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Comme un phénix bloqué…

Phoenix

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(Pardonnez-moi d'avance car ce qui suit n'est pas un récit mais l'expression de ma souffrance. Mais il fallait que cela sorte, ça soulage de l'avoir couché sur le papier électronique.

Vous voila prévenu, vous entamez donc cette lecture en toute conscience ;) )

 

Etrange constat que de réaliser que la vie, la société m'a domestiquée. Moi qui me considérais comme un animal sauvage, libre de toute entrave.

Quelle désillusion de constater que l'adolescente sauvage et rebelle est devenue une femme casée (rapidement qui plus est) et fatiguée qui a perdu sa combativité et son énergie.

Et qui se rend compte qu'elle a porté une armure pendant plus de la moitié de sa vie, pour se protéger de cette pression sociale, de tous ces tabous, de ces gens toxiques.

 

Mais récemment, même cette armure, pourtant épaisse, a laissé voir toutes ses fissures, si nombreuses. Elles se révèlent d'un coup, qui m'achève presque.

Mon armure tombe en morceaux, elle se fendille de plus en plus. C'est de plus en plus dur de cacher ma sensibilité, ma fragilité, mon émotivité.

 

La vie par la force des choses, nous oblige souvent à changer, à se montrer plus fort, invincible, indestructible, insensible à la longue, pour ne pas se laisser détruire.

Puis la chute... tiens ? pourquoi mon corps ne suit plus le rythme, pourquoi mon mental s'écroule ? D'ailleurs on fait comment encore pour s'écrouler, pour lâcher prise et essayer de se retrouver soi-même ?

Etrange comme on peut perdre le moyen de lâcher prise, ne plus savoir comment être simplement soi, repousser toujours ses limites, se couper des autres pour se protéger.

Car sinon on se retrouverait submerger par ses sensations, on arriverait pas à « fonctionner » en écoutant son corps.

D'ailleurs qui suis-je devenue ? Qui je veux être par la suite ?

 

J'ai pris l'habitude de me tenir à l'écart des autres car trop peur de ce qu'on pense de moi, trop sensible, donc un besoin d'armure, qui est devenu tellement facile à porter qu'elle en est devenue un masque si crédible et invisible.

Je passe pour « froide », « insensible », « pas concernée », « distante », difficile d'approcher ce genre d'être, difficile de vouloir engager le contact et le garder.

 

Pourtant j'ai tellement besoin que l'on prenne soin de moi, c'est devenu tellement dur d'être toujours la personne qui prend tout en main, qui gère, décide tout, qui prévoit tout, même l'imprévisible.

 

Pourquoi ne pourrais-je pas me reposer sur quelqu'un, pourquoi ne pourrais-je pas faire confiance sans vérifier qu'ils ont pensé à tout, qu'ils ont tout prévu ?

Pourquoi toujours toutes ces pensées qui me taraudent ? Où est passer la paix ?

 

Il est trop tard, j'ai été forte trop longtemps et les gens ne comprennent pas que je puisse ne plus l'être.

Pourquoi avoir voulu être cette femme dure, indépendante, solide, têtue… et autre qualificatifs ?

Je me le demande bien ! Pourquoi ne vouloir admettre aucunes faiblesses, de corps ou d'esprit ?

Pourquoi ne jamais vouloir retirer cette armure, qui maintenant laisse transparaître celle que je suis vraiment et avec qui je dois faire connaissance ? Etrange non ?

 

La vie, la pression sociale, ce que votre famille attend de vous vous font changer, vous adapter.

Et j'ai récemment appris que certaines personnes se consument de l'intérieur jusqu'à ressentir un grand vide calciné. Ne sachant plus comment faire pour sortir de ce désert aride où la fatigue et la résignation sont reines et la joie et le désir atténués.

 

Mais moi je veux émerger de ces cendres calcinées, je veux bruler à nouveau de ma combativité, de ma joie, de mon désir, de ma force. Tel un phénix, m'embraser de plaisir de nouveau !

 

Je suis une créature de feu, de passion, originellement du moins. Je veux de nouveau m'emporter pour tout et n'importe quoi, me sentir de nouveau reposée et pleine d'énergie.

 

Dans l'absolu, j'adorerais être plus ouverte aux autres, moins timide, moins fragile. Ne plus avoir peur d'aller vers les autres.

