Aller au contenu
  • entries
    574
  • comments
    526
  • views
    118,362

Voyage en Toscane (1)

Mariveau

598 vues

Janvier 1776 en route vers les Amériques

Je suis au service du Roi, depuis des années, je parcoure l'Europe, espionnant pour le compte du Cabinet Secret du Roi. Aujourd'hui je suis en route vers les Amériques pour une nouvelle mission.

Dans cette cabine , sur cette frégate, j'ai le temps de regarder derrière moi, et de nombreux souvenirs remontent au grès des courant.

J'ai maintenant 45 ans, mon corps endolori par mes chevaucher me fait souffrir, mais les blessures des batailles, des duels pour une belle dame sont moins douloureuses que celles de l'âme et du cœur.

Mes missions me conduisant de capitale en capitale m'ont permis de m'abandonner dans le libertinage et les aventures amoureuses, Londres, Berlin, Vienne, St Pétersbourg, autant de ville , autant de femmes, autant d'étreintes. Mais c est un voyage initiatique entre Paris et l'Italie qui restera au plus profond de mon esprit.

Paris 1766,

Je viens de rentrer de Vienne, j'ai fait mon rapport à Monsieur de Sartine. Je suis épuisé par cette dernière mission. Je rentre chez moi, et je m'apprête pour rejoindre une de ces maisons où seul le plaisir a droit de cité .

Comme à mon habitude, je me vêtis de pied en cape de noir,préférant mes bottes cavalières aux escarpins vernis, je mis mon épée à la ceinture, on ne sait jamais et je prenais mon arme secrète, ma botte dit on en escrime : une rose presque noir.

A l'approche de cet hôtel particulier, on pouvait percevoir les rires, la musique.

J'entrais, Monsieur le Chevalier à la Rose, cela fait si longtemps me dit mon hôtesse, une femme mûre d'une beauté sublime et aux techniques divines avec qui j'avais passé de bien belles nuits.

Dans les différents salons, on jouait, des fortunes se faisaient, se défaisaient, comme les couples.

Hommes et femmes étaient masqués, et laissaient libre cours à leurs envies.

Dans des salons plus discrets, seulement éclairés par une lumière faible d'un chandelier d'argent, on pouvait deviner des étreintes illégitimes, saphiques, multiples. La musique couvrait à peine les gémissements, les cris, les rires, les jouissances multiples.

Je parcourais les salons et alcôves jouant avec ma rose, caressant des fesses sublimes, une courbure de reins. Ici et là je répondais à un baiser sur des lèvres, sur un sein, sur une croupe cambrée. Mes mains effleuraient, dessinaient des arabesques . Mes doigts étaient vagabonds se posant çà et là.

Puis je la vis, une femme, toute de noir vêtue, sa peau blanche de lait contrastait avec le noir de la soie et de la dentelle. C'était une jeune femme au port altier, ses seins de porcelaine ne demandaient qu'à s'échapper de son corset . Je devinais de longs cheveux noir, ses yeux brillaient derrière son masque. Elle parcourait les salons, m'observant, je m'inclinais , elle me rendit mon salut.

Elle s'enhardit, Monsieur me permettez vous de vous suivre dans votre quête. Oui madame.

Ainsi nous passèrent le reste de la soirée ensemble. Elle m'observait intensément, à chacun de mes effleurements sur les corps de ses belles femmes alanguies, je devinais une caresse subtile de cette femme sur son propre corps. Je caressais ces corps, mais c'était cette femme que je caressais , j'embrassais ces belles, certaines avaient été mes maitresses d'une nuit, d'une heure, mais c'est elle que j'embrassais. Elle l'avais compris. A chaque baiser sur les lèvres les seins, les pieds, les fesses d'une inconnue, je la voyais réagir .

Monsieur vous me mettez au supplice, je voudrais connaître le plaisir avec vous.

Venez suivez moi, dis-je. Donner moi votre main, je l'entrainais alors dans une danse, elle caressa des corps d'éphèbes, toucha les poitrines de amants, caressa les courbes des belles. Je lui cédais ma rose, elle l'employa à dessiner des arabesques sur ces corps livrés au plaisir.

Je lui fis découvrir le plaisir par la vue, le toucher, l'effleurement, le goût.

Monsieur vous me rendez folle, je suis à vous.

Non Madame, ce soir je vous raccompagne chez vous, préparez vos malles, nous partons demain matin pour la Toscane, le voyage ne fais que commencer.

Le matin je pris mon congé auprès du Cabinet du Roi;

Je me présentais chez la Belle, elle était là encore plus belle que la veille.

Elle frissonna lorsque je posais mes lèvres sur sa fine main.

Elle portait une robe de voyage, une cape noire délicatement posée sur ses épaules, un capuchon recouvrait ses cheveux. Ses yeux brillaient de mille feu, elle était si belle.

Madame êtes vous prête pour ce voyage, oui Monsieur, je suis prête.

Cocher en avant.

Elle se blottit contre moi, son parfum était envoûtant.

Ainsi le voyage vers de nouveaux horizons et plaisirs commença.

Source :

  • Like 1

×

Important Information

By using this site, you agree to our Terms of Use.