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La papesse des fous

Palmyre

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Avant tout, je tiens à présenter mes excuses aux lecteurs, je vous livre ici un texte incomplet et d'une longueur inhabituelle. Emportée par mon imagination, je suis en train d'écrire un roman plutôt qu'un récit et je n'ai pas eu le temps de le terminer, mais la suite sera pour bientôt!Et un petit avertissement, certains passages peuvent choquer par leur violence, mais ils sont nécessaires à l'histoire et j'espère qu'ils ne vous rebuteront pas trop.Maintenant, place à l'histoire.

Chapitre 1

L'action se déroule en l'an de grâce 1356. En cette soirée du 17 février, les festivités carnavalesques battent leur plein dans le quartier des Halles. La musique des cornets à bouquin accompagnés de tambours et de cornemuses retentit dans les rues. Partout, de nombreux groupes entament caroles, branles et saltarelles aux rythmes endiablés.Accoudée à son balcon, dame Ermeline contemple le joyeux spectacle des fêtards en soupirant d'envie. Elle n'a que seize ans et s'imagine aisément se mêlant à la foule en liesse pour donner libre cours à la vitalité de son âge. Elle ferme les yeux et se laisse porter par la musique.Malheureusement, pas question pour elle de participer aux réjouissances, son époux ne le permettrait pas. Dame Ermeline est mariée depuis peu à Geoffroy de Montauzin, un homme brutal de trente ans son aîné. Bien évidemment, personne ne lui a demandé son avis, elle n'a été qu'une monnaie d'échange dans le complot du pouvoir qui se trame dans l'ombre, le moyen pour son père d'atteindre une position fort enviable. Le bonheur de sa fille n'a aucune importance en ces temps troublés, seule compte l'influence que lui confère cette union.

Un cri retentit dans la chambre, rappelant à dame Ermeline que son époux l'attend. Ce soir encore, comme tous les autres soirs, elle va devoir subir les assauts de cet homme qui lui fait horreur, accomplir son devoir conjugal en masquant de son mieux la répulsion qu'il lui inspire.

Elle retourne à l'intérieur en refermant soigneusement la porte fenêtre pour éviter que la froideur hivernale n'envahisse la pièce et tire les lourds rideaux de velours.

"Encore dehors à lutiner les damoiseaux! Tu sais pourtant que je n'aime pas ça, sale catin! Viens plutôt satisfaire ton homme!"

Geoffroy la saisit sans ménagements par le poignet et la jette à plat ventre sur le grand lit. Il lui retrousse sa longue robe pour dévoiler ses fesses nues. Ermeline sait qu'elle ne doit plus bouger et attendre le bon vouloir de ce mari détesté, quels que soient ses désirs. Geoffroy délace ses chausses, laissant apparaître son pieu veiné déjà dressé. Il tire sa femme par les jambes pour la placer au bord du lit et la pénètre sans ménagements d'un grand coup de reins.

Malgré elle, Ermeline laisse échapper un petit cri de douleur, provoquant la colère de l'homme qui se met à la pilonner brutalement en lui assénant de grandes claques sur les fesses.

"Pitié mon époux, vous me faites mal!" supplie la jeune femme qui tente de refouler ses sanglots.

Geoffroy n'en tient nullement compte et redouble de vigueur. Il se retire, place son sexe à l'entrée du petit trou d'Ermeline et l'encule sauvagement. La douleur est insupportable, Ermeline laisse couler ses larmes et hurle sa souffrance. Geoffroy est déchaîné ce soir, elle a l'impression que ça ne va jamais cesser, qu'il va la briser en deux.

Son époux n'a jamais été tendre et doux avec elle, mais c'est la première fois qu'il la traite de cette façon, qu'il lui inflige de telles douleurs. Enfin, il s'arrête et se retire, Ermeline pense que son calvaire est fini pour ce soir, mais Geoffroy a d'autres idées en tête. Il lui arrache sa coiffe, la saisit par les cheveux et l'oblige à se retourner. Ermeline tombe à genoux devant son mari qui approche sa verge de la bouche de la jeune femme.

"Suce moi salope et fais ça bien!" Le ton est impératif et ne souffre aucune contradiction.

Réprimant un haut le coeur, Ermeline prend ce sexe abhorré en bouche, tentant de faire de son mieux pour contenter son mari. Elle arrondit ses lèvres, les faisant aller et venir sur la tige gonflée de Geoffroy. Mécontent de la prestation de sa femme, il la prend brutalement par les cheveux et lui impose de l'avaler encore plus profondément, à un rythme insoutenable.Ermeline se sent défaillir, se concentre pour contrôler ses nausées. Enfin, elle sent le sexe de Geoffroy se contracter et de longs jets de sperme au goût âcre envahir sa bouche, elle se force à tout avaler pour ne pas susciter à nouveau la colère de cet homme violent.

