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La Jeune Française et le Pilote

Mariveau

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Pardonnez moi mais les mystères de la technique m'oblige à le republier

Ce texte je te le dédicace charmante douce amie du Pays de la Langue D'Oc

19 août 1942, aérodrome de Biggin Hill- Angleterre

Je ne nomme Richard Gray, je suis " flight officer" au sein d'un "squadron" de chasse de la Royal Air Force. Depuis deux ans je me bats aux cotés de mes frères d'armes défendant le ciel de mon pays et maintenant portant le feu au dessus de la France occupée.

J'ai 28 ans et j'en paraît dix de plus, les épreuves du combat ont marqué autant mon âme, que mon visage et mon corps.

Mon premier combat aérien, a eu lieu il y a maintenant deux ans en pleine bataille d'Angleterre, j'avais peur dans le cockpit de mon Spitfire, lorsque nous avons décollé en urgence sous les bombes pour frapper ces bombardiers à la croix noire. J'ai ressenti cette peur, en entendant les impacts de balles rageuses traversant mon fuselage provenant de ceux que je voulais chasser du ciel de mon pays. Mais ce jour là j'ai ôté la vie à un homme comme moi, lui dans son ME 109 plongeant en flammes vers le sol. J'ai prié pour que la faucheuse m'épargne, j'ai vu tant d'amis disparaître dans les flammes de leur appareils, percutant l'eau du Channel, autant d'amis vrais disparus à jamais.

L'année qui suivit fut sans répit les raids au dessus de la France se succédant à un rythme d'enfer "le cirque", éprouvant, volant à basse altitude, je pouvais voir les habitants effrayés, le bocage normand. La Normandie berceau de Guillaume le Conquérant.

Ce matin je suis sanglé dans mon Spit flambant neuf, un Mark IX, à mes cotés quatre autres appareils ceux de mon" wing", tous pilotés par de jeunes pilotes d'à peine 20 ans, encore plus apeurés que moi même il y à deux ans.

J'attends la fusée qui nous donnera le départ, direction la France, Dieppe plus particulièrement, nous devons assurer la couverture d'un important raid des forces canadiennes. En ce mois d'août il me semble qu'il n'y aura pas que l'air qui sera chaud. Aucun de mes jeunes ailiers n'ont encore affronté les redoutés Focke Wulfe 190.

Mon moteur Griffon tourne comme une horloge, mais je fais attention qu'il ne chauffe pas trop, je vérifie mon armement, mon parachute, mon oxygène.

La fusée, le signal, je prends la tête et je décolle, suivi des quatre autres appareils. Nous nous mettons en formation et direction Sud Est .

Nous volons au dessus de la campagne anglaise, j'aperçois le trait de côte. Nous franchissons les falaises de craie blanche, dans peu de temps nous seront en France.

A l'approche j'entends dans mes écouteurs, des cris des voix affolés, tendues, celles que j 'ai hélas déjà entendu lors des combats il y a un deux ans. Nous mettons plein gaz, au dessous de nous c' est le chaos, nous devons couvrir la retraite, ce raid est un sanglant échec. Je n'ai pas le temps de m’apitoyer sur ces malheureux pataugeant en bas sous le feu ennemi, car nous sommes pris à partie par un essaim de chasseurs ennemis. J'évite les coups j'abats un ou deux ennemis. Je suis pris de nausées , trois de mes ailiers ont été descendus en flammes, je n'ai vu aucun parachute, le quatrième au loin à pris la direction de l'Angleterre suivi d'une longue trainée de fumée.

Mon dernier combat tournoyant m'a éloigné de la côte, j'essaye de me repérer.... La Seine, au loin la fière cathédrale de Rouen, je donne un coup de palonnier direction Nord quand je ressens un choc derrière mon siège. Mon cockpit éclate et je me retrouve avec un voile de sang sur le visage et je ressens comme de coup de poignard à mon bras gauche ainsi qu'à ma jambe gauche.

