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Onyx31

BlackBerry vs iPhone : l'histoire

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Je sors de l'immeuble climatisé. Je me retrouve sur l'esplanade de la défense, dans la fournaise. Je regarde mon bracelet montre. 11H30. Très bien. J'ai le temps de passer acheter quelques macarons à Ladurée pour mon assistante qui les affectionne tant. J'ai ce petit geste pour elle à chacun de mes passages dans la capitale, enfin, quand mon planning me le permet. Je m'avance un peu et dès que possible je hèle un taxi. La berline allemande s'arrête à ma hauteur. Je m'engouffre à l'intérieur, m'installe confortablement sur la banquette arrière. J'inspire un grand coup tout en profitant de la fraîcheur de l'air climatisé.

Bonjour Monsieur lança le chauffeur dans un français marqué d'un fort accent de l'Est.

Bonjour répondis je d'un air détaché. Aux Champs-Élisée, à Ladurée s'il vous plaît.

Très bien dit il tout en programmant son GPS. Il s’insère dans la circulation. Il fait chaud aujourd'hui lança-t-il en jetant un œil dans son rétroviseur central. Mais j'étais déjà ailleurs. Il n'insista pas devinant qu'il ne tirerait de moi rien d'autre que les indispensables formules de politesse.

Machinalement j'extrais de ma poche mon Blacberry et le remet en position vibreur. Je regarde mes mails. Vingt huit en une heure et demi qu'à duré ma réunion. Je balaie du regard rapidement les sujets. Rien d'important. J'appelle mon associé.

Salut, tu vas bien ? Je te dérange ?

Non, pas du tout. Alors dis moi, qu'est-ce que cela à donné ce matin ?

Super. Et devine quoi ?

Heu, te connaissant, je crains le pire! Allez, crache le morceau !

Leur Dir com est une femme super canon, pile mon style :wink:

Je l'entends soupirer au bout du fil.

Si ce n'est que ça, t'es tout pardonné ! Et je suppose que tu as déjà son numéro ?

Et comment veux tu que je travaille sinon mon coco !

C'est toujours les mêmes qui s'amusent en travaillant, on ne pourrait pas échanger nos places de temps en tant ? !

Même pas en rêve ! N'oublie pas, je ne suis pas informaticien de génie moi. Alors, je fais ce que je peux... Et de ton côté, ton nouveau serveur, il est super sexy ? Sinon, pour info, ils étendent le contrat sur 5 ans et comme ils n'ont pas marchandé le tarif, enfin, juste le minimum syndical, on va bien margé pour le coup.

Cool!! Sinon ici on a eu un appel de M Dupont de la société Dupond et Dupond. Ils veulent revoir certaines dispositions du contrat. Tu peux y passer en rentrant ?

Attends, ils sont à Brive la Gaillarde, c'est bien ça ?

Oui.

Je sens comme un sarcasme dans sa voix.

Et ce sont deux vieux bedonnant s'empresse-t-il de rajouter sur un ton de revanche. N'oublie pas de leur demander leur numéro à eux aussi ! Tu pourras organiser une petite sauterie entre amis.

Putain, m'en parle pas, et en plus c'est le trou du cul du monde là bas ! Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour vivre. Et toi qui m'enviais. Tu vois à quoi j'en suis réduit ? Ok, je me sacrifie pour la bonne cause. À plus.

Je raccroche. J'appelle mon assistante.

Bonjour Pauline, tout va bien ? Quelque chose de particulier ce matin ?

Bonjour Monsieur, non très calme. Et vous, tout c'est passé comme vous le souhaitiez ?

Oui, je te raconterai plus tard. Mais là, je dois passer Chez Dupond et Dupond. Appelle les et prends rendez vous pour aujourd'hui. S'ils ne peuvent pas, tu insistes, tu uses de tes charmes sur ces vieux barbons, bref tu te débrouilles, mais tu m'obtiens un rendez vous pour cet après midi. Tu annules mon vol de retour et me réserve un billet de train.

Je ne vous loue pas une voiture ?

Non, je dois travailler sur leur projet. Tu m’envoies les billets et résa sur mon blackberry. Ok ?

