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Tentation

naughty_girl

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blog-0565225001331704074.jpg<p>Texte qui devait lui aussi subir un archivage ;-). Episode important, texte assez long. Pour ceux qui seraient intéressés par sa lecture cependdant: il vaut mieux lire la trilogie d'abord, sous peine de ne pas comprendre certains passages.Posté le 07/12/09Un an. Un an que je suis partie. Un an que je ne suis pas revenue. Comment dire à quel point ces mots ont de l'importance?Quelques jours que j'ai reposé le pied sur mon îles natale et je ne sais pas.Je regarde autour de moi mes amis qui sont revenu comme moi, et sur leur visage, je vois qu'il ressentent la même chose.Il y a ce sourire. Un peu béat, un peu stupide. Et puis dans leur regard cette fêlure. Celles de tous ces jours passés à l'autre bout du monde, et puis une autre encore. Celle de savoir que dans trop peu de temps, il faudra repartir.Voilà l'importance de ces mots. Un an. Ils sont ce bonheur étrange dans nos coeurs, cette mélancolie qui fait mal mais qu'on ne combat pas. Qu'on accepte et que d'une certaine manière, on chérit parce qu'elle nous parle de nos racines.Bref, c'est à tout ça que je pense, assise sur le balcon, seule, une bouteille de bière à la main pendant qu'à l'intérieur la musique tape contre les murs.On est en pleine semaine, tous réunis par une soirée splendide, sur une île paradisiaque, à faire la fête. C'est comme ça qu'on passera toutes nos vacances, comme ça qu'on a passé celles des trois dernières années. Et les rires que j'entends sont un des sons les plus familiers que je connaisse.Je sens l'alcool qui m'étourdit un peu. Et la seconde qui passe, est de celles qu'on aimerait étirer à l'infini.Je cherche mon paquet de cigarettes, en prends une et l'allume. La nuit est tellement claire que j'ai l'impression de pouvoir compter les étoiles une par une. Je les vois toutes.A ce moment là, j'entends le bruit de la baie vitrée qui ouvre, et l'espace d'un instant, la musique s'échappe plus fort dans la rue.Je me retourne, et c'est comme une colonie de papillons qui s'envole dans mon ventre. Je me crispe pour les retenir.Audrey est là. Habillée d'une robe noire. Elle est assez petite, presque fragile. Mais son regard émeraude brille dans la nuit d'un éclat qui ne trompe pas. Il y a quelque chose de félin en elle, qu'elle chose qui saute aux yeux."Ah tu étais là... je te cherchais" dit-elle en avançant vers moi un verre à la main.Je la regarde, tire sur ma clope en observant la manière dont la lumière du soir caresse ses cheveux blond.Elle vient s'asseoir près de moi. Un peu trop près vu la manière dont mon corps réagis à sa présence.Elle s'installe, et son regard vient se planter droit dans le mien. J'ai l'impression qu'il me scrute, me perce. Je tourne la tête, regarde encore vers le ciel faisant comme si ce n'était pas une fuite."A quoi tu pense?" me demande-t-elle.- A des choses inutiles... comme d'habitude" articulé-je en terminant de recracher un nuage de fumée blanche.Elle rit un peu. Je me force à faire pareil. En réalité, je commence déjà à avoir peur du silence qui va suivre. Il faut que je trouve un truc à dire."Tu me cherchais pour une raison particulière?"Pas brillant, je sais."On a toujours une raison particulière de te chercher Alex...BOOM. Là je n'ai pas à me forcer pour rire. C'est nerveux. Je la regarde, et elle sourit, mais dans ces fameux yeux, quelque chose ne rit pas. Non quelque chose me scrute encore.Qu'est-ce qu'ils veulent dire ces mots hein? Je suis pas sûre de vouloir savoir.En fait c'est limpide. Je suis déstabilisée et je n'ai pas envie de poursuivre cette conversation. Pas envie de me vautrer lamentablement, pas envie d'avoir l'air ridicule.La baie vitrée s'ouvre encore et une partie de la bande sort. J'ai envie de me jeter dans leur bras, m'agenouiller à leur pied...Parmi eux, Franck et Yannick. Deux de mes ex. Nos histoires remontent à un passé plus que révolu, et je suis encore étonnée de voir que le destin a fait qu'ils font encore partie de ma vie. Ils sont mes amis maintenant, malgré le fiasco de nos relations respectives.Je trouve quelque chose de bête à dire. Je n'ai jamais vraiment eu de difficulté à faire ça. Un don inné je crois. Tout le monde rit. Et je ris de soulagement.Sur moi, je sens le regard de Audrey qui ne m'a jamais lâchée. Elle me regarde, et à quelque mètre Antony la regarde elle. Il est fou d'elle et c'est marqué sur son front. Je me demande ce qu'il y a écris sur le mien. "I'm in trouble" sûrement.Bref, finalement, on décide manifestement que c'est sur le balcon que se déroulera le reste de la soirée. Tout le monde sort, on est de plus en plus à l'étroit.Généreusement, Audrey offre sa place, elle se lève et vient s'asseoir par terre. Entre mes jambes. Pffiouuuu! :shock:Elle s'assoie, s'appuie sur moi, et pose sa tête sur un de mes genoux. Je bois deux ou trois longues gorgées de bières. Et je sais que c'est complètement l'inverse de ce que je devrais faire. L'alcool est loin d'être mon ami dans de telles circonstances.Les autres discutent naturellement. Notre groupe est une machine bien huilée.Et moi, je ne dis pas grand chose. Les gens me lancent des vannes, j'y réponds par automatisme. Mais en vérité, je me sens mal à l'aise.Plusieurs choses. D'abord, en tête de liste, le trouble que je ressens.Il a toujours plus ou moins exister depuis les 5 ans que je connais Audrey. Mais depuis l'été derniers, c'est devenu pire.Ensuite, il y a ma conscience qui tourne. Cette culpabilité qui repointe le bout de son nez.Ils ne savent pas. Elle ne sait pas.Je ne leur ai jamais parlé de Clara.Comment est-ce possible que des personnes aussi proches de moi, ignorent une partie si essentielle de ma vie? Ca peut paraître compliqué, mais ça ne l'est pas. C'est très facile. Il suffit juste de ne pas en parler.Et ne pas en parler c'était exactement ce