J'ai été frappé par le flak. Mon avions est en flammes, je ne peux sauter car je vole trop bas. Je descends le cours de la Seine, le Havre à ma droite, Honfleur à ma gauche. Je me dirige tant bien que mal vers Caen, il y a une fort noyau de résistants qui pourront peut être me récupérer telles sont les consignes.

Le sol défile sous moi, je devine l'ombre de mon avion sur le sol.

Mais mon corps me lâche et mon fidèle appareil aussi. Je me trouve au sud de Merville, cela me rappelle des vacances avant guerre et de belles femmes. Cette idée me semble saugrenue alors que je vais vraisemblablement m'écraser.

Je repère une bande de terre, mon train d’atterrissage hors d'usage, je mets mon hélice au pas lent, puis en drapeau, je coupe les gaz, laissant tomber mon avion qui glisse sur le sol, trop vite car je vois arriver vers moi à grande vitesse des pommiers. Mes ailes percutent les arbres, s'arrachent et mon Spit finit sa course encastré dans une haie. Je perds connaissance, j'entends des voix que je ne peux identifier, je sens que l'on me sort de l'avion. La guerre est donc finie pour moi.

Je me réveille, je ne sais combien de temps je suis resté inconscient. Mon bras gauche ainsi que ma jambe gauche sont immobilisés. Ma tête me fait encore mal. Je suis allongé dans un petit lit dans une pièce qui me semble être une cave. Je remarque une silhouette près de moi.

Je ne suis donc pas dans un de ces sordides hôpitaux militaires captif de l'ennemi.

C'est une jeune femme, 25 ans environ, elle est fine, on dirait une poupée de porcelaine, de long cheveux auburns tombant avec douceur sur ses épaules. Elle porte une jupe en vichy laissant découvrir de jolis genoux. Ses fines chevilles sont cachées par de petites soquettes. Elle porte des sandales à semelle compensée.

Elle a les yeux verts, une bouche fine. Sa voix est douce. Elle est institutrice dans un village proche de mon lieu du crash, c 'est son jeune frère qui m'a découvert, avec son père. Ils m'ont remis à la Résistance car les allemands me recherchaient.

Mon état ne m'a pas permis d'être évacué avec d' autres pilotes descendus dans les environs.

Cela fait 3 semaines que je suis là, j 'ai été opéré clandestinement, mais je ne peux encore regagner l'Angleterre pour continuer à me battre. Cela fait maintenant trois semaines que j'ai repris conscience, chaque soir Élisabeth, passe de longues heures avec moi. Nous parlons de nos vies, de nos espoirs. Son fiancé est mort lors de la bataille de Dunkerque il y a deux ans, alors que j'étais encore à l'école de pilotage. Elle s'occupe de son jeune frère de 14 ans et de ses vieux parents.

Je lui raconte ma petite vie d'officier pilote, elle me demande si j'ai une amie, là bas. Comment pourrais je avoir quelqu'un dans ma vie quand on a vu tant de jeunes femmes en pleurs alors qu'elles s'étaient mariées à peine quelques jours avant au retour d'un vol fatal. J'avais bien eu des étreintes avec une ou deux jeunes femmes du Corps Auxiliaire de la RAF.

Nos conversations duraient une bonne partie de la nuit, nous sentions monter en nous une vague de sentiments l'un pour l'autre sans se l'avouer. Nos apprenions à nous connaître, partagions nos passions, nos lectures. Nous avons beaucoup ri malgré la situation. De complices nous devenions amis, et cette amitié s'est transformée en sentiments que nous n'osons pas s'avouer.Nos regards devenaient intenses, nos mains imperceptiblement s'effleuraient.

Mais un soir elle apparut ses yeux rougis par des larmes, je m'approchais . Richard demain tu matin on viendra te chercher un bateau de pêche te conduira à un sous marin. Demain soir tu ne seras plus là. Elle se jeta dans mes bras en sanglots. Je pris son visage entre mes mains et je lui séchais ses larmes et déposais en même temps un tendre baiser sur ses lèvres sucrées.