Comme d'habitude quoi,. Comptez sur moi.

Merci. Bonne journée.

A peine le temps de lire quelques mails que le chauffeur me signale que nous sommes arrivés. Je lui demande de m'attendre, je n'en ai pas pour longtemps.

Je m'extirpe du taxi et m'engouffre dans le hall de la vénérable maison. Je perds cinq bonnes minutes à attendre mon tour et commande deux réglettes de Macarons, une à la pistache et une à la fraise mentholée. Ce sont les préféré de Pauline. Je sors ma carte de crédit, demande une facture tout en me remémorant le jour ou je l'ai recruté. Je devais en être à mon dixième entretient d’embauche, elles étaient toutes aussi compétentes les une que les autres. Je m'ennuyais ferme. Elle est entrée dans mon bureau. Je l'ai faite rester debout en la dévisageant un certains temps avant de la prier de s’asseoir, comme je fais toujours. Cela déstabilise les plus faibles. Je l'invite à prendre place. Elle s'installe en face de moi.

Mon bureau est une vaste pièce à la décoration très moderne. Une table de réunion avec quelques chaises, un canapé en cuir, une table basse, un triptyque au mur, quelques sculptures et ma table de travail, pièce d'art déco, tout en fer forgé et en verre. Je dois avouer que j'aime jouer de la transparence de cette matière pour profiter pleinement de la vue que m'offre certaines des femmes qui prennent place en face de moi. Je commence à lui poser les questions d'usages tout en m'enfonçant dans mon fauteuil. Je relisait distraitement son CV tout en l'observant. Je n'écoutais presque pas ce qu'elle me disait. Je la dévisageais en essayant de mettre à nu sa personnalité. Ce n'était ni la plus diplômée, ni la plus belle, elle était jeune et avait peu d'expérience. Je n'en était pourtant pas à mon premier recrutement, mais ce jour là, tout était différent. Je ne m'y attendais pas du tout. Alors que mon regard était hypnotisé par le mouvement de ses cheveux, j’eus la délicieuse sensation de sentir mon sexe se gonfler progressivement et tendre l’étoffe de mon pantalon. Je n'en revenais pas ! J'ai toujours été attiré par les belles femmes, mais à cette époque je ne mélangeait jamais travail et plaisir. Ma décision était prise, ce serait elle ma nouvelle secrétaire.

Votre code Monsieur.

Retour brutal à la réalité.

Tout à ma rêverie, je n'avait pas remarqué que la vendeuse me tendait le terminal. Je réglais et sorti rejoindre mon taxi.

Gare d’Austerlitz s'il vous plaît.

Mon téléphone vibra, c'était justement Pauline. Elle voulais quelques précisions avant de m'envoyer par mails tous les détails et documents sur mon trajet.

Je ne me lasserai jamais de sa voix. C'est une de ses armes fatales. Je me demande comment elle est habillée ce matin. Cette fille regorge de talents souvent insoupçonnables. Une de ses occupations au bureau est de fureter sur internet pour dégoter les meilleures occasions de s'habiller avec les plus grandes marques à des prix incroyables. Cette fille a le don de toujours porter la bonne tenue adaptée à la situation, d'avoir le bon mot, le bon geste au bon moment. Depuis maintenant cinq qu'elle travaille pour moi, je ne sais toujours pas ce qui me charme le plus en elle. Dès que je le peux, je l'emmène avec moi lors de négociations difficiles. Plusieurs fois, alors que je sentais que le contrat allait nous échapper, elle a su de manière magistrale retourner la situation. Comme je le dis souvent à mon associé, il y a trois choses qui font tourner le monde : le sexe, l'argent et le pouvoir. Chaque jour je me félicite de l'avoir choisie. Elle est aujourd'hui devenue ma première collaboratrice et est indispensable au bon fonctionnement de la société, et cerise sur le gâteau elle ne rechigne jamais à ….

brrr brrr, encore mon téléphone. Allo ? Ah, bonjour. Oui, …... non ….... parfait, je m'en occupe. Quelques mails et coups de téléphones plus tard et voici que la gare se profile devant nous.

