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Une histoire, un regard, une passion...


Invité
  • Résumé ou 1er Paragraphe:

Une douce chaleur ampli l’air ambiant, un parfum discret émane des premières fleurs… L’hiver a laissé place au printemps, à la nature, sortant de sa torpeur hiémale, à l’éclosion des passions…

Seule sur la terrasse, face à son grand domaine, le regard perdu dans cette immensité végétale, elle déguste une tasse de thé noir aux arômes d’agrumes et de gingembre, de vanille et de cannelle. Son nom, le thé des amants…

Elle se demande ce qu’il pourrait bien advenir si elle croisait de nouveau sa route. Son souvenir se rappelle tendrement à elle. Cette rencontre furtive, cet échange de regard, brûlant… Une décharge passionnelle intense… Pas le moindre contact entre eux pourtant. Qui sait la tournure qu’auraient prit les évènements, si, ne serait-ce qu’une fois, leurs peaux étaient entrées en contact, si leurs mains s’étaient effleurées…

Elle n’ose l’imaginer. Mais elle le ressent au plus profond d’elle, ce désir s’empare d’elle, elle rougit à ces pensées peu convenables…

Ses jambes se serrent, frottant l’une contre l’autre malgré elle, faisant naître sous sa robe une moiteur salée. Son esprit s’évade, pénétrant les confins de ses désirs. Le ballet immoral de ses complices s’accélère, la moiteur se fait humidité, la chaleur plus intente. Sa tête bascule, ses yeux se perdent dans le bleu du ciel…

Le bruit de la porte du salon d’hiver la tire brusquement de ses rêveries.

« Madame, pardonnez-moi de vous déranger. »

Sans se retourner, elle répond d’un ton sec au majordome.

« C’est à quel sujet ? »

« Un homme demande à voir Madame. Il se présente comme le responsable du cabinet d’architecte que vous avez fait appeler. »

Elle avait oublié ce rendez-vous fixé il y a de ça quelques semaines. Agacée d’avoir été si brusquement interrompue, elle lui demande sans sympathie aucune d’accueillir son hôte et de le conduire sur la terrasse où elle se trouve. Qu’il fasse également apporter du thé, ainsi qu’une seconde tasse et quelques biscuits.

Le majordome parti, elle se surprend à replonger dans ses pensées, malgré son humeur devenue mauvaise. Elle revoit ces yeux… ces deux harpons qui ont laissé en elle une marque indélébile.

Une demoiselle du personnel apporte le thé et les biscuits, s’éclipsant aussitôt. Leur délicat parfum attise sa gourmandise. Elle porte lentement l’un d’entre eux à ses lèvres, les yeux toujours plongés dans ses souvenirs.

Des bruits de pas l’extirpent une fois de plus de ses pensées.

« C’est une bien belle propriété Mademoiselle. »

La voix vient de derrière elle, une vois plutôt douce, et suave, pas désagréable à écouter. Sans se retourner, elle l’invite à la rejoindre.

« Merci. Puis-je vous proposer une tasse de thé avant de discuter rénovation ? »

Les pas de rapprochent, l’homme contourne la table pour prendre place en face d’elle.

« Volontiers, merci. »

Soudain tout s’arrête. L’homme troublé tombe dans son fauteuil, le biscuit qu’elle portait à sa bouche tombe à terre. Ils sont tous deux figés, les yeux dans les yeux…

Les secondes s’égrainent, deviennent des minutes à leur insu. Comment est-il possible… Ce regard, ce souvenir… Elle a chaud, et rougit, encore bouche bée de surprise. Son regard à lui est ému, subjugué par ce qu’il voit. Ils se retrouvent face à face, muets.

Venant de réaliser que dans sa chute il avait heurté la table, et qu’une tasse s’était renversée, épandant son breuvage, elle s’empresse, presque paniquée, d’éponger le liquide avant qu’il ne ruisselle sur les vêtements de son hôte.

« Pardon, je suis désolé. » se risque-t-il, confus, en se levant à son tour pour l’aider. Tentant maladroitement d’attraper une serviette, l’homme effleure sa main. Tout deux cessent net tout mouvement, relevant la tête, nez à nez, les yeux dans les yeux… La tentation d’un baiser se lit sur leurs visages, sur leurs lèvres entrouvertes. Leurs cœurs s’emballent, bâtant à l’unisson, leurs souffles se mélangent…

Reprenant leurs esprits comme dans un éclair de lucidité, ils s’écartent d’un même mouvement, embarrassés…

La porte du salon d’hiver s’ouvre de nouveau. C’est le majordome.

