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Leia

Mariveau

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Quelque part dans le Reg, septembre 1928

Cela fait maintenant dix jours que j'ai quitté le Bordj avec mon peloton de fidèles méharistes.

Cela fait déjà huit ans que je suis en poste dans le désert, un choix à ma sortie de ST CYR, l'accomplissement d'un rêve d'enfant bercé par les récit de Laperrine. Qui suisje, un simple lieutenant des Compagnies méharistes, j ai 30 ans, j'en parais dix de plus. Le soleil et les courses dans le désert m'ont brûlé et tanné la peau. J 'ai appris à connaître mes hommes. De rudes guerrier touaregs, j'ai appris à connaître leur vie, leurs coutumes, leur famille. C'est plus un plaisir pour moi d'assister à chacune des fêtes de leur famille, qu'un devoir.

Nous poursuivons un important « rezzou » de brigands touaregs, qui ont pillé plusieurs tribus, emportant troupeaux, méhari, et autres denrées .

La poursuite a été dure, j'ai n'ai encore perdu aucun homme. Nous nous sommes enfoncés profondément dans le désert, nous avons affronté autant la soif que les vents de sable , les rochers acérés ont succédé aux sables brûlant de l'Erg. Nous avons marché longuement aux cotés de nos fidèles méharas

Ce soir nous sommes tous à bout de fatigue, nos montures sont tout aussi fourbues que nous.

Je me trouve sur la crête d'une dune, observant en contre bas, nos pilleurs. Ils sont là autour de ce trou d'eau . Nous attaquerons à l'aube, nous mourons ou vaincrons . J'ai fait distribuer les dernières gouttes d'eau, les gherbas sont vides.

Je m'accorde un peu de repos, j ai été voir chacun de mes hommes, ils sont confiants, et ils ont confiance en moi.

La nuit est froide, je me recroqueville dans ma gandoura et mon chèche , je m'adosse contre ma rhala et je regarde le ciel. Il est particulièrement étoilé, les constellations se détachent dans cette noirceur. Je distingue la croix du Sud.

La croix du Sud, cette étoile, mon étoile, ce pendentif que Leia m'a donné la nuit de mon départ en me disant reviens moi.

Léia, ma douce Léia, ce soir tu me manques, et je t'écris ces mots car je ne sais pas si demain je serai toujours là.

Il était tard lorsque j'étais rentré de mon entretien avec mon commandant de secteur, il fallait à tout prix rattraper le rezzou, pour maintenir la stabilité des tribus touareg du grand Erg. Les préparatifs pour la départ avaient trainés en longueur.

J'étais soucieux, lorsque je suis rentré à mes quartier. Tu étais là à m'attendre. Tu as compris que ce départ ne serait pas le même que les autres. J'ai vu la peur dans ton regard. Tu t'es blottie contre moi.

Il y a quatre ans tu es arrivée dans ma vie, jolie petite touareg, que l'on mettait à mon service. Dès le premier soir, tu as voulu te donner, la tradition disait on. Je n'ai pas voulu, mais je t'ai gardé, tu es devenue plus une amie, une confidente. Tu m'a appris la langue de ce pays, je t'ai appris la mienne.

Puis un soir , il y a deux ans , au retour d'une mission où j'avais perdu mon second, tu m'a vu pour la première fois pleurer. Cette nuit là j'ai succombé à ton charme et ta sensualité. Depuis tu accompagnes mes nuits dans mon lit ou dans mon esprit lorsque je suis loin de toi.

Je ferme les yeux et me souviens de cette dernière nuit, il y a dix jours, une éternité.

Tu m'as caressé le visage, m'a embrassé. Je vais danser pour toi m'as tu dit .

Dehors mes hommes autour d'un feu dansaient au son des Teubels.

Nous sommes allés les rejoindre, puis tu m'a entrainé dans notre chambre, tu as fait tomber ta gandoura laissant ton corps couvert par un voile transparent, laissant apparaître en filigrane, tes formes, tes petits seins bien fier, ta peau à la couleur de cuivre.