Je règle, remercie le chauffeur et file m'engouffrer dans le hall de gare.

J'ai peu de temps. J'expédie les formalités. Je trouve le bon quai, le bon train. Je monte à bord, cherche le numéro du compartiment. Le voici. J'ouvre la porte, je salue ses occupants, m'installe à ma place, prêt de la fenêtre. Je pose mon ordinateur portable sur mes genoux et me mets au travail.

4h30 de trajet

Trois heures plus tard, mes dossiers terminés, je suis enfin prêt pour aller rencontrer ces deux vieux chnoques. Enfin, il ne faut pas médire sur les clients.

Encore 1h30 à tuer.

Je replis lentement l'écran de mon ordinateur sur le clavier. Au fur et à mesure qu'il descend, je vois se dévoiler une paire de jambes parfaitement épilées, au grain de peau incroyablement fin et régulier, annonciateur très certainement d'un toucher des plus agréable. Dans leur prolongement, des pieds effilés, aux ongles parfaitement manucurés, enchâssés dans des escarpins à hauts talons aux lanières d'un cuir finement travaillé caractéristique d'une grande et ancestrale maison parisienne.

Je restais stoïque.

Elle décroisa les jambes, le tissus de la jupe, d'un noir mat profond, se tendit légèrement au dessus des genoux mais sans rien dévoiler. Mon activité neuronale se décupla soudainement, les idées les plus folles affluèrent vers mon cortex cérébral. Cet entrejambe m'attirait inexorablement et mon imagination fertile s'employait à imaginer ce qu'il pouvait bien receler.

Zut. Je viens de réaliser que, tout absorbé par mon travail, je n'avais pas le moins du monde porté attention aux occupants de mon compartiments. J'allais lever les yeux pour découvrir à qui appartenait la magnifique paire de jambes qui se trouvait juste en face de moi. Mais non, je me retiens. Je veux profiter encore un peu de ce moment hors du temps. Et si j'étais déçu ? Voulant retarder au maximum l'instant de vérité je commence par dévisager ma voisine de droite. C'était une mamie, vêtue d'un tablier à petites fleurs bleues, les jambes passablement gonflées et violacées. Problème de circulation sanguine certainement. Elle tricote de petites moufles ou peut être des chaussons. Certainement pour un nourrisson à venir. À côté d'elle un adolescent boutonneux au casque rivé sur les oreilles s'échine à tapoter des textos dans un langage certainement incompréhensible par le commun des mortels. En face de lui, un garçon, son petit frère certainement, est lui entièrement accaparé par sa console de jeu. Juste en face de la mamie, son mari. Le ventre proéminent, une chemise, largement ouverte sur le devant, laisse apparaître un marcel dont la blancheur n'était plus qu'un lointain souvenir. Très certainement les grand parents et leurs petits enfants.

Il ne me reste plus qu'à découvrir l'inconnue en face de moi. Je dégluti. Il y a neuf chance sur dix que la réalité ne soit pas à la hauteur de ce que j'imagine. Mais tant pis, je me lance.

Elle porte une veste de tailleur blanche taillée dans un taffetas léger et fluide, rehaussée de nombreuses broderies dorées représentant des arabesques aux motifs variés. Cette veste, non boutonnée, est ouverte sur un chemisier de mousseline crème dont le haut laisse deviner, par une très légère transparence, les reliefs de broderie d'un soutien-gorge de couleur sombre, certainement dans les tons violet ou mauve. Son soutien-gorge, un modèle corbeille à ce qu'il me semble, magnifie son décolleté orné d'un collier à chaîne d'or retenant un pendentif enchâssant 3 saphirs et un diamant. Son visage, détendu, est encadré par de magnifiques cheveux noirs remontés en un chignon faussement négligé. Une frange rebelle donne à sa coiffure un effet plus glamour et moins sévère qu'un chignon trop strict. De grands yeux d'un vert profond, rappelant l'eau de certains lagons des mers Australes, sont parfaitement assortis à la teinte des pierres précieuses ornant sa poitrine. Son visage laisse transparaître un petit air mutin, accentué par de très légères ridules encadrant ses yeux mis en valeur par une subtile pointe de mascara.