« Pardonnez-moi de vous déranger, je viens m’assurer que vous n’avez besoin de rien. »

« Non, c’est aimable à vous, merci. » dit-elle le souffle court. Se retournant vers son hôte, le regard bas « Puis-je vous resservir ? ».

« Oui, avec grand plaisir. » s’empresse-t-il de répondre, pensant que cela dissiperait le malaise. Malheureusement, ça n’est pas le cas. Les effluves du thé enivrent ces sens, le poussant à rêver d’elle, un fantasme, comme une drogue… Mais ce rendez-vous est professionnel. Aussi, tentant de reprendre ses esprits, il entame la discussion au sujet de sa venue. Après quelque minutes, elle lui fait visiter les pièces à rénover, précisant avec soin chaque aspect du travail, ainsi que le résultat attendu. Puis il l’informe qu’il lui fera parvenir le devis par e-mail d’ici quelques jours, avant de s’en aller comme si de rien n’était.

Quelques heures plus tard, alors que la nuit est déjà bien avancée, elle s’assied une dernière fois devant son écran d’ordinateur afin de s’assurer n’avoir rien reçu d’important dans la soirée et aller se coucher l’esprit tranquille. Un instant après avoir ouvert sa boite, elle aperçoit un mail de l’architecte intitulé « Informations urgentes ».

Que peut-il bien lui envoyer si rapidement… Le devis ? Certainement pas, c’est bien trop rapide. Mais quoi d’autre ?... Interloquée, elle ouvre le mail.

Un instant après avoir ouvert sa boite, elle aperçoit un mail de l’architecte intitulé « Informations urgentes ».

Que peut-il bien lui envoyer si rapidement… Le devis ? Certainement pas, c’est bien trop rapide. Mais quoi d’autre ?... Interloquée, elle ouvre le mail.

« Je n’en peux plus, je tente depuis des heures de vous oublier, mais rien n’y fait. L’idée d’un baiser, d’une caresse de votre part m’obsède… Sans parler de celle de votre corps, de vos courbes…

Tout s’éclipse lorsque je pense à vous. Depuis tant d’année j’avais désespéré de vous revoir. Je ne tiens plus, je veux vous voir, ce weekend, demain, cette nuit. Je deviens fou !

Je veux vous voir, vous toucher, sentir votre peau contre la mienne, vos lèvres sur les miennes, je vous veux contre moi. Je veux vous aimer, au moins une fois, honorer votre corps, l’embrasser… Je vous dis, je deviens fou !

Dites moi, où, quand, vite je vous en supplie ! »

Surprise et un peu perdue, elle frissonne, grelotte, seule devant son écran… Mais n’était-ce pas ce qu’elle espérait secrètement ? Une autre chance, la véritable occasion de sentir brûler cette passion si durement réprimée ? Elle tente de se donner bonne conscience en niant l’évidence. Après tout, c’est un parfait inconnu, et cela nuirait à l’avancée des travaux… Non, cela n’est pas envisageable… Peut être que, sous certaines conditions…

Bien sûr qu’elle va lui répondre ! Elle n’attend que ça, le revoir, elle en meurt d’envie tout autant que lui, c’est évident ! Ce regard qui a hanté tant de ses nuits, qui a si souvent accompagné ses caresses, ses plaisirs… sa jouissance… Mais quand ? Quand osera-t-elle un moment ? Cette nuit, là, tout de suite ? Non, il est bon de faire patienter l’ardeur d’une passion sur le point d’exploser… Elle attendra demain, à l’heure du déjeuner, et lui proposera de prendre le repas sur l’herbe, dans sa propriété, à l’écart de toute indiscrétion. Elle tracera un petit jeu de pise, il en perdra l’esprit… Il la découvrira dans ses plus beaux atours. D’y penser, ses jours se fardent de rose, l’humidité perle sous sa nuisette… Que va-t-elle lui répondre ? … Elle pose enfin ses doigts sur le clavier.