dont j'avais besoin.Ce n'était pas forcément par honte, par peur d'être juger. C'était juste vitale. Vitale d'avoir une partie de ma vie, où elle n'était pas, une partie de ma vie où, à faire semblant d'être libre d'elle, j'avais la sensation de m'appartenir plus. L'illusion d'avoir le contrôle m'a permis de ne pas tout à fait le perdre. Ca m'a sauvé je crois.Est-ce Audrey agirait de la même façon si elle savait? Est-ce qu'elle a conscience des messages qu'elle m'envoie? de l'effet qu'elle me fait?Elle passe une main autour de ma jambe, pose sa tête un peu plus haut sur ma cuisse, effleurant le tissu de mon pantalon avec ses lèvres. Je sens son souffle à travers le tissu et quelque chose s'allume dans mon bas ventre.Je déglutit, force pour garder les idées claires. Je prends mon portable, me concentre pour aller dans la bonne rubrique et écrire des phrases à peu près correctes. Je demande à mon frère, qui fait le chauffeur ce soir, de venir me chercher.Je range nerveusement mon téléphone dans ma poche.Une nouvelle fois Audrey effleurent ma cuisse avec ses lèvres aux travers de mon pantalon. J'inspire profondément et réfléchis à un moyen de mettre fin à cette torture. Un truc moins violent que sursauter et déguerpir de ma chaise.Je réfléchis, elle continue, mes pensées s'emmêlent. Et je finis par m'insurger! C'est vrai! Je suis là en train de me débattre avec moi même, parce que Audrey est ce qu'elle est, une braise ambulante, avec un sex appeal presque radio-actif... Et de toutes les personnes qui n'attendent que ça, qu'elle leur fasse ce qu'elle me fait, c'est entre mes jambes qu'elle se trouve. Moi qui suis en train de me morfondre dans ma tête pour des raisons qu'il faudrait une liste longue comme le bras pour énumérer.Pourquoi diable est-ce en train de m'arriver à moi? Je ne suis définitivement pas la bonne personne!!!!On finit par entendre le bruit d'une voiture qui arrive et se gare. Tout le monde reconnait la 207 gris-acier, avec un graphisme dessiné dans le teintage du par brise arrière: Naughty Girl.Ma voiture.Je me lève un peu précipitamment. Tout le monde me regarde avec un air réprobateur. Oui je m'en vais, non je n'ai pas prévenu et après quelques remontrances, ils finissent par s'y faire.Je dis aurevoir à tout le monde, je me dirige vers Audrey pour lui faire la bise.Elle me regarde, ses yeux verts encore rivés dans les miens. Elle a un rire amère, me tourne le dos et s'éloigne.Une partie de moi voudrais l'interpeler en lui demandant ce qu'ils se passe. Et une autre le sais très bien. Cette partie là comprends ce qui est en train de se passer entre nous. Comprends qu'au fond, ça n'a rien de risible, rien de drôle, ni de cocasse.Que c'est sérieux et que ce n'est que le début.à suivre...posté le 08/12/09-SUITE-Quelques jours ont passés et je me suis tenue un peu à l'écart de la bande. Des projets avec ma famille.Ca m'a fait du bien. Plus qu'aucun mot saurais décrire.Mais qu'importe. Ce soir, on est vendredi soir. Et vendredi soir, c'est sortie boîte.PAS d'excuse possible, à part peut être sa propre mort, pour déroger à cette règle sacro-sainte.Et encore, sous présentation d'un justificatif en bonne et due forme s'il vous plaît.D'habitude je suis impatiente.D'habitude, tout est nettement plus simple.Là, j'ai une drôle de boule de stress dans le ventre. J'essaye d'y réfléchir. De rationaliser tout ça.NON, il ne s'est rien passé. Et OUI, TOUT ceci peut n'être qu'au final une mauvaise interprétation des faits.Au fond rien à vraiment changé. Aucune lignes rouges franchies.Tout va bien aller. On respire.Audrey est Audrey. Elle ne s'est pas soudainement transformée en gorgonne.Je la connais.Je sais par coeur ses traits, son visage, ses manies.La manière dont elle passe sa mains dans ses cheveux courts lorsqu' au cours d'une conversation, elle se sent tout à fait à l'aise. La manière dont elle se tait et observe quand elle ne l'est pas.Je sais la façon dont elle rit et à quel point, à cet instant, elle baisse les armes. Je sais quand elle a mauvais caractère et quand elle est de mauvaise fois.Je sais toutes ces choses qu'on sait et qu'on apprends au fils du temps. Depuis le jour où une amitié naît et lorsqu'on a de la chance et qu'elle résiste.De quoi ai-je peur hein? Ne doit-on pas craindre les choses qu'on ne connaît pas?Et une petite voix me dit qu'en ce moment même Audrey est chez elle, tranquille, et qu'elle ne se soucie pas une seconde de ce qui me tourmente. Tout ça est absurde.Ceux qui sous-estiment les pouvoir de l'auto-persuasion ont bien tort.Ceux qui pensent qu'ils suffisent à échapper à la réalité se fourvoient tout autant.Mon téléphone sonne."Oui?-Alex?"J'arrête de respirer. C'est elle.-Alex?-Euh... oui, désolée. Ca va?"Ma voix est un peut étranglée."Ca va. Je te dérange? "Le ton n'est pas vraiment celui d'une question."Non!... non, pas du tout.-Sûre?-Affirmatif.-Ca te dit qu'on mange ensemble?"Je ne suis pas trop en état de gérer ce genre de question.Premier réflexe: GAGNER DU TEMPS."Quand?-Maintenant."Raté."Oh... dis-je monosyllabiquement (Bien trouvé hein?).-J'ai envie de manger dehors ce soir...OK. Je suis en panique. L'auto-persuasion aurait eut besoin d'un peu plus de temps pour se mettre à l'aise.J'envisage une seconde la fuite. La décevoir... blesser son orgueil... blesser le mien...Je ne sais pas au juste laquelle de ces alternatives me fais rejeter l'idée, mais c'est catégorique."Je me prépare et je passe te prendre.-A toute suite."***Dans la voiture, la musique est à fond et je chante. Non. U2 chante... et moi je cris. Ca me détends, m'évite de penser.Au bout de quelque temps j'arrive chez elle. Je vois que les lumière s'éteigne. Elle sait que je suis là. J'attends un peu et puis elle sort.Mes mains se crispent sur le volant. Elle porte une robe blanche, courte, de fine tongs assorties. Ses cheveux sont un peu rabattus sur un côté. De loin son regard est un aimant. Elle est maquillé avec soin, et gout. Elle porte l'élégance sur elle, sa beauté exceptionnelle a quelque chose de pure. Mais constamment au fond de ses yeux, on peut lire: "attrape-moi si tu peux."Elle monte, me fait la bise et je redémarre. La musique explose dans l'habitacle. On sursaute toutes les deux et je la regarde avec une mine d'excuses. Elle me fixe, sourit, et on est partie.