S'il y avait neuf chance sur dix que je sois déçu, j'ai eu droit, Dieu merci, à la dixième possibilité. Le silence régnant étrangement dans le compartiment, à peine perturbé par les vibrations du train, donne à cet instant une dimension magique, hors du temps. Je suis ensorcelé par cette inconnue, n'osant pas bouger de peur de rompre le charme de cette vision.

Elle lit le dernier numéro du Cosmopilan qu'elle annote par moment avec son stylo laqué noir.

Mon cerveau quitte le mode contemplatif pour enclencher le mode action. Comment l'aborder tout en gardant l'émotion de cette rencontre d'exception ? Maintenant, je la dévisage ouvertement tout en réfléchissant. La complimenter sur sa beauté, connerie d'ado faussement romantique. Lui demander directement son numéro de téléphone, méthode de rustre. Non. Elle mérite beaucoup mieux. Certes, mais quoi. D'instinct, je sors de ma sacoche le journal pris ce matin à l'aéroport et un stylo. C'est l'édition du Herald Tribune. Sur la première page, j'écris mon numéro de téléphone, dessous, dessine un smiley tout sourire avec une bulle de bande dessinée contenant les cinq lettres suivantes HELLO.

J'hésite. Est-ce une bonne idée ? Allez mon gars, mouille toi un peu, soit sur de toi et c'est déjà cinquante pour cent du résultat acquis. C'est ce que je me dit en général avant de me lancer dans une négociation de contrat. Je prends le journal, le lui tend tout en la regardant dans les yeux en disant d'une voix calme et grave :

Pardon madame, vous avez tombé ceci.

Son stylo s'immobilise net. Elle relève la tête, croise mon regard. Ses yeux oscillent entre le journal et moi.

Secondes interminables.

Surtout rester calme et serein, ne pas lui dévoiler mon trouble et ma fébrilité. Elle remonte son stylo près de sa bouche sans toute fois le mordiller. Je soutiens son regard et pense très fort : « allez, vas y, prends le ».

Son visage reste impassible. Quelques secondes plus tard, me fixant droit dans les yeux, elle esquisse un sourire contenu et s'empare du journal, ne laissant paraître aucun signe d’étonnement.

« Merci beaucoup » me dit-elle.

Un frisson me parcours l'échine. Cette attitude, ces gestes lents et calculés sont signe d'une grande maîtrise de soi. Du grand art. La partie va être rude.

Ses yeux se posent sur le journal quelques secondes puis elle le range dans son bagage à main et reprend sa lecture.

Le monde s'écroule. Vite penser à autre chose pour le pas rougir de honte et ne pas donner l'image d'un chien battu quittant la bataille la queue entre les jambes.

C'était suicidaire. J'aurai dû essayer quelque chose de plus classique. Heureusement qu'elle ne connaît pas mon nom ! Je serre les fesses en me disant, plus qu'une heure avant d'arriver.

Tout entier à mes déprimantes pensées, je ne me suis pas rendu compte que je la fixais toujours. Au moment où j'allais passer à autre chose, elle pose son magazine, prend son sac à main et en sort un étui en cuir griffé d'un grand maroquinier parisien. Délicatement, elle en extrait un iPhone noir.

Mon cœur ne fait qu'un bon. Yes ! Je suis le meilleur !

Elle commence à taper un sms. Ma joie ne fut que de très courte durée. Elle n'a pas pris le journal, elle n'a pas mon numéro. Ce sms n'est pas pour moi. Elle a décidé de m'humilier jusqu'au bout. Tant pis. Mon gars, pendant la curée, reste digne coûte que coûte. Ne lui donne pas le plaisir de pouvoir se délecter de la honte du vaincu.

Je tourne la tête vers la fenêtre et laisse mon regard s'égarer dans la campagne limousine.

Brrr brrr, brr brrr, brrr brr

Merde, mon portable, quel est le connard qui va encore m'emmerder.

Rageur, je sors mon blackberry. Nouveau sms du 06 XX XX XX.

