chaque fois que je découvre un pays inconnu, attentif à tout ce que je vois, écouter, histoire de satisfaire mon inépuisable curiosité. Mais, aujourd’hui, j’étais ailleurs. Que fait-elle ? Je pense souvent à elle. J'ai déjà écouté de nombreuses fois sur mon BlackBerry l'enregistrement de son orgasme. À chaque fois je suis ému. Étrangement, ce n'est pas le côté sexuel de la chose qui me touche, mais plutôt le fait qu'elle ait volontairement décidé de me faire partager ce moment et qu'elle ait écris, en accompagnement,

Aux plaisirs futurs....

Je l'ai reçu comme une déclaration. De quoi, je ne sais pas, mais une déclaration. Je suis impatient, Pour ma première visite dans l'archipel du soleil levant, je me suis laissé aller à la facilité et ai réservé une suite au Sofitel. L'avantage des ses chaînes de business hôtel, c'est qu'une fois la porte franchie, vous vous sentez immédiatement chez vous. Tout est fait pour minimiser votre dépaysement. Et aujourd'hui, je n'étais pas là pour faire du tourisme, mais dans un but bien précis.

Je viens de finir la mise au point de la suite du scénario que j'ai imaginé pour l'inconnue du train. J'entre dans ma suite, balance ma veste de blazer sur un fauteuil, défait ma cravate que j'envoie valser je ne sais où, déboutonne mon col de chemise, me dirige vers le mini bar. J'en sors une bière, la décapsule et avale directement de longues gorgées glacée. Quand l'air vint à manquer, je retire le goulot de ma bouche en laissant échapper un grand « hannnn » de satisfaction.

Putain, que ça fait du bien.

J'aime parfois me laisser aller à une certaine forme de rusticité.

Brr, brr, brr, brr

Je sors mon téléphone. Allô ? Oui.....Je blêmi, me laisse choir sur le premier fauteuil venu.

Bien, ne bouge pas de là, continu d'attendre, je te rappelle. Je raccroche. Je pose mon BlackBerry, me prends la tête entre les mains et la balance en arrière.

Elle n'était pas sortie de l'avion, enfin, ce crétin de chauffeur la manquée oui ! Il ne va pas me faire croire que l'on peut se volatiliser comme cela. Elle a prit l'avion, c'est sur, mon indicateur sur place me la confirmé. Elle n'a pas sauté en plein vol non plus ! Donc elle est arrivée. Elle est là.

Pourquoi, pourquoi n'a-t-elle pas été voir le chauffeur comme les fois précédentes ? Elle ne veut pas me voir ? C'est ça, elle ne veut pas me voir !

Non, cela n'a pas de sens. Sinon, pourquoi il y a quelques jours m'aurait elle envoyé cet enregistrement avec marqué "aux plaisirs futurs", pourquoi aurait elle prit l'avion avec LE billet que je lui ai offert pour qu'elle puisse continuer l'aventure ?

Je n'y comprends plus rien.

Elle a été kidnappé par la mafia locale, ils vont demander une rançon, ou alors, elle a eu un malaise dans les toilettes, ou.....

Que faire. Réfléchir, vite.......... John.

John ne me refusera pas encore un petit coup de main. Je sais, il a très largement épuré la dette qu'il avait envers moi, mais je le paye royalement et surtout, il m'a avoué, que cela le changeait des filatures de maris volages et de femmes infidèles. Cela lui rappelait le temps où il travaillait pour le MI 5.

Je l'appelle, lui explique la situation. Il se renseigne. Quoi faire d'autre ? Rien. J'attends.

Une seconde bière. Puis une troisième. Et une quatrième. Ce fut au bout de la cinquième que mon téléphone vibra.

C'était John.

Alors, me dit il, ce n'est pas si simple avec le Japon. La seule chose que j'ai réussi à avoir, c'est la liste des passagers. Elle a pris l'avion. De plus, elle est bien passée à la douane à 9h15. Voilà.

Je réfléchis quelques secondes....

9h15 tu dis, son avion s'est posé à 8h, pourquoi tant de temps ? Elle n'a pas pris la sortie VIP, c'est ça ?

Non, me confirme John, elle est passé avec tout le monde, et tu sais ce qu'est le débarquement d'un 747 !

Pourquoi a-t-elle fait cela ?

Je ne sais pas répondit le détective. Mais pour le moment, nous n'avons que deux pistes. Premièrement fouiller son passé pour voir si elle a des connaissances sur place. Ça, je m’en occupe. De ton côté, essai de retrouver Mineko Iwasaki, elles étaient assises à côté d'après les numéros de places. Elles ont peut être parlée ensemble.

Merci John. On fait comme ça. Je recherche Mineko machin chose et on se tient au courant.

Quelques temps auparavant dans l’avion.