***Je lui propose un restaurant-bar sympa, elle trouve que c'est une bonne idée et c'est là bas que nous allons. Quand on arrive, les regard se scotchent sur elle, et glissent sur son corps avec une insistance qu'elle ignore.On s'installe. On commande.L'ambiance entre nous est bizarre. Pas mauvaise. Bizarre.Je vois qu'elle est un peu tendue, ses regards cherchent trop souvent mes yeux. Mes yeux sont trop souvent attirés par ses lèvres, qu'elle mordille sans arrêt.Elle me pose des questions qu'elle ne m'avait jamais posé avant. Pourquoi mes passions me passionnent... Mes relations avec ma famille... comment sont mes nièces...Je parle. Les heures passent sans qu'on les voit. Le restaurant-bar va fermer. On reçoit toutes les deux un sms."Time to pump it up on the dancefloor."Lorsque je m'approche du comptoir, j'apprends qu'elle a déjà tout régler.Quand je me retourne vers elle et l'interroge, ses yeux me happent et elle me dit:"C'est la MOINDRE des choses..."J'ai l'impression d'être à un rendez-vous. Elle, l'intensité étrange qui émane d'elle. Elle me sourit et me dit qu'il est temps qu'on y aille.***On va au club à pied, j'ai trop bu pour conduire et le chemin est sûr.On rejoint enfin les autres. Les sourires sur leurs visages quand ils nous voient me fait chaud au coeur. Je n'ai pas que du talent pour la bêtise. J'en ai aussi pour choisir mes amis.On monte. Les videurs nous saluent, m'appelle "La terreur" et me demande cette fois, de ne pas faire une partie de cache-cache à l'intérieur. Je leur réponds que ça fait un an qu'ils m'ont pas vu, qu'il pourrait m'accueillir avec plus d'égards. Fichtre!!!A l'intérieur, on nous ouvre d'office le carré VIP. Ceux qui ne nous connaissent pas finissent par nous REconnaître. Sur le mur d'honneur, il y a beaucoup de photo de nous. Dont une ou deux, où j'aurais beaucoup mieux fais de retirer cette perruque rose. Ou alors de la mettre à l'endroit! :DSur la table, les bouteilles arrivent. Jack Daniel's, Vodka. Je me contente de coca. Plus d'alcool pour moi.Ensuite le grand n'importe quoi commence. La ragga cogne dans nos tympans, il vibre dans nos poitrines. Et d'un commun accord on lâche tous prise. Des cris s'échappent du carré VIP et la musique nous possède.Je ferme les yeux et me laisse porter. Je danse au rythme qui raisonne dans mon corps. Parfois, je m'amuse avec les autres et fais l'imbécile. Le sourire ne quitte pas mes lèvres et bon sang ce que ça fait du bien!Au bout de quelques heures, en sueur, je décide de faire une pause. Malgré la climatisation j'ai chaud et si je déboutonne encore un bouton de ma chemise, j'aurais un décolleté jusqu'au nombril. Je considère vraiment l'idée une seconde...mais me ravise.Je me sers un verre bien frais de coca et me laisse tomber sur la banquette dans un coin du carré, où passe un courant de fraîcheur.Les autres dansent encore, ils sont à fond et c'est une vision magnifique. Je souris, cri pour les encourager... La musique est euphorique. Rythmée, langoureuse, chaleureuse... sensuelle.Je danse assise. Audrey s'approche de moi. Je la regarde. Je n'ai pas vraiment oser le faire depuis notre arrivée. Elle est belle, sa peau est un peu moite aussi. Son sex appeal est multiplié par cent.Elle arrive à ma hauteur et instinctivement je me penche vers elle avoir une chance d'entendre ce qu'elle va dire. Mais elle me pousse en arrière. Adossée de force à la banquette je la regarde, sans comprendre. Et là, je la vois qui commence à danser devant moi, dans l'espace étroit qui sépare mes jambes. Elle bouge, verre de whisky coca à la main, fermant les yeux, se mordant les lèvres, balancant ses hanches sensuellement.J'aime ça.Si j'avais lutter contre moi, je serai restée figée, paralysée par elle. Mais là, au contraire, elle me cherche, elle me trouve. Plus question de me laisser oppresser, perturber, mariner à trop réfléchir.Je danse aussi, accepte sa chorégraphie et l'accompagne. Elle est un peu surprise, ses yeux plongent dans les miens, et je lui souris d'un sourire qu'elle n'a jamais vu. J'arque un sourcil en signe provocation. Et je jure que son regard se transforme.Elle prends une gorgée de son verre, le pose sur la table puis une nouvelle fois me pousse vers l'arrière. Seulement là elle m'accompagne. Elle s'agenouille sur la banquette, enjambant une de mes cuisses.Elle me domine, je sens la chaleur qui émane de son corps, j'ai l'impression qu'elle est palpable. Elle se redresse, moi pour le coup, assez stupéfaite et commence à onduler.Elle bouge le bassin et mon regard se pose à l'intérieur de ses cuisses.Elle a une main dans ses cheveux, une sur mon épaule et elle mime l'acte sexuel. Notre bande prennent ça pour un simple jeu de provocation, et cri pour l'encourager. Si ils savaient dans quel était est mon string!Tous les mecs de la boîtes la regardent, et ils doivent se dire la même chose que moi. Que tous ceux qui l'ont vraiment baisé ont de la chance.Elle continue, me regarde dans les yeux en se mordant les lèvres. Puis je vois ses yeux qui se détachent des miens, voyage le long de mon cou et descendre dans mon décolleté, très ouvert à cause de la chaleur. Elle fronce les sourcils, continue baisse le regard vers mon ventre, puis vers mon entrejambes. Elle bouge toujours.Un éclair se produit dans ma tête et avant que j'ai le temps de penser, ma cuisse se lève. Je touche son sexe entre ses jambes écartées et j'appuie. Elle arrête de bouger, et dans ses yeux j'entrevois la surprise. Mes yeux ne la quitte pas. Mes scrupules à l'égard de notre amitié sont loin derrière. Nos regards se fondent