Aller au contenu

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

Onyx31

BlackBerry vs iPhone : saison 1 épisode 3

Recommended Posts

Mon BlakBerry en main, j’envoie un sms à l'inconnue du train.

Moi : Madame, j'ai bien reçu votre chaleureuse invitation. Je suis galant homme et l’honorerai donc. Mais souffrez que je le fisse à ma façon. Ne vous éloignez point trop de votre iPhone et ne perdez pas patience. Je ferais bon usage de votre numéro, soyez en certaine.

Mes hommages du matin.

Elle : Vous m'en voyez fort aise. Au plaisir de vous lire.

Voilà, cela va me laisser le temps de me retourner. L'ascenseur me descend au garage. Je vais retrouver ma voiture. À chaque fois que je la vois, je ne peux m’empêcher d'admirer ses courbes. C'est un objet parfaitement harmonieux qui sied à merveille à ma collection d’œuvre d'art. Il faut savoir que je suis seul, sans famille ni enfants. Mes amis ne sont que des relations professionnelles. Ma carapace de jeune cadre dynamique et épanouis n'est là que pour donner le changer, pour éviter d'étaler au grand jour une vie creuse, morne, sans rêves, sans idéaux, sans sentiments, sans …., sans amour. Je me drogue au travail pour oublier. Mes plaisirs sont futiles. Ils consistent à m'offrir mes « œuvres », de simples objets en fait. Jouir de ses possessions est pathétique, mais c'est mon quotidien. Je balaie ces mornes pensées et mes doigts se posent sur la croupe du bolide, glissent doucement le long de ses courbes exquises. Je m'installe au volant. Le V12 s'ébroue, le petit cheval noir cabré sur fond jaune au centre du volant semble me faire un clin d’œil et me dire : « prêt pour l'aventure ?»

Oui, je suis prêt. La berlinette italienne s'élance. Je prends la rocade, direction Blagnac. Je dois faire le point. Rien de mieux pour cela qu'une bonne table. Je me dirige donc vers l'Amphitryon. Quelques minutes plus tard, me voici installé à ma table préférée, dans la grande verrière. Aujourd'hui, ce sera Bar de ligne cuit et cru, Poutarde et yaourt parfumés à la dulce. Pendant que mes papilles gustatives s'envolent vers le Nirvana, mon cerveau cogite comme jamais.

Cela a été facile pour elle de me retrouver. Elle avait mon nom, internet l'aura aiguillé vers ma page LinkedIn et elle y aura trouvé toutes les informations dont elle avait besoin. Pour moi, ce sera beaucoup plus difficile, je n'ai que son numéro de téléphone … et sa signature ADN. Mais à moins qu'elle soit fichée comme délinquante sexuelle, cette piste est inutilisable.

J'ai terminé. Le chef, un ami de longue date, vient me saluer et nous apporte un vieil Armagnac hors d'âge. Nous discutons de tout et de rien. Je suis ailleurs. Il n'insiste pas.

Je reprends ma Ferrari et file direction Toulouse. Mon plan d'action est prêt. Les choses sérieuses peuvent commencer.

J'arrive place du Capitole, au Grand Hôtel de l'Opéra. Je descend de ma voiture, tends les clés au voiturier et entre dans le hall d'entrée. Je me dirige directement à la réception. Je décris l'inconnue du train. Évidement, tout le monde s'en rappelle. Je demande alors s'il était possible de louer la même chambre qu'elle. Le réceptionniste m'informe qu'elle avait loué une suite pour la semaine et que le service ne l'a pas encore remis en état. Encore mieux ! J'insiste pour avoir SA suite « en l'état » sans que personne ne touche à quoi que ce soit. Le réceptionniste hésite, j'insiste, me fait plus persuasif et enfin, brise toute résistance. Il accepte. J'ai même eu l’autorisation d'y faire livrer quelques objets personnels. Il faut dire, que j'ai pris cette suite pour toute l'année.

Je monte à l'étage, arrive devant la porte. Je respire calmement. Je profite de l'instant. Je vais, d'une certaine manière, pénétrer son intimité.

La porte s'ouvre sur un vaste vestibule.