Geoffroy relace ses chausses, attrape son lourd manteau bordé de fourrure et s'en va en lui disant qu'il a une affaire à régler en ville.

Meurtrie et brisée, Ermeline se laisse tomber au sol en pleurant d'amères larmes de douleur et d'humiliation. La porte de la chambre s'ouvre doucement, c'est Marie, sa fidèle suivante qui pénètre dans la chambre. Elle a entendu les cris de sa maîtresse et se doute que celle-ci a besoin d'elle. Elle la prend délicatement dans ses bras et la berce comme on ferait avec un enfant. Elle l'oblige à se relever et l'allonge sur le lit.

"Pauvre Madame, je vais m'occuper de vous. Laissez moi vous laver, vous ne pouvez pas rester souillée de la sorte."

Marie s'affaire, remplit une cuvette d'eau chaude et saisit deux serviettes. Elle retire la jupe et le corsage à sa maîtresse, puis sa tunique. Ermeline est maintenant allongée sur le lit, uniquement couverte de sa large chemise en lin blanc. Marie trempe une des serviettes dans l'eau et nettoie délicatement le visage, puis le corps de la jeune femme qui continue à sangloter sur son lit. Progressivement, Ermeline se calme, elle se laisse faire par sa suivante aux mains délicates. Marie ne dit rien, elle n'a pas le droit d'exprimer le fond de sa pensée. Elle souffre de voir sa maîtresse aussi malheureuse et maltraitée et tente de compenser la brutalité de Sire Geoffroy par encore plus tendresse et d'attention.

"Oh Marie, ce fut horrible ce soir! Jamais encore il ne m'avait fait aussi mal! Si tu savais à quel point je le hais quand il se comporte comme un soudard!"

"Mais que faire Madame? Vous savez bien que vous n'avez pas le choix..."

"Il faut que je trouve un moyen pour m'échapper, me sauver de cette maison et de cet homme."

"Où iriez-vous? Vous savez très bien que vous ne pouvez pas retourner chez Monsieur votre père, il vous ramènerait ici aussitôt."

"Ca m'est égal, tout serait mieux que cette vie, même vivre parmi les pauvres!"

"Non Madame, vous ne connaissez pas la misère, la faim, le froid... Vous n'y survivriez pas! Et le danger est partout dehors pour une femme seule!"

"Mais je ne peux pas rester ici, auprès de Geoffroy, il finira par me tuer un jour. Il est dur et sans pitié. Tout ce qu'il veut de moi, c'est un héritier; après, je pourrais mourir que cela ne le toucherait même pas. Et ce n'est pas avec des assauts comme ceux de ce soir que je vais concevoir un enfant!"

"Je ne sais pas Madame...

""Marie, pour l'amour de Dieu, aide-moi à m'enfuir d'ici! Depuis mes épousailles il y a trois mois, je n'ai jamais pu quitter la maison autrement qu'accompagnée et uniquement pour des visites à ma famille. C'est pire qu'une prison!"

"Et tout ceci n'est rien comparé à ce qu'il vous ferait vivre si vous vous enfuyez et qu'il vous retrouve. Songez à cela avant de faire une bêtise que vous regretteriez toute votre vie."

"C'est bon Marie, je vais y réfléchir. Laisse-moi maintenant, je vais essayer de dormir un peu pour oublier les douleurs qu'il m'a infligées."

"Tenez Madame, je vous laisse ce pot d'onguent, vous devriez en appliquer là où Messire Geoffroy a forcé le passage, ça soulagera quelque peu la douleur. Et je peux vous préparer une infusion de coquelicots pour vous aider à trouver le sommeil si vous le souhaitez."

"J'ignorais que tu connaissais le secret des plantes Marie."

"C'est ma mère qui m'a tout appris Madame."

"Connaitrais tu un moyen radical pour faire dormir quelqu'un pendant des heures, à coup sûr?"

"Oui Madame, une teinture mère à verser dans un verre de vin, qui ne laisse aucun goût et agit promptement pour toute une nuit."

"Merci pour tes bons soins Marie, je vais dormir maintenant."

Mais la jeune Ermeline peine à trouver le sommeil; dans son esprit, elle ne cesse de revoir les images de toutes les brutalités infligées par son époux. Ca a commencé le soir de leurs noces, alors qu'elle n'était qu'une pucelle effarouchée. Geoffroy l'a déchirée sauvagement, sans aucun ménagement pour sa virginité et l'a possédée une bonne partie de la nuit, déversant dans son ventre des flots de semence et recommençant dès qu'elle pensait pouvoir enfin souffler un peu.

