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Onyx31

BlackBerry vs iPhone : saison 1, épisode 2

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7h du matin, j'arrive au bureau. J'ai toujours aimé arriver tôt, avant tout le monde. Le calme de l'endroit est propice au travail efficace. Si d'habitude je ne lève pas la tête de mes rapports et dossiers, aujourd'hui, je ne peux m’empêcher de m’octroyer une petite pose, le dos bien calé dans le cuir de mon fauteuil.

Mon BlackBerry est posé sur mon bureau comme à son habitude. Je le fixe des yeux. Mon esprit est ailleurs, entre Paris et Brive. Je prends mon téléphone. J'ai créé un contact avec son numéro. Ignorant son nom, j'ai mis : inconnue du train.

Mon doigt hésite, lui écrire, appeler, ne rien faire.

Cela fait une semaine que cela est arrivé, une semaine que plusieurs fois par jour je prends mon téléphone, le tourne dans tous les sens et le repose.

Jeudi dernier j'ai quand même réussi à écrire deux ligne. Puis les ai effacées.

Je suis perdu. Je ne sais pas quoi faire. J'ai peur. Peur de gâcher ce rêve.

Comme chaque jour, je repose mon téléphone sur le bureau. J'allonge mes jambes sur ma table de travail. Je repense à elle, à cette rencontre. Mon sexe durci à cette seule évocation. Ma main se pose machinalement sur la bosse de mon pantalon. Non, c'est pathétique, je ne vais pas me masturber en pensant à elle, elle mérite beaucoup mieux.

Mieux. Oui. Mais quoi ?

Voilà mon problème.

Business is goin on ….

Je me remets au travail. Comme chaque fois. Je dois vous dire que je suis un bourreau de travail, depuis toujours. Étant jeune, alors que je faisait mes études d'ingénieur dans une prestigieuse école, je me suis lancé en parallèle dans des études sur l'art, à la grande stupéfaction de mon entourage. Je suis même Docteur en art moderne, d'où mon attrait pour les beaux objets.

Mais depuis sept jours, je n'ai plus le cœur à l'ouvrage. Mon associé l'a bien vu, mais ne s'en inquiète pas trop. Il m'a même proposé de partir quelques jours. Pauline, qui me connaît mieux que personne, n'est pas de son avis. Elle a bien vu qu'un ressort était cassé chez moi, chose proprement impensable d’ordinaire tellement mon énergie débordante peut soulever des montagnes.

Mais là, je n'ai plus goût à rien.

8h. Pauline arrive. J'entends son pas dans le bureau adjacent au mien. Elle frappe discrètement puis entre. Elle est magnifique, comme toujours. Elle me salue et me propose un café. J'accepte. Quelques minutes plus tard, elle revient, me tend la tasse fumante accompagné d'un macaron. Toujours les jambes allongées sur mon bureau, je me retrouve avec ma tête au niveau de son ventre plat, près de ses cuisses. J'inspire, hume discrètement son odeur. Elle le voit mais ne le montre pas. Elle prend sa tasse et s'assoie sur l'angle du bureau, me laissant volontairement une vue imparable sur son entrejambe. Elle porte un shorty blanc qui contraste avec le noir de sa jupe. Son chemisier est tendu par ses seins. Elle porte ses lèvres à sa tasse, boit délicatement une gorgé de café tout en me regardant.

Alors monsieur, quel est le programme aujourd'hui ?

Je ne réponds pas. Signe de mon mal être, les traits de mon visage n'ont pas bougés d'un iota malgré le côté excitant de la situation. D'ordinaire, j'aurais réagi au quart de tour.

Le silence est pesant.

Enfin, j'ouvre la bouche. On continu les dossiers en cours. Allez au travail. Et merci pour le café,

9h12 : toc toc, Pauline entre. Monsieur, un coursier vient de déposer cela pour vous. Elle tient dans sa main une enveloppe de papier craft marron. Elle la pose sur mon bureau, tourne les talons et quitte la pièce.

Je regarde l'enveloppe. Aucune adresse, aucune indication. Étrange.

Je l'ouvre.

Un ruban doré entoure un papier de soie vert pale à la manière d'un paquet cadeau. Je tire une des extrémités du ruban, doucement. Le nœud cède. Les pans de l'emballage s'ouvrent telle une fleur en train d’éclore.

Je suis sans voix. J'avance ma main, attrape la magnifique guêpière que le paquet contient, et la soulève. Mon cerveau se vide. Je la soulève plus haut à bras tendu pour mieux l'admirer. Une carte en tombe. Je la saisie frénétiquement et lit le message.

Je vous devais quelque chose. Une leçon, la N°8. Je tiens toujours parole. L'écriture manuscrite est régulière, bien formée, maîtrisée. Sur les mots une trace légère de rouge à lèvre carmin. Je porte à mon nez la carte. Poison, de Dior. Je le reconnaîtrait entre tous.