J'entre. Je hume l'air à a recherche de son parfum. Je pénètre dans le salon. Il y a les restes d'un plateau repas. Elle a donc du dîner tard, ou voulait être seule. Sur le plateau d'argent frappé de l'emblème de l'établissement, il y a une flûte à champagne, un sot avec une bouteille de Moet & Chandon 2005. Elle aime donc les champagnes sucrés. La flûte est vide. Je la remplis, l'attrape, la soulève, cherche la trace de ses lèvres sur le cristal. Je pose religieusement mes lèvres à cet endroit et absorbe une gorgé du liquide. Je le teste. Il est chaud et partiellement éventé. Mais son petit goût sucré est toujours là. Il y a aussi une assiette avec un reste de poisson, une corbeille de fruits. Quelques noyaux de cerises et d’abricots jonchent l’assiette. Je pose la coupe, prends un noyaux d'abricot, le porte à ma bouche et ferme les yeux. Je lui cherche un goût particulier. Mais rien. Je continu de le suçoter tout en continuant mon inspection.

Je passe dans la chambre. Le grand lit au draps de satin est défait. Une seule place a été utilisé. Derrière le lit, quelques poches à l'enseigne de grands couturiers. Elle a fait quelques emplettes. Je regarde à l'intérieur. Peut être a-t-elle laissé le ticket de caisse. Non, mais une poche Aubade attire mon attention. Elle est vide, mais remplie mon imagination d'images et d'odeurs sensuelles.

Je me dirige vers la salle de bain. Le linge de bain est négligemment posé sur le rebord de la baignoire. Il y a encore un peu d'eau au fond. Un bocal de sels de bains cannelle orange ouvert est posé sur le rebord. Je fais couler l'eau, y verse juste ce qu'il faut de sels et continue mon inspection. Les serviettes sont encore humides. Je regarde le contenu de la poubelle. Tampons en coton colorés, elle a donc changé la couleur de ses ongles, certainement pour l'assortir à sa tenue.

La baignoire est prête, je me déshabille, plonge dans l'eau chaude, ferme les yeux, et me laisse aller à rêver à cette inconnue que je traque, tel un limier. Je nous imagines, galopants sur une plage désertique, elle sur une jument blanche, moi à sa poursuite sur un entier noir ébène. Je la rattrape, arrive à sa hauteur. Elle me regarde, me jette un regard de défis du style « attrape moi si tu le peux ». Nous galopons, cheveux au vent, la brise marine venant stimuler nos sens. Je saute alors sur sa monture et je me retrouve juste derrière elle. Mes mains l'attrape par la taille, ma tête, balayée par ses cheveux noirs se colle à sa nuque. J'y dépose un baiser. Mes mains remonte vers ses seins, je les empoigne. La belle fait accélérer sa monture. Mes doigts glissent alors le long de ses bras, se positionnent juste sur ses mains, se saisissent des reines et stoppe brutalement la jument qui freine des quatre fers. La belle se trouve plaquée contre moi. Nous glissons de la monture, trébuchons et roulons par terre. Je me retrouve sur elle, ma bouche à quelques centimètres de la sienne, je ….

brr, brr, brr

Putain de téléphone ! Je le laisse vibrer dans la poche de ma veste. Mon rêve s'est évanoui. Je plonge entièrement sous l'eau, attend le dernier moment, quand mes poumons vont exposer, puis ressort violemment la tête de l'eau. Enfin, de l'air. Je repose ma tête sur le bord de la baignoire et me laisse envahir par l'odeur de cannelle de l'eau.

Je frissonne. L'eau est presque froide. J'ai du m'assoupir. Je sors, me roule dans le drap de bain qu'elle a utilisé et me sèche. Je me dirige nu vers le lit, me glisse à sa place et me roule dans ses draps, la tête dans l'oreiller à la recherche de la moindre odeur. Jouissance extrême, je décèle encore les fragrances de Poison de Dior. Tel un amant rompu par l'acte d'amour, je m'endort, un sourire béat sur les lèvres.

Je me réveille en sursaut. Je regarde mon bracelet montre. 16h. Je me lève paré de ma tenue d'Adam. Je retourne à la salle de bain. Mes affaires sont par terres, froissées. Je récupère mon BlacBerry. Je retourne m’allonger sur le lit, les yeux rivés au plafond.