« Ce regard… J’y ai songé bien des fois, ne sachant l’oublier…

Demain, à l’heure du déjeuner, je vous attendrai sur mon domaine. A vous de m’y retrouver… »

Apaisée par sa seule réponse, elle s’allonge entre ses draps, s’endors, pressée d’être à demain…

Le jour point à peine, quelques rayons de soleil valsent entre les feuilles des arbres, laissant échapper un peu de leur lumière. L’un d’entre eux s’invite dans la chambre, caressant tendrement ses paupières. Doucement elle s’éveille, abandonnant Morphée à sa solitude. Après quelque minutes, elle se lève, nue, revêt sa nuisette jusqu’à la porte de la salle de bain où elle la quitte aussitôt, la laissant glisser sur ses courbes jusqu’au sol. Sans plus attendre elle entre dans la douche, ouvre le robinet d’eau. Un cri de surprise s’échappe, l’eau est encore froide en cette période de l’année. Elle s’abandonne à la détente pour quelques minutes encore, se demandant s’il viendra, si le feu de la passion brûlera aussi fort qu’elle l’espère… cédant au plaisir de l’eau chaude ruisselant sur son corps, le long de son intimité…

Un instant plus tard, rafraichie de sa nuit, elle prend soins de se vêtir simplement, avec élégance et bon goût. Un chemisier à jabot noir, sans manches, une jupe, noire elle aussi, moulante juste ce qu’il faut pour souligner sa silhouette de nymphe, le tout rehaussé d’un fin serre-taille de soie, et de bas noirs des plus simples. Ainsi parée, elle s’empresse de rejoindre la terrasse pour y prendre son petit déjeuner sous le soleil levant. Y trouvant l’air encore frais, elle fait apporter un grand châle de laine noir pour se couvrir. Le regard perdu dans le vague, elle pense à lui, à hier, au mail passionné qu’elle a reçu de lui. Elle sourit…

Elle a pensé une partie de la nuit aux énigmes de son jeu, elle va les écrire à l’encre brune, sur du papier blanc, dans de petites enveloppes rouge cerise qu’elle fermera d’un sceau. Elle a quelque heures pour les écrire et les placer sur le lieu de leur office, le temps que la brume matinale se dissipe. Elle a décidé de prendre son temps malgré l’impatience qui la gagne de plus en plus.

Elle fait de nouveau appeler le majordome, une tasse de thé et quelque fraises sucrées s’il veut bien le lui apporter.

« Oui Madame, tout de suite Madame. »

Son thé pour se réchauffer, les fraises gourmandes à déguster, elle entame les préparatifs… Lettre après lettre, sa plume glisse sur le papier, enveloppe après enveloppe, elle appose son cachet, l’une après l’autre, elle part les dissimuler…

L’heure tourne, la clepsydre se vide…

L’astre de midi rayonne à présent de toute sa lumière. On sonne à la porte, mais elle n’en sait rien, elle l’attend déjà, assise lascive, adossée à un arbre. Le majordome ouvre, laissant apparaître un homme très élégant malgré son air quelque peu désinvolte. Il lui remet une enveloppe. S’il le veut bien, voici quelques instructions pour monsieur. Interloqué, il l’ouvre avec empressement.

« La passion vous indiquera le chemin vers moi. Le premier indice se trouve près de la source de Vénus…

Un baiser sur la nuque »

Bouche bée de surprise, il en lâcherait presque l’enveloppe. Il ne s’attendait pas le moins du monde à ce genre de péripétie, mais accueille avec plaisir l’imagination et les facéties de la belle. Ne sachant pas par quel bout de la propriété débuter son exploration, il demande au majordome si elle n’a pas laissé d’autre message, un mot, un seul suffirait peut être à le mettre sur la voie…

Ne comprenant pas ce dont il était question, il prononça simplement les mots qui lui avaient été dictés par la maitresse des lieux.

« Si Monsieur, « Souvenez-vous d’hier », voici le message qu’elle a laissé pour vous ce matin. »

Sa surprise grandissant, l’homme trouve ces mots bien énigmatiques… Relevant la tête, il demande au majordome de le reconduire sur la terrasse. Arrivé sur les lieux, la première énigme se dévoile, une somptueuse fontaine représentant Vénus sortant des eaux, à laquelle il n’avait pas prêté attention hier, se dresse face à lui dans le parc. Il remercie le majordome, puis, le sourire aux lèvres, s’approche de la fontaine. Juste au raz de l’eau, dans un coquillage, une petite enveloppe rouge, semblable à la première, attire son attention. Il la sort délicatement, en brise le sceau, puis déplie la feuille blanche.