Elle se doute qu'elle n'aura jamais de répit avec lui, sauf peut-être quand elle portera cet enfant tant souhaité par Geoffroy. Il lui tarde d'être grosse pour avoir la paix, puis tenir un bébé dans ses bras, se dire qu'au moins elle n'endure pas tout ça en vain.

Dans la rue, le carnaval bat son plein. Le peuple chante, danse et s'amuse au son des cornemuses. Ermeline se relève, s'enveloppe dans son grand manteau et retourne sur son balcon pour contempler le joyeux spectacle. Un groupe de jeunes gens danse une carole sous ses fenêtres. Dans la rue en contrebas, ce n'est que musique, danse, rires et libations. Comme elle envie ces jeunes gens insouciants qui peuvent faire la fête. Elle aimerait s'habiller et se joindre à eux, oublier pour quelques heures ce mariage si malheureux.

Un jeune homme lève la tête et la remarque. Il lui fait un signe de la main, comme pour l'inviter à se joindre à eux.

"Hola gente demoiselle, que fais tu toute seule sur ton balcon? Viens danser avec nous, c'est carnaval, la fête des fous!"

"Non merci jeune damoiseau, mon mari ne me le permet point!"

"Mais pendant carnaval, tout est permis, même l'interdit! Ceci dit, je le comprends, on ne laisse pas un si bel oiseau s'échapper sans surveillance!"

Mais la joyeuse troupe s'éloigne déjà, laissant Ermeline seule et songeuse sur son balcon. Geoffroy est rentré tard cette nuit-là et s'est écroulé sur le lit, assommé par le vin. Le lendemain, il se lève de bonne heure pour vaquer à ses affaires, sans se soucier de sa jeune épouse blottie dans le lit, réveillée mais feignant le sommeil pour éviter un assaut de virilité matinal.

Chapitre 2

Dès qu'elle entend claquer la grande porte de la maison, Ermeline saute du lit et appelle Marie pour qu'elle l'aide à s'habiller. La jeune femme a les yeux cernés, elle n'a que peu dormi. Toute la nuit, elle a réfléchi au moyen d'échapper à son calvaire et ses quelques heures de sommeil ont été entrecoupées par la vision de ce charmant garçon qui l'a interpellée la veille au soir. Sa décision est prise, ce soir elle sortira, dans l'espoir de le croiser dans une rue ou sur une place.

Pour ça, elle a besoin de la complicité de Marie. Les deux jeunes femmes échafaudent un plan diabolique et Marie sort faire quelques courses pour le mener à bien. Pendant ce temps, Ermeline se prépare en enfilant sa plus belle robe rouge. Elle se coiffe avec soin, se pare de ses plus beaux bijoux et se fait violence pour paraître au mieux de sa forme de façon à amadouer Geoffroy au moment de son retour.

Dans l'après-midi, Geoffroy rentre à la maison, visiblement de bonne humeur. Ermeline prend sur elle pour l'accueillir avec un grand sourire. Elle se montre douce et chatte avec lui, soumise juste comme il l'aime, mais aussi entreprenante et c'est une nouveauté. Jusqu'à présent, elle a toujours évité du mieux possible tout contact physique avec cet homme qui la répugne.

Aujourd'hui, elle vient l'embrasser, cherche ses bras, rit de ses plaisanteries graveleuses et lui sert un verre de vin. Geoffroy s'installe dans un fauteuil et défait ses chausses. Ermeline ne sait que trop bien ce que cela signifie, son époux va encore abuser d'elle. Au lieu de ça, elle décide de prendre l'initiative et saisit à pleine main ce sexe déjà gonflé synonyme de torture pour elle.

Maladroitement, elle le caresse, s'appliquant à le faire durcir d'avantage. Etonné, Geoffroy la laisse faire un moment, puis lui commande de le prendre en bouche. Ermeline hésite, elle n'aime pas ça mais elle sait qu'elle n'a pas trop le choix alors elle s'applique à donner des coups de langue sur le gland, à le sucer du bout des lèvres, en priant intérieurement pour qu'il ne l'oblige pas à l'avaler en entier. Après quelques minutes, elle lui souffle à l'oreille:

"Monsieur mon époux, si vous souhaitez un héritier, ce n'est point de cette façon qu'il faut s'y prendre..."

Alors Geoffroy la relève, lui soulève ses jupes et glisse sa main dans l'intimité de la jeune femme. Il fait aller et venir ses doigts à l'entrée du vagin puis la pénètre lentement. En trois mois, c'est la première fois qu'il se donne la peine d'une caresse et Ermeline réalise avec surprise que ce n'est pas si désagréable que ça. Elle vient s'assoir sur les cuisses de son mari, le guide en elle et se laisse descendre doucement sur son sexe. Elle s'empale profondément sur le membre de son époux puis prend l'initiative de quelques allers et retours. Pour une fois, elle se sent agréablement remplie et non pas sauvagement défoncée; elle profite de la douceur du moment, fait durer le plaisir en alternant mouvements amples et coups de bassin plus rapides. Elle entend les grognements de satisfaction de Geoffroy, elle accélère le rythme, sent la verge se contracter, son mari se raidir sous elle puis le relâchement de la jouissance de l'homme. Geoffroy a les yeux fermés, il savoure son plaisir.