Je laisse la carte pour reprendre la pièce de lingerie. La soie délicate glisse entre mes doigts. Délicieuse sensation qui renvoie illico mon esprit dans le passé, dans ce compartiment où tout à commencé.

Je me fige, tous mes sens aux aguets. Je me concentre, analyse. Il n'y a aucun doute possible. La guêpière est humide. Je regarde de plus près. L'humidité est localisé à l'entre jambe. Je passe un doigt, c'est légèrement collant. Je porte à mon nez. Non, cette odeur, elle ne vient pas de chez Dior.

C'est de la mouille.

Je plonge ma tête dans l'étoffe et l'inspire longuement. Mes tempes vont exploser, la tachycardie est trop forte, mon cœur va sortir de ma chemise, mes jambes flagelles, mon cerveau est en ébullition. Je vais mourir. Mais non, mon cœur a une fois de plus résisté.

Je me lève d'un bon, déboule comme un fou furieux dans le bureau de Pauline.

Je perds la notion de la réalité. Je hurle :

Pauline, qui m'a déposé ça !

Je me retrouve planté devant elle, en nage, un dessous féminin de soie à la main, surexcité. Je vois ses yeux s'écarquiller, puis un sourire naître sur ses lèvres.

Je suis heureuse de voir que vous allez mieux Monsieur.

Pauline, merde, d'où ça vient !

Je ne sais pas, je me renseigne.

Oui, fais vite.

Je rentre dans mon bureau, claque la porte et retourne à mon bureau. Je ballai d'un geste vif mes dossiers, manquant de faire valser par terre mon ordinateur.

Putain, il est où ?

Enfin, je trouve mon téléphone. Mes mains moites tremblent. Je le fixe. Je le lance par terre. Je tourne en rond dans mon bureau.

Mais qu'est-ce qu'elle fou !

Retour dans le bureau de Pauline. Alors, ça vient !

Oui, minute, réplique-t-elle d'un ton un tantinet agacé.

Voilà ça y est. D'après le bon de livraison, cela vient du Grand Hôtel de l'Opéra de Toulouse.

Je blêmi. Elle est en ville, là bas dans ce palace. Ça y est je me retrouve. Je bascule en mode action, là où j’excelle.

Pauline, excuse moi d'avoir été odieux.

Pas de soucis, dit elle. Elle doit être très belle murmure-t-elle d'un ton apaisant. Ne vous inquiétez pas, je vais la retrouver.

Merci, tu es un ange.

Je retourne dans mon bureau, m'affale sur le canapé et m'étire, les mains derrière la tête, songeur ...

Quelques minutes plus tard, Pauline entre sans même frapper. J'ai eu l'Hôtel. Ils ont juste accepté de me dire qu'il s'agissait d'une dame qui avait laissé ce paquet et ses instructions avant de prendre un taxi pour l'aéroport. Ils m'ont aussi dit qu'elle leur a demandé de vous dire, si vous appeliez, qu'elle portait un tailleur Chanel blanc et noir. J'ai voulu savoir son nom et sa destination, mais secret professionnel oblige, isl ne m'ont rien dit.

Je me lève d'un bon. Embrasse Pauline sur les deux joues. Merci merci merci.

Elle me laisse, ayant parfaitement compris la situation.

Je m'assois, calmement, la tête coincé entre mes mains.

Qu'est-ce que cela signifie ? Elle m'envoie la plus chaude des cartes d'invitation, s'arrange pour que je la retrouve, et elle part ? Sans même attendre ? Cela n'a pas de sens.

Où plutôt si, tout est clair.

Je me redresse. M'étire calmement, inspire et expire profondément plusieurs fois.

Je suis à la croisée des chemins. Si je ne fais rien, je deviens fou, si je pars à sa recherche, je ne sais pas ce que je vais trouver, combien de temps cela prendra, je risque de m'y perdre.

Je tourne la tête, je vois mon bureau, mes dossiers. Ce n'est pas raisonnable.

Business is goin on ….

Je ramasse mes dossiers, remets de l'ordre sur ma table de travail.

Pauline entre. La surprise se lit sur son visage en me voyant calmement assis le nez dans un dossier.

Qu'est-ce que vous faites là s’exclame t-elle ?

Je te rappelle que j'ai une boîte à faire tourner ma belle.

Pour la première fois en cinq années de collaboration, elle s'emporte.

Mais on s'en fou de cette boîte, merde alors ! Allez la rejoindre. Le reste, je gère avec Philippe (mon associé). Sinon, vous aller devenir un zombi. Allez !

Elle s'approche, m'arrache de mon fauteuil, allez ouste.

Je la regarde. Je ne vois plus la jeune fille gauche que j'ai embauché et que je voulais mettre dans mon lit, mais une femme à l'aplomb incroyable. Je pouvais partir serein.