Elle : Bonjour. Vous pensiez que j'allais tomber à vos pieds ou me jeter dans vos bras avec un simple Hello ?

Un seul mot me vient à l'esprit : putain !! (Je précise que dans ma région, le mot putain est nullement vulgaire ou péjoratif, mais qu'il s’emploie familièrement pour exprimer la surprise.)

Elle est très forte. Elle a retenu mon numéro et a attendu pour me répondre juste pour me faire mariner. Tu crois m'avoir mouché, c'est ça ? Tu veux jouer ? Ok, je suis ton homme.

Surtout ne pas s'emballer. La prendre à son propre jeu. Elle n'a pas cherché uniquement à me remettre à ma place, mais elle a pris le temps de réfléchir à sa réponse. C'est une pro.

Réfléchir vite. Difficile. C'est que la situation de troublante qu'elle était, est passée à un niveau supérieur, excitante. Ses lèvres esquissent un léger sourire.

Moi : Qui sait ?

À peine envoyé, je tape un second sms sans lui laisser le temps de répondre. Il faut dire que je suis d'une extrême habileté pour écrire avec mon blackberry.

Moi : Mais vous avez souri.

Moi : c'est un bon point de départ pour une conversation …

Elle : je n'ai pas souri

Moi : si, si, je vous dis

Avant même que son iPhone ne vibre, j'avais discrètement relevé mon blackberry, cadré ses lèvres carmins et pris une photo que je lui envois par mms avec le commentaire suivant.

Moi : vous voyez, là au coins de vos lèvres :clap:

À peine lu mon message et vu la photo que déjà elle se ressaisie. Ça y est, je reprends la main, je l'ai mise sur la défensive. Il me faut pousser encore un peu mon avantage, mais pas trop ouvertement.

Brr brr

Elle : je maintiens que vous me draguiez. Et moi aussi je sais prendre des photo :D

Surtout ne pas rougir. Je projette mon esprit à la vitesse de la lumière dans les grandes étendues gelées du pôle nord, en plein blizzard. J'utilise souvent cette technique pour me ressaisir et ne pas montrer mon trouble.

Je regarde pour la deuxième fois la photo. C'est mon entrejambe, et, vu sous cet angle, la bosse de mon pantalon est sans équivoque. Dans le feu de l'action, je n'avais même pas fait attention à mon sexe qui commençait à se manifester, signe qu'il appréciait la tournure des événements.

Elle : beau costume Cerruti, n'est-ce pas ?

Elle ose me narguer. La garce,. Comment me sortir de ce pétrin ?

Moi : je vois que vous êtes une connaisseuse et que vous vous êtes rapidement penché sur mon anatomie !

Elle : je crois tout simplement que, vu à la vitesse à laquelle vous vous êtes enflammé, vous ne ferez pas long feu.

Là, c'est carrément de la provocation ! Sous entendre que je suis un petit joueur ! Elle pense me clouer le bec ? C'est mal me connaître !

Moi : supposition sans fondement. Osez tester et vous saurez !!

Moi : je crois plutôt que tout ceci n'a que pour but de cacher votre trouble.

Et toc, renvois à l'expéditeur.

Elle : cacher mon trouble ? Il me semble que c'est vous qui ne maîtrisez plus rien.

Moi : détrompez vous, je suis absolument serein et maître de la situation.

Elle : vous croyez ?

Moi : sans vous offusquer, Madame, parfaitement.

Elle : ah oui ?

Aïe, cela sent le roussi, elle accélère sa frappe, elle me prépare un mauvais coup, je le sens. Je guette anxieusement son nouveau sms. Rien. Je relève la tête. Elle plante son regard dans le mien tout en affichant un sourire victorieux, le genre de sourire qui traduit la jouissance de celui qui va mettre échec et mat son adversaire. Sa main droite se lève lentement, très lentement, vers son chignon. Elle retire l'aiguille dorée qui retenait ses cheveux au dessus de sa tête. Ses long cheveux noir tombent sur les épaules. Elle effectue alors un très sensuel balancement de tête pour donner du volume à sa chevelure. C'est irrésistible. La tension dans mon pantalon décuple instantanément.