Ermeline en profite pour se relever, elle s'approche de la table et discrètement, verse le contenu d'un petit flacon dans un grand verre qu'elle s'empresse de remplir de vin. Elle rapporte le verre à Geoffroy qui boit goulument. En quelques gorgées, le verre est vide et Ermeline le repose aussitôt sur la table. Elle revient vers son époux et lui suggère de venir s'allonger, qu'ils seraient mieux ainsi pour continuer leurs ébats. Geoffroy se redresse et se dirige vers le lit en titubant. Il s'y laisse tomber comme une masse et moins de deux minutes plus tard, de sonores ronflements indiquent qu'il dort du sommeil du juste!

Un peu inquiète à l’idée que son époux puisse se réveiller, Ermeline se prépare toutefois pour son escapade nocturne. Avec l’aide de Marie, elle fait un brin de toilette, se change, se recoiffe et ajuste un masque sur son visage. Elle ne peut en aucun cas prendre le risque d’être reconnue par des amis de Geoffrey ou de son père. Marie, pour garantir l’impunité à sa maîtresse, se propose pour monter la garde auprès de l’homme endormi et lui administrer une dose de narcotique supplémentaire en cas de besoin. Ermeline subtilise la grosse clé de la porte d’entrée dans la poche du manteau à Geoffroy et la voici partie pour la grande aventure.

Chapitre 3

Il est encore tôt dans la soirée, les fêtards ne sont pas très nombreux dans les rues qui ne tarderont pas à s’animer une fois le souper avalé. Ermeline se dirige vers la place du marché, d’où s’élève la musique des bombardes et des tambours. Non loin, elle distingue un groupe de danseurs qui s’agitent en un branle endiablé. Elle s’approche des silhouettes travesties et masquées. Les jeunes gens portent des bracelets à grelots aux poignets et aux chevilles, qu’ils font tinter au rythme de la musique. Un jeune homme s’approche d’elle et l’invite à se joindre au joyeux petit groupe. Ermeline, peu habituée à toute cette agitation, reste sur ses gardes, elle n’a pas oublié les avertissements de Marie concernant les risques encourus par les jeunes filles seules. Mais en même temps, Geoffroy lui en a tellement fait voir en trois mois de mariage qu’elle ne redoute pas grand chose de pire que ce qu’elle a vécu dernièrement.

Le jeune homme lui sourit, l’encourage du geste et Ermeline finit par se laisser entraîner dans une folle tresque à travers les rues du centre ville. Elle danse, chante et s’amuse comme elle ne l’avait jamais fait auparavant. A chaque fois qu’elle fait mine de s’échapper, le jeune homme revient la chercher, dès qu’elle danse avec un autre, il vient s’immiscer entre eux et fait tout pour monopoliser son attention. Essoufflée, Ermeline vient prendre appui contre un mur et se laisse distancer par le groupe sautillant. Son cœur bat trop fort, ça fait bien longtemps qu’elle ne s’est pas amusée de la sorte. Alors qu’elle se croit seule, le jeune homme de la danse réapparaît devant elle, une gourde à la main. Il la lui tend avec un sourire engageant. Ermeline se laisse tenter, la danse lui a donné soif. La gourde contient du vin légèrement acidulé, frais et agréable à boire. Elle remercie le jeune homme et engage la conversation. Elle apprend ainsi qu’il s’appelle Guillaume, qu’il est étudiant en médecine et qu’il a vingt ans. Ermeline n’ose pas parler d’elle, de peur de se trahir et que Geoffroy ne soit informé de sa fugue. Mais Guillaume est insistant, voulant tout savoir d’elle. La gourde fait des va et viens entre eux, Ermeline se sent grisée, elle qui n’a pas l’habitude de boire plus qu’un verre en compagnie de son époux.