Je t'aime Élisabeth, lui dis je, je t'aime Richard répondit elle. Je la prenais alors dans mes bras et je l'allongeais sur le lit. Je ne pouvais cesser de l'embrasser, de lui caresser son visage. Je retirais délicatement son corsage, libérant ses sublimes seins de porcelaine, si fragile, aux pointes carmins dardées par le désir. Je fis glisser sa jupe découvrant ses cuisses. Elle se laissait faire, nous nous regardions les yeux dans les yeux. Elle me laissa retirer sa culotte de dentelle fine, laissant à l'assaut de ma bouche son mont de vénus, son pubis soyeux. Elle se cambra , gémissant, sous les caresses de ma langue de mes lèvres. Viens me dit elle alors, elle prit de ses mains ma lance et la conduisit en son sein. Doucement je pénétrais en sa caverne d'amour. Je restais un instant immobile en elle. Je sentais ses muscles vaginaux se contracter sur ma verge tendue. Puis indiciblement j'entrepris d'aller et venir en elle. Enlacés nous roulâmes et elle vint me chevaucher. Son bassin ondulait m'arrachant des râles de plaisir. Je sentais ses ongles griffer mon torse. Je me redressais et assis en tailleur, elle vint s'empaler à nouveau sur mon membre. Nous bouches se cherchèrent, nos langues se trouvèrent dans un longs et langoureux baiser lorsque nous fumes emportés dans les tourments de l'orgasme. Mon écume intime sortit avec la puissance du torrent de montagne après un orage d'été , inondant sa vallée de l'amour. Nous restâmes enlacés longtemps. Nous refîmes l'amour toute la nuit.

Au petit matin du mois d'octobre 1942 alors qu'elle dormait encore je déposais un tendre baiser sur sa bouche, enfilait mon uniforme et les restes de ma combinaison de vol et je partais.

Normandie août 1944.

Cela fait deux ans que j'ai été abattu au dessus de la Normandie et que j'ai rencontré Elisabeth, depuis je ne cesse de penser à elle. Qu' est elle devenue?, a t elle était arrêtée? , s'est elle mariée ?, n'a t elle pas été victime de bombardement?

Je ne suis plus affecté au « Fighter Command », je suis "squadron leader", dans une groupe de reconnaissance rattaché à la 2° ATAF. J'ai volé au dessus de la Normandie durant toute l'année qui a précédé, pour la préparation du jour J, j'ai reconnu l'endroit où j'avais été abattu en espérant futilement l'apercevoir. Depuis fin juin, nous volons sur le front de Normandie et aujourd'hui avec mon squadron nous allons nous poser à Caen.

Je prends une jeep et je parcoure les routes en direction de mon lieu du crash, j'interroge les gens. La ferme des parents d' Elisabeth est détruite, plus de traces d'elle, je me désespère.

J'apprends que le réseau a été en partie anéanti, Caen est en partie détruit.

Je regagne abattu le terrain, mon âme en peine , je rejoins le bar de l'escadrille, je me sers un Gin, puis un second, t un troisième au grand étonnement de mes pilotes. Personne ne dit rien.

Sur le phono du « squadron » mon adjoint un irlandais écoute Blue Moon en buvant une pinte de bière.

Les missions se poursuivent à un rythme soutenu. A chacun de mes vols, j'accroche entre mes instruments de vol sa photographie, et le foulard qu'elle m'a donné le soir où nous sommes donnés l'un à l'autre. Je n'ai plus le goût à vivre, je deviens téméraire dans mes vol de reconnaissance à basse altitude. Mon Commandant de Groupe me le reproche. Vous devriez arrêter Richard vous êtes à bout, me dit il. Je vais vous faire transférer. Je refuse et je continue à voler, c'est ce qui me rattache encore à elle.