Ne pas rentrer dans son jeu.

Elle : et maintenant toujours aussi serein ?

Moi : belle crinière, en effet. C'est votre côté sauvageonne qui ressort ?

Elle : ou pire peut être …

Je la surprends relevant la main droite. Ces ongles sont parfaitement manucurés et de couleur assorti à son rouge à lèvre. Elle les courbe alors les un après les autres, comme si elle allait me griffer.

Moi : Je vois, toute griffe dehors. Je suppose que dans l'intimité l'on vous surnomme Bagheera

Moi : autant vous prévenir, je suis téméraire, les panthères, je les dresses ….

Moi : à la cravache.

Elle : fanfaronnade de mâle aux abois.

Elle : je devrais vous donner une leçon.

Elle : oui, une leçon ...

En lisant cette dernière ligne, je pense au fond de moi : oh oui, vas y, lâche toi, fait moi mal !

Elle : attendez, laissez moi réfléchir ….

Elle : ça y est, oui, la numéro 8,

Merde, c'est quoi ce baratin ? Numéro 8 ?? Elle a trop mouillé et cela lui a inondé le cerveau ! Qu'est ce que je vais répondre moi ….

Ce qu'il y a de bien avec les smartphones, c'est que l'on a accès à internet. Je lance mon navigateur, . Pourvu qu'il y ait du réseau dans ce trou. Oui, ça y est.

Recherche : leçon numéro 8

Je fais défiler les réponses. Merde, je ne trouve rien qui m'inspire. Je continu à faire défilé. Plus vite !!

STOP

Peut être cela, je clique sur le lien marqué Toutes les Leçons ****** - Leçon n°8 | ******.********.fr. L'image se charge et s'affiche progressivement

Wouah ! Chaud devant !! Mettre à l'épreuve son self contrôle qu'il y a marqué ! C'en est trop. Je sens mon sexe turgescent frémir. Ça y est, j'ai compris, elle veut me pousser à bout, me faire exploser, là devant elle. Elle veut se repaître du spectacle. Elle prendra en photo mon entrejambe tâché qu'elle pourra exhiber comme un trophée. Elle est redoutable. Ce n'est pas une panthère mais une mante religieuse. Zen, rester zen. Faire le vide dans ma tête. Si je survis, je vends ma boîte et je monte une usine de boxer étanches avec réservoir récupérateur de sperme, histoire de pouvoir jouir tranquille en toute circonstance !

Ne pas se laisser démonter. Respirer, contracter le périnée, contenir la pression sans rougir. Et si cela n'était pas cela ? Non les coïncidences n'existent pas.

Moi : belle guêpière de dentelle, chute de rein vertigineusement sensuelle ….

Moi : mais je suis sur que vous bluffez.

Moi : je suis la mise et …

Moi : et ….

Moi : demande à voir.....

Grrzrrrzrrrz. Le haut parleur crachote une voix nasillarde teinté d'un fort accent: « Brive la gaillarde, cinq minutes d'arrêt »

Ah non, pas déjà ! Que fais-je ? Dupond et Dupond, ou la leçon N°8 ?

Business is goin on ….

Je me lève, récupère la sacoche de mon ordinateur, salue longuement de la tête la belle inconnue tout en plongeant sans retenu mes yeux dans les siens. Je laisse se déverser dans mon regard toutes les émotions refoulées durant ce moment d'une si rare intensité, lui signifiant ainsi qu'elle avait gagnée, que oui, j'étais tombé entièrement sous son charme.

Je quitte le compartiment en souhaitant bonne route à ses occupant. Sur le quai, je m'arrange pour ne pas passer sous sa fenêtre.

Moi : Madame, je tiens à vous remercier pour ce moment d'une exceptionnelle qualité que vous avez partagé avec moi. Votre esprit et votre charme ont trouvé dans votre tailleur Chanel un écrin à leur hauteur. Je vous souhaite une très agréable fin de journée.

Moi : je me nomme Marc Aurèle. À votre service.

Elle : Monsieur, telle la plus brillante des étoiles de la voie lactée, vous avez illuminé ma journée.