J'appelle mon avocat et amis, et lui demande de s'occuper de la vante de mon loft. Il tente de m'en dissuader, argumentant qu'il est exceptionnel et que jamais plus je ne retrouverai les mêmes prestations. C'est vrai. Je l'ai trouvé à l'époque grâce à un amis agent immobilier. C'était un vieux commerce avec son entrepôt. 210 m2 au cœur de Toulouse aménagés par deux talentueux architectes d'intérieurs parisien. Il est unique, mais je n'y n'ai aucun souvenirs. Il ne représente rien pour moi. Je vais avoir besoin d'argent pour l'aventure de ma vie. Ma décision est irrévocable. J'obtiens toujours ce que je veux alors, évidement, il accepte.

Je m'habille, sors de la suite. Au passage à la réception, je demande à ce que le service fasse ma suite. Je récupère ma voiture et retourne chez moi.

Un immense open space avec séjour bureau cuisine de 150m2 tout en brique avec des plafonds à 6m de haut. Attenant, à cette pièce, toilettes et salle d'eau. Les cuisine, salle d'eau et toilettes sont surmontés par une voûte donnant à une mezzanine. On y accède par un large escalier en fer forgé. À l'étage, 60 m2 où trône un lit, un dressing et une salle d'eau, le tout sans aucune cloisons évidement. Du lit, on a, soit une vue plongeante sur la pièce du bas, soit une vue sur la Garonne à travers une grande verrière.

Mais je ne suis pas là pour admirer le lieux. Je sors mes bagages en cuir assorti à la sellerie de ma voiture, y entasse à la va vite quelques costumes, effets personnels. Je récupère mon PC portable. Je mets tous mes papiers personnels dans une grande malle en bois et cuir fin 18ième. Je mets mes « oeuvres » essentielles au milieu de la pièce avec une feuille marquée : à livrer au Grand Hôtel de l'Opéra.

Avant de sortir, je me retourne une dernière fois. Je n'ai aucun regret. Ce lieux ne fait remonter aucune émotion, aucun sentiment, aucun souvenir. Je sors et ferme la porte à clé.

Je m'installe dans ma voiture. J'appelle Pauline sur son numéro personnel. Je tombe sur sa messagerie. Je lui explique ce qu'elle doit faire des effets restés chez moi. Je raccroche. Je la rappelle pour lui dire qu'elle a toute ma confiance, que je suis convaincu qu'elle réussira aussi bien que moi, voir mieux. Je finis par la remercier pour tout et lui souhaite d'être heureuse.

Ensuite, j'appelle mon associé, lui explique la situation. Je prends une année sabbatique. Je lui explique que je veux nommer Pauline directrice opérationnelle et que mon salaire actuel lui soit reversé. Je garde uniquement le tire de D.G. et mes dividendes, qui, en tant qu'associé majoritaire, représentent quand même plusieurs centaines de milliers d'euros par an.

Voilà un trait est définitivement tiré sur mon passé. L'avenir est devant moi. Il m'appelle à bras ouvert.

Je démarre, attrape l'autoroute. Direction Londres.

Pourquoi Londres ?

Vous devez savoir, à ce stade de l'histoire, que, pour de simples questions fiscale, ma holding est basée à la City de Londres, même si l'essentiel de nos affaires se traite à Toulouse et Paris. D'ailleurs, ma voiture a une immatriculation anglaise, ce qui m'évite quelques soucis avec la maréchaussée française. J'appelle mon collaborateur sur place pour le prévenir que j'arrive et qu'il prenne, comme à son habitude, ses dispositions.

L'autoroute se dégage peu à peu, je branche mon avertisseur de radar, allume mes feus de croisement, et je mets le pieds au plancher. Je suis littéralement collé au siège par l'accélération, le vrombissement mélodieux du moteur dans les oreilles, les sonorités qui passent du grave à l’aiguë lorsque l'aiguille du compte tour vient titiller la zone rouge. L'impression de puissance est totale. C'est jouissif. Freinage brutal, je passe rapidement de 230 à 110 pour éviter le papy devant moi. Il se rabat, je repars, une ligne droite, personne à l'horizon, je libère la cavalerie d'un coup. L’aiguille du tachymètre s’envole régulièrement, 150, 200, 250 et enfin le mythique 300 km/h. J'adore. J'adore passer cette limite symbolique, la toute puissance qu'elle procure, l’insouciance, le plaisir de braver les interdis. Je lâche l'accélérateur et me cale sur un petit 180. Je sais être raisonnable quand il le faut.