Christelle, est très intriguée par Mineko, son costume, son maquillage. Son visage révèle une paix intérieure, il est de toute beauté. Mineko quant à elle est émue par la française son histoire, sa découverte du plaisir, son voyage et Marc Aurèle. Les deux femmes parlent de leurs vies. Christelle de son métier, Mineko de son art. Cette dernière est une Geisha. Mineko, lui conte son entrée à 18 ans dans une "Okiya" (maison de Geisha), son apprentissage des différents arts. Les Geishas sont des artistes accomplies, elles pratiquent la danse, la musique et la traditionnelle cérémonie du thé.

Christelle est très intriguée par le récit de Mineko. Non seulement Christelle est une femme curieuse, mais cette univers l'attire. Imaginer que des femmes aient développé durant des siècles un monde dévolu uniquement au développement des sens uniquement pour le plaisir des yeux des hommes est stupéfiant. Jusqu'à présent, pour elle, les hommes étaient des pions sur l'échiquier de son business. Alors, se consacrer à eux ...

Et Marc Aurèle est arrivé.

Elle a envie de lui plaire, qu'il la regarde avec envie, avec passion, avec fougue.

Elle ferme les yeux et s'imagine, à la place de Miniko, en Geisha, appliquant ces arts divins à son héros, qui pour l'occasion serait son samouraï.

Le choc des roues sur la piste la tira de sa rêverie. Peut importe, elle vient de réaliser ce qu'elle veut. Depuis toute petite elle a toujours réussi à avoir ce qu'elle voulait et ne voyait aucune raison que cela ne cesse.

Jusqu’à présent, il avait été le maître du jeu ….. et bien ….. cela allait changer.

Alors que l’effervescence de l'arrivée gagnait la cabine, Christelle éteint son iPhone le plus calmement du monde. Par précaution, elle enlève la batterie. Puis se penche à l'oreille de Miniko. Les deux femme se regardent et échangent un sourire complice. Elles quittent l’avion dans la cohue générale.

Christelle de Valnor ne se prendra pas la sortie VIP.

Christelle de Valnor n’ira pas vers le chauffeur qui l’attendra.

Christelle de Vanor ne montera pas dans la limousine au champagne millésimé qui sans aucun doute l'attend au dehors.

Christelle de Valnor vient de changer les règles du jeu.

Que va penser Marc ? Que va-t-il faire ? Comment va-t-il réagir ? Elle essaie d'imaginer son visage lorsqu'il réalisera la situation. À la seule évocation de cette idée, elle ressent ce petit frisson si caractéristique. Il n'y a pas de doute, cela l'excite terriblement.

Christelle a demandé à Mineko de l'héberger ce que la japonaise à accepté avec un enthousiasme non feint. Les deux jeunes femmes rient de leur nouvelle complicité. Christelle, se laisse entraîner dans un autre temps, une autre vie. La française n'a pas encore de plan précis, mais sa confiance en elle est inébranlable. Elle ne sait pas trop ce qui l'attend, mais c'est tout l'intérêt de la vie.

Une sueur froide lui glace soudainement le dos. Et si Marc Aurèle ne la retrouvait pas ? Si elle venait de détruire d'un coup toute la magie de cette aventure ? Si ….

Nous arrivons lui dit Mineko. C'est mon quartier, le quartier des Geisha. Car Mineko est une Geisha réputée et honorée de Tokyo.

Fermez les yeux et imaginez : Un japon moderne, high tech, à la pointe de la technologie, quant au détour d’une rue, vous voici plongé dans un hanamachi (Ville fleur, quartier de Geisha), comme si le temps n’avait pas eu de prise, comme si la modernité s’est arrêté au bout de la rue. Vous voici à Akasaka le plus réputé des quartiers de Geisha à Tokyo.

Christelle en a le souffle coupé, elle regarde en arrière, non, elle ne rêve pas…Elle est hors du temps, dans une autre époque qu'elle imaginait révolue. Elle s’accroche à Mineko, qui lui sourit pour la rassurer. Son regard bienveillant la rassure. Il émane de cette femme un sentiment de plénitude, de sérénité.

Mineko est intarissable. Tous les deux pas, elle s'arrête pour expliquer à Christelle quelque chose, lui montrer ceci ou cela. Mais attention, Mineko ne joue pas au guide Touristique ! C'est la passion de cette femme pour un univers qui s'exprime. Une couleur devient l'expression d'un sentiment, un jardin un monde merveilleux. Mineko, décrit avec subtilité l'essence même de ses traditions, de son art où tout n’est que suggestion, tout est dans le regard, la gestuelle. Les Geishas sont avant tout des dames de compagnies. Les hommes ne sont pas autorisés à les toucher.

Tout emporté par la joie de faire découvrir ce monde de volupté, Mineko ne peut s’empêcher de lui fait une démonstration de danse au beau milieu de la rue. Ses gestes sont lents, doux, précis, aucune émotion ne se voit dans son regard, on perçoit à peine le bruit des pas. Christelle est subjuguée par tant de beauté, de grâce, de sensualité…Ses joues sont rosies d’émotion.