Elle : vous avez mon numéro, faites en bon usage ….

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Récit très bien écrit avec du rythme. Ton personnage Marc Aurèle, outre l'empereur romain, me fait un peu penser à Patrick Bateman dans American psycho je ne sais pas pourquoi :clap:. J'attends la suite avec impatience.

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Wah quel plaisir de te lire!idée très originale, style d'écriture très appréciable et récit plus que vivant. Je l'aime bien ce cher Marc Aurele. Hâte d'en découvrir encore plus...

:clap: :wink:

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Invité Meph

Quand un homme parle de séduction.

Etonnant & pas mal du tout :clap:

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Juste une question, on peut éditer ses propres post?

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Les membres ont 5 mn pour éditer leurs propres posts après les avoir mis sur le forum. Au-delà, il faut demander aux modérateurs. D'ailleurs, je t'envoie un MP.

Je suis totalement sous le charme de cet homme et je me serais bien vue à la place de cette belle inconnue. Merci pour ce début d'histoire qui me plait énormément.

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Invité

Ouahhhh j'ai devoré ton texte j'aime beaucoup

Aurons-nous une suite?

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je me serais bien vue à la place de cette belle inconnue. Merci pour ce début d'histoire qui me plait énormément.

Tentes le train Paris-Brives, on ne sait jamais!!!!! Et au moins, tu seras déjà dans l'ambiance :clap:

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Aurons-nous une suite?

Et bien .................... ce n'était pas au programme initial. Je l'avais vu un peu comme une parenthèse, le genre d'évènement dont le souvenir reste gravé au fond de la mémoire à jamais. J'ai toujours du mal avec les suites, les nièmes numéro des films. Je suis très souvent déçu.

Mais bon, il se trouve qu'actuellement j'ai un peu de temps. Alors, si vous insistez, mais vraiment si vous insistez ....

Mais avant tout, il faut une idée de suite.

Vous vous souvenez dans les années 80, TF1 avait lancée une série TV où à la fin de chaque épisode les téléspectateurs pouvaient choisir entre plusieurs suites possibles pour le prochain épisode.

Alors, je modifie un peu la règle. Si vous le souhaitez, vous pouvez m'envoyer des MP avec une ou des idées de la suite que vous voudriez lire. Et puis, vous verrez bien :clap:

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Très belle écriture. Je suis resté cotché. Vivement la suite. Et pourquoi est-ce que cette magnifique jeune femme ne travaillerait pas chez Dupont et Dupond ?

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le début est un peu long mais...... quelle maitrise !! Admirable ! Fantastique ! J'adoooore....

Alors la suite ??..... la belle pourrait être descendue du train et suivre Marc Aurele sans qu'il ne s'en rende compte ??? Envoyer des commentaires sur ses fesses musclées, que sais-je ??? l'attendre à la sortie de son RDV chez Dupond and Dupond ?

Ou bien.... par sms, lui donner RDV dans un relais et chateau de la région ?

Ton imagination fertile trouvera bien une idée, sans aucun doute !!!! Mais fais vite !!!!!!

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Invité

Que j'aime les hsitoires si bien écrites, j'étais dans ce train, j'ai vu la scène... :wink:

Un vrai bonheur ton histoire...Il faut une suite, c'est impératif :clap:

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Ton imagination fertile trouvera bien une idée, sans aucun doute !!!!Mais fais vite !!!!!!

Zen, reste zen, penses aux grandes étendues polaires sous le blizzard!!!

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mon probleme est que, prenant souvent l'avion pour des déplacements professionnels, et moi-même équipé d'un BBerry, je me suis vite identifié à ton héros !!!! Je prenais souvent le Lyon-Dusseldorf, en même temps qu'une charmante demoiselle.... et j'aurais volontiers vécu la même histoire que toi !!!

Donc, vite, je veux connaitre la fin de l'histoire que j'aurais pu vivre !! LOL

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J'ai beaucoup aimé le style et ai eu l'impression d'être dans ce train...

Vite, la suite!!!!!

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Bon, vous avez gagné :content:

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