Quelques heures plus tard, quelques ravitaillement d'essence effectués, j'arrive à Calais, prends l'Eurostar, et me voilà dans la capitale du vénérable empire.

Londres, enfin. La partie peut commencer. Nous sommes au milieu de la nuit. Je me dirige donc vers se palace londonien ou une chambre m'est déjà réservé. Je m'affale sur le lit. Je sombre dans un sommeil réparateur.

6h. je suis réveillé.

J'ai minutieusement préparer mon plan pour découvrir l'identité de l'inconnue du train. Je trépigne d'impatience jusqu'à 8h. N'y pouvant plus, je fonce au siège de ma holding.

Il y a deux ans, un cabinet de détectives privés londonien nous avait sollicité pour trouver en toute discrétion qui avait piraté les comptes mails d'un de ses clients. Je récupère ses coordonnées, prends rendez vous pour le jour même.

Je prends un taxi, et file sans plus attendre le rencontrer.

Je lui explique mon plan. John, le détective, hésite un peu devant le côté illégal de certains aspects de ma démarche. Mais j'ai un argument massue. Son prix sera le mien. Affaire conclu. Nous passons toute la journée dans son bureau à régler le moindre détail.

18h. Je sors mon blackBerry et envois le message suivant à l'inconnue du train.

Moi : Madame, je vous attends ce samedi matin à Heathrow airport, votre heure sera la mienne.

En vous souhaitant bon voyage.

J'attends. Les minutes s’égrainent. Toujours pas de réponse je m'impatiente. Une heure plus tard, je frôle l’hystérie. Une heure quarante cinq minutes et trois whisky plus tard, mon téléphone vibre.

Elle : j'y serais.

Je m'affale sur un fauteuil, vidé.

Le samedi matin, dès l'ouverture de l'aéroport, John, son équipe et moi sommes sur le pieds de guerre. Nous somme au PC de vidéo surveillance. J'ai fait passé aux opérateurs la photo de l'inconnue que j'avais prise dans le train.

Attente interminable.

11h28. Quelqu'un s'écrie. Elle est là, terminal A3, provenance Berlin. Il zoome sur elle. Provocation ou jeu, elle porte le même tailleur que lors de notre première rencontre. Elle se dirige vers l'espace de retrait des bagages. John prend un walky talky. Plus bas, un jeune homme d'une vingtaine d'année au look d'étudiant revenant de vacances, reçoit dans son oreillette la description de la femme. Il se dirige vers elle, observe discrètement les alentours. Il choisi le bon moment, dans la cohue prêt du tourniquet à bagages. On le suit du PC de surveillance. Il plonge la main dans le sac de la femme et en ressort une pochette. Il s'éloigne tranquillement, et dès l'angle du couloir franchi, cours vers les toilettes. Il y entre, donne l'objet dérobé à un homme portant des gants de latex. Ce dernier ouvre la pochette, en sort les papiers, cartes d’identité passe port, carte de crédleur place. Une fois fini, l'étudiant de circonstance repart, trouve la femme, la bouscule, s'excuse. Voilà. C'est fait. La pochette a repris sa place originelle.

John reçoit un appel sur le waly talky. La femme s'appelle Christelle de Valnor, 35 ans, productrice de défilé de haute couture. J'apprendrai plus tard, grâce à John, qu'elle est issue de la vieille noblesse française.

John reprend son walky talky. À la sorti du terminal, un chauffeur en livrée noire reçoit dans son oreillette le nom de Christelle de Valnor, qu'il inscrit aussitôt au marqueur sur une pancarte qu'il lève bien haut.

Je donnerai bien ma Ferrari pour voir sa tête quand elle lira son nom sur la pancarte !

Effectivement, à la sortie du terminal, l'inconnue, qui n'en était presque plus une, se figea à la vue de son nom. Elle hésita, puis se dirigea vers le chauffeur.

Bonjour Madame, vous êtes bien Christelle de Valnor ?

Oui.

J'ai été prié de vous conduire à votre hôtel.

Lequel ? Demanda-t-elle ?

Le 41ième, répondit il. Elle séjourne souvent à Londres pour ses affaires et connaît très bien ce palace réputé pour son service impeccable.