Ces putain de conventions sociales, le politiquement correcte, marre… Je veux pouvoir aller vers de parfaits inconnus juste parce que je suis attirée/magnétisée (certaines personnes me font cette effet et j'ai l'habitude de lutter contre), je veux pouvoir flirter sans conséquences désastreuses, je veux pouvoir m'enflammer de désir pour plusieurs personnes et pas seulement pour une seule comme il est religieusement/conventionnellement/socialement correcte.

Je veux pouvoir laisser s'embraser les cendres qui couvent dans mes entrailles et laisser mon corps se consumer de plaisir, laisser le désir se réveiller quand je veux, avec qui je veux et le laisser consumer tout l'oxygène de mon corps jusqu'à ce que ce brasier épuise toute mes forces.

 

Marre d'être coupée dans mon élan, de devoir jouir de ce plaisir après l'autre ; alors que je suis à peine lancée, de devoir « finir » par de simples caresses en imaginant ce que mon corps souffre de ne pouvoir subir et jouir enfin mais sans toute la satisfaction attendue.

Pouvoir coucher à droite à gauche sans conséquences, profiter du plaisir offert par d'autres corps, d'autres personnes, mais quelle utopie !

Pourquoi les gens ne veulent pas comprendre que d'autres ont besoin de caresses, de sexe, d'attentions en dehors du couple. Que ce n'est pas parce que mon corps veut répondre à l'appel d'autres que mes sentiments ne sont plus les mêmes pour mon conjoint.

C'est tellement frustrant que j'ai du enfouir mon désir et qu'il est de plus en plus difficile à faire émerger.

 

Pourquoi vouloir que plusieurs personnes s'occupent sexuellement de moi est si mal vu ? Je voudrais tellement que mon âme soit en paix avec mon corps.

 

Il y a quelques temps déjà, j'ai lu une série de romans dans lesquels il y avait un peuple télépathe qui identifiait donc facilement quand quelqu'un avait besoin d'un calin, d'une bonne séance de baise et qui par bonté ou affinité donnait cela à la personne dans le besoin. Pour soulager cette souffrance/tension et alléger sa vie.

 

Je sais ça fait un peu « new age »/hippie mais le principe d'avoir plusieurs partenaires sexuels est tellement tentant. Il faut savoir faire la différence entre un partenaire de vie et des partenaires de sexe, histoire de se retrouver de temps en temps pour relâcher la pression avec une nuit orgiaque torride.

Car personnellement j'ai plusieurs facettes, je peux être très passive et avoir envie d'être bousculée, comme je peux avoir envie de douceur et de lenteur (plus rarement je vous l'accorde), comme j'ai pu être plus dominante et vouloir mener la danse (plus souvent par le passé), mais j'ai tendance à vouloir « subir » que « décider » dans mon état d'esprit actuel qui en a marre de devoir tout contrôler, ça au moins je veux pouvoir laisser venir.

Difficile d'avoir tous ces aspects avec une seule personne.

 

Encore faut-il sauter le pas, car parfois je voudrais le sauter seule, pas seulement à deux. Je veux pouvoir vivre mes propres expériences sans penser à ce qu 'il pensera de moi, à ce que ça va changer car je ne veux rien changer de ma vie de famille.

 

Mais j'ai cette impression tenace de passer à côté de ma vie parfois.

Un phénix qui reste bloqué à se consumer dans sa première vie sans pouvoir bruler totalement et renaître sans cesse des cendres de son plaisir.

 

pprize.jpg

 

Vais-je fermer la cage cette fois? Je me le demande encore.

(Question d'organisation.)

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15 Commentaires


Recommended Comments

Guest FBAddict

Posté(e)

On sent bien ta souffrance et tes interrogations Red, le trouble dans lequel tu sembles engluée... :(

Mais on sent aussi qu'il ne manque pas grand-chose pour que le Phénix prenne son envol...ouvre lui la cage Red...

 

 

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et bien voila un texte qui me rassure sur toi, je te vois revenir, telle que je te présentais lorsque nous nous ... connaissions plus.

 

Bon retour à la vie Red, tu es sur la bonne voie c'est indéniable. Le chemin n'est pas facile, il est balisé de bien plus de dureté, de souffrance, mais aussi de joies bien plus intenses !

 

A bientot j'espère, dans la "vraie vie", enfin.

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Il me semble qu'il est des moments, dans la vie, où l'on se questionne et où nous nous sentons démunis, un peu "perdus". 

