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AsMoth

Rencontre au restaurant : bienvenue à la Porte des Enfers

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Fin de semaine, la soirée s'annonce bien : fin de semaine, place a la décontraction et au partage entre amis. Nous sommes a la fin du mois de mai, l'air et tiède, c'est le soir. Je me sens pris dans cette ambiance typique des soirées a la fois bon enfant et chargées de quelque chose qui doit s'appeler le désir ou la volonté de charmer. Une atmosphère a laquelle nous sommes tous sensibles : une ambiance de fête, une ambiance de paraître, une ambiance de pari, de jeu, de risque ; a la fois habilles mais mis a nus, nous scrutons les personnes aux alentours, à la recherche discrète d'un regard, d'un sourire. Légèrement étourdis par le bruit ambiant des discussions et des rires, mais aussi par ce partenaire de fortune qu’est l’alcool, nous nous confrontons au monde, dans ce plus sérieux des jeux qui est de savoir ce que nous valons aux yeux des autres ; un jeu discret, cache, mais pour autant connu de tous : le jeu de la séduction.

Venue avec ma compagne pour rejoindre un groupe d'ami, les éclats de rire et les accolades vont bon train a l'entrée du restaurant.

Et, alors que je prends un ami de presque toujours dans mes bras, je la vois ; Elle. Illustre inconnue, qui, par une mystérieuse magie parvient, en une fraction de seconde, une éternité mémorielle ; le temps d'un regard, a me glacer le sang, a m'irradier le cœur. Mes yeux et mon palpitant se figent face a ce visage qui me dévisage, avant que la vie continue ; une parenthèse temporelle, un concentré d’émotions. Mon cœur tambourine alors dans ma poitrine comme si j'avais couru le cent mètres. Désarçonne, je quitte les bras de mon ami qui me trouve bien pale.

Je n'ose la regarder ; elle me regarde ; elle me sourit. Non d'un sourire amuse, mais d'un sourire presque mystique, charmeur, assure, enivrant. Le doux poison se diffuse en moi et s’accapare chaque cellule de mon corps, de mon cerveau. Bouillant, déstabilisant… excitant ! Tel un avion en perdition, tous les indicateurs de mon corps s’affolent. Mes sondes sensorielles envoient à mon cerveau des informations - forcément ! – erronées. Un frisson me parcoure l’échine et confirme que les plombs viennent de sauter. Non, ce n’est qu’une décharge, un avertissement : je n’ai bu qu’une seule goutte de ce poison, et je sais que la soirée ne fait que commencer. Mon dieu, comment vais-je survivre ?! Je sais quelque chose de peu commun est en train de se produire ; une pièce du destin. Un moment unique, magique. Je sais que je ne peux y défiler et que je dois y faire face. Une promesse ; une épreuve. Reprenant mes esprits, je sais que je dois et que je vais survivre à cette soirée, peu importe mon état.

Nous prenons place à table. La belle est située à la table pile ne face de moi, juste en décalé : elle est dans mon champ de vision direct.

Elle est blonde vénitien. Je devine que sa robe rouge et moulante galbe ses hanches, ses cuisses. Surement ses fesses que je n'ose imaginer. Ma chérie, assise à cote de moi, ne vois rien de mon mal être. Elle parle et rit avec les amis en me tenant affectueusement la main, mais je suis ailleurs. Je me sens emporté dans ce lieu que j’appelle l' "Entremonde". Cet endroit qui se situe à la lisière du réel et du fantasme. Un monde discret, secret, ou tout est et existe à qui sait voir, à qui sait capter et utiliser ses sens. Un monde animal, un monde d'instincts et de chimères ; un monde de désirs physiques et de fantasmes bien réels… Un monde où tout peut basculer d’une seconde à l’autre, dans un torrent électrique où la raison et la moralité ne font plus place.