Je suppose que vous ne savez pas qui a fait la réservation ?

Non madame.

Allons y, dit-elle en montrant ses bagages. Il prend la sortie VIP, montre son laissez passer et charge les bagages dans le coffre d'une Rolls Royce blanche. Il ouvre la porte à la femme et s'installe au volant.

Confortablement installé sur la banquette de cuir Connolly, Christelle remarque immédiatement la bouteille de Moet & Chandon 2005 dans le mini bar. Elle souri, et prend son iPhone.

Elle : délicate attention que ce champagne, soyez en remercié. Je constate avec enthousiasme que vous avez, effectivement, fait bon usage de mon numéro.

Elle se sert alors une coupe, branche son iPhone sur la prise ad hoc de la chaîne hifi de la limousine, met Aretha Franklin en musique de fond, enlève ses escarpins et poses ses pieds sur l'épaisse laine vierge du tapis. Elle ferme les yeux et se laisse bercer jusqu'à l'hôtel, un léger sourire aux lèvres.

Elle est sortie de sa rêverie par le portier du palace, ce qui signifie qu'elle est arrivée à destination.

Une suite a été réservé à son nom. A l'intérieur, une table remplis de fleurs aux couleurs et senteurs variées trône dans le salon. Sur une table basse, quelques magazines de modes et un sot à champagne avec toujours le même millésimes. À côté, deux flûtes.

Deux flûtes ?

Nerveusement, elle fait rapidement le tour du propriétaire. Vide.

Elle prend son téléphone.

Elle : dois-je vous attendre ?

Moi : plus tard, peut être, mais d'abord ce sera moi qui vous attendrez, ce soir aux trois garçons, à 20h.

Elle frémi.

Elle : dois-je prévoir quelque chose de particulier ?

Moi : soyez vous même, je ne vous en demande pas plus.

Elle : j'y serai.

Elle porte son téléphone contre sa poitrine, le serre très fort et ferme les yeux.

Les trois garçons est un restaurant un peu particulier à Londres. L’ambiance est inimitable, un mélange d'ancien, de moderne, de classique, de rococo. On aime ou non, mais on ne peut pas y rester insensible. La carte est à l'avenant. J'y ai de bons souvenirs.

L'heure arrive. Elle demande à la réception de tenir sa limousine prête. Elle descend. Elle est vêtue d'une robe de soirée à fourreau noire, sans bretelles. Sur le bas, de petites fleurs de soies sont cousues. La robe a été légèrement saupoudré de poussière de diamant, jouant ainsi avec la lumière. Celle qui la porte semble rayonner de mille feus. Quatre rangées de perles ornent sa poitrine. Coiffure sophistiquée. Ses escarpins assurent à sa démarche un côté glamour qui ne peut laisser sans effet.

Elle entre au restaurant, le majordome l'installe à la table qui lui a été réservé.

Elle s'installe. Pose sa pochette à côté d'elle. Son téléphone vibre. Son cœur fait un bon.

Moi : vous êtes divine madame.

Elle : vous êtes la ?

Moi : ici et ailleurs …

Elle voit les deux couverts dressés sur la table.

Elle : un gentleman ne fait pas attendre les dames

Moi : sauf à vouloir faire monter le plaisir

Elle : je ne suis pas pour les plaisirs solitaires.

Moi : vous n'êtes pas seule, je suis là, près de vous …

Elle tourne rapidement la tête et balaie la salle du regard. Il est tôt, peu de clients. Un vieux couple, deux jeunes tourtereaux, quelques jeunes de bonnes familles qui doivent fêter un joyeux événements, un femme seule, plongée dans sa lecture.

Elle : vous avez le don d'invisibilité ?

Moi : non, celui de vous surprendre ….

Moi : et j'ai la ferme intention d'en abuser

Elle : et maintenant, dois-je monter sur la table pour vous faire un strip tease ?

Moi : l'idée me plairait assez. Si cela vous chante, laissez vous aller. Sinon, vous pouvez toujours commander.

Elle pris donc commande. Champagne et des Tortellini au crabe de Dorset.