Suite 2024 Sofitel de Tokyo.

Je m’affale dans un fauteuil. Bon sang, réfléchi, Marc Aurèle, réfléchi. Je prends mon BlackBerry, le tourne entre les doigts, le repose, le reprends. L'appeler ? Lui demander des explications ? Non, cela n'a pas de sens. Nous avons, non, j'ai lancé un jeu stupide, stupide mais terriblement exaltant. Cela ne peut pas finir comme cela. Il me faut trouver.

C’est à rien y comprendre. Elle va me rendre fou? Que m’arrive-t-il ? Depuis que j'ai quitté Toulouse, je ne fais que penser à elle. Pourtant, des femmes, des belles femmes, des femmes sublimes, il y en a des millions ! Et moi, je suis là comme un con ! Qu'est-ce qu'il m'arrive ! Mais bon sang, ou est elle passé ? J'en crève de ne pas savoir, je me fais des films, des films d’horreur évidement. Le pire est quand je l'imagine dans les bras d'un bellâtre qui me regarde avec un sourire narquois tout en me faisant un doigt d'honneur.

Putain ! Christelle de Valnor où es tuuuuuuuuuuuu ?

J’envoie un uppercut contre le mur suivit d'un grand coup de pied. La douleur me ramène à la réalité. Je tourne en rond dans cette chambre, comment est-ce possible. On ne disparaît pas ainsi. Premièrement se calmer. Je me déshabille et me glisse dans la douche. Je laisse couler l'eau glacée sur ma peau. Au fur et à mesure que le froid pénètre mon corps, mon esprit se vide, mon corps se met à frissonner. Mes lèvres deviennent bleues. Là je mets l'eau chaude, très chaude. Et je me relaxe, tout occupé à sentir la chaleur diffuser progressivement dans toutes mes chairs. Douce sensation. Me voilà calme et détendu. Je suis perplexe. Je ne me reconnais pas dans cet hystérique. Je suis normalement quelqu'un de posé, étonnamment calme, quelqu'un de froid et de calculateur d'après ce que l'on me dit. Qu'est-ce qui me fait bouillir de la sorte ? Il va falloir que j’apprenne à maîtriser mes émotions.

Je passe une serviette autour de la taille et vais me servir une coupe de champagne. Je dois retrouver une certaine …. zut j'ai oublié. Je regarde le morceau de papier où j'ai griffonné le nom. Mineko Iwasaki. Comment faire. Je prends une gorgée de champagne, le laisse pétillé un peu sur ma langue avant de l'avaler et de sentir son arôme envahir ma bouche. Mon cher Marc, tu te ramollis. C'est pourtant simple. Je prends le téléphone, appelle la réception.

Oui, bonjour, je voudrais faire une surprise à une amie que je n'ai pas vue depuis longtemps. Elle ne sait pas que je suis là. L'adresse qu'elle m'avait laissée à l'époque n'est plus la bonne, vous pourriez m'aider ? Elle s'appelle Mineko Iwasaki.

Ce que j'apprécie dans ces palaces, c'est que tout le monde se met en quatre pour satisfaire vos moindres désirs. Et c'est ainsi que quarante cinq minute plus tard, on frappait à ma porte pour m'apporter ce que j'avais demandé. C'est aussi simple que cela.

Vingt huit adresses! Il y avait vingt huit Mineko Iwasaki à Tokyo même. Il y aurait pu y en avoir une centaine mon gars, alors courage. Je n'avais pas de temps à perdre. J'enfile un costume léger et me voici parti, plein d'entrain. Je confie la liste au chauffeur de taxi, et nous voilà parti pour la première adresse.

Durant ce temps, Christelle, sereine, est à mille lieux de s’imaginer la colère ou le désarroi de Marc Aurèle. Christelle de Valnor, se sent bien tout simplement.

Mineko, et les autres Geisha de l’Okiya (maison où vivent les Geisha sous la houlette d'une « mère » l'Okasan) sont aux petits soins, elles la lavent, la parfume, la masse. Elle se sent transportée dans un havre de paix ou le temps n’a pas de prise. Les femmes rient, parlent de leurs vies. Depuis Vienne, plus rien n'est comme avant. Dans le passé, quand elle sentait les mains d'une femme la masser, cela était relaxant. Aujourd'hui, lorsque les mains des Geisha glissent sur sa peau, lorsque les poils du pinceau caressent sa peau tout en étalant le fond de teint, tous ces contacts provoquent en elle ce petit frisson si caractéristique, petit frisson qui se propage dans tout son corps, qui fait hérisser ses poils, petit frisson qui fait durcir sa poitrine, petit frisson qui fait naître des picotement dans le bas des reins, petit frisson qui humidifie son entrejambe. Un petit frisson nommé plaisir. Elle ressent une envie soudaine de laisser sa main se glisser dans la moiteur de son intimé. Elle avait adoré se donner du plaisir. Elle a encore tellement de choses à découvrir, notamment sur son corps et son plaisir. Mais malheureusement ce n'était ni le lieu ni le moment.