l'un dans l'autre. Et un instant de vérité s'écoule. Alors, elle ferme les yeux, reprend ses mouvements et se frotte contre moi. Son visage se contracte, et je vois le soupir qui s'échappe de ses lèvres. Moi aussi je souffle, l'excitation explose et me fais presque mal.Je regarde autour de nous. Par chance, deux de mes amis font une battle, les autres qui nous tournent le dos, forment un mur qui nous cachent.Je place ma main sur une des hanches de Audrey, me redresse et lui intime le bon rythme. C'est moi qui ait le contrôle. Elle me regarde et sait qu'il n'y a pas à discuter. Ses yeux comme des murs qui s'effondrent, des fenêtre qui s'ouvrent à mesure qu'elle bouge contre moi et dans lesquelles je m'engouffre.Je vois l'océan vert devenir trouble, perdre son calme et sa maîtrise. J'observe fascinée. Et puis elle arrive. La fêlure. Cette chose bouleversante que je n'ai vu que chez une seule personne. Clara, lors de nos ébats à corps perdu.Elle est comme un abandon de soi. D'une manière assez ironique, ça devient trop intime pour moi. Quelque chose en moi soudainement s'asphyxie et se crispe. J'arrête Audrey. On se lève toutes les deux. Je ne comprends pas ce qui se passe. Elle non plus. Je marmonne que je suis désolée que je ne peux pas. Elle me gifle. Elle est blessée. Normal.Je devrais lui donner une explication, mais n'y arrive pas. Sans pouvoir décrocher un mot je la regarde qui est perdue et je prends mes affaires et m'en vais.En passant, je demande à ceux qui font les chauffeurs ce soir et qui n'ont pas bu si un d'entre eux peut la ramener, ils me disent qu'ils s'arrangeront. Je salue tout le monde et sors.Sur le chemin jusqu'à ma voiture, mes pensées se déchainent, chaotiques. Mais qu'est-ce qui m'a pris? Audrey est une de meilleures amies! Pourquoi j'ai fais un truc pareil? Qu'est-ce qu'il y a avec cette fille? hein?Pourquoi est-ce que c'est si dur de résister? Pourquoi est-ce que c'est si dur d'aller au bout?Je n'en sais rien. Je n'en sais foutrement rien!Je sais juste une chose: que ce que je suis en train de faire là, fuir, ne fait que remettre le problème à plus tard.à suivre ***posté le 10/12/09-SUITE-trois jours plus tardAudrey est sous moi, nue. Ses paupières sont closes, ses joues sont pourpres. Son corps s'arque contre les mien et mes doigts, entre ses jambes écartées, vont et viennent lentement.Les gémissement se mêlent à ses soupirs, elle mort ses lèvres entrouvertes. Ce n'est que le début et chaque seconde me happe.Ses paupières s'ouvrent, nos regard se touchent et je m'enfonce entre ses reins. Elle gémit encore, et une nouvelle fois, je la vois, la fêlure. Mais cette fois je n'ai plus peur.Audrey est belle au delà des mots, et je lui fais l'amour. M'immisce entre ses cuisses, et prends tout ce qu'elle m'offre. Son corps, son souffle, son être qu'elle me confie. Je laisse mon orgueil brûler dans ma poitrîne, la femme, jeune, lesbienne, mouiller entre mes jambes. Non je n'ai plus peur.Je me penche pour l'embrasser et nos lèvres amies se touchent. Celles de Audrey sont douces, délicieuses. Ma langue pénètre sa bouche et je pousse au fond d'elle. Elle gémit quand j'inspire et son plaisir raisonne dans ma poitrine. Nos langues dansent ensemble. Une de ses mains s'infiltre dans mes cheveux, ses jambes enserre mes reins. Mes muscles se crispent pour résister à l'étau de ses membres.Sur ma main qui la baise, son elixir coule jusque sur les draps. Son bassin cherche à s'enfoncer davantage. Mais je m'esquive. Tout arrivera en temps voulu. Je ne veux rien brusquer.Mes lèvres quittent les siennes. Et mes baiser sont comme une trainée de chaleur liquide, ils s'écoulent le long de sa gorge de soie jusqu'au creu de son cou. Je goute la peau incandescente, et sens, sous elle, le sang qui pulse, rapide. Quand mon souffle la caresse, elle se voûte entre mes bras.Ses ongles s'enfoncent dans mon cuir chevelue, le laboure jusqu'à la base de ma nuque. Je descends jusqu'à son torses, là où ses voluptés m'appellent pour me perdre. Ses seins sont tendres et fermes, leur tétons sont déjà durs sous ma langue.Là, nos années adolescentes ne sont plus qu'une brume dans ma conscience. Un voile qui se déchire à mesure que s'élèvent dans les air, ses gémissements de femmes, à mesure que passionnément, je fais l'amour à ses seins et les aspirent tout entiers dans ma bouche."Alex..."Sa voix m'implore. M'excite d'une façon que je veux pas vraiment analyser. Je remonte jusqu'à son oreille que j'embrasse langoureusement. Sciemment, je ralentis encore davantage mes assauts."Dis-moi..." lui murmuré-je.Son corps devient fou. Son bassin me cherche pour m'appuyer entre ses cuisses."Alex, j'ai mal!"A ces mots, moi aussi j'ai mal. J'ai le sexe en feu. Alors je décide que c'est la fin du jeu et le début des choses sérieuses.J'enfonce un doigt de plus en elle, d'un mouvement brusque je la remplie et vient buter entre ses reins.Elle crit, de surprise sans doute. C'est ce que je lis dans ses yeux. Mais la surprise disparait vite. Quand je recommence encore et encore. Encore. Encore. Elle crit parce qu'elle aime ça.Mon ryhtme est exigeant, indiscutable.Elle me regarde ou bout d'elle même, ses mains s'accrochent à mes épaules. Elles s'y agrippent comme au bord d'un gouffre. Irréversiblement pourtant, plongée dans ses yeux qui implorent je la pousse.Le lit craque, les murs flanchent. Je sens mon désir qui s'éveille, il est comme un deuxième coeur, une vie anarchique remplie mes veines. Je suis boulimique. Je veux tout ce qu'elle a à offrir.Je cherche en elle, et trouve la zone sensible. Elle cri encore mais n'a aucune idée de ce qui l'attends. Mes mouvement sont lent et amples d'abord. Ils visent juste.Mes lèvres viennent se plaquer contre les siennes et alors j'accélère. J'accélère jusqu'à ce que la sueur perle sur mon front et que ma peau deviennent humide.Elle crit dans le baiser, et lorsque je me redresse, elle me tire une nouvelle fois vers elle.Je sens qu'elle va bientôt jouir. Sa mouille recouvre nos deux corps. Quand ses parois se resserrent autour de mes doigts, alors je quitte la zone G et m'enfonce de nouveau au fond d'elle. Une fois, puis deux... encore et encore.Jusqu'à ce qu'elle explose."Alex! me prévient-elle presque avec angoisse-Vas-y... jouis pour moi ma belle... Je suis là... tu sens?" demandé-je en m'enfonçant encore.