Aller au contenu
  • entries
    19
  • comments
    88
  • views
    10,274

Tentation (conclusion)

naughty_girl

686 vues

Une limitation quant à la longueur des billets me contraint à poster la suite séparément. Voici donc, la suite et fin de l'histoire... ;-)posté le 07/01/10SUITE-Je danse. Le Boums des basses résonnent dans ma poitrine. J'ai chaud. Je suis ivre.Quand je ferme les yeux je sens le vertige. Le monde autour de moi s'ébranle avec langueur, il est un peu au ralenti. Sauf la musique. Elle, elle est hors de tout.Les morceaux s'enchaînent. Session rock, Systeme of a down, rage against the machine . Je suis déchaînée!Un bras en l'air, je pousse des cris de guerre, saute, rit. Mes amis m'entourent.Quand la musique se termine, je suis essoufflée. Ma chemise colle un peu à ma peau et même le peu de courant d'air qui parvient jusqu'à moi me semble frais. Je souris.Un nouveau morceau commence. Du zouk."Aleeeeeex!!!"Chris me regarde avec une moue de chien battu."Arrrrrrgh Chris! protesté-je-S'il te plaaaaaaaaaaaaaaaait! demande t-elle encore.-Il n'y a pas assez de danseurs dans la bande?-Allleeeeeeeeeeeeeerr!!!!!"Je ne peux rien refuser à ma cousine. Ca me perdra."Ok" soupiré-je.La tête de chien battu et rebattu mille fois se transforme instantanément en sourire victorieux et j'ai bien envie de lui dire d'aller voir ailleurs si j'y suis. Mais je n'ai pas envie de subir encore tout ce cinéma.Chris se rapproche, je pose ma main au bas de son dos, prends la sienne de l'autre. Et je commence les premiers pas.Le zouk se danse d'une manière particulière en polynésie. Des les premiers instant, je sens ce truc qui s'éveille. Le rythme des îles, cette sensualité musicale, entrainante qui fait briller comme des rayons de soleil dans ma poitrine.Chris et moi, on vole sur les notes, fluides. Je la conduis. Elle a le sourire aux lèvres, elle tourne, reviens vers moi gracieusement.Je ressens un petit peu de timidité, c'est pas vraiment explicable. Un truc avec ma pudeur.Pas facile de se gérer des fois! ;)Mais ça fait tellement de bien que je me laisse emporter, focalisée sur cette chose qui vibre en moi.Je casse, nos jambes entrelacées commandent nos hanches en sychronie. Il n'y a rien d’ambiguë entre nous, bien sûr. Mais on se lâche.La conscience des gens qui me regardent s'évapore. Car c'est l'inconvénient de ne pas faire souvent les choses, où d'avoir des réticences à les faire. Quand on les fait, ça devient un événement publique! lol!La chanson s'écoule, et la fatigue de mes membres rajoute à mon sentiment d'aller au bout de moi même.Ma cousine est une très bonne cavalière. Je peux tout faire, elle suit impeccablement. Elle m'impressionne d'ailleurs, et d'un sourire je le lui montre. Elle sourit aussi toute heureuse.Elle est géniale! :DBref! La chanson se termine... Je serre ma cousine dans mes bras, et on sort de la piste. Les acclamations fusent. Dans le brouhaha des cris et des visages qui me sourient, son regard me capte.Audrey me fixe. Son regard est intense, mais sombre. Tendu. Presque énervé.Je veux aller vers elle, mais les autres m'appellent. Des mains sur mes épaules me tirent dans des accolades dont je ne comprends strictement rien, et je finis par détourner mon attention.Je suis saoule et je sens que mes pensées s'embrument. Pourtant je reste lucide sur le fait que j'ai senti un problème. Et je ne veux pas de problème.Quand je reviens à Audrey, elle est en train de danser avec Anthony. Sans m'en rendre compte, j'admire la façon dont elle bouge. Cette sensualité fragile qu'elle dégage, et cette féminité hypnotique qui accroche. Son paradoxe. Son charme.Un peu de temps s'écoule avant qu'on ne se parle finalement."Ca va?" lui demandé-je en me penchant à son oreille.La musique tape."Géniale" me dit-elle en terminant la moitié de son verre cul sec.Elle prends le mien de mes mains, et le pose sur la table pour nous resservir. Je la regarde, confuse par son comportement."Y a un truc qui va pas Audrey!" dis-je. J'ai un peu de mal à faire des phrases correctes.Elles se redresse, me tends mon verre et scrute mon regard interrogateur."Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas envie de dire Alex." me répond-elle, elle aussi est loin d'être sobre.Ce qu'elle me demande est difficile pour moi. Ne pas chercher à comprendre.Mais dans ses yeux, je vois une tempête, quelque chose qui se déchaine. Je vois aussi que tout ça elle veut le garder pour elle. C'est son droit. Bien sûr que c'est son droit.Je recule de quelque pas, lui fais signe de ma rédition. Quand elle a finit elle me tends mon verre puis s'approche de moi.Je retiens un peu mon souffle, quand sa main va jusqu'au col de ma chemise qui devait être défait. Elle le remets en place.Je vois son regard qui va de mon cou jusqu'à mon visage et sens sa main qui cette fois-ci se pose sur ma joue.Nos regards se croisent encore. Je crois que je ne respire toujours pas. J'attends qu'elle dise ou fasse quelque chose. Mais rien. Elle reste comme ça quelque seconde, j'ai l'impression que le vacarme alentour s'évanouit, puis elle s'en va. Elle se recule, puis se retourne et moi je reste figée, fixée sur elle qui s'éloigne.Il y avait du désordre dans son regard.Je passe une main sur mon visage puis me laisse tomber sur la banquette. La situation entre nous est si fragile!Yannick vient s'asseoir près de moi, commence à me parler et difficilement, je m'efforce de m'extirper de mes pensées pour entrer dans la conversation.Les minutes passent ou lui et moi parlons en appréciant cette pause.Chris vient nous interrompre, un peu perplexe."Elle est où Audrey?" me demande-t-elle.Je regarde autour de moi."J'en sais rien.-Je viens de faire le tour de la salle, je la trouve pas. Il est bientôt 4h, je voulais lui dire que c'est moi qui vous ramène."Ca va bientôt être la sortie, et Audrey est introuvable. Ca et ce qui s'est passé auparavant fait naître comme une boule dans mon ventre."Je vais voir dehors" dis-je en me levant.Sans même me retourner, je trace mon chemin jusqu'à l'entrée.Dehors il fait bien plus frais, il y a bien moins de bruit aussi. Seulement celui des voitures qui passent. La lumière des réverbères m'éblouis un peu et je la cherche.Je regarde autour de moi, dans le parking de la boîte ridiculement trop petit. Elle reste introuvable. Je vais jusqu'à l'angle du bloc, et regarde si elle n'est pas de ce côté là. Là non plus, pas de Audrey.Je décide d'aller du côté opposée. C'est là où nous sommes tous garés.Au premier coup d'oeil je ne vois toujours personne. Et je commence à m'inquiéter sérieusement. Je persévère et décide d'aller voir.Je marche vers nos voitures. Entre elles, en retrait de la route, je finis par la voir. Audrey est là. Mais elle n'est pas seule. Antony est là aussi, entre ses jambes en fait, en train de la prendre contre sa voiture.Je me fige. J'ai du mal à réaliser ce que je vois. Mais c'est bien ça.Elle, plaqué contre la portière de la Golf, les jambes écartées. Antony qui souffle comme un buffle dans son cou, qui la pilonne en la soutenant au dessus du sol.Tout s'éteint dans ma tête. Je suis bouche bée. Sous le choc. Je sens sur mon visage engourdi mes sourcils qui se froncent.Je la regarde qui se mords les lèvres pour étouffer ses cris, je vois ses joues légèrement pourpres. Les bretelles de sa robes, indécentes, qui ont glissé sur ses épaules.Chaque image que je vois est une profanation. Un sacrilège. Je sens en moi des choses qui se brisent, qui s'effondrent. Et je suis là impuissante.Pour me secourir, heureusement, j'ai des arguments pragmatiques. Elle a bu. Elle sait qu'Antony n'est pas célibataire, qu'il est avec une autre même s'il rampe à ses pieds. Elle ne doit pas se rendre compte. Elle ne doit pas réaliser ce qu'elle fait.Je commence à m'approcher pour intervenir. Mais après quelque pas seulement, Audrey ouvre les yeux et nos regards collisionnent. Elle a l'air déconcerté un instant, mais Antony s'enfonce de nouveau en elle, et le plaisir la happe.Je serre la mâchoire, attends une réaction. Mais les seconde passent et rien.Au lieu de ça ses yeux se rouvrent et me fixent encore. Cette fois son regard est vide, amère, à peine allumé par l'extase. Il ne me lâche pas, me nargue et je reste immobile."Regarde bien ce que tu rates"Je peux presque l'entendre.Nos regards plongé l'un dans l'autre, elle se crispe peu à peu. Se tend. Ses mains viennent se plaquer sur la vitre de la voiture, et malgré ses efforts visibles, des cris aigus lui échappent.Elle est submergée et son regard veut me fuir. Mais il est trop tard. Je veux qu'elle voit. Je veux lui jeter tout ce que je ne peux pas dire et qui s'étrangle dans ma gorge.Je veux qu'elle lise que j'ai mal et que je suis en colère. Que je voudrais lui mettre une gifle et que ce n'est rien comparé à ce que j'ai envie de faire à Antony. Je veux qu'elle voit