J'aime ton odeur d'épice, d'argan. Ton bassin ondule, tes petits pieds dessinent à chaque pas de ta danse, des arabesques tout aussi subtiles que sensuelles.

Tu t'approches de moi, je te prends dans mes bras te soulève et je t'allonge sur notre lit.

Je t'embrasse, tu ouvre tes jambes, m'offrant ton sexe rasé. Mon sabre est dressé, ta main le conduit à l'entrée de ton fourreau intimes. Je m'enfonce en toi avec lenteur , ton sexe me retient à chaque va et vient . Tu te cambre, tu gémis. Ce n'est pas comme d'habitude, où notre insouciance nous conduit souvent à jouer de nos sens sans retenue. L'instant ici est intense, nous faisons l'amour avec langueur. Nous sommes maintenant enlacés ne faisant qu'un seul corps tournoyant dans les draps de coton. L'air est lourd, nos sueurs se mêlent. Je me retire pour mieux te regarder, pour mieux m'imprégner de ta vue avant mon départ. Tu t’empares alors de ma verge de tes mains et tu la conduits vers ta bouche, je m'allonge tête bêche et j'honore ta coupe jouant de mes lèvres et de ma langue. Nos corps sont soudés par ce plaisir donné par nos bouches . Puis tu me fais assoir je me mets en tailleur sur le lit et tu viens t'empaler sur moi. Tes jambes enserrèrent mes hanches. Tes seins se frottent aux miens. Tu commence tes mouvements de va et vient sur ma lance . Je veux un enfant m'as tu dit, je t'ai répondu oui. Nous nous embrassons longuement , jusqu'à notre orgasme commun où ma semence jaillit dans son ventre . Nous restons ainsi de longue minutes à se caresser, s'embrasser. Tu retire le pendentif que ta mère t'avait donné. Cette croix que je te donne te protègera et tu me reviendra.

Je finis ces lignes, je te laisse ma monture et ma Rhala, tu les donneras à notre fils peut être.

Je ferme les yeux, je les ouvre, le devoir reprend le dessus. Je vais faire le tour de mes postes, et je reste avec les sentinelles. Je ne dormirai pas avant le combat.

5 heures ce matin, je siffle l'assaut, il est rapide, violent, nous sommes vainqueur. Le puits est à nous. Les pillards ont fuit ou gisent là sur le sol. Ils ont abandonné leur butin.

Nous pouvons faire abreuver nos montures et nous même.

J'ai perdu deux hommes, ma fidèle ordonnance s'est jeté devant moi prenant la balle qui m'était destinée, quatre de mes méharistes sont blessés. Nous enterrons les morts des deux camps en s'appliquant à mettre des dalles de pierre, pour que les bêtes du désert ne troublent pas leur repos éternel dans le respect de leur croyance.

Encore dix jours de marche et me voilà à l'entrée du Bordj, mes supérieurs sont là, des civils aussi, de belles dames venues d'Alger. Nous arrivons traversant une foule de touaregs, criant chantant, les youyou des femmes sont impressionnant. Nous sommes escortés par un escadron de spahi venu spécialement, mais je n'ai d'yeux que pour elle. Elle est là en retrait elle m'attends.

Je suis pris dans la tourmente des journalistes, de mes supérieurs. Elle m'attend.

Enfin refusant la soirée en mon honneur, je sors dans la cour, elle est là me sourit, elle vient contre moi.

J'ai encore quelque chose de très important à faire, elle le sait et elle m'accompagne. Je vais rendre visite aux familles de mes hommes morts au combat, je m'assure des blessés et de leur famille

Puis enfin nous sommes seuls. Je suis si épuisé, mais elle me soutient. Dehors des civils , des bourgeoises d'Alger en manque d'aventure m'observent, elles m'appellent « Lieutenant venez nous raconter vos aventures » Léia s'écarte de moi, je la retiens et devant cette assistance hypocrite, je l'embrasse avec tendresse. J'entends des mots de désapprobation, je m'en moque. Et je lui dit viens allons faire l'amour, je t'aime Leia, veux tu être ma femme, Je t'aime répond, elle, oui je le veux.

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