La quiétude et la sensualité du moment est soudainement perturbé par la cloche annonciatrice de l’arrivée d’un visiteur. Personne n'est attendu ? Tout d'un coup, les Geisha se mirent toute à parler en même temps, proposant des noms, cherchant l'identité du visiteur ou de la visiteuse. Christelle retenait sa respiration tout en tendant l'oreille. Si c'était lui ? Rien qu'à cette idée, son excitation se décupla.

L’Okasan , vient chercher Mineko, un homme l’a demande, un occidental. Tous les regards se tournent immédiatement vers la française. La panique envahie Christelle. C’est Marc Aurèle. Elle ne pensait pas qu’il la retrouverait si vite.

Mineko se lève et sort de la pièce. Elle se déplace lentement à l'entré, dans la pièce où l'on reçoit les visiteurs. Marc Aurèle était là, guère à l’aise dans cet endroit hors du temps.

Mineko, se présente à lui :

Mineko Iwasaki, pour vous servir, dit-elle en s’inclinant et joignant les mains. Marc la salue assez gauchement tout en se présentant, mais elle ne lui en tient pas rigueur. Il ne peut pas connaître le protocole, enfin, pas encore. Il entre dans le vif du sujet, sans laisser le temps à Mineko de lui proposer un rafraîchissement. Il lui demande, si elle connaît une jeune femme nommée Christelle de Valnor, avec qui elle aurait pris l'avion.

Mineko, lui explique, qu’elle était en effet bien assise à côté de Christelle de Valnor, mais qu’elle n'en savait pas plus.

Marc ne sait pas pourquoi, mais quelque chose ne tourne pas rond. Son sixième sens, ou plutôt son sens des affaires lui laisse penser qu'elle ne lui dit pas tout. Il sent que Mineko, lui cache quelque chose. Quoi, il ne le sait pas. Il n'arrive pas à décrypter le langage corporel de la japonaise, immobile, impassible. Mais elle lui ment. C'est certain.

Vite réfléchir. Mais aucune idée ne lui vient, aucune stratégie, rien. Dans cette parenthèse temporelle un phénomène surprenant se produisit.

Pour la première fois de sa vie, Marc Aurèle va parler sans arrière pensée, sans objectif à atteindre, sans stratégie savamment établie.

Pour la première fois de sa vie, le français dit ce qu'il ressent.

Pour la première fois de sa vie il laisse sortir ce qu'il a au fond de son cœur, et qui plus est, à une inconnue.

On ne l'arrête plus. Il déballe tout, toute l'histoire, toutes ses turpitudes, toutes ses angoisses, tous ses espoirs. C'est très important, conclue-il, c'est l'histoire de ma vie. C'est une question de vie ou de mort.

Mineko sourit intérieurement en l'observant. Tout en l'écoutant, elle repense à la façon dont Christelle lui a parlé de cet homme.

Elle prit alors la parole. Je ne puis rien pour vous aujourd'hui, Monsieur, mais allez dans trois jours à la maison de thé su coin de la rue. Elle n'a pas le temps d'en dire plus que déjà l’Okasan intervenait pour mettre fin à l’entrevue et rappeler à Mineko ses obligations pour les jours à venir.

Je me retrouve seul, planté devant cette porte qui vient de se refermer. Que faire ? Je n'avais pas le choix. Attendre. J'allais attendre trois jours.

A quelques mètres de là, Christelle de Valnor est inquiète. Pourquoi Mineko tarde-t-elle ? Enfin, la voilà. Elle relate les faits à la française en oubliant, volontairement, de décrire l'état d'excitation profonde du français. Christelle n’en croît pas ses oreilles, Marc Aurèle la cherche. Se pourrait-il qu'il tienne à elle sincèrement !!! Elle voudrait rebrousser chemin, se jeter à corps perdu dans les bras de son héros. Se pourrait-t-il que ce soit lui l’homme qu'elle a secrètement attendu toute ma vie ?

Christelle de Valnor, dit Mineko, j'ai un cadeau pour toi. Dans trois jours, l'homme si cher à ton cœur se présentera à la maison du thé près d’ici. Tu pourras partager avec lui la cérémonie du thé. Tu verras, c'est un moment très important où vous serez inexorablement en communion avec le plus profond de votre être. Christelle est pétrifiée. Elle n’y connaît rien à la cérémonie du Thé. Mais Mineko la rassure déjà, elle lui enseignera l’essentiel. Elle précise à Christelle qu’à aucun moment, elle ne pourra lui parler, ni le toucher. La française est affolée.

Trois jours.