Bien, Pauline, laisse moi cinq minutes.

Pour la première fois de ma vie j'allais oser.

Adventure is goin on ….

Je vais voir Pauline, pose devant elle les clés des bâtiments, la carte bleue de la société. Voilà Pauline. Je vais appeler Philippe pour lui expliquer. Je l'invite à se lever. Je la regarde droit dans les yeux.

Pauline, vous êtes une femme admirable. Je vous doit, beaucoup, non, je vous doit tout. pour la première fois en cinq an., je la vouvoie.

Je pose un baiser sur ses lèvres, tourne les talons et me dirige vers l’ascenseur.

Bonne chance Monsieur.

À peine dans le couloir, j'attrape mon BlackBerry, contact, inconnue du train, nouveau sms …..

à suivre …..

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Je suis scotchée à ta plume!!!

Trop forte, la description des états d'âme et quelle tension érotique!!!!

Merci Onyx pour cette suite envoûtante.

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Je suis scotchée à ta plume!!!

juste pour info, même s'il fut un temps où j'étais un jeune coq, je n'ai pus de plumes depuis longtemps.

Seulement un PC :content:

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Magnifique, le terme est gros mais en même temps, ton style est superbe, j'adore :-D

continu de nous faire rêver comme ça :content:

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Invité

La tension monte d'un cran....

Je vient de terminer la suite de ton récit, mon cerveau est en ébullition, les questions fusent dans ma tête

Où est-elle ?

Va-t-il la retrouver ?

Vont-ils succomber ?

Que contient se SMS ?

Tu es redoutable Onyx, tes mots nous emportent...On est dans l'ascenseur avec toi, on a envie de te suivre et ....

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On est dans l'ascenseur avec toi, on a envie de te suivre et ....

et ...........

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*mode réflexion on*

comment faire intervenir une Geisha dans mon histoire .....

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Invité

et ...........

Va-t-il aller à l'aéroport ? A moins qu'elle ne l'attende en bas !!!!

Elle semble avoir le jeu en main, mais pour combien de temps....Marc Aurel, n'est pas homme à se laisser mener longtemps !

C'est un jeu, un jeu dangereux, exhaltant !!!

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rahhhhhhhhhh !! ENFIN LA SUITE !!!!!!

par contre, attends, question, là : tu écris un livre entier non ??????

Je note la performance : il n'y a encire rien eu de réellement sexuel dans ton histoire.... à peine des regards, une érection au bureau (finalement... d'un banal...lol), une guepiere humide....

et pourtant...

et pourtant : tu as réussi à scotcher tout le monde, hommes et femmes, à ta plume, à tes lèvres, à ce que tu veux (enfin... pour ma part, je reste accroché à la plume, hein... hétéro 100%...), et tout le forum est en ébullition, en attente de la suite....

Là, je te tire mon chapeau, tu fais très très fort !!!! Sensualité, désir et imagination, voilà ce que tout le monde semble rechercher ici... (NB : inutile de mettre des photos dénudées donc, pour rebondir sur un débat récent...), et voilà ce que tu nous offres !!

Monsieur, je m'incline devant votre talent....

(... je m'incline de face, pas de dos, hein... pas de blague !)

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juste pour info, même s'il fut un temps où j'étais un jeune coq, je n'ai pus de plumes depuis longtemps.

Seulement un PC :content:

Putain (à la toulousaine :-D ) marc aurèle n'a pas de Mac :P

Une plume toujours diaboliquement agile. Il me tarde que tu entres dans le vif du sujet.

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Putain (à la toulousaine :content: ) marc aurèle n'a pas de Mac :-D

Un Mac? C'est Apple ça, non? Comme les iPhones? C'est un truc de gonzesse ça :P

P.S. c'est juste une blague, hein? Que les aficionados de la pomme ne se ruent pas sur moi pour me faire la peau!!!!

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tu as réussi à scotcher tout le monde, hommes et femmes, à ta plume, à tes lèvres, à ce que tu veux (enfin... pour ma part, je reste accroché à la plume, hein... hétéro 100%...)

... je m'incline de face, pas de dos, hein... pas de blague )

Merci pour la note d'humour qu'il manquait à ce post.

Pas de blagues, ben .... à voir ....

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le terme est gros mais en même temps, ton style est superbe

Juste une précision. Mon héros évolue dans un milieu particulier, celui de l'argent facile, où devenir riche est finalement très rapide. Certains disent nouveaux riches, d'autres, la génération bling bling. On y trouve donc des gens qui ne sont pas nés parmi les nantis et qui, sous des manières extérieures très policées, sont souvent assez brut de décoffrage.

Mais, même dans la grande bourgeoisie, les hommes restent des hommes :content:

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Pour celles et ceux qui ne sont toujours pas blasés, la saga de Marc Aurèle et l'inconnue du train continue avec l'épisode 3

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