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EMMA

Mariveau

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PARIS, Montmarte 1925

Elle est allongée, nue dans ses draps de satin. Son amant de la nuit est parti sans rien dire.

Elle a eu du plaisir, mais c'est une nuit de plus, c'est une nuit de moins.

Emma a trente ans, elle est belle, une peau de lait, des seins en poire, des fesses fermes, de jolis petits pieds, des chevilles fine, des yeux d'un bleu intense. Elle a des cheveux noirs coupés à la garçonne.

C'est une femme libre, libérée. Elle est une riche héritière d'une famille de petite noblesse terrienne. Ses parents sont morts et elle est seule. Elle vit de ses rentes dans ce grand appartement du Quartier de Montmartre.

Elle passe ses journées à offrir son divin corps aux maitres et élèves des ateliers de la Butte, Modigliani, Pissaro, Jujita, Picasso.

Le soir, elle se noie dans l'ivresse, de ce Paris des années folles, le jazz, le charleston, le champagne, les amants gigolos, ou bourgeois s'encanaillant, les amantes, la douceur d'une étreinte saphique. Elle veut brûler sa vie.

Nue dans son lit, elle regarde les coupoles du Sacré cœur. En bas dans la rue, une chanteuse des rue chante la Complainte de la Butte.

Comment en est elle arrivée là.

Ce printemps 1915, la Guerre avait fait déjà son lot de malheur, ce matin là, Emma était tout excitée. Pierre le fils du régisseur, venait lui demander sa main. Pierre son amour d'enfance, ils s'étaient promis l'un à l'autre. Il était là avec son belle uniforme de ST Cyrien.

Mais tout ce n'était pas passé comme elle le rêvait. Son père vieil hobereau lui avait refusé sa main, ma fille ne fera pas une veuve avant d'avoir un héritier, et un bourgeois ou un notable lui suffira bien.

Pierre partit triste, mais le soir même, elle vint le rejoindre et se donna à lui. Une étreinte intense.

Le lendemain Pierre rejoignit son régiment d'aviation.

Emma avec la complicité de sa tante autant excentrique, qu'espiègle et rebelle, gagna Paris, dans cet appartement où elle se trouve là. Les deux amants se retrouvaient le temps d 'une permission. Ils sortaient, couraient les spectacles, faisaient l'amour.

Un jour de d'avril 1917, il lui apprit qu'il partait pour le front de Syrie, je te rejoindrais à Beyrouth lui dit elle, mais deux mois plus tard alors qu'elle allait embarquer, on lui apprit la disparition de Pierre.

Sa vie s'écroulait, elle était vivante sans son amour. Puis ses parents décédèrent. Et elle profita pour se libérer en tant que femme.

Elle bascula dans les plaisirs, découvrant le contact d'une nuit avec un homme, la douceur d'une femme. Elle devint le modèle de peintres célèbres ou obscure.

Montmartre était son sang, son esprit, mais son coeur était à Pierre.

Elle passa la journée à errer dans sa chambre simplement vêtue d'une robe de chambre transparente en mousseline;

Le soir elle gagna son cabaret fétiche, peint par Toulouse-Lautrec, chanté par Aristide Bruant.

Elle se laissait allait au champagne, elle était devenue la proie d'un couple américains, elle laissait la femme glisser sa main entre ses cuisses. Elle se laissait embrasser tantôt par l'homme tantôt par la femme.

Son attention se porte sur une ombre au fond du cabaret, un homme, il fume, pourquoi la regarde t il.

Le couple se lève et l'entraîne dehors. Elle sent une main puissante sur son épaule. Pas ce soir Emma, pas ce soir. Elle se retourne, défaillit Pierre mais tu es mort. L’américain s'interpose et reçoit de Pierre un uppercut qui l'envoie au sol.

Il l'a prend dans ses bras, Pierre a toujours son visage de jeune homme, mais il est plus grand, il est plus fort, son regard vert est toujours aussi intense.

Il l’emmena dans un hôtel particulier, elle eu un choc, dans la grande pièce, chacun des tableaux dont elle avait été le modèle étaient là.

Mais pourquoi, demanda t elle , je suis un paria, je suis mort pour tout le monde, et j'ai survécu je suis devenu marchand d'esclaves, trafiquant d'armes, contrebandier. Je suis recherché. Je voulais te voir car la semaine prochaine, je pars pour l'Uruguay. Je tire un trait sur ma vie.

Veux tu m'accompagner Emma.

Il l'a pris dans ses bras et l'étendit sur le lit.

Ils firent l'amour, tout se réveillait en elle, elle avait oublié le désir du plaisir, le plaisir du désir.

Son corps retrouvait des sensations qu'elle avait oublié. Elle frémissait au contact de ses doigts de ses lèvres, de sa langue. Elle eut de violent spasme d'amour lorsqu'il la pénétra avec tant de douceur , mais aussi de fougue. Elle se délectait de sa bouche, elle se délectait de son désir masculin.

Elle lui semblait qu'ils ne s'étaient quitté la veille.

Au matin se réveillant, elle ne sentit pas la présence de Pierre, je n'ai donc que rêvé cette nuit ce dit elle, une nuit de plus, une nuit de moins pensa t elle amèrement.

Il ouvrit les yeux, à coté d'elle un bouquet de roses rouges. Il était là assis sur un fauteuil la regardant amoureusement. Il n'y avait plus un seul des tableaux. Emma je n'ai plus besoin d eux car tu es avec moi. Elle le rejoignit s'assit à califourchon sur son homme et ils refirent l'amour.

Il réglèrent leurs affaires dans les jours qui suivirent, évitant les limiers de la police.

Un matin au Havre, ils embarquèrent vers Montevideo

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