Un soir, un planton de la police militaire, se présente à ma tente, sir vous êtes demandé à l'entrée du camp. Je saute dans sa jeep et j'arrive au poste. Je reste figé. Elle est là, toujours aussi belle, elle est avec son frère, et un bébé dans les bras.

Je m'approche, elle confit le jeune enfant à son frère et nous nous précipitons l'un vers l'autre . Nous nous embrassons longuement. Elle me raconte, les dénonciations, la traque qui suivit, les arrestations, la fuite, son accouchement, la mort de ses parents lâchement assassinés par des SS. Elle m'avoua alors qu'elle se cachait craignant la vindicte de cette populace qui durant quatre n'a pas bougé un doigt mais qui s'érige maintenant en justicier et qui la désigne comme avoir coucher avec l'ennemi, alors que cet enfant est le notre.

Je conduis Élisabeth, son frère et notre fils au Group Leader et je lui explique la situation Il se concerte avec ses adjoints et me demande de sortir. Une heure plus tard nous sommes convoqués dans le bureau du Commandant de Groupe, nous entrons et je remarque la présence de l’aumônier et de mes adjoints, Richard nous avons trouvé une solution, vous vous mariez maintenant. Nous nous regardons et acceptons. Mes deux adjoints sont nos témoins et nous nous marions dans cette baraque, sur le front de Normandie, avec pour seul accompagnement le grondement des canons vers Falaise. Demain Élisabeth, son frère et mon fils embarque sur un LST direction l'Angleterre.

Pour ma part la guerre s'arrête là, mon Commandant de Group, me dit depuis 4 ans vous voler au feu sans interruption, il est temps que vous transmettiez votre expérience à ceux qui vont suivre.

Au petit matin, à l'issue d'une brève mais émouvante cérémonie, je remets mon squadron à mon adjoint.

Je dis adieu à mes mécanos et je monte dans mon fidèle Spitfire . Je démarre le moteur.

Je roule sur le terrain, je mets les gaz . A ma grande surprise mon squadron décolle derrière moi et m'accompagne jusqu'à la côte. Je reste seul. Je lâche la puissance de mon moteur griffon et je me dirige vers Biggin Hill. Je devine en bas les navires qui rentrent sur l'Angleterre.

Avant d’atterrir, je fais encore quelques looping et tonneaux, je veux encore sentir ces sensations, il m'est difficile d'abandonner mon ami qui m'a ramené de tant de missions sain et sauf . Je roule sur la piste et je stoppe le moteur. Les mécanos et des pilotes courent vers mon avion, mais ils font demi tour. Je pleure dans mon cockpit, une autre vie commence pour moi. Je passe par le bureau des affectations, je prends ma feuille de route, je réquisitionne un chauffeur, une voiture et direction Portsmouth.

Il me reste un peu de temps , je prends des disposition avec le Commandant du Port. Je suis sur le quai, elle est là. Nous nous embrassons longuement.

Nous prenons le chemin d'une petite pension de famille où j'ai loué deux chambres. La propriétaire, une excentrique vieille dame que seule l'Angleterre peut engendrer , nous attend.

Nous sommes là, seules maintenant de cette chambre, nous nous regardons sans un mot, nous nous embrassons. Comme ce soir d'octobre il y a deux ans, nous nous donnons l'un à l'autre.

Je n'ai pas oublié son discret parfum, la douceur de sa peau le goût de ses lèvres. Elle est belle comme le premier jour et ce malgré les épreuves, le peur de se faire capturer, la mort de ses parents sous les bombes de la libération.

A la la BBC l'orchestre de Glenn Miller joue Moonlight sérénade

Assis face à face, enlacés, nos corps ne faisant plus qu'un, nous atteignons l'extase amoureuse, comme la première fois, il nous semble que nous nous sommes quittés hier.

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Recommended Comments

Comme promis, je te laisse un petit commentaire sur ce texte.

Plume toujours aussi affûtée, et là aussi j'aime beaucoup :)

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