Devant la gêne d’Ermeline, Guillaume lui propose de rejoindre ses camarades pour poursuivre la soirée avec eux. La jeune femme acquiesce mais peine à conserver son équilibre, la tête lui tourne un peu. Elle s’accroche au bras de l’étudiant et rougit :

« Désolée, je crois que je suis un peu ivre. »

« Il n’y a pas de mal, c’est carnaval ! Et j’aime bien qu’une belle dame se repose sur moi, même si c’est une mystérieuse inconnue ! »

Ermeline est troublée, elle n’a pas l’habitude d’autant d’égards envers elle. Elle balbutie :

« Ne m’en veux pas Guillaume, je ne puis me permettre de révéler mon identité sous peine de gros problèmes chez moi . »

« Je l’ai bien compris et comme j’aime te voir avec le rose aux joues, pour moi tu seras Rosine, ma belle inconnue du carnaval. »

A ces mots Ermeline-Rosine rougit encore plus, ses yeux s’embuent de larmes. Guillaume s’alarme et s’inquiète. D’une tendre caresse, il vient essuyer les gouttes qui perlent aux cils de la jeune femme. Il la trouve très belle et terriblement émouvante dans sa fragilité. Son visage se rapproche de celui de Rosine, son bras entoure les frêles épaules d’un geste protecteur. Rosine se ressaisit et lui murmure :

« Pardon, personne ne m’a encore jamais parlé comme tu le fais, je ne comprends rien à ce qui m’arrive. »

Elle se laisse aller dans les bras de l’étudiant qui dépose délicatement un petit baiser sur ses lèvres, puis un autre et encore un. La jeune femme, d’abord comme statufiée, prend vite goût à ces gestes de tendresse et s’enhardit à lui rendre ses baisers. Mais très vite, sa condition de femme mariée lui revient à l’esprit et elle se raidit dans les bras de Guillaume interloqué.

« Viens Guillaume, allons rejoindre les autres, je veux que tu me fasses danser ! »

Elle s’échappe en courant en direction du groupe, Guillaume sur ses talons. Les cornemuses jouent un air entraînant et les jeunes gens se mêlent aux autres pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Guillaume profite de la moindre occasion pour la frôler, l’effleurer, mais Rosine ne lui laisse plus aucune chance de pousser leur intimité plus avant et peu avant l’aube, elle se sauve pour rentrer chez elle, non sans avoir promis au jeune étudiant de le retrouver le soir même sur la place du marché.

Arrivée chez elle, elle est accueillie par une Marie soulagée de savoir sa maîtresse rentrée saine et sauve. La drogue s’est avérée très efficace et Geoffroy dort encore profondément. Encore toute étourdie par sa folle nuit, Ermeline peine à trouver le sommeil, son esprit revient inévitablement à Guillaume, à ses tendres baisers et aux frissons qu’ils ont déclenchés chez elle. Elle s’en veut d’avoir cédé à ce moment de faiblesse mais aurait tellement voulu que celui-ci s’éternise. Jamais encore un homme ne l’avait embrassée, et elle se prend à rêver de ce que pourrait être une étreinte charnelle avec ce jeune homme doux et attentionné. Certainement très différente des rapports brutaux que Geoffroy lui a toujours imposés. Sans même s’en rendre compte, ses mains ont glissé sous sa chemise et caressent ses seins dont elle sent les tétons durcir. Elle éprouve d’étranges sensations au niveau de son ventre, comme un doux picotement qu’elle n’arrive pas à identifier. Une de ses mains se pose sur son mont de Vénus, espérant soulager cette tension qui l’habite mais obtenant l’effet inverse.

Vivement, elle retire ses mains, se signe et demande pardon au Seigneur pour ce péché mortel. Enfin, à bout de forces et d’émotions, elle s’endort paisiblement.

Quelques heures plus tard, Ermeline est réveillée par une agitation inhabituelle dans sa chambre. Elle voit Marie qui s’affaire à remplir une malle avec des vêtements chauds.

« Bonjour Marie, que se passe t-il donc ici ? »

« Bonjour Dame Ermeline, votre époux m’a ordonné de préparer vos affaires en vue d’un long voyage d’au moins deux semaines. Il doit s’absenter pour affaires et tient à ce que vous veniez avec lui, il ne veut pas vous laisser seule à la maison en son absence. »

« Et quand devons nous partir ? »

« Messire Geoffroy m’a demandé que tout soit prêt pour la fin de la matinée, Madame. »

« Mais c’est une catastrophe, je ne veux pas partir avec lui, pas maintenant ! »

« Ne parlez pas trop fort Madame, Messire Geoffroy est dans son bureau juste à côté, il risque de vous entendre ! »

« Marie, il faut que tu m’aides à trouver un prétexte pour rester ici, il est hors de question que je parte avec lui ! »

« Vous qui vous plaigniez de vous morfondre dans cette maison… Je n’y comprends goutte ! C’est une occasion inespérée pour vous de voir du pays, de voyager, de rencontrer d’autres personnes… »

« Je t’expliquerai plus tard, pour l’instant, aide moi à trouver une raison valable pour ne pas partir ! »

« J’ai peut-être une idée ! A quand remonte votre dernier cycle ? »

« Ca fait plus d’un mois, mais mes cycles n’ont jamais été réguliers. Pourquoi ? »