La belle blonde fait face à un homme, visiblement le sien. Peut-être est-ce un amant. Pour autant, nos regards se croisent et s'entrechoquent. Tels des éclairs, des lames d'acier. Joute visuelle ou parade charmeuse, mes capteurs s'excitent tout azimut. Mais cette fois-ci, je tiens le manche, je tiens bon. Nos sourires discrets sont d'autant plus aiguises, précis, efficaces : sans équivoque.

Une relation se crée, aux yeux et à la barbe de toute l’assemblée, qui ne voit rien. Un petit jeu d’ « agents secrets », de vrais « pros » du jeu, dont les corps frémissent sous la même longueur d’ondes.

Le repas se passe ainsi. Rétablissant la trajectoire en piqué de ma carcasse, je parviens à reprendre le cap : celui d’aller loin. Très loin. Peu à peu, les commandes de répondent. Mon corps reprend une altitude normale : je me mets à bander en reluquant les jambes à demie-dénudées de la belle nymphe. La vue de ses talons aiguilles cambrant ses voûtes plantaires me font penser à l’orgasme, au plaisir ; à la féminité accomplie, respectée jusqu’à l’orgasme qui emporte tout. Je sens le tissu de mon pantalon frotter délicieusement contre mon gland. Je sens ce dernier si loin de moi : oui, je bande fort, je bande dur. Je veux prendre cette nymphe : entrer en elle, dans son sanctuaire étranger. Je l’imagine brûlant. Serait-elle plus belle encore au moment où elle me sentirait m’introduire et glisser en elle pour la remplir, ses beaux yeux verts plissés d’extase ? Tout ceci n’est que fantasme, mais dans ce monde, fantasme peut rapidement devenir promesse…

Un nouvel éclair frappe mon coeur lorsque je vois soudain la déesse poser sa serviette sur la table et joindre ses jambes l’une à l’autre en vue de se lever de table. Au moment ou la serviette touche la nappe, le regard acéré de la belle se plante dans le mien. Il se plante, me blesse, s’introduit. Un estoc animal, brutal, d’une violence et d’une intensité rares. Le torero frappe la bête et l’appelle au combat. Mon sang se glace à nouveau. Je suis comme pétrifié face a sa beauté et sa puissance séductrice. Il se met à bouillir aussitôt lorsque la belle pivote sur elle-même avec légèreté pour se diriger vers les toilettes. Les rondeurs parfaites et si justement mises en valeur de sa croupe refont battre mon coeur avec puissance. Une force qui se diffuse jusque dans le bout de mon sexe que je sens aussitôt s’humidifier d’une épaisse goutte de mouille. Le sang tambourine dans mes tempes ; un rythme lent et bouillonnant venu tout droit des enfers que je sens battre jusque dans mon sexe qui se gonfle de désir. Je ne suis plus homme, je suis animal. Déconnexion complète avec l’univers ambiant. Mes yeux sont rivés vers cette croupe diabolique qui s’éloigne de moi en direction des toilettes. La belle m'assène alors d'un ultime éclair qui traverse furtivement les nuages, une fraction de seconde, avant de disparaître de la salle, prenant le petit couloir situe sur sa droite. Un pic en plein cœur. Quoi faire ? Quoi penser ? Coup du destin, fantasme ou réalité, je dois agir. Je dois agir… La pression augmente d’un seul coup. Une vague de chaleur me monte à tête. Vite, de l’eau ! Je me sens à la fois excité, cerné, pris au piège d’un destin qui me condamne : je sais que je suis au pied du mur qui sépare le Bien du Mal. La belle l’a déjà franchi. Seul moi peut décider désormais. La fenêtre temporelle se réduit de seconde en seconde. Mon esprit est torturé entre la fidélité que je dois et que je veux à ma copine et mon désir pour cette femme sulfureuse. Mais je le sais, le dilemme est bien plus complexe : si je ne vais pas accomplir ma destinée, mon inaction sera alors pour moi un boulet de regrets que je devrais traîner toute ma vie dans mon âme. Pour l’avoir déjà vécu, je ne veux en aucun cas m’alourdir de nouveau d’un tel fardeau. Alors, déconnectant toute pensée, mon corps se lève et défie la gravité résidente. Ma copine, mes amis se regardent. Ils perçoivent sûrement une étrange lueur dans mes yeux. Celle du tueur, du prédateur, que je ne peux dissimuler. Je leur prétexte que je reviens dans une minute…