Arrivé sur les lieux, la première énigme se dévoile, une somptueuse fontaine représentant Vénus sortant des eaux, à laquelle il n’avait pas prêté attention hier, se dresse face à lui dans le parc. Il remercie le majordome, puis, le sourire aux lèvres, s’approche de la fontaine. Juste au raz de l’eau, dans un coquillage, une petite enveloppe rouge, semblable à la première, attire son attention. Il la sort délicatement, en brise le sceau, puis déplie la feuille blanche.

« Lorsque nous nous retrouverons, la passion risque de nous le faire perdre à tous les deux. Suivez sa trace pour le second indice.

Un baiser sur le torse… »

Que peut-elle bien vouloir dire par là… la passion entrainerait la perte de quelque chose ? Il est des évidences qui ne le sont plus lorsque l’esprit est troublé. Il a beau relire, retourner l’énigme dans tous les sens, la seule chose qu’il retient est ce baiser sur son torse… Il ferme les yeux, rêvant le contact humide de ses lèvres sur sa peau, la caresse de ses mains dans son dos, glissant le long de son échine, remontant à ses épaules. Sa langue coquine se baladant dans son cou, sur son torse, descendant toujours plus bas… Non, c’est indécent, il doit reprendre ses esprits et chercher l’indice suivant. Son envie, son désir, se dressent, s’élèvent malgré lui. Elle le rend vraiment fou… Le Nord ! Bien sûr, c’est le Nord !

Après avoir jeté un œil à la mousse sur un tronc, il part en direction du Nord. Pour y trouver quoi, il l’ignore totalement… Il marche, rêveur mais un peu anxieux, dans les sous-bois baignés de lumière. De multiples petites fleurs parsèment le sol mais il n’y prend pas garde, c’est à elle qu’il pense, , cette nymphe au regard de jade accapare son esprit. Il avance entre parterres de fleurs et de trèfles, sous d’élégants arbres qui n’en finissent plus.

Après quelque minutes il arrive devant un petit bassin de nénuphars alimenté par une petite fontaine. Le clapotis de l’eau invitant habituellement au repos, se fait l’écho dune langueur des plus sensuelles… Sur une feuille de nénuphar se trouve une des enveloppes à énigmes, mais elle n’est pas seule. Il s’accroupit au bord de l’eau, cueille l’enveloppe, en ôte le cachet pour suivre des yeux les délicieuses courbes de son écriture.

« A quelques mètre d’ici poussent de petites perles de passion, acidulées, sauvages… Elle indiqueront la voie.

Un baiser sous le nombril… »

Ces quelques mots enivrent son esprit qui s’égare à nouveau… Le peu de lucidité qui lui reste l’aide à ramener à son nez l’objet qui accompagne la lettre, un foulard blanc imprégné de son odeur. Des effluves foudroyantes s’en échappent, un savoureux mélange d’ambre et de rose, achevant de le troubler.

Son désir est plus qu’évident désormais, prenant une ampleur qu’il ne peut plus contrôler… Une large bosse déforme l’entre-jambe de son jean. Honteux de ne plus rien maîtriser, il rougit, ayant peur que l’étoffe laisse apercevoir quelques perles d’envie.

L’esprit cherchant à reprendre le dessus sur la chair emprisonnée, il se rend compte qu’il ne sait ni ce que sont ces perles de passion, ni où les chercher, dans quelle direction partir… Il revient sur ses pas afin d’avoir une vue plus globale du lieu. Il ne voit rien correspondant à la description. Son vit douloureux le rappelle au plaisir de la chair…. Il secoue la tête d’un air réprobateur, non, ça n’est pas encore le moment, patience… Bien que ce petit jeu soit long, il veut le jouer jusqu’au bout. Il se trouverait ridicule s’il abandonnait pour héler son nom dans les bois…

Il décide donc de tourner méthodiquement autour du bassin, s’éloignant au fur et à mesure de son clapotis. Assez rapidement il aperçoit un amas de petites fleurs rouges, mais pourquoi acidulées ? Seraient-elles comestibles ? Il s’en approche, douteux, passe délicatement les doigts entre les fleurs, où la rosée restante les couvre d’eau, mais rien… Il reprend alors ses recherches.