-Oui!!! dit-elle en gémissement.-Alors n'ai pas peur"J'attends de lire la confiance dans son regard, et lorsqu'elle me serre fort contre elle, je la fais venir du plus fort que je peux. Son corps convulse, enlacé au mien et la tension s'échappe hors de moi. Je suis en nage, à bout de souffle.Audrey est dans le même état. Epuisées toutes les deux, on se regarde, complètement submergées par l'expérience. Après quelques respirations erratiques doucement, alors, je me penche. Ses mains gracieuses viennent se poser sur ma nuque et à cours de mots, nos lèvres hésitantes se touchent.***Quelques instants plus tard mes paupières s'ouvrent paniquées. Je poses une main sur ma bouche et me redresse, le souffle court. Je sens d'emblée l'humidité et la tension entre mes cuisse. Je regarde autour de moi. Je suis dans ma chambre, là ou je me suis endormie hier soir, seule.Le soulagement entre comme un raz-de-marée dans ma poitrine, je respire profondément.Tout ça n'était qu'un rêve.La sensation sur mes lèvres avait l'air si réelle."Elle l'est à chaque fois!" me dis-je. C'est vrai.Trois jours que ce rêve hante mes nuits. Trois jours que je m'endors priant pour que Audrey sorte de ma tête et que je me réveille le lendemain plus troublée encore, excitée comme une chatte en chaleur.Mes mains se posent sur mon visage. La sensation qui me tiraille entre les jambes m'appelle au vice."Ce n'est pas bien grave!" qu'elle me dit." Il suffit de t'occuper toi même du problème! Aller ne fais pas ta timide! Tu l'as déjà fais! Tu t'en rappelle? Ne te sentais-tu pas mieux après? Il faut juste que tu ferme les yeux, et que tu pense à elle... laisse tes doigts faire le reste!!!"Déjà que je viens de lui faire l'amour sans lui avoir demander la permission!!! réprimandé-je.Non, non, non!"Ca suffit!" dis-je à voix haute en sortant de mes draps. Nue, je vais chercher mon paréo et l'attache autour de ma poitrine. Couverte, agacée et d'une humeur massacrante, je sors de ma chambre.Il est 9h00 du matin, et c'est une belle journée. Mon père est sûrement sur la terrasse occupé à lire les journaux, mon frère, enfermé dans sa chambre, chatant avec une des conquêtes qu'il a laissé en France pour les vacances. Et ma mère, dort, c'est sûr.Je vais jusqu'à la cuisine, ou m'attends une cafetière de café bien chaud et odorant. Sur la table, je vois des beignets au lait de coco. Peut être que la journée ne commence pas si mal finalement.Je mange un bout, encore pensive. Puis une fois mes frustrations calmée dans par frénésie alimentaire je me resserre une pleine tasse de café et retourne dans ma chambre.Là j'ouvre ma fenêtre. Le soleil est éclatant, l'herbe verte à l'air presque jaune sous ses rayons. Je regarde le paysage grandiose qui s’étend devant moi. Il me manquera au coeur de l'hiver.Je prends une cigarette et l'allume. Lorsque j'avale une gorgée de café, je sens la chaleur se diffuser à l'intérieur de moi. Alors le temps arrête un peu sa course.Et comme à chaque fois que le silence m'envahit, je pense à Clara. Elle est aussi avec sa famille, injoignable dans son île natale. Cette terre paradisiaque qui n'est pas si loin, mais qui, quand elle y est, me semble le bout du monde.Je ne lui ai pas beaucoup parlé depuis qu'elle est venu me voir à Paris, il y a 3 mois. Un fiasco. Encore ce passé qui revient perpétuellement nous mordre aux fesses quand on croit y avoir enfin échappé. On a encore rompu.Pffff! Quel bordel!Il faut que je mette de l'ordre dans ma tête! Vite!Au moment même où je me dis ça, mon portable sonne. Je me tourne vers le bureau où l'appareil bruyant tressaute stupidement. Je regarde sur l'écran qui clignote bleu.Audrey.Hilarant, pensé-je.Tirant sur ma cigarette, je reviens au paysage devant moi.Mon portable n'a qu'à sonner. Ce ne sera jamais que mon 28ème appel en absence.à suivre***posté le 31/12/09SUITE-Comment une situation peut devenir aussi apocalyptique en aussi peu de temps?Y a des choses qu'on anticipe, qu'on craint au final, très vite, parce qu'on les voit venir. Et puis il y en a d'autres qu'on imagine même pas.Et ce qui s'est passé, j'ai l'impression que c'est une mauvaise blague tellement je l'avais pas imaginer. Ca fait partie de ces changement qu'on rejette de suite, que par facilité on classe dans les choses "impossibles", parce que justement ça changerait trop de chose.Elle est un peu bête dans cette démarche, je suis bien d'accord. Parce que rien vient de nulle part."Il n'y a pas de fumée sans feu"Si je réfléchis honnêtement, je les vois les indices, les étapes... toutes les choses qui aurait pu prédire ce qui est arrivé.Suffirait que je me demande pourquoi entre Audrey et moi, depuis 5 ans, ça a toujours été spécial. Suffirait que je me demande ce que ça veut dire au juste "spécial".Alors ça m'obligerait à voir que je l'ai toujours trouvée belle, toxiquement belle. Que j'ai toujours ressentis cette drôle de sensation au ventre à croiser son regard. Que j'y toujours pu y lire cette déférence qu'elle ne donne à personne d'autre. Que ça m'a rendu fière jusqu'à n'en plus pouvoir et que je me suis évertuée toujours à être à la hauteur.Mais ça c'était avant. Avant que tout s'écroule et qu'après cinq ans je me retrouve sur une banquette d'une foutue boîte de nuit à deux doigts de la faire jouir.C'est dingue! Complètement dingue...Mais c'est pas le pire. Le pire c'est la gifle. En son regard après. Ca ça dépasse pas seulement mon entendement. Ca me fait mal.Tout ceci n'est pas qu'un hallucinant retournement de situation. C'est un désastre. Une apocalypse de mes valeurs.Et je sais bien qu'à un moment je vais devoir reprendre les choses en mains. Mais pour l'instant je ne fais que fuir.Ca fait des jours et des jours que je n'ai pas vu la bande, des jours que j'invente des excuses pas beaucoup plus lumineuses que: "Monsieur, c'est mon chien... il a mangé ma copie."Les gens ne comprennent pas. Les gens m'en veulent.Ce soir, c'est l'anniversaire de Yannick. Si j'y vais pas... ma fuite sera plus qu'un manquement. Elle passera le stade de l'insulte. Et c'est à mille lieues de ce que je veux, mille lieues de ce que je ressens.Alors j'irai.