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Orchidée
  • Résumé ou 1er Paragraphe:

    Une histoire d'amour peut-elle commencer par une histoire de sexe ? Melissa a insisté pour que je diffuse ce texte. Voici donc l'origine de notre histoire.

La soirée s’annonçait chaude. Non à cause d’un été qui n’en est pas vraiment un, mais par le fait que les quatre de notre blog se réunissaient pour la première fois depuis de longues semaines. Une des copines vit une histoire d’amour qu’on lui souhaite longue et heureuse, une autre se donne à fond dans son nouvel emploi, la troisième a déménagé, et moi je suis prise à plein temps par l’écriture d’un roman sur les Amazones. Même ma présence sur ce forum en souffre.

Peu désireuse de perdre des heures en cuisine, j’accueillis mes amies pour une soirée pizza dans mon petit appartement. Si petit que l’une d’elles étant venue accompagnée, je me demandai comment caser tout le monde. On se serra un peu sur le canapé et une chaise ramenée de la cuisine fit l’affaire.

Celle dont le pseudo est Edelweiss sur notre blog nous présenta donc Melissa, une de ses cousines installée depuis peu à Paris à cause d’un emploi dans une agence de production. Pour sûr, ce beau brin de fille en jean beige et tee-shirt blanc sans manche méritait que des professionnels de l’image la remarquassent. Vingt-quatre ans (son âge tomba dans la discussion), brune aux cheveux courts, le regard sombre démesuré dans l’ovale doux du visage, la petite bouche fine et souriante, elle exhalait une certaine classe naturelle.

« Non je ne suis pas mannequin ni actrice, seulement maquilleuse. » prévint Mélissa heureuse de son effet. Allez savoir pourquoi, cette déclaration me rassura.

Les pizzas livrées, Edelweiss me demanda si je comptais assurer seule l’avenir de notre blog, et proposa de mettre quelques vidéos en ligne afin d’entretenir le blogrank. Sans être prude, je me sentis soudain gênée d’aborder ce genre de thème devant une jeune femme inconnue, à qui nous risquions de donner une mauvaise image de notre orientation sexuelle. Melissa surprit mon regard et s’en amusa.

« J’ai tout lu de votre blog Les filles de Lesbos et je trouve votre démarche géniale, même si malheureusement ce concept attire beaucoup de mecs voyeurs au lieu de nanas en recherche de confiance. J’adore ta façon d’écrire Orchidée. Tu me feras lire ton roman sur les Amazones ? »

Blanche, bleue, verte, j’imagine que mon teint de pêche habituel passa par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Et les copines se marraient à mes dépens, comme si profiter de ma cave (petit appartement mais tout ce qu’il faut en sous-sol) ne leur suffisait pas. J’en étais là de me demander comment renverser la situation en ma faveur quand enfin on mit un terme à mon supplice.

« Melissa est lesbienne » avertit l’une.

« Elle tenait absolument à te rencontrer » concéda une autre.

« Ce n’est pas le genre de blague qui t’arrête d’habitude » osa la troisième.

Seule Melissa resta silencieuse, à me dévisager ou plutôt à… me dévorer du regard. Soit le vin amenait déjà son effet, soit cette jeune beauté me faisait de l’œil.

La soirée se prolongea tard dans la nuit entre discussions à bâtons rompus et rires légers afin de ne pas alerter les voisins. Sans doute était-ce délibéré de la part des copines, Melissa se tint proche de moi au point qu’il ne me fut bientôt plus permis de douter de son intérêt pour ma petite personne. Qu’Internet nous divertît aussi sembla logique entre bloggeuses, et l’abus d’alcool me poussa à montrer le forum sur lequel je conte mes aventures.

Le lendemain en fin de matinée, un coup de sonnette m’arracha au travail d’écriture qui m’occupait depuis 4 heures du matin. Je suis capable de passer des journées entières devant le clavier sans penser à autre chose.

« Je ne te dérange pas ? »

Melissa se tenait dans l’encadrement de la porte, ni triste ni souriante, presque gênée de se trouver là sans y avoir été invitée. Notre soirée me revint aussitôt en mémoire. Tout le monde a déjà fantasmé sur une personne, en ayant l’impression de plaire, et rire le lendemain de la manière dont on avait pu se laisser abuser par notre esprit. Il m’arriva en cet instant l’effet inverse.

« Tu sais hier… ce n’était pas de ma part un jeu de séduction imbécile. J’ai vraiment envie de te connaître. » souffla Melissa en effleurant ma main sur la poignée de porte grande ouverte.

Je la fis entrer, abasourdie d’entendre un tel phrasé dans la bouche d’une jeune femme de 24 ans. Un pantalon de toile taille basse moulait ses cuisses et ses longues jambes, un tee-shirt sans manche beige assorti faisait ressortir une petite poitrine orgueilleuse. Elle m’apparut plus belle encore que la veille avec ses grands yeux sombres.

Nous parlâmes beaucoup, de moi un peu car Melissa l’exigea, d’elle surtout qui n’en finissait pas de remettre en question par son unique présence mon choix de vie que je pensais acquis pour toujours. J’étais sous le charme, et ne pouvant le dissimuler, la belle en jouait outre mesure.

Un déjeuner de viande froide et de fromage, de l’eau pour faire bonne mesure, et on se retrouva côte-à-côte devant l’ordi. Melissa ouvrit directement la page du forum.