Trois jours de dur labeur dans l'Okiva car une Geisha doit pratiquer la cérémonie du Thé à la perfection. Les Geishas sont là pour divertir les convives et aucun faux pas ne sera toléré. Christelle découvre un univers où traditions et modernité coexistent en totale osmose. La voici en immersion totale, dans le monde fabuleux des Geishas. Avec l’aide des autres Geishas de l’Okiya, ainsi que de Mineko, Christelle est initié à la danse, art nécessaire pour se mouvoir avec grâce. Puis vint l'apprentissage de la cérémonie du thé. Une initiation longue et harassante parfois jusqu’au bout de la nuit. Elle doute, sera-t-elle à la hauteur ? Christelle, ne voudrai point décevoir, Mineko, les geishas, l’Okasan. Elles ont toutes été si prévenantes, elles lui ont massé ses pieds endoloris par les heures de danses, ses doigts brûlés par le thé. Chacune des femmes de l’Okiya a partagé son savoir avec elle. Christelle ressort grandi par cette expérience hors du commun.

Trois jours.

Les trois jours les plus longs pour Marc Aurèle. Il n’est quasiment pas sorti de sa chambre d’hôtel. Il est mal rasé, il a mal dormi, il s’est retourné encore et encore pour ne point trouver le sommeil. Trois jours à ressasser ses pensées, à essayer de comprendre ce qui lui arrivait, à essayer de donner un nom au flux d'émotion qui le submerge.

Enfin le jour J

Il se prépare, se rase, et redevient l’homme séduisant, celui qui avait su troublé l'inconnue du train. Chaque fois qu’il pense à elle, son cœur s’emballe. Il sorti machinalement son plus beau costume, prit son Blackberry et regarda si Christelle lui avait laissé un message. Durant ses trois jours, il avait inlassablement écouté l’enregistrement "Aux plaisirs futurs".

À l’Okiya, chaque geisha a prêté quelque chose à Christelle afin que celle-ci ait la tenue de la parfaite Geisha. Christelle est vêtu d’un Kimono de soie violet légèrement décolleté dans le dos, d’une ceinture de soie large noir nouée en tambour pour les femmes d’âges mûres. Son visage est entièrement fardé de blanc, les sourcils et les contours des yeux sont tracés avec du khôl noir, les yeux, les joues et les lèvres sont maquillées de rouge et de rose. Christelle, se regarde dans un miroir, elle est une Geisha. Elle ajoute juste sa petite touche personnelle...

Je hèle un taxi et me rendit chez à la maison du thé qu’elle m’avait indiquée. Je suis reçu par Mineko. Elle me demande de la suivre sans mot dire. Elle m’emmène dans une pièce vide.

Monsieur, me dit-elle, vous êtes ici dans une maison du thé. Ce lieu n'est pas une simple maison, c'est un univers régi par des règles très précises. Dame Christelle de Valnor conçoit à vous y recevoir pour une cérémonie du thé privée, à la condition express que vous respectiez à la lettre le code de notre monde. Ce n'est pas un protocole archaïque. Il a pour but de vous permettre de trouver la paix intérieure, de pouvoir aller sonder votre âme comme certainement jamais vous ne l'avez fait. Dame Christelle a été accepté parmi nous au titre de Geisha.

* Vous devrez accepter de vous laisser guider à travers les différentes étapes préparatoires

* Vous ne pouvez en aucun cas converser avec une Geisha

* Vous ne pouvez en aucun cas toucher une Geisha

* Vous vous devez de respecter l’art de la Geisha

* Vous observer le silence durant tout ce temps

Je reste sans voix. Quoi ? Une cérémonie du thé ? Ne pas pouvoir parler ? Mais elle se fiche de moi ? Je ne suis pas venu participer à une farce ou une mascarade, mais rechercher l'inconnue du train. Devant mon mutisme, elle m'interpelle.

Monsieur ? Êtes-vous d'accord ?

Que faire. Je boue intérieurement. Trois jours d'inactivité à attendre ce moment comme la délivrance, le moment où j'allais pouvoir enfin repartir avec elle et voilà qu'elle me propose de prendre un thé ! Est-ce que je lui déverse ma rage dessus ? Mes mâchoires sont crispées.

J'accepte, m'entendis-je dire. Je suis fou. Je suis dans un monde de fou.

Elle s'incline vers moi, et s'efface de la pièce à reculons. En sortant, elle fit coulisser le panneau constitué d'un cadre de bois recouvert de papier de riz. L'avantage de cette technique est qu'il permet de créer des espaces d'intimité tout en laissant passer la lumière.