***Il est 20h00, je suis prête. Pas prête à gérer tout ça, non, juste à foncer droit dans le mur.Je regarde dans le miroir mon ensemble en lin blanc et essaye de me convaincre que la malédiction n'aura pas lieu. Pas de sauce tomate, pas de vin rouge ce soir.Je prends mon sac et sors de chez moi.Je suis en chemin quand la musique dans la voiture se coupe. Je regarde le tableau de bords: un appel. Ma cousine."Ouep?-Alex il faut que tu me sauve la vie"Ma cousine a toujours un talent particulier pour les entrées en matière."Je te préviens, ça a intérêt à être soft, parce que je ne tâche pas ma tunique blanche pour toi!"Son rire éclate dans l'habitacle."Non, tu n'auras besoin de tuer personne...-Cool! Qu'est-ce que tu veux?-Je suis à la bourre. Mais du genre, mortellement à la bourre! Yannick va me tuer...-Chris! Saute l'introduction mélodramatique!!!-Faudrait que t'aille récupérer Audrey pour moi..."Blanc. Heureusement je suis à un feu rouge."Alex?...-Oui...euh... elle est au courant? Je veux dire tu l'as prévenue?-J'ai essayé, elle réponds pas. Elle doit être en train de se préparer. Mais c'est pas grave. Elle m'aime plus que toi... tout le monde le sait. Mais elle s'en remettra..."Je ris très nerveusement à la blague."Alors?" demande-t-elle impatiemment.Je respire un grand coup."Ok." lâché-je en essayant de paraître détendue.- Tu me sauves la vie tu sais ça?!-Oui bah j'ai fini par comprendre!- A tout à l'heure!-Bisous"La communication se coupe. La musique reprends. Cette fois, les red hot chili peppers chantent sans moi.***Quelques minutes plus tard, j'arrive chez Audrey. Encore une fois, les lumières s'éteignent. Là je me crispe.Je vois son portail qui s'ouvre, elle le passe le referme. Elle est magnifique. Quand elle se retourne et qu'elle relève la tête vers moi, elle se fige.De la où je suis, je vois son visage qui se ferme. Je sais qu'elle hésite à faire demi-tour. Mais elle se fait violence comme je me suis fais violence. Les anniversaires sont sacrés.Elle arrive jusqu'à la voiture. L'expression qu'elle a me fait mal. Elle ouvre la portière et s'asseoit en me lançant un "bonsoir" qui ne fait même pas semblant d'être sincère."Alex à eu un contre temps je crois, elle m'a demandée de venir te récupérer."J'ai envie de rajouter "désolée" mais je le rattrape in extrmis au bords de mes lèvres."Ok" dit-elle.Et c'est le derniers mot que j'entends d'elle de tout le trajet.***Après 20 minutes de route on arrive au restaurant où on a rendez-vous. Je me gare dans le parking de la marina et dès que nous sortons, elle est palpable. Cette atmosphère particulière. Celle de l'océan tout proche. Le jour, il irradie d'énergie, mais la nuit, il semble imprégnée par la paix.Une paix mélancolique, irréductible, millénaire, réconfortante d'une manière inexplicable.Le vent qui vient de la montagne caresse mon visage. Je regarde Audrey. Elle est un peu comme cette nuit. Splendide et impénétrable. Elle semble si irrationnellement loin lorsque nous marchons, que je me retiens de lui prendre la main et de la serrer contre moi.Mais je crois qu'elle m'échapperai de toute façon.Bientôt nous voilà sur les quais.La mer sombre s'étend devant nous, immense et discrète. Les bateaux innombrables son rangée côte à côte, serrés. Leur mat blanc déchirent le ciel. J'inspire, contemple écoute autour de moi la symphonie qui murmure. Le clapotis de l'eau, les coques qui cognent contre le bois, les amarres qui grincent.Et cette lune, pleine, blanche silencieuse qui veilleLe restaurant est juste là, baigné dans un halo de lumière jaune. De loin quelques rires s'échappent du jardin ou sont disposés les tables extérieures. Le cadre est magnifique.La voix de Diana Krall que j'entends en fond à des accents mystique.Nos amis sont déjà presque tous là.Je suis un peu nerveuse. Mais pas tant que ça. J'ai dépassé ce stade.Lorsque j'arrive et leurs dis bonsoir la chaleur qu'ils me témoignent me touche. En fait, elle me fend la poitrine. L'émotion que je ressens me prends un peu par mégarde.Troublée je souhaite un joyeux anniversaire à Yannick. Il me prends dans ses bras."Merci d'être venue" me dit-il une joie sincère dans le regard.Ces mots me blessent.A-t-il vraiment cru que je pourrais ne pas venir?A-t-il eu raison d'avoir des doutes?L'espace de quelques secondes, sans vraiment comprendre j'ai envie de pleurer. Je marmonne quelque chose et m'éloigne pour m'asseoir. Audrey me suit de peu, elle s’assoit en face de moi. Elle n'a pas le choix.Et la soirée s'écoule.***Je n'arrive pas à m'empêcher de la regarder durant tout le repas. Mon regard est aimanté et elle, elle est éblouissante. Je sais qu'elle est mal à l'aise, tendue, contrariée peut-être mais il y a une sorte de dignité qui rayonne d'elle, dans la grâce de ses gestes et de ses sourires, dans son silence et sa posture.Cette fille est une vamp, fatale jusque dans ses retranchements et je me sens minuscule. Insignifiante.L'admiration me rends nerveuse. Je ne parle pas beaucoup, fait exagérément attention à mes moindres gestes, me concentre pour que mes joues ne virent pas écarlates et pour conserver une once de consistance. Ou au moins l'apparence d'une once de consistance.Dans cette animation, je suis surtout spectatrice. J'observe, un peu timide. C'est ridicule, et pourtant malgré ça au fil des heures je me sens mieux.Je finis par comprendre que ces dernières semaines j'ai perdus de vue quelque chose d'essentiel. Ce soir, ce "quelque chose" m'entoure.Ces gens, tous, sont important pour moi. Notre cohésion a de la valeur, elle a du sens. Elle est éminemment précieuse.Et quand, au moment du départ, Chris propose à Audrey de la ramener, je l'interromps. C'est sur mon chemin quand ça l'oblige à faire un détour. Aucun autre argument ne devrait faire débat. C'est comme ça que ça a toujours marché et c'est logique.Chris apprécie et cède. Lorsqu'elle se tourne pour demander son avis à Audrey, cette dernière n'a aucune réaction. Elle se contente de nous dépasser et de marcher vers ma voiture.Mauvais signe.