Pendant ce temps, l’hôte désirée s’est assoupie, le dos contre son arbre, fatiguée de sa courte nuit. La voilà rêveuse, une main délicatement glissée entre les jambes…

Fort de quelques tours dans son arène, il finit par découvrir un petit massif de fraisiers, parsemé de quelques fruits rouges, probablement ces perles de passion, sauvages et acidulées. Ne pouvant céder aux avances de sa chair, il prend le parti de satisfaire sa gourmandise, s’offrant quelques fruits. Leur forme allongée, la douceur de leur peau… Il ne peut s’empêcher de les assimiler au petit bouton de chair de la belle. Humm quelle suave idée… Sa langue se met à danser autour du fruit, le caresse précautionneusement, puis s’abreuve de son jus…

Mais la prison de tissu se resserrant autour de l’être captif, il lui vient à l’idée que plus vite il l’a trouverait, plus vite il pourrait libérer l’otage de ses pensées.

Délicatement il commence à écarter les feuilles les unes des autres à la recherche du petit rectangle rouge… Après avoir exploré quelques pieds, il découvre l’enveloppe. Sa curiosité mêlée au désir de la voir, il déchire le papier sans précaution aucune. Il retient son souffle…

A l’intérieur, ces quelques mots :

« Vous êtes près du but mon ami…

Rendez-vous au pied du grand maître de céans aux fruits si… coquins.

Une caresse le long du dos… »

Le souffle court, il voit le jeu toucher à sa fin. Un grand sourire se dessine sur son visage, son cœur bât fort. L’étreinte du tissu se resserre autour de son entre-jambe. Que va-t-il advenir d’eux ?...

Il tourne sur lui même à la recherche d’un grand arbre majestueux qui pourrait être le prince du domaine. Sur sa droite, il entr’aperçoit une clairière et décide d’aller y jeter un œil. Un lieu rare au milieu des bois, pense-t-il, c’est peut être une bonne idée ! Il s’y précipite avec ardeur et fougue, tout en maintenant un semblant de retenue pour ne pas avoir l’ait bête devant la belle.

Au milieu de la clairière trône bien un arbre, un chêne, humm… ses fruits coquins… D’un seul coup la chaleur le submerge, son visage se farde de rouge. Il parcourt l’éclaircie des yeux, un chêne, mais point de belle…

Se précipitant alors au pied de l’arbre pour vérifier qu’elle n’y soit pas cachée, il une autre petite enveloppe. La moue boudeuse et un peu déçue, il l’ouvre.

« Vous me trouverez derrière vous… »

Se prenant d’un coup à la rêver derrière lui, il hésite à se retourner, se préparant à l’entourer de ses bras.

Lorsqu’il se décide enfin, personne…

Il court alors droit devant lui, comme fou, désespéré. Tantale se fait bien trop cruel. Son cœur bât à tout rompre, il court à perdre haleine.

Quand sans s’y attendre, il arrive dans un petit patio orné de glycines à peine bourgeonnantes. Une nappe est dressée au sol, sur laquelle sont disposées mille et une merveilles. Il reprend lentement son souffle en contemplant le déjeuner. Faisant le tour de l’atrium il s’arrête net.

Sa belle est là, face à lui, assoupie au dos d’une glycine…

Là reste là sans bouger, comme paralysé devant l’objet de tous ses désirs. Enfin… Après cette nuit, cette matinée qui ont paru interminables. Enfin il découvre son Graal. Bien que vêtue de noir, sa présence illumine le lieu, elle éclipse tout le reste. Il n’existe plus qu’elle, et lui, elle, sa douce endormie…

Elle n’a pas dû l’entendre arriver, elle semble être encore dans l’étreinte de Morphée. Il n’ose pas l’extirper de son sommeil. Il la contemple. Son visage, son corps de nymphe sur lequel il aimerait tant faire courir ses mains, sentir le contact de sa peau… Et cette main qu’il n’avait pas vu, délicatement glissée entre les plis de sa jupe… Un frisson parcourt son échine, ravivant ce désir incessant d’elle. Tant pis pour Morphée. Il s’abaisse près d’elle, cueille un brin d’herbe, et lentement, tendrement, dessine les contours de son visage, descendant le long de son cou, sous sa gorge… Puis remontant sur ses lèvres, il s’approche, jusqu’à sentir son souffle caresser les siennes, ferme les yeux, et y dépose un délicat baiser. Si près d’elle, son cœur bât si fort, elle ne peut que l’entendre…

Sans qu’il ne s’y attende, une main se glisse derrière sa nuque, l’approchant encore du visage de sa nymphe. Avec douceur et ô combien de sensualité, elle lui rend son baiser. Le temps de caresser son visage et passer une main derrière son dos, un ballet langoureux se dessine, sans un mot… Leurs mains glissant sur leurs corps, les enveloppant dans une étreinte charnelle…