J'étais seul. Et maintenant, je fais quoi ? Un autre panneau coulisse et laisse entrer deux jeunes filles, à peine la vingtaine d'année. Elles ne portent pas la tenue des Geisha. Peut êtres des servantes. Elles referment derrière elles et me saluent. Je leur rends leur salutation. Elles font quelques gestes sans mot dire. Que veulent-elles ? Ok, je comprends, elles veulent ma veste. Je la leur tends. L'une d'entre elle la plie consciencieusement avant de la poser par terre. L'autre me montre ma cravate. Quoi? J'hésite. Elles semblent y tenir. J'ai accepté les règles. Je dois donc m'exécuter. Je la donne. Au moment où elle me montre ma chemise, je commence à craindre le pire. Me voici torse nu. Je dois donner ma montre, mes chaussures, mes chaussettes. Je suis très gêné. J'inspire un grand coup et défait ma ceinture. Mon pantalon va rejoindre le reste de mes habits, par terre. Il ne me reste que mon boxer. Je sens une certaine fébrilité chez les jeunes filles même si leur visage reste impassible. J'enlève mon boxer. Me voici entièrement nu. Je perçois quelques regards furtifs vers mon sexe. Elles s'inclinent, me saluent, et se retirent à leur tour à reculons en emportant mes habits. Me voici de nouveau seul. De longues minutes s'écoulent. Le panneau s'ouvre à nouveau, et voilà deux autres jeunes apprenties qui entrent et me salue. Elles me font signe de les suivre dans la pièce d'à côté. Je m'exécute.

Cette pièce comporte en son centre un petit tabouret de bois et une grande bassine d'eau. Elles me font asseoir. La première prend un récipient et me verse de l'eau sur la tête. L'eau est chaude. Elle glisse sur mes épaules puis sur mon torse. Une des filles entreprend de me laver les cheveux. Mais rien à voir avec un shampoing de chez le coiffeur. Je dirais plutôt qu'elle me massait le cuir chevelu. D'abord avec le bout des doigts, puis avec les ongles, régulièrement, faisant de petits mouvements de va et bien avec ses doigts. Je me détends. Ferme les yeux. J'oublie que je suis nu. J'oublie les filles. Je sens juste ses doigts sur ma tête. Douce sensation. Je ne m'en lasse pas. Étrangement le reste de mon corps semble ressentir un manque. Tout mon corps réclame à présent le même traitement. À croire que les servantes ont deviné mes pensées, car la seconde commence alors à me mouiller le corps et à le savonner, avec le même rythme, tout en douceur. Je sens ses mains glisser sur mon corps aidées en cela par le savon. Elles commencent par les épaules, puis progressivement descendent. Petit à petit mon corps commence à être pénétré par une sorte de douce chaleur qui se répand de la tête au pied. Délicieux. Encore plus délicieux, lorsque cette douce chaleur va réveiller mon sexe, sentir celui-ci se gonfler progressivement, divin moment où il se décolle de mes bourses. J'ai l'impression que toute la douceur procurée par ces mains sur mon corps converge vers mon pénis. Il se dresse progressivement. Indescriptible état qu'est le mien. Ensuite, elles entreprennent de me laver les bras en même temps, avec la même cadence. C'est..., je ne sais pas comment le décrire. Mon sexe est quand à lui déjà collé à mon ventre. Après les bras, les mains, le ventre, le dos, le bassin. L'une d'entre elle s'attache maintenant à couvrir mon sexe de savon tout en le lavant, enfin, en le massant. Elle le décalotte. Ma respiration s'accélère. Je sens mes bourses se durcir. Je me concentre. Je frissonne. Ensuite vient le tour de mes cuisses. Je suis déboussolé, partagé entre le regret qu'elle n'ait pas été jusqu'à m’emmener à la jouissance finale, mais en même temps soulagé de pouvoir garder le peu de contenue qu'il me reste. Puis vint le tour de mes jambes et enfin des pieds. Elles s'attardèrent sur chacun de mes orteils. Divin. Je sorti de ma torpeur quand elles entreprirent de me rincer. Cela signifiait la fin de ce rituel, à mon plus grand regret. Elles me séchèrent. Et se retirèrent.

Une autre jeune fille entra et me fit signe de la suivre. La nouvelle pièce contenait juste une table et quelques flacons posés à même le sol. Elle me fit allonger sur le ventre. Mon sexe s'était un peu relâché mais je le mis quand même tout contre mon ventre en prévision de ce qui arrivait. Car il était évident que l'étape suivante était celle des massages. Effectivement, la jeune femme entrepris de me masser de la tête au pied. Mais quand je dis de la tête au pied, c'est qu'aucun muscle n'a échappé à ses mains expertes. Elle est partie de mon cou. Elle s'est attaché à détendre, à éliminer toutes mes tentions musculaires, et, magie de la nature au fur et à mesure que mon corps se relâchait, les angoisses, les turpitudes, les peurs à l'origine de ces tensions s'évanouissait.