***Le retour est très scrupuleusement semblable à l'aller. Sauf peut-être que cette fois-ci je pense et j'ai peur.Je me dis qu'au moins elle ne m'insulte pas. Que c'est plutôt bien. Mais je me dis aussi que l'indifférence est pire.On arrive chez elle, et j'ai envie d'être fixée, mais je n'ai pas le temps de dire quoique se soit. A peine arrêtées, elle me lance un "merci" de forme et ouvre la portière. Elle sort et s'éloigne. Je la regarde, confuse.Est-ce que j'ai laissé tout se détruire entre nous?"Fais chier!" soupiré-je en cognant le volant.Je la vois qui ouvre son portail. Et j'ai l'impression irrationnelle qu'elle s'en va pour toujours. Je coupe le moteur et sors."Audrey!" interpellé-je en allant à sa suite.Elle se retourne. La méfiance que je lis dans son regard me fais ralentir le pas et m'arrêter sans envahir son périmètre."Tu crois pas qu'il faut qu'on parle?"Là elle a un rire amère."Tu dois être en train de te foutre de moi Alex! me lance-t-elle avec un sarcasme venimeux.-Non!-Et tu crois que je t'ai appelée tous les jours de la semaine dernière pour quoi hein? "Touchée."Hum... ok, je suis désolée pour ça."Elle me toise et se retourne pour partir."Attends! Je suis VRAIMENT désolée Audrey! J'ai fais n'importe quoi, je sais. Mais je suis complètement perdue ok?- ET TU N'ES PAS LA SEULE! " crie-t-elle en se retournant agressivement vers moi.Je ne l'ai jamais entendu crier. Jamais comme ça. Le vert de ses yeux tremble et je me rends compte qu'elle est bouleversée. Je reste là, bêtement, ahurie et elle finit par détourner le regard. Elle respire comme pour reprendre le contrôle."Putain tu fais chier Alex soupire-t-elle-Je sais" dis-je doucement en la regardant droit dans les yeux.Ses prunelles émeraudes me scannent, me jaugent. Je les laisse faire et ne leur cache rien. Alors, sur les deux murs de glace, je vois comme une brèche qui se forme. Son regard devient presque tendre et je sais que c'est à moi de parler."Ce truc entre nous... ça me rends stupide."La preuve.Audrey sourit, et j'essaye de faire comprendre à mon cerveau, qu'il faut qu'il fasse un effort."Ce que je veux dire c'est que je suis absolument PAS préparée psychologiquement à gérer un truc pareil... et c'est en train de me rendre dingue!"Le dire à haute voix fait du bien. Je viens d'entrouvrir une porte, et c'est comme si tout cognait à l'intérieur pour sortir. Audrey me regarde, craintive, et pourtant ses yeux me percent de part en part."Tu me rends dingue" soupiré-je à l'instant même où je me sens happée par son champs de force."J'arrive pas à te sortir de ma tête... " rajouté-je en plongeant mon visage entre mes mains.Je ferme les yeux, de frustration, de remord... mes doigts finissent par glisser jusqu'à mes cheveux et lorsque je rouvre mes paupières j'arrête de respirer je crois.L'expression sur son visage. Je crois que même la terre à arrêter de tourner. Ses yeux sont rivés dans les miens.Elle se contient, mais je le vois. Le félin. Celui qui me fait me sentir proie et qui la rends belle à un point qui devrait être illégal.Je déglutit.Je sens mon coeur qui tape dans ma poitrine. Mes mains en deviennent moites. Ses sourcils se froncent un peu."Qu'est-ce que j'ai qui te fais fuir Alex?" me demande-t-elle.J'accuse le coup. Qu'est-ce qui me fais fuir?L'impression qu'on ne joue pas dans la même cour peut être... et que tu es le genre de filles qui brûlent les doigts quand on les touchent?Elle me fait peur, bien sûr. Et je pourrais lui dire, mais au fond je sais qu'il y a autre chose et je suis au pied du mur. Là où si on décide d'être lâche, on l'est pour de bon."Je suis pas libre."Voilà, c'est fait. J'ai fini par le dire. Je ne sais pas ce qu'il en est avec Clara mais c'est comme ça que je me sens. Prise. Prise au piège peut être, mais pas libre. Certainement pas.Audrey à l'air d'avoir reçu une gifle en pleine figure. Elle me regarde, surprise et heurtée, sourit avec amertume, et recule pour s'éloigner.Je lui attrape la main, et me rapproche d'elle. Quand nos regards sont rivés l'un dans l'autre, je supplie."Ne réagis pas comme si je venais de te dire que j'en avais rien à faire de toi Audrey."Je lui caresse la joue."Je ne veux pas tout rater avec toi. Je ne suis pas à la hauteur tu comprends? Je ne peux rien t'offrir... rien de plus que ce que tu as déjà..."Je vois quand elle lit mon regard qu'elle me comprends. Il ne doit pas y avoir d'erreur entre nous. On est trop importante l'une pour l'autre. On a trop besoin de ce sentiment d'exception qui nous a toujours rendu fières de ce qu'on partage. On ne s'est jamais déçu.Elle détourne le regard, pose sa tête contre mon torse et me serre contre elle. Je sens son corps qui se colle au mien et mes bras entoure ses épaules nues.Enfin, le chaos cesse et le silence m'envahit. J'inspire son parfum et la serre davantage, doucement.Ca dure quelques seconde et je sais bientôt qu'il faut que je la lâche. Mais la partie de moi qui appelait désespérément ce contact me dit qu'elle préfèrerait que je m'arrache un bras.Je me raisonne, et me résigne. Mais lorsque que je relâche mon emprise, je sens son visage qui se lève un peu. Vers mon cou. Ses lèvres et son souffle effleurent ma peau.Elle me respire profondément dans cette caresse."Pourquoi faut-il que tu sois