Sans du tout nier la souffrance que tu évoques, peut-être pourrais-tu penser un peu au fait que les questionnements et remises en questions sont des moments, certes pénibles, mais au combien constructifs. Ce sont souvent des étapes, parfois indispensables, qui permettent d'aller de l'avant.

Bien sûr, je ne te connais pas et ces quelques considérations n'évoqueront peut-être rien chez toi et ne sont valables que pour moi.

En tous cas, je te souhaite une toute bonne suite et suis certain que tu retrouveras de beaux moments.

 

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Je partage ce qui est dit plus haut...quel texte...

Le questionnement en effet n'est il pas le point de départ d'un changement,a minima d'une prise de conscience qui fera peut être bouger les lignes, les repères et donc une évolution de la situation.

Les conventions sociales, le regard et le jugement de la société nous pèsent et pèsent également sur les ressentis de nos proches...tu parles de vies de famille, il est parfois si difficile de la concilier avec nos propres aspirations..

Tu as au moins le courage et la force de poser un regard critique sur ce que tu ressens et fais face à tes propres constats....chapeau l'artiste et bonne continuation!!!!

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Il me semble qu'il est des moments, dans la vie, où l'on se questionne et où nous nous sentons démunis, un peu "perdus". 

Sans du tout nier la souffrance que tu évoques, peut-être pourrais-tu penser un peu au fait que les questionnements et remises en questions sont des moments, certes pénibles, mais au combien constructifs. Ce sont souvent des étapes, parfois indispensables, qui permettent d'aller de l'avant.

Bien sûr, je ne te connais pas et ces quelques considérations n'évoqueront peut-être rien chez toi et ne sont valables que pour moi.

En tous cas, je te souhaite une toute bonne suite et suis certain que tu retrouveras de beaux moments.

 

Tout ça aussi juste pour dire que de se poser quelques questions est en soi positif. Cela peut parfois être pénible et désagréable, c'est vrai, mais ça permet de s'arrêter un instant et de réfléchir un tout petit peu . Et rien que ça, ça peut déjà faire du bien. Ensuite, on peut décider d'essayer de changer certaines choses, ou au contraire de continuer comme avant sans rien changer; on peut aussi remettre la question à plus tard ou ne plus y penser, etc. : cela dépend de chacun et de la situation. Mais au moins, à un moment donné, on s'est questionné.

Bien sûr, là aussi, ce n'est que mon point de vue et je ne détiens heureusement pas la vérité absolue :) 

Rebonne suite.

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Oui une prise de conscience après de grosses réflexions. Et surtout une prise de décision, enfin je crois.

Maintenant c'est juste l'organisation et la peur de passer au concret qui coincent mais je vais quand même essayer d'en reparler avec mon conjoint.

Reste à éviter des blessures.

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Je te connais peu, juste tes écrits et tes interventions...tu as su te poser les bonnes questions...beaucoup de gens ont un mal être mais ignorent pourquoi...

Dans ce que je viens de lire, tu as commencé ta quête des réponses, je te félicites...c est un bel exemple

Juste une chose... n'as tu pas droit d avoir un jardin secret? Sommes nous obligés de tout partager avec notre tendre moitié?

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il y a la vie sociale de convention obligatoire du monde du travail qui n'est pas changeable et celle plus personnelle qui peut évoluer. reste juste à savoir si ton environnement est ouvert à entendre ça ou non!

la grosse question est donc là! être entendu ou tout foutre en l'air ou au pire s'assoupir des conventions. un dilemne

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Owh

Un texte qui fait mouche, qui touche.

Sourire

Il me donne envie de te faire un gros câlin réconfortant. 

Tu vas peut-être hausser un sourcil mais je trouve que c'est ce qui irait le mieux en réponse à ton message, à cette détresse qu'on décèle au fil des lignes...

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Merci DouceRêverie, oui un groscalin me ferait du bien, oui bcp de détresse, bcp d'envies mais pas d’excuses valables pour s'échapper de temps en temps et je ne sais pas comment aborder le sujet. J'ai l'intuition que la compréhension ne s'invitera pas à la discussion.

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Un texte subtil et que nombre d'entre nous pouvons partager...

Faut il s'affranchir des convenances e tpouvoir choisir en son âme et conscience de vivre ses envies ?

Le regard social des autres, et avant tout celui du conjoint serait à transformer...

 

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