Magie des massages qui à la fois délassent votre corps et vident votre esprit. Elle me fit ensuite mettre sur le dos. Mon sexe avait repris une taille normale. Elle se remit à l’œuvre, avec néanmoins une variante. Après être arrivé à mes orteils, après s'être assurée qu'il ne persistait pus la moindre tension dans mon corps, elle reprit ses massages en remontant vers mes jambes. Mais les massages étaient différent, son touché était différents, ma réaction fut donc différente. Elle cherche à m'exciter, c'est sûr. Elle y arrive à vrai dire facilement. Mon sexe repris rapidement de la vigueur. Ses mains ne le touche pas, mais remontent à l'intérieur de mes cuisses, caressant mes bourses, alternant entre effleurement et pression plus ferme. Elle en tire la peau entre ses doigts, la masse. Mon sexe est déjà à la verticale. Mais elle ne s'arrête pas là. À chaque fois que ses mains remontent vers moi, ses doigts s'enfoncent un peu plus dans la raie de mes fesses, vers mon anus. Son visage est tout prêt de mon sexe mais je ne sens que son souffle qu'elle utilise comme une main experte pour titiller mon gland. Je me prends à espérer quelle l'attrape avec ses lèvres. J'ai envie de lui plaquer sa tête dessus. Mais j'ai promis, ne pas toucher, ne pas parler. C'est divinement bon. Jamais je n'avais eu une telle érection, un tel plaisir sans que ma partenaire ne me touche le sexe. À ce moment là, je pense que le moindre contact direct avec mon gland aurait provoqué inévitablement plusieurs salves de sperme d'une puissance à la mesure de l’événement. Voyant que j'étais proche de l'excitation suprême, elle arrêta progressivement, puis entrepris de me parfumer l'intégralité du corps. Enfin, elle se retira à son tour.

Je suis seul avec mes pensées. L'excitation baisse progressivement. Je reprends mes esprits quand un panneau s'ouvre. Il laisse place à Mineko qui impassible s'avance vers moi. Elle me tend un kimono de soie et des sandales. Elle m'aide à me vêtir et à serrer la ceinture. Puis elle me guide vers un autre panneau, l'ouvre et me fait rentré dans un jardin japonais. Une forêt miniature ou chaque arbre, chaque fleur semble avoir été disposée de sorte à créer une harmonie parfaite. Sur un bord, une fontaine déverse un filet d'eau dans un bambou. Lorsque celui est plein, il bascule et laisse s'échapper l'eau tout en émettant un bang bang en rebondissant sur le bord de la fontaine avant de reprendre sa place. Ce bruit lent et régulier donnait à ce lieu une sorte d'intemporalité. Mineko me fait signe de m’asseoir devant une table basse ou était minutieusement disposé tous le nécessaire pour exécuter une cérémonie du thé à la perfection. Puis, elle se retira.

J'inspire. Je ne suis plus sur terre, pas au paradis, je suis ailleurs. Tout n'est que quiétude, bien être, calme, sérénité, en totale contradiction avec le monde extérieur, violent, agressif. Là, seul, face à cette nature parfaitement ordonnée, je comprends enfin. Je suis arrivé surexcité, envahie par des sentiments confus. En laissant mes habits j'ai abandonné le monde extérieur. En me lavant elles ont purifié mon corps. En me massant, elle a détendu mon corps et vidé mon esprit de tout sentiment parasite le rendant disponible. En m'excitant, elle a mis tous mes sens en éveil, pour que maintenant, mon corps et mon esprit soient en harmonie et en paix, ouverts et disponibles pour profiter au mieux de ce qui allait suivre.

Elle arrive de l'autre côté du jardin. Immédiatement je la reconnais. Mon cœur s'emballe. Mais c'est elle sans être elle. Tout est étrange ici. À l'extérieur, le maquillage sert à mettre en valeur les charmes de la femme, pour que l'on ne voie que ses atouts, comme des artifices qui occulteraient le reste. Ici le maquillage sert uniquement à faire ressortir l'essentiel, sans artifice. Pour la première fois je la vois différemment.

Sa beauté est une beauté « pure », rehaussé par sa blancheur. Tous les traits de son visage sont masqués par le fond de teint, et seules les courbes harmonieuses se dégagent. C'est de cette simplicité et de cette harmonie qu'elle tire sa force, son pouvoir envoûtant. Sa bouche, à la foi fine est charnue, de par sa couleur rouge, contraste totalement avec le blanc originel du visage. Je la vois comme une invitation à la gourmandise, mes lèvres ont envies de venir la goûter comme un fruit mur à point.

Ses yeux verts.

Toute l'expression de son visage passe par ses yeux sublimement mis en valeur par ses sourcils parfaitement épilé et surligné de noir. Je vois dans ce regard une formidable envie de vivre. Ses yeux brillent comme une lueur d'espoir, contraste encore plus saisissant avec l'impassibilité du visage qui frôle la résignation. Son kimono dissimule quasiment complètement ses formes, ne laissant deviner que le renflement de la poitrine et le ceinte de la taille.

Paradoxalement, elle semble dissimulée sous ce maquillage et ses habits, alors qu'elle se montre à moi dans toute sa simplicité, sans faux semblant.