« Vous pourriez prétexter des malaises, des nausées, de façon à ce que Messire Geoffroy vous pense grosse. Il ne prendrait pas le risque de vous faire voyager dans cet état. Je peux même vous faire prendre une potion pour que vous soyez vraiment malade pendant quelques heures, le temps que Messire Geoffroy s’en aille. »

« Avant cela, comment s’est il réveillé ce matin ? »

« A l’heure habituelle Madame, il avait juste la bouche pâteuse et ne semblait pas comprendre ce qui s’est passé. Je lui ai dit que vous aviez passé la soirée ensemble et qu’il m’avait réclamé du vin à plusieurs reprises. Il doit croire qu’il a trop bu et qu’il a une bonne gueule de bois à mon avis ! »

« Merci Marie de t'occuper si bien de moi. Tu as de cette potion émétique dans tes affaires ? »

« Je vous apporte ça tout de suite Madame, mais préparez vous à passer quelques heures désagréables. »

« Ca ne fait rien, il faut que Geoffroy me croie vraiment enceinte, tant pis si je dois souffrir. »

Trop enchantée à l’idée de passer deux semaines sans son mari, Ermeline est prête à tout pour éviter ce déplacement. Marie lui apporte la potion, qu’elle avale d’un trait sans sourciller. Peu après, elle se sent mal et s’allonge. Son corps est couvert d’une sueur aigre et froide, elle se plie en deux sous l’effet de violentes nausées.

Geoffroy, attiré par ces bruits inhabituels, vient aux nouvelles. Marie lui explique que sa maîtresse est malade et ne semble pas en état de voyager. Geoffroy est furieux, il s’approche du lit et veut saisir sa femme par le poignet pour l’obliger à se lever, mais une nouvelle nausée retourne l’estomac de la pauvre Ermeline.

« Mais ce n’est pas possible à la fin ! Juste au moment de partir en voyage ! Et il est hors de question que je te laisse ici ! Alors debout femelle, habille toi et prépare tes dernières affaires ! »

Blême et haletante, Ermeline lui répond :

« Messire mon époux, je ne voulais pas vous en parler plus tôt pour ne pas vous donner une fausse joie, mais il me semble bien que je porte enfin un enfant ! J’ai du retard, je suis épuisée et bien malade comme vous pouvez le constater. Voyager dans ma condition me semble bien peu approprié. Les cahots de la route, la poussière et la fatigue risqueraient de compromettre le bon déroulement de cette grossesse que vous attendiez avec tant d’impatience. »

A ces mots, Geoffroy semble désemparé pour la première fois de sa vie. Il tient à cet héritier plus que tout, mais ne veut pas laisser son épouse seule à la maison. Elle est jeune et jolie, il a peur qu’elle ne soit tentée par un autre homme. Ne dit-on pas que quand le chat est parti, les souris dansent ? Mais la faire voyager dans son état, au risque de perdre l’enfant ? A moins de l’envoyer au couvent le temps de son déplacement… Ou alors chez son père qui veillerait sur elle…Geoffroy hésite. L’idée du couvent le séduit, mais l’argent qu’il serait obligé de débourser pour le séjour de son épouse l’ennuie. Son beau-père peut bien l’héberger et s’occuper d’elle, c’est sa fille après tout !

« Puisque tu désires rester à la maison au lieu de m’accompagner, je vais demander à ton père de te reprendre sous son toit le temps de mon absence ! »

Malgré les douleurs et les nausées, Ermeline se réjouit intérieurement. Chez son père, elle reprendra sa chambre de jeune fille avec la fenêtre qui donne sur le jardin. Et son père est un vieil homme couche-tôt au sommeil lourd. Elle acquiesce avec une grimace avant de se plier à nouveau en deux. Puis elle prend sur elle pour se lever et s’habiller, elle ordonne à Marie de finir de préparer ses affaires et prend ses dispositions pour s’installer pendant deux semaines chez son père.

En fin de matinée, Geoffroy l’emmène chez le vieil homme, dépose pour la première fois de sa vie un chaste baiser sur ses cheveux et prend la route pour son voyage. En voyant la diligence s’éloigner, Ermeline pousse un grand soupir de soulagement ; enfin elle va pouvoir profiter de deux semaines sans brutalités conjugales et retrouver un peu de l’insouciance qu’elle a perdue lors de son mariage. Pâle et nauséeuse, elle s’installe dans sa chambre, retrouve ses marques et se prend à rêver à une vie meilleure dans laquelle Guillaume la rendrait heureuse.