Il l’embrasse, descendant le long de sa nuque, sur une épaule, glissant le long d’un bras, l’effleurant du bout des doigts. La belle frémit, petit à petit il éveille ses sens, appelle son désir. Lentement elle passe ses mains sous la veste de son architecte et l’accompagne délicatement sur le sol. Alors qu’il arpente chaque partie libre de son corps, frôlant sa peau de ses doigts, de sa langue, elle défait un à un les boutons de sa chemise, écartant peu à peu ses pans. Elle découvre un torse divinement sculpté… Une vague de chaleur l’envahit, qui la laisse rêveuse quant au corps de son Apollon. Elle sourit. Ses mains partent à la découverte, sa peau frissonne sous les ongles de sa nymphe.

Sorti de ses pensées par la fraîcheur de ses mains, il met un terme à sa ballade langoureuse, se redresse, ses yeux de nouveau plongés dans leurs miroirs de jade. Il attire sa belle contre lui, d’une main s’empare de sa nuque, de l’autre il déboutonne habilement son chemisier. Il s’éloigne un moment pour contempler le corps qui s’offre à lui. Une peau claire, très claire, enveloppant avec douceur deux monts aux pentes voluptueuses, ni petits, ni gros, juste ce qu’il faut pour emplir parfaitement la paume de sa main. La lingerie de dentelle noire qu’elle porte, si simple et tellement érotique, laisse entr’apercevoir l’ombre de ses pointes délicates.

Il peine à garder le contrôle, son désir d’elle se fait de plus en plus fort, de plus en plus visible malgré son jean… Il ne veut pas brusquer les choses. Il se lève et prend place derrière sa belle, dos à l’arbre, avant de se rassoir. Ainsi il aura tout le loisir de s’abandonner à mille et une caresses sans dévoiler cette ardente vigueur qui se trouve chaque seconde un peu plus à l’étroit. Du haut de sa nuque, sur le galbe de des seins, la douceur de son ventre et… hum… Tel est le chemin qu’il a choisi. Son envie guidée par la caresse de ses doigts, elle s’abandonne, la tête sur son épaule, une main dans ses cheveux. Il glisse ses doigts sous l’étoffe noire de sa jupe, y découvrant un fin triangle de tissu dont l’humidité traduit déjà son plaisir grandissant. Il l’écarte délicatement, aventurant un doigt, puis deux, à la découverte de cette fleur merveilleuse, glissant le long de ses pétales, chatouillant son petit bourgeon… Il plonge lentement au plus profond de son intimité, en caressant minutieusement chacune des parois, attentif aux moindres frémissements de la nymphe.

Un sursaut lui donne la clef du plaisir, lui indiquant précisément la marche à suivre… Après quelques va et vient, la fleur de la belle pleure de petites larmes de rosée. Sa respiration se fait saccadée, il sent au bout de ses doigts les spasmes annonciateurs de la jouissance. Il accélère leur mouvement, au rythme de ses suffocations, ses gémissement trahissent son excitation, son cœur bât à tout rompre, elle tremble… Et dans une ultime secousse, elle accueille l’orgasme libérateur, cambrant son corps entier pour cueillir le baiser passionné de son magicien.

Ils restent là, adossés à l’arbre un instant. Puis reprenant ses esprits, elle se redresse, découvrant avec malice l’émoi viril de son complice grandissant contre sa croupe. Son regard s’illumine…

Sans un mot, elle retire ses bas, l’un après l’autre, et bande les yeux de son Apollon en les nouant derrière sa tête. Ainsi privé d’un sens, la sensibilité de sa peau en sera accrue… Elle se rassoit à genoux devant lui, caresse son son torse, se rapproche de lui, narguant sa bouche d’un souffle chaud avant de passer sa langue sur ses lèvres. Elle continue son petit jeu, descendant sur son buste, puis cesse un instant, pour faire monter la tension. Du bout des doigts elle effleure tour à tour son visage, ses bras, ses flancs, son torse... Dans le noir le plus complet, son attention est à son comble le moindre contact le fait frémir, bande son corps tout entier. Ses sens sont en éveil, chaque caresse le gonfle un peu plus de désir, et lors des silences, son cœur bât à tout rompre. Il sent son souffle chaud sur son bas ventre, elle déboutonne son jean, bouton après bouton. Puis plus rien…

