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Le Yang Tsé

Mariveau

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Chine Juillet 1900

Je suis arrivé il y a deux ans dans ce majestueux pays, dont les merveilles ont été vantées par Marco Polo.

Je suis un officier hydrographe, et je dois effectuer des relevés du fleuve Yang Tsé, pour faciliter le passage de ne canonnières et des navires à marchandises et ce à travers ses flots tumultueux .

A mon arrivée, je me suis senti très vite chez moi, je n'étais tant imprégné de récits d'aventures sur le pays, j'avais appris quelques mots de mandarin, ce qui m'avait permis de m'intégrer à cette culture.

Mais la plupart de mes semblables occidentaux, ne pensaient qu'à mettre en coupe les richesse de ce pays. La dynastie impériale était manipulée par des factions xénophobes, ou corrompues. La révolte grondait.

Je me souciais peu de ces tumultes, prenant à cœur mon travail. J'avais appris maintenant le mandarin et je parcourais le cours du fleuve, de gorges en méandres, de cataractes en rapides.

Je me sentais proche de ce peuple à la fois soumis à la fois fier.

J'étais seul européen dans cette zone, parfois au hasard de mes pérégrinations hydrographiques, je passais une nuit dans une mission catholique, dans un village de pécheur, chez une fonctionnaire impérial, chez un noble de la cour.

Mon journal, s'emplissait d'impression et de dessin, je me surprenais à rêver de personnages et d'aventures merveilleux en admirant la brume matinale, masquant le sommet des falaises surplombant des gorges tout aussi étroite que profonde.

Je me sentais un intrus dans cette nature si vierge, moi qui allait permettre de la violer par la modernité.

Je me trouvais dans le Haut cours du fleuve lorsque j'appris les évènements de Pékin, le siège des Légations, les massacres, les meurtres, les pillages les viols. Les boxers se rependaient comme le feu dans la brousse , les européens quant à eux répandaient le venin de l'opium de la vengeance.

Je reçu l'ordre de regagner au plus vite la Flotte.

Prenant un sampan, et quelques paysans chinois, je descendais donc le fleuve en direction du Sud Est, nous cachant le jour et naviguant la nuit.

Au petit matin du quatrième jour de mon voyage de retour, une embuscade, quelques coups de feu. Je sentis alors un violent coup au bras gauche, regardant avec incrédulité du sang couler le long de mon bras, je sentis à nouveau une violente douleur dans ma poitrine, qui me fit basculer dans l'eau des proches rapides. Je mourrais donc en Chine.

J'ouvre les yeux, je suis allongé dans un lit, les draps sont si doux, je tente de me lever mais je ressens que douleur dans ma poitrine, mon bras ne fait souffrir, mais il est toujours là.

Une vieille femme, qui était assise au fond de la pièce, se lève et par en courant.

Un vieille homme entre, son allure est noble, il porte le vêtement traditionnel des nobles chinois.

Il dit à la vieille femme, en mandarin, encore un de ces étrangers qui viennent nous espionner, nous piller, pourquoi ma fille a t elle voulu le sauver. Quoique, si cette affaire tourne mal dans un sens ou dans un autre, il pourra nous servir.

Il parle ouvertement, car il croit que je ne le comprends pas, mais je suis trop fier pour me laisser faire et je lui répond en mandarin, que si effectivement je suis un européen , je suis avant tout, un explorateur fleuve.

C'est donc vous jeune fou, me dit il alors avec un sourire que je ne peux qualifier.

Je m’évanouis à nouveau.

Je délire toute le nuit, je me réveille, suis je déjà dans l'au delà, qu'elle est cette créature divine.

Je sens une main caressant mes cheveux, un linge rafraichissant ma visage.

Elle a de long cheveux noirs coiffés en tresse descendant en dessous de ses reins.

Je lache prise à nouveau.

Mon délire durent plusieurs jours, à chacun de mes réveils, je la découvre, ses yeux en amande, sa peau finement poudrée .

A chacun de mes réveils, elle porte une nouvelle robe aux couleurs chatoyantes, mettant harmonieusement en valeur des courbes vertigineuses.

Je reprenais des forces.

Je pu échanger quelques mots avec cette jeune femme. J'appris que le vieille homme était son père, un petit seigneur au service de l'Impératrice Tseu Hi. J'appris que cette jeune femme était veuve, son mari était mort d'une mauvaise fièvre.

Elle avait une petite fille de cinq ans tout au plus, qui se cachait derrière la porte quand sa mère me soignait. Cette petite fille un matin m'apporta mon journal et mes dessins qui par miracle avaient été retrouvés dans l'embarcation sur les lieux de l'embuscade.