Chapitre 4

Le soir venu, elle mange une soupe et prétexte de se sentir mal pour se retirer dans sa chambre. Elle tend l’oreille et guette le moment où le pas lourd de son père se fera entendre dans l’escalier, signe qu’elle peut s’éclipser par la fenêtre sans risque de se faire surprendre. Enfin elle est tranquille, sa métamorphose peut commencer. Elle se change, se coiffe, ressort son masque, Ermeline la soumise devient Rosine la jeune fille libre.

Les bruits du carnaval se font entendre au lointain, Rosine sent son cœur qui bat la chamade. Les derniers effets de la potion de Marie se sont dissipés, il n’en reste aucune trace, si ce n’est une pâleur qui sied à son teint. Elle ouvre la fenêtre et l’escalade, se retrouve dans le jardin familier de son enfance. Elle connaît la brèche dans le mur d’enceinte qui va lui permettre de rejoindre la fête en toute discrétion. Sur la pointe des pieds, elle traverse le jardin, se faufile au travers de la haie familière et se retrouve rapidement dans la rue.

L’ambiance monte dans la ville, les orchestres se font concurrence de rue en rue, la foule se fait plus pressante autour d’elle. Arrivée sur la place du marché, elle se retrouve ceinturée par une joyeuse bande de fêtards qui cherche à l’entraîner dans leur folle sarabande. Elle se débat, lutte pour s’échapper mais elle est prise au piège par ces jeunes gens qui veulent s’amuser à tout prix. Bousculée, malmenée, elle n’a d’autre choix que de suivre le mouvement qui l’entraîne inexorablement vers les bords du fleuve.

Rosine commence à paniquer, elle appelle Guillaume à son secours mais ses cris se perdent dans le vacarme de la liesse populaire. La fête des fous bat son plein, avec son lot de débauches et d’excès. Les mains des hommes se font pressantes sur son corps, elle ne peut même plus les compter. Elle sent qu’elle va subir des outrages encore pires que ceux de Geoffroy et tout son corps se révolte contre cette idée. Un homme tente de l’embrasser et soulève sa jupe, cherchant à glisser sa main dans son intimité.

Le sang de Rosine ne fait qu’un tour, elle se refuse à ce genre d’agression, elle veut se préserver pour celui qui fait battre son cœur, Guillaume. Rien que de penser à lui donne à la jeune femme la force de se débattre. Elle gifle le malotru à toute volée tout en lui donnant un grand coup de genou dans les parties. L’homme, plié en deux par la douleur, la laisse filer et ses camarades estomaqués ne font rien pour retenir Rosine qui s’enfuit en courant, en direction de la place du marché.

En larmes et hors d’haleine, elle arrive enfin à son lieu de rendez-vous, avec une bonne demi-heure de retard. La place est noire de monde, comment retrouver Guillaume dans cette foule ? Soudain, un costume familier attire son regard, elle pense reconnaître celui d’un des compagnons de Guillaume. Elle bouscule la foule, se fraie un chemin vers l’homme et se retrouve soudainement nez à nez avec le jeune étudiant en médecine. Soulagée et éperdue de bonheur, elle se jette à son cou et leurs bouches se rejoignent en un long baiser langoureux.

« Ma mie, ma douce, j’ai cru que tu ne viendrais pas ! »

« Mon doux ami, j’ai cru ne jamais y arriver ! »

Autour d’eux, les bruits de la fête semblent ne plus exister. Rosine raconte à Guillaume toutes les péripéties de la soirée, son agression, la façon dont elle a réussi à s’échapper, elle lui avoue son soulagement et son plaisir de l’avoir retrouvé. Elle se sent irrésistiblement attirée par le jeune homme et ne cherche plus à lutter contre les élans de son cœur.

Guillaume, pour sa part, sent son admiration grandir pour cette femme dont il pressent qu’elle lui cache un lourd secret, mais qui a pris autant de risques pour le retrouver. Il la prend par l’épaule et l’emmène dans une ruelle à l’écart, moins bruyante et moins fréquentée. Le cœur battant, Rosine se laisse faire, à la fois intriguée et inquiète. Elle a envie que Guillaume l’embrasse, mais redoute qu’il ne se comporte comme Geoffroy, la brutalisant et abusant d’elle, tel un soudard.

Guillaume a bien senti qu’il lui faut faire preuve de douceur et de patience avec cette jeune fille quelque peu effarouchée et qu’il croit encore vierge. Il la prend dans ses bras, l’embrasse délicatement dans le cou, caresse sa joue. Rosine se laisse doucement aller et répond timidement à ses caresses, elle n’est pas habituée à ces démonstrations de tendresse, elle qui n’a jamais connu que la froideur de ses parents et la violence des rapports avec Geoffroy.

La main de Guillaume s’aventure sur la poitrine de la jeune femme qui retient sous souffle. Elle est sidérée par la douceur des caresses et découvre avec étonnement le plaisir qu’on peut ressentir à ces gestes. Elle se blottit encore plus contre l’étudiant, lui rend ses baisers avec de plus en plus de fougue et s’enhardit à lui caresser le dos et les hanches.