comme tu es?" me demande-t-elle en expirant.Sa voix est rauque, sensuelle. Et mon coeur s'emballe une nouvelle fois.Elle relève encore le visage, et moi sans penser, je me penche. C'est insensé.Mais nos lèvres insensées se touchent,stupéfaites. Elle s'entrouvrent. Les siennes sont douces, tendres, humides. Elles dansent, me cherchent, m'enveloppe et me perdent.Je passe une main à l'arrière de sa nuque. J'ai envie de la pousser vers moi, mais elle à l'air si fragile. Même lorsque sa langue me provoque, me défit de lui laisser un passage et fait bouillir mon sang.Je reconnais bien vite la force animale qui attends que je m'abandonne à elle. J'ai tant rêvé de cette scène! Audrey est tellement désirable!Dans un élan désespéré de lucidité, je me recule."Audr..."Je n'ai pas le temps de finir. Elle me tire une nouvelle fois dans le baiser. Ses lèvres ravagent les miennes. Elle est avide et gémis dans ma bouche."Donne moi au moins ça." soupire-t-elleQuelque chose commande dans sa voix, et quelque chose supplie. J'ouvre la bouche et sa langue rentre en moi.Je ferme les yeux plus fort quand je sens cette tension si particulière entre mes jambes.Je mouille.Ca fait mal et c'est bon à la fois.Audrey est en train de me rendre dingue, ces lèvres, sa langue, son dos qui se voûte, ses soupirs... ses doigts au bas de mon dos qui griffent un peu ma peau à travers ma tunique.Et moi je ne fais rien. Trop peur de lâcher la bête. Trop peur de la brusquer. Ca devient de la torture. Je la serre simplement un peu plus, suce et mordille doucement sa lèvres inférieures.J'ai envie de la plaquer contre le portail, de relever sa robe et de la prendre, ici, maintenant, dans la langueur de cette nuit, embrassées par la clarté douceâtre des étoiles. Dans ce silence enivrant et le parfum de fleur exotiques qui s'exhale dans l'air.Je veux l'entendre crier, ouverte à moi, offerte dans toute la gloire de sa féminité brulante. Je veux que mon orgueil obscène se confronte à sa grâce et à l'admiration pure qui déborde de mon coeur.Je veux que tout explose. Je veux qu'elle jouisse, splendide, et sentir sa jouissance s'écouler sur ma main.Voilà ce que mes entrailles réclament, ce qu'elle excites avec ses gémissement, à se coller contre moi.Voilà ce que combat les dernières bribes de raison qu'il me reste. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir, pas eu le temps de calculer les risques, d'anticiper sur ce que sera l'avenir. "Plus tard" n'est qu'une vaste ombre. Qu'est-ce qu'il y a derrière?Je suis perdue dans mes marasmes quand je sens une de ses mains descendre jusqu'à mes fesses. Je gémis lorsque je la sens qui s’immisce et en caresse une possessivement.Nos lèvres s'embrassent à se faire mal. J'appuie comme pour me fondre en elle. Parce que c'est ça qui cogne dans ma tête. Entre mes jambes.Je lutte contre moi même et perds du terrain.J'avance et finit par la plaqué sur son portail.Je quitte ses lèvres et m'engouffre dans le creux de son cou. Elle se cambre, gémit, et mes lèvres goutent sa peau."Alex..."Je la hume littéralement, une frénésie m'envahit, celle de l'avoir toute entière, et de posséder son essence. Sa voix est ivre, ses mains avides sur mon corps. Je n'en peu plus, j'ai envie de la toucher.Je pose une main sur sa cuisse, la caresse, glisse en remontant sur sa peau dorée jusqu'au bord de sa robe. J'hésite.Mais son autre main agrippe la mienne et me tire jusqu'à ses fesses, puis continue sa course sur mon flanc et va jusqu'à mon sein.Elle soupire, je soupire.Elle est incroyable. Si audacieuse sur ce terrain si nouveau pour elle.Elle masse mon sein, son pouce insiste un peu sur mon téton.J'ai envie de plus. Bien plus.Mes pulsions sont si violente, que je m'écarte un moment pour qu'elles se calmes. A bout de souffle je pose ma main près de son visage. Nos regards se croisent.Ce contact est dévastateur, il nous perce jusqu'à nos limbes. Là où le désir brûle, fou.Elle est belle. Belle comme je l'ai toujours su, et même beaucoup plus belle que ça."Rentre avec moi"C'est ce que me disent ses yeux. Quelques seconde passent.Aurais-je la force de résister?Son regard est sombre, son souffle est erratique. Sa poitrine se soulève, et accentue la voute de son dos. Je veux qu'elle m'appartiennes. Je veux m'enfoncer entre ses jambes.Je respire un grand coup. Et je fronce les sourcils quand je sens une main qui se pose sur mon torse et me pousse pour m'écarter. Je ne comprends pas.Un léger sourire se dessine sur ses lèvres, encore entrouvertes."Va-t-en, ou je n'en aurais bientôt rien à faire que tu sois prise ou pas Alex" me dit-elle.Je souris moi aussi. Je ris même un peu à la façon dont tout ça m'a échappée...Je plonge mon visage dans mes mains pour revenir à la réalité. Mon corps est en feu.Quand je relève la tête elle est dans l'ouverture du grand portail blanc, prête à disparaitre."Si tu es libre un jour, tu me le diras? me demande-t-elle, avec un sérieux qui rend son regard plus sombre que la nuit.-Je ne vaux pas la peine d'attendre lui" répondis-je en souriantElle éclate de rire."Tu vois beaucoup de choses, mais parfois tu ne vois rien!" me dit-elle avec tendresse.Je ne sais pas quoi répondre. Je souris simplement."Fais de beau rêves" lancé-je en reculant vers ma voiture.Je viens de réaliser deux choses.La première est que Audrey est une femme comme il en existe peu.La deuxième est qu'elle est une amie unique.à suivre, suite et fin
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2 Commentaires


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J'ai pas pu lire en une fois ton texte...J'ai manqué d'air à plusieurs reprises ...C'est trop ...Je sais même pas trop quoi en fait ...Sensuel, intense, intime, violent, désespéré, émouvant, ... vivant tout simplement ....Il va y avoir une suite n'est-ce pas ?Ca peut pas s'arrêter là.C'est pas possible.L'univers ne peut tolérer une telle fin.

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