Elle dégustait son champagne en attendant d'être servie. Je la voyait soucieuse. Je suis sur qu'elle se demandait où j'étais, comment j'avais su tout cela sur elle, son nom, son champagne préféré. Cela m'excite. Pour tout dire, elle n'a pas fait attention qu'à la table de la femme absorbée par son livre, contre le chandelier, est posé un BlacBery dirigé vers elle. grâce à la visio conférence, je pouvais assister à la scène. j'étais derrière le restaurant dans le Range Rover de John, à quelques dizaine de mètres, mon PC sur les genoux et mon BlackBerry à la main.

Son plat arrive.

Moi : judicieux choix que ces Tortellini au crabe de Dorset.

Elle : vous croyez m’impressionner ? Il en faut plus.

Elle prend alors un malin plaisir à porter à ses lèvres peintes, les mets de façon légèrement provocatrice.

Elle : vous ratez quelque chose c'est délicieux.

Moi : je me réserve pour le dessert.

Elle : un gourmand ? Attention à l'embonpoint !

Moi : peut importe la gourmandise, il suffit de pratiquer la bonne activité sportive.

Elle : espionner une dame, je n’appelle pas un sport, mais un vice.

Moi : se laisser espionner, j'appelle cela aimer jouer. Alors jouons.

Moi : allez au toilettes des femmes. Vous y trouverez une serviette posée sur le bord du lavabo. Regardez dedans et jetez un œil à votre téléphone.

Elle : on ne me dicte pas ma conduite.

Moi : je ne vous ordonne rien, je vous suggère juste, pour le dessert.

Je la vois se dandiner sur sa chaise. Elle hésite. Elle est nerveuse. Elle essuie ses lèvres du bout de sa serviette, se lève et se dirige vers les toilettes. Elle croise la femme au livre, ma complice, qui en sort juste.

Les toilettes des dames sont toutes carrelées d'une mosaïque monochrome dans le tons vert bleu. Au mur, des appliques façon cristal brut, délivrent une lumière tamisée. En face de la vasque, un miroir rococo de grande taille. Tout prêt, une serviette impeccablement pliée.

Elle regarde partout. Les toilettes sont vides. Elle soulève la serviette.

Elle tressaille.

La leçon N°8 était là, sous ses yeux.

Brr, brr, brr

Moi : lancez skype sur votre iPhone, posez le devant vous. Mon pseudo est Marc Aurele. Enlevez vos dessous et passez votre guêpière. Ensuite, posez vos dessous dans la serviette et retournez vous asseoir.

Je ne voyais pas sa tête, mais j'étais excité au plus haut point. John, par pudeur, sorti griller une cigarette.

Elle pris son téléphone et tapa : obsédé, mais ne l'envoya pas.

Elle hésita, se tourna, alla à la porte. On ne pouvait pas la fermer. Tout le monde pouvait entrer. Ses mains tapotaient son iPhone, elle hésitait. Tout semblait flou en elle,. Il y a avait cette fierté de ne pas céder au premier venu, cette peur d'être prise sur le fait, mais au fond d'elle, il y a avait cette envie qu'elle ne savait définir, envie qui la troublait depuis son arrivée à l'aéroport. Refuser serait mettre un terme au jeux, à l'aventure. Et ça, elle ne le voulait pas, elle ne le pouvait pas.

Je n'en pouvais plus d'attendre. Que faisait elle ? Mon érection commençait sérieusement à me gêner.

Brr, brr, brr

Elle : vous voulez jouer, soit, alors ouvrez bien les yeux.

Nouvelle demande de contact Skype : Christelle de Valnor. J'accepte. Appel vidéo. J'accepte. Je la vois, là, devant moi. Les couleurs sont blafardes, mais je ferais avec.

Elle avance sa tête vers l'objectif, fais mine d'y poser un baiser. Elle se relève, passe ses mains sur ses seins, sans mot dire. Ses mains descendent sur ses hanches, passent sur ses fesses et remontent à ses seins. Elle descend le bustier de sa robe. Un soutien-gorge sans bretelle en dentelle noire cache sa poitrine. Ses mains glisses derrière vers l'attache, puis rapidement elle jette son soutien-gorge sur l'objectif.

Putain !!

La frustration est à son comble. J'enrage.

De trop longues minutes s'écoulent. L'image revient. Elle est devant moi, tout habillée. Elle m'envoie un bisou en soufflant sur sa main. Elle montre fièrement un tonga de dentelle noire assorti au soutien-gorge qu'elle met dans la serviette, comme je lui avait demandé. Elle se retourne. Je vois alors ses fesses, magnifiques. Elle se retourne une fois de plus et me fait face.