les illusions qui viennent de voler en éclat, et celles qui survivront. Parce qu'il y a cinq ans d'Histoire derrière nous, que certaines choses sont gravés dans la pierre. Que ce lien entre nous est turbulents, mais qu'il est aussi véritable, calme, et profond. Qu'il la tenaille même lorsqu'elle s'abandonne à quelqu'un d'autre. Je veux qu'elle voit que ce soir j'en suis désolée plus que j'en suis fière.Il y a tellement de choses que je regrette. Tellement chose qui me déchirent.Je finis par fermer mes paupières. Parmi toute les choses qui ne devraient pas être, il y a ma présence en ces lieux. Je n'ai rien à faire ici. Assez d'insultes, assez de confusion, assez d'indécision. Il est grand temps que je lâche prise. Que je franchisse le pas qui sépare l'instant où on fait un choix de l'instant fatidique où on s'y plie.Je la regarde une nouvelle fois. Une dernière fois. Splendide au milieu de ce décors lugubre."Ne te perd pas."J'espère qu'elle peut entendre.Je me retourne, laissant derrière moi, deux destins écrire une nouvelles page de leur histoire.Quand, j'arrive devant l'entrée de la boîtes, que j'entends la musique qui s'échappent des portes insonorisées, je décide que je ne rentrerais pas.Je me retourne vers la rue, blafarde sous la lumière pâle de l'aube qui arrive. Je vais m'asseoir sur le rebord de la fontaine, d'où plus aucune goute d'eau ne coulent depuis sans doute avant ma naissance.Je fouille ma poche, sors mon paquet de cigarette et mon zippo, que Clara m'a offert il y a quelques années et que j'ai apporté ce soir, sans même y pensé.Quand j'allume une clope, une odeur d'essence passe dans l'air.Foutue soirée.***Plus tard, j'entends derrière moi, la foule qui sort de l'immeuble. Il est 4h du matin.Je me lève, cherche à peine, et vois Chris anxieuse qui guette. Quand elle m'aperçois, un sourire de soulagement se dessine sur ses lèvres. Elle me rejoint."Où est Audrey? me demande-t-elle, tout à coup inquiètes en s'apercevant que je suis seule.Je prends mes affaires qu'elle me tends."Antony l'a ramenée"Et lorsqu'on se dirigent toutes les deux vers les voitures, je sais pertinemment qu'ils sont déjà partis.***Epilogue"La meilleure façon de résister à la tentation, c'est d'y céder"On connaît tous ces paroles d'Oscar Wilde. Et je crois qu'on ne peut pas la comprendre cette phrase. Pas avant d'avoir senti la chute. Cette déchéance de l'esprit qui se sent envahir progressivement, irrémédiablement, par une seule et unique pensée.Quand l'ordre devient anarchie, et que cette anarchie bouillonne, tempête, voudrait jaillir mais reste, prisonnière, contrainte. Quand elle se débat, et qu'il n'y a plus rien d'autre dans notre être que cette lutte.Il n'y a qu'après s'être rendu compte que la tentation est une obsession en puissance que l'on peut comprendre, que céder, est le meilleur moyen d'échapper au tourment. Qu'une flamme, a besoin de se consumer pour s'éteindre.Ce qui nous retient? Ce qui m'a retenue?Ce que j'avais à y perdre.Fin

  • Like 2


6 Commentaires


Recommended Comments

J'ai avidement lu cette suite.Je ne sais pas si j'aurai du.J'ai eu froid près de fontaine vide ...Mon côté fleur bleue espérait jusqu'au bout une autre issue ...Je crois que je vais rester près de cette fontaine un moment encore ...

  • Like 1

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire

Troublant, grâce à ce texte, ma vue sur la tentation me parait différente. Je suis impressionné et toublé par ta personnalité, .Mariveau

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire
Troublant, grâce à ce texte, ma vue sur la tentation me parait différente. Je suis impressionné et toublé par ta personnalité, .Mariveau
Impressionné? ^^ Il n'y a vraiment pas de quoi.

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire

Je crois que je n'ai pas de mots pour décrire ce que je viens de lire....J'ai tout lu d'une traite, il est d'une force incroyable, j'ai eu mal, j'ai eu les larmes aux yeux.Puis, j'ai pensé l'espace d'un instant que tout était encore possible entres-elles...

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire

je viens de lire tous les billets de ton blog, j'ai eu le plaisir de découvrir une plume que je ne conaissais que par l'acuité de ses remarques.Merci pour ce moment magique passé à te lire !

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire
×

Important Information

By using this site, you agree to our Terms of Use.