Et de nouveau ces caresses éparses et volatiles, suivies de quelques baisers éparpillés, et de nouveau le seul souffle de l’air frais…

Sa belle aux yeux de jade se fait succube tentatrice. Il est tellement envouté par son petit jeu qu’il en oublie tout le reste, ne vivant que les sensations sur sa peau, n’entendant que la chamade de son propre cœur…

Soudain une chaleur humide l’envahit, tendant chacun de ses muscles. Apres !s avoir libéré son vit raidi à l’extrême, elle s’applique à l’envelopper de sa langue habile. Il aimerait ôter l’entrave à sa vue, mais il est paralysé de plaisir, son être entier est concentré dans les quelques centimètres de chair de son lingam. Une douce chaleur envahit son intimité, rayonnant dans tout son corps. Son souffle se fait court, son cœur bât plus fort encore. Il ressent les moindres effleurements de sa langue, la torpeur de sa bouche… La chaleur devient fièvre, des spasmes de plaisir secouent sa chair, vague après vague… La tension monte, chaque contact avec la belle provoque une décharge dan son bas ventre, il suffoque…

D’une seule main elle ôte le bandeau improvisé de son visage, elle veut lire dans ses yeux son plaisir grandissant. Il peine à respirer tant la tension est forte. Il le sent arriver, mais le retient de toutes ses forces, il ne veut pas que ça cesse, c’est trop bon !...

Son regard de jade planté dans ses yeux, la succube ralentit son va et vient et tire encore sur la corde du plaisir, jusqu’à son maximum… Alors qu’elle voit une larme poindre dans ses yeux étourdis, elle accélère une dernière fois… Il explose littéralement de plaisir, laissant jaillir son offrande dans sa bouche, laissant couler les larmes le long de ses joues… Il est aux anges. Elle sourit presque malicieusement en voyant le regard lointain et comblé de son amant. Il ferme les yeux, et comme dépossédé de toute volonté, laisse s’écrouler les bras qui le soutenaient jusque là.

Doucement la belle s’écarte, se rapprochant de la nappe pour attraper la petite corbeille d’osier garnie des premières fraises de l’année. Délicatement elle en porte une à ses lèvres, un parfum envoutant… Elle en attrape une seconde, l’approchant cette fois de la bouche de l’homme épuisé. Il se redresse, faisant mine de la cueillir, mais écarte sa main au dernier moment pour aller se nourrir d’un baiser passionné.

Et alors qu’elle ne s’y attend pas, il l’attire à lui, débarrassé de toute pudeur, la délivre de tout vêtement superflu, s’abreuve un instant à son intimité puis la dépose sur sa hampe de nouveau dressée, avec un sourire espiègle, un brin arrogant. Elle en rigole et répond à son sourire par un regard fier, il veut jouer à ça ? Il ne va pas être déçu !

Il cramponne ses mains sur ses hanches, amorçant un mouvement de va et vient. La voici amazone sur son fier étalon. Son vit ardemment planté en elle, il découvre les profondeurs de son intimité étroite. Pour donner plus d’ampleur à ses mouvements, elle s’appuie sur ses larges épaules. Les ondulations de son bassin arrachent des râles virils à son amant. D’un coup il l’étreint, la pénétrant plus profondément encore. Leur passion les enflamme… De petites perles de sueur glissent sur les courbes de la belle, qui respire de plus en plus fort. Il l’embrasse avec fougue, la resserrant contre son corps, courbant son dos sous la courses des ongles qui le parcourent. Leurs cœurs battent à l’unisson. Leurs visages presque siamois ne se quittent plus, les yeux dans les yeux, leurs souffles se mêlent, haletants… Leurs corps ne font plus qu’un, tremblants de désir. Il n’existe plus ni ciel, ni terre, seulement eux, unis dans leur frénésie. Leur ballet se fait plus violent, plus saccadé, ils sont comme ivres de plaisir… Et soudain, l’ouragan de la jouissance les terrasse. Leurs corps fusionnent, leurs cris se mêlent… L’homme assène d’ultimes coups de reins avant de s’écrouler, entrainant dans sa chute sa belle Amazone…

Doucement ils reprennent leurs souffles sous l’ombre rafraîchissante des arbres. Apaisés, ils s’endorment, le sourire aux lèvres. Le repas attendra…


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Commentaires recommandés

Une sensuelle et voluptueuse mise en bouche , dont il faut être à la hauteurs des attentes

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