« J’ai lu tous tes textes. Ces histoires te sont vraiment arrivées ? »

Il me fallut lui expliquer le besoin de compenser le vide émotionnel par un trop-plein d’aventures sans lendemain, qu’aimer le sexe ne fait pas de moi une dépravée, et que oui je suis capable de fidélité. Melissa posa sa main sur ma cuisse nue au raz de mon short. Je compris à ce premier véritable contact que nous n’en resterions pas là.

« Ça ne me fait pas peur que tu écrives sur moi, je sais que tu ne vulgariseras jamais notre histoire. » me souffla-t-elle à l’oreille.

Écrire ? Oui, encore fallait-il avoir quelque chose à raconter…

Melissa se dévêtit elle-même sans fioriture, comme si le fait de refuser l’habituel jeu de séduction personnalisait notre histoire naissante. Elle avait tout lu de mes écrits, et souhaitait par son comportement ne pas se voir attribuer l’étiquette d’aventure sans lendemain. La simplicité charnelle de la situation me combla. Je l’imitai et me retrouvai nue à mon tour en quelques secondes.

Nos bouches se trouvèrent, et nos langues dansèrent enlacées tandis que nos mains balbutièrent les premières caresses. De baisers profonds en baisers baveux, on laissa monter la température, jusqu’à ce que toute retenue provoquât une torture inutile.

Le canapé devint une place de choix sur lequel nous fîmes connaissance. Les caresses me permirent de découvrir son corps. Des petits seins en forme de poire à peine sortis de l’adolescence, je taquinai les bourgeons turgescents. Melissa enveloppa les miens, pas plus gros mais plus ronds, à l’aréole minuscule.

– Moi aussi j’aime voir, dit-elle avant de m’embrasser du regard en suivant mes courbes d’un doigt léger.

On resta ainsi un moment à se contempler. Son corps tenait à la fois de la féminité la plus exquise et de l’androgynie. Je m’amusai à suivre le sillon duveteux le long de son ventre creusé par le désir, puis m’attardai sur le mont de Vénus recouvert d’un duvet sombre plus qu’une véritable toison.

– Tu aimes ? gloussa Melissa en se retournant légèrement pour me faire admirer en même temps ses petites fesses rondes.

Incapable de me retenir davantage, j’écartai ses cuisses et plongeai dans son intimité. Sa cyprine m’apparut d’une douceur surnaturelle, presque sucrée. Je m’attendais à ce que Melissa s’abandonne quand elle m’interrompit afin de se mettre sur le côté, tête-bêche, avec la volonté de donner en même temps que recevoir.

De nouveau j’introduisis ma langue dans ses nymphes, plus profond même comme le permettait cette position. Les mouvements de son bassin prouvaient son plaisir d’être fouillée ainsi, avec avidité. Son clito chatouillait mon menton, et un petit sursaut secouait mon amante dès que l’effleurais.

Melissa lécha ma vulve avec application, une certaine douceur. Sa langue joua de légèreté dans mes chairs, évitant l’entrée de mon vagin pour se concentrer plus haut, entre mon vestibule et mon bouton saillant. Comment savait-elle ? Mon sexe s’ouvrit comme jamais, en confiance, honoré de cette bouche inquisitrice.

Bientôt j’introduisis un doigt dans la vasque de mon amante et la masturbai ainsi, la pointe de la langue sur son clitoris. Ses soupirs devinrent râles. Je m’attendais à la faire jouir quand mon propre orgasme me surprit. Je partis sans prévenir, étonnée d’un tel choc. Sa langue libéra mon bouton trop sensible pour lécher encore ma vulve et se repaître de ma cyprine. Ma jouissance n’en finissait pas.

Prise dans l’élan, je mordillai son capuchon et crochetai mon doigt en elle. C’est alors que Melissa explosa à son tour, arc-boutée dans un feulement rauque qui trahit son plaisir à son paroxysme.

Il nous fallut du temps pour reprendre nos esprits tant nos orgasmes nous avaient entrainées loin.

Dans l’incontournable moment de tendresse qui suivit, Melissa reconnut avoir su ce qui me plaisait à travers mes textes. Car, toutes les lesbiennes vous le diront, il est très difficile de réussir un « 69 » sans se connaître, un cunni réussi demande d’être à l’écoute de sa partenaire. Et écouter la bouche pleine… Alors oui, ma belle avait effectivement tout lu de moi.

Tout ? Sans doute pas. Cette histoire remonte à deux semaines, et depuis nous filons le parfait amour. Car Melissa et moi sommes maintenant plus que des amantes. Nul doute que les plus belles pages restent encore à écrire.

Orchidée


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Commentaires recommandés

Merci de cette confession....toujours aussi plaisante à lire...

Je vous souhaite encore plein de belles lignes à noircir sur le mur de vos vies

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Je vous remercie l'une et l'autre pour votre gentillesse. Sur ce forum il est permis d'apprendre qu'érotisme et vulgarité ne vont pas toujours de paire.

Je suis heureuse, et si mes textes permettent de le ressentir alors tant mieux.

Bisous à voux deux.

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Une magnifique confession que j'ai pris plaisir à lire et à découvrir, tout en charme.

Merci, Bises

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Je vous remercie l'une et l'autre pour votre gentillesse. Sur ce forum il est permis d'apprendre qu'érotisme et vulgarité ne vont pas toujours de paire.

Je suis heureuse, et si mes textes permettent de le ressentir alors tant mieux.

 et tu nous le montres bien !!!!

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