Mon cœur bat à se rompre. Je marche de pas lourds de gladiateur qui fonce tout droit vers l’enfer. Faire, c’est tromper ; ne rien faire, c’est merder. Je me rends pris au piège de mon destin : celui d’en vouloir plus. De toute façon, la soirée avait commencé sur ce ton dramatique : une soirée aux pulsions auxquelles on ne peut y échapper. Je passe juste à côté de la table où est situé l’homme qui accompagne la déesse des enfers. Pourvu qu’il ne se doute de rien… L’esprit et la pulsion animale bouillent en moi. une sensation très étrange, presque inhumaine, qui à la fois m’affaiblit et me porte. J’aimerais que cette journée ne soit jamais arrivée. Le sexe et le meurtre prennent un goût métallique dans ma bouche. Je contourne le bar sur les traces de celle qui, dompteuse, est en train de devenir ma proie ; qui de nous deux… et je disparais du champ de vision du commun des mortels pour avoir pour seul spectateur Dieu et les Enfers s’ils existent.

La porte des toilettes, l’antichambre des ténèbres sur Terre s’offre devant moi. L’ambiance bruyante de la salle du restaurant s’efface. Seuls les battements sourds de mon cœur résonnent dans mes tempes. Je sens mes muscles tendus de puissance et d’agressivité. Que va-t-il donc se passer derrière cette porte ? Le sol gronde sous mes pieds. Il y a des destinées qui peuvent basculer en une fraction de secondes…

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Wahou!!!!

AsMoth, je suis subjuguée par ce texte d'une densité et d'une intensité rare!

Félicitations pour avoir si bien su transcrire toutes les émotions qui déferlent dans un moment pareil.

C'est un de tes plus beaux écrits et je reste décidément ta fan numéro un!

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Infiniment merci. Je m'etais promis d'ecrire un texte sortant de mon ordinaire... Si tu savais a quel point il a ete couteux en energie pour moi de l'ecrire ! J'ai du m'y prendre a 2 fois, tant faire surgir ces demons de l'Entremonde est quelquechose d'eprouvant, a en faire battre le coeur et les tempes aux limites du supportable.

J'espere que vous aurez autant de plaisir et d'intensite a le lire que j'en ai eu a l'ecrire.

:P

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Invité

J'adore...J'adore...J'adore...

C'est si différent de ce que tu écris, on te découvre sous un autre jour.

Les émotions, sont parfaitement décrites.

Asmoth, tu sais toujours surprendre tes fidèles lectrices

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J'aime beaucoup ton style d'écriture...vraiment un délice de lire ce récit :P Hâte à la suite!

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Merci beaucoup !

PS: nos femmes lectrices aimeraient-elles attiser la fougue demoniague des hommes au point de les confronter dans leurs plus lointains retranchements ? Je suis bien curieux de savoir ce que attendez derrière cette porte... Hihihi :P

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Merci beaucoup !

PS: nos femmes lectrices aimeraient-elles attiser la fougue demoniague des hommes au point de les confronter dans leurs plus lointains retranchements ? Je suis bien curieux de savoir ce que attendez derrière cette porte... Hihihi :P

Perso ? Qu'elle ose faire ce que je ne ferais pas, prendre le plaisir o* il se trouve, vivre pleinement chaque moment, et jouir de la vie :D

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Et encore... Ces diableries ne font que commencer... Je te laisse imaginer la suite ! Hihihi ! :P

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Mr Asmoth je m'incline devant ce superbe texte même si je ne m'attendais à autre chose en lisant le titre. Bravo ! Il me tarde de lire la suite.

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Merci bcp Rain.

A la lecture de ces lignes, as-tu senti ton coeur battre fort, ton poul s'accelerer... Le demon a l'interieur de toi reclamer sa liberte ?

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