Elle descend alors doucement les bretelles de sa guêpière, laisse ses mains sur ses seins un instant qui me semble une éternité et fait glisser le bustier de sa robe sur ses hanche, m'offrant ainsi sa poitrine

Ils sont magnifiques, pas très gros mais fièrement dressé vers moi. Ses mains remontent. Elle se caresse. Elle semble y prendre du plaisir. Ses doigts s'attardent sur ses mamelons, tournent tout autour. Avec deux doigts, elle attrape ses tétons, les masturbes comme elle le ferait d'un sexe masculin, puis les tires vers l'objectif en se penchant vers moi.

Le noir. Elle a coupé la connexion.

Je me laisse aller contre le dossier. Je n'avais pas remarqué que ma respiration était haletante. Mon entrejambe est taché. Je ferme les yeux et respire profondément.

À peine Christelle revenue en salle que ma complice, la femme au livre, retourne aux toilettes et récupère les dessous abandonnés. Elle sort, son addition étant déjà réglée, et vient me les remettre en échange de quelques centaines d'euros, comme convenus. Je me félicité d'avoir connu John, sans lui, rien de tout cela n'aurait été possible.

Je porte à mon nez ses dessous et retrouve cette odeur qui me fait chavirer, signe du plaisir qu'elle a eu a à ce petit jeu. J'embrasse ses dessous, symboles de ma quête. Je me résous à les donner au motard qui est garé à côté de moi. Il file en trombe.

De retour à sa suite, quelle ne fut pas sa surprise quand, sur son lit, elle trouva un paquet en papier de soie vert avec un ruban doré. Le même qu'elle m'avait envoyé.

Elle l'ouvrit fébrilement. Il y avait ses dessous et une enveloppe. Elle l'a senti l'odeur d'un parfum, mon parfum, qu'elle reconnu. Instant de Guerlain, pour homme. Elle ouvrit l'enveloppe et y trouva une carte avec marqué :

Vous aviez oublié ceci.

Aux plaisirs futurs...

Ce mot était accompagné d'un billet d'avion à son nom.

Destination: Vienne.

À suivre

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Du luxe, du jeu, de l'érotisme et de la sensualité à l'état pur...

J'adore ce petit grain de folie et la façon dont tu me mets le feu!

Vivement la suite, j'ai vraiment l'impression que tu joues avec nous comme Marc Aurèle avec Christelle... c'est terrible.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

enfin la suite ! j'adore tes textes

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

Ton histoire, me fait penser à un roman que j'ai lu...

Une belle invitation au voyage, à l'érotisme.

Tu nous tiens en haleine...Alors direction Vienne, pour mon plus grand plaisir

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Ton histoire, me fait penser à un roman que j'ai lu...

C'est lequel sans indiscrétion?

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

C'est lequel sans indiscrétion?

Je suis entrain de chercher :content:

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

C'est lequel sans indiscrétion?

"L'appel de l'ange", de Guillaume Musso

Au fait, depuis le début, j'arrêtais pas de me dire que le nom de ton personnage me disait quelque chose : Marc Aurèle, il y a des similitudes entre ton personnage et cet empereur :content:

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

"L'appel de l'ange", de Guillaume Musso

Au fait, depuis le début, j'arrêtais pas de me dire que le nom de ton personnage me disait quelque chose : Marc Aurèle, il y a des similitudes entre ton personnage et cet empereur :-D

je vois que tu aimes bien Musso :P

Quand à Marc Aurèle, c'est un grand empereur romain, enfin, c'était!

Je ne connais pas ce livre, mais pourquoi pas Christelle en ange .... ou en démon :content:

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

Ce livre m'atire alors qu'habituellement je n'aime pas lire l'a tu lu en entier ?

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

Ce livre m'atire alors qu'habituellement je n'aime pas lire l'a tu lu en entier ?

Oui, je l'ai lu ou plutôt, je l'ai dévoré en 3 après midi...

J'aime beaucoup Musso

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Dans l'épisode 4 de la saison 1, est révélé tout ce que vous rêviez de savoir sur la mystérieuse Christelle de Valnor.....

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

×

Important Information

By using this site, you agree to our Terms of Use.