Je puis enfin me lever et sortir, ce que je vis me laissa coi. Dans la cour de ce petit palais je pouvais voir les sommets embrumés , les forêts humides, c 'était irréel, tout me rappelait les tableaux des Maitres Chinois.

Je repris mes dessins. Xia c'était son prénom, passait l'essentiel de son temps avec moi, un lien se créait entre nous, un lien au delà d'une amitié naissante, mais d'un amour au bord de l'éclosion comme le bouton d'une rose à l'aube d'un matin .

La révolte s'approchait, elle avait peur, les boxer s'en prenait au mission, aux paysans catholiques. Les troupes étrangères se vengeaient violemment. A Pékin cela faisait déjà un mois que les légations étaient assiégées.

Un soir, j'entendis une discussion très violente entre elle et son père. Sa petit fille vint se réfugier dans mes bras en pleurant.

Xia arriva de ses yeux si profonds, je pouvais encore voir les traces de larmes récentes.

Tu dois partir après demain, les boxer savent que tu es là, je veux que tu fuis, car je t'aime.

C'est un amour impossible me dit elle, nous nous sommes condamnés quoi qu'il arrive Boxers ou étrangers. Elle pris la petite et traversa la court. J'étais debout là anéanti, elle laissa sa fille à une gouvernante, puis retraversa en courant la court et se jeta dans mes bras.

Je l'embrassais et la pris dans mes bras.

La conduisant dans ma chambre, elle ne dit rien, nous nous regardions seulement dans les yeux.

Je déboutonnais sa robe de soie rouge, découvrant son corps magnifique. Elle avait des seins en poire, de petites aréoles rosée, ses pointes carmin était dardées. Sa robe glissa le long de ses hanches, le long de ses jambes.

Nous nous sommes enlacés, nos mains, nos doigts nos lèvres se nourrissaient de nos corps.

Elle était si délicate avec moi, mes blessures étaient encore à vif, je gouttais ainsi aux techniques expertes des femmes chinoises. Ses doigts dessinaient sur mon corps des arabesques, tel le pinceau du peintre. A genou devant moi elle s'empara de ses doigts de mon membres aussi raide que les bambous de la forêt . Elle posa délicatement ses lèvres, puis sa langue remontant de bas en haut s'attardant sur mon gland, redescendant à la base.

Elle vint alors sur moi, toujours avec douceur, elle présenta son sexe rosé, imberbe à ma virilité.

Elle s’empala sur moi, dans un profond gémissement et entrepris un mouvement à la fois vertical et rotatif avec son bassin. Je me redressais pour les suçoter ses seins. Ses gémissements devenaient plus rapprochés. Mon amour attention à tes blessures, mais le désir, m'aida à surmonter ma douleur, elle glissa alors ses jambes autour de mes haches. Ses seins contre mon torse, nos bouches soudées l'une à l'autre, nous atteignirent ensemble l'orgasme des amants. Elle contracta sa coupe sur ma lance, qui par saccade l’inondait de ma sève, avec la puissance des crues du fleuve si proche de nous.

Nous restâmes ainsi de longues minutes ne faisant qu'un, elle pleurait, je lui caressait ses longs cheveux. Nous refîmes encore et encore l'amour tout le reste de la nuit. Elle était si divine, elle était si fragile. Je m'enivrais me désaltérant à sa coupe d'amour.

Nous nous endormirent alors, au petit matin on frappa à la porte. Le vieil homme avait compris, mais ce n'est pas pour cela qu'il était là, les rebelles arrivaient. Je devais donc partir. Il me dit alors, vous ne partirez pas seul. Elle se leva drapée dans les draps de soie de nos ébats , se jeta au pied de son père. Elle pleurait. Il me confia sa fille et sa petite fille. Nous partîmes dans l'heure qui suivie

J'avais ce journal dans lequel j'écris ces dernière lignes. Je me retournais pour voir les flammes dévorer le palais qui m'avait abrité ou tu m'avais soigné, où nous étions aimés la première fois.

Cela fait maintenant un an que ces évènements ont eu lieu.

Tu es devenu ma femme.

Juillet 1901 Mer de Chine

J'écris donc ces dernières lignes. Je suis dans la cabine du bateau, qui nous ramènent vers la Vieille Europe.

Derrière moi tu dors notre fils né de cette nuit dans tes bras. Ta fille,notre fille est à tes cotés.

Je regarde mon dernier dessin, jamais je ne reverrai le Yang Ste. Mais toi le fleuve qui est l'âme de la Chine , tu m'a donné une partie de cette âme, tu m'a donné ma femme.

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