Je suis perdu. Je ne sais quoi penser. Moi qui suis adepte des mini jupes, lingerie affriolante, décolleté plongeant, je suis émoustillé par la femme qui se tient devant moi. Elle s'incline pour me saluer. Je suis pétrifié. Je ne peux bouger et lui rendre la pareille.

Je l'observe me présenter tous les ustensiles qu'elle va utiliser. Le silence était total, rythmé par le bruit de la fontaine. Elle prend les ustensiles et commence à les purifier avec un linge blanc.

Qui est réellement Christelle de Valnor ? Pourquoi suis-je là. Qu'a-t-elle de différent par rapport aux autres ? Des femmes j'en ai connu. Des plus belles, avec plus de formes, des expertes du sexe. Je les ai aimées, enfin, je les ai baisé. Parfois, cela a été des moments extraordinaires, mais je les ai quittés sans regrets ou ce sont elles qui m'ont laissé. Jamais cela ne m'a touché. Je n'ai jamais fait plus d'effort pour une femme que prendre mon téléphone pour lui faire livrer des fleurs.

Pourquoi elle ? Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi cette femme d'affaire est là, à me préparer du thé ?

Je réalise soudain qu'elle a du travailler dur ces trois jours durant pour pouvoir m'offrir cette cérémonie.

Pourquoi moi ? Moi qui suis si superficiel, si matérialiste, si égoïste ? Pourquoi étais-je prêt à remuer ciel et Terre pour la retrouver ?

Je l'observe. Quelle maîtrise. Ses gestes sont précis. Aucun tremblement. Elle met l'eau à chauffer.

Elle pose tout, s'assoie comme moi sur ses talons et plante ses yeux dans les miens.

Je suis troublé. J'ai déjà croisé et soutenu son regard dans le train. Mais c'était des regards de défit, histoire de montrer que j'étais l'homme, le mâle, le dominant. Ici, je suis décontenancé. Ses yeux pétillent de vie. Elle semble me dire : regarde ce que je suis capable de faire pour toi. Je veux être celle qui t'apportera la sérénité et la plénitude, à toi, qui est capable de soulever des montagnes pour moi.

Je suis terrassé, abasourdi. À ses yeux j'ai envie de me montrer tel que je suis. Laisser tomber ma carapace de chevalier des temps modernes. J'ai envie de lui avouer mes faiblesses. J'ai envie de la protéger, de la voir sourire.

Elle prend l'eau. La verse délicatement dans un récipient dans lequel elle a déjà mis les feuilles de thé. L'eau frémis. Elle mélange le tout avec un fouet de bambou qu'elle tourne avec des gestes précis et régulier. Il se forme petit à petit une mousse uniforme à la surface. Elle attend que l'infusion soit parfaite. Puis elle verse le thé ainsi préparé dans un bol. Elle en essuie délicatement le bord avec un linge propre. Elle tourne le bol trois fois, dévoile légèrement son poignet et me tend le bol en prenant soin de ne pas croiser mon regard.

Lorsqu'elle relève délicatement sa manche, je suis subjugué. Cela peut paraître tout à fait ridicule, mais de la voir dévoiler quelques centimètres de sa peau alors que tout son corps est dissimulé soit par son kimono soit par son maquillage produit sur moi le même effet que lorsque je l'ai vu m’exhiber sa poitrine dans un restaurant londonien. Elle est sublime. Je prends le bol et le porte délicatement à mes lèvres. Je me dois de garder à ce moment toute sa solennité. Elle a mis beaucoup d'énergie pour me préparer cette cérémonie aussi parfaitement, je lui dois d'être à la hauteur.

Je bois. Le liquide s'écoule en moi. Je profite pleinement de l'instant. En acceptant et en buvant ce bol de thé qu'elle a préparé uniquement pour moi, je comprends que c'est une sorte de pacte que nous passons tous les deux.

Tout d'un coup, tout devient clair pour moi. J'en suis sûr.

Je l'aime.

à suivre....

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magnifique recit

j attend a suite impatiament

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Invité

Je me suis envolée au Pays du Soleil levant...Goûtée aux délices du monde des Geishas

Vienne, Tokyo... Que de voyages !

Jusqu'où va nous emmener Marc Aurèl !

Un voyage autour du monde qui sait :D

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Invité TomVodoo

Je suis admiratif de ton imagination. C'est un sacré beau récit que tu nous offres là. Le contraste entre la galerie de Vienne et l'exotisme de Tokyo est parfait.

Waw comme dit Eileen :D

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Jusqu'où va nous emmener Marc Aurèle !

Un voyage autour du monde qui sait :D

Qui sait! Vous pouvez toujours parier sur la prochaine destination :D

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Merci pour cette belle découverte du Japon, j'aime toujours autant ta façon d'écrire!

Ton texte est sublime, je suis sous le charme.

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