Un peu plus loin, la fête bat son plein et de plus en plus de monde passe dans la ruelle, les bousculant au passage dans leur hâte de rejoindre le lieu des réjouissances. Tout cela les incite à mettre fin à leur étreinte, la rue n’est pas l’endroit le plus adapté à ce genre d’effusions.

Guillaume prend Rosine par la main et l’entraîne vers la place pour aller danser, elle se sent rassurée par la présence du jeune homme et se dit qu’après tout, elle est là pour s’amuser. Après de longues minutes passées à chercher les amis de Guillaume, ils finissent par les retrouver et se lancent dans une folle saltarelle avec eux. Les heures passent vite à danser, rire et boire au milieu de la foule ; petit à petit l’ambiance retombe au fur et à mesure que les participants épuisés rentrent chez eux pour quelques heures de repos. Guillaume demande à Rosine :

« Ma mie, que souhaites tu faire ? Veux tu que je te raccompagne chez toi ? »

Rosine hésite, elle aimerait rester avec ce jeune qui fait battre son cœur si fort, mais elle sait qu’elle doit retourner chez son père avant que celui-ci ne se réveille. Elle craint de rentrer seule, son agression reste présente dans sa tête ; mais peut-elle prendre le risque de dévoiler son adresse à Guillaume, au risque de se faire démasquer ? Vu le nombre de fêtards avinés qui traînent dans les rues, elle se résout à demander à Guillaume de la raccompagner, ce que le jeune homme s’empresse d’accepter.

Arrivés devant la brèche du mur du jardin paternel, Rosine se jette dans les bras de Guillaume pour un dernier baiser langoureux, lui faisant promettre de l’attendre à cet endroit le soir même, sur le coup de 9h30. Elle se faufile par la brèche, traverse silencieusement le jardin et escalade la fenêtre pour regagner la chaleur de sa chambre et le confort de son lit.

Une fois allongée sous ses édredons, Ermeline se remémore les doux moments passés dans la ruelle, se souvient des caresses de Guillaume sur ses seins, des sensations ressenties au contact de ses mains et de l’étrange impression de chatouilles dans son ventre lors de leurs attouchements hésitants. Elle ne comprend pas, elle découvre des choses inconnues et s’étonne de ressentir à nouveau les mêmes chatouilles et la même envie de se toucher que la veille. Elle n’ose pas, elle sait que c’est mal, qu’elle se prépare une éternité à brûler en enfer. Il va falloir qu’elle se confesse et qu’elle fasse pénitence pour les pensées et les gestes obscènes dont elle se rend coupable.

Mais très vite, ses rêveries la ramènent à Guillaume et l’envie de le revoir, de sentir ses mains sur elle se font irrésistibles. Il est tellement différent de Geoffroy, tellement plus doux et attentionné… Malgré elle, sa main rejoint son intimité, déclenchant une décharge électrique dans son ventre. La sensation est étrange mais très agréable, Ermeline se laisse aller à des caresses de plus en plus intimes. Elle découvre une excroissance dure et gonflée, très sensible au toucher. Le moindre contact avec ce petit bourgeon provoque des frissons dans tout son corps et de violentes sensations de plaisir dans son ventre. Son doigt s’aventure dessus, elle le frotte, le titille, à la recherche des caresses qui provoqueront à nouveau cette décharge qu’elle a ressentie peu avant.

Ermeline ose enfin glisser sa deuxième main dans son intimité, à la recherche de son antre que Geoffroy semble tant aimer violenter. Elle sent une humidité et retire vivement sa main, craignant d’y découvrir le sang de son cycle, ce qui réduirait à néant son alibi. A la lueur du feu mourant, elle réalise avec soulagement qu’il n’en est rien, le liquide est clair et visqueux mais elle ne sait quelle en est l’origine. Elle hésite un peu, mais ses caresses sur son bourgeon lui font perdre toute retenue et très vite, sa main retourne sous les édredons pour rejoindre la zone humide qui l’intrigue tant. Elle sent la chaleur qui se dégage de l’orifice, les douces palpitations de son ventre et se risque à glisser un doigt à l’intérieur. La sensation est surprenante, agréable, aucun rapport avec la douleur ressentie quand son époux la pénètre. Elle ose faire coulisser son doigt, frotter la paroi de ce conduit humide et chaud. Des vagues de bonheur la submergent, les sensations sont intenses et Ermeline se mord les lèvres pour ne pas gémir. Epuisée et étourdie d’un plaisir qu’elle ne connaissait pas, elle sombre dans un profond sommeil réparateur.

Fin provisoire...


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