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Je vis, je meurs et je vis encore

Mein Teil

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Je vis, je meurs et je vis encore, Part.1

 
Je range méticuleusement la boîte, puis prends le temps de me regarder dans la glace.
 
Un léger maquillage de circonstance, un ensemble sombre et des armes prêtes à s'exhiber avec moi.
 
C'est la dernière chanson avant ma transformation, puis ça sera l'heure d'exorciser, de me mettre en scène, de reprendre le contrôle...ou de délicieusement le perdre.

 

Il est temps que je quitte cette pièce qui sent la pisse de chat.
 
Je réajuste rageusement mes gants : il faut qu'ils collent à la peau, ou les conséquences pourraient être fâcheuses.
 
Les dernières notes tombent, je suis équipé, je suis prêt, je tue le temps en entrechoquant mes fidèles accessoires.
 
Le rythme...
 
Ils sont une quinzaine en bas, plutôt jeunes, plutôt geeks, plutôt sages. Je fais ça pour mettre un peu de piquant dans l' anniversaire d'une copine qui s'annonçait tout ce qu'il y a de plus normal, mais en réalité je le fais surtout pour moi.
 
Quand l' orgueil s'est fait la malle au fin fond des égouts, quand l'estime de soi s'est volatilisée comme si ça avait toujours été un mirage, quand Venus revient me griffer en me chuchotant quelle pathétique créature je suis : je m'adapte.
 
Agonie !

Les premières notes.

 
Le bois des escaliers craque.
 

J'avais choisi une ambiance plutôt lugubre au départ qui s'échaufferait peu à peu.
 

La reine de la soirée et son mari sont surpris mais semblent apprécier.
 

Quand viennent les premiers tournoiements, je vois du coin de l'œil de la stupeur, les spectateurs semblent prendre la mesure de ces Autres qui existent, ceux tapis jadis dans leurs cauchemars d'enfants.
 
J'oriente la suite vers cette femme en jupe, je la savais seule et je lisais cette convoitise dans le regard.
 

Je me nourris de son Envie, je déploie mes ailes noires et savoure cette étincelle de concupiscence.

 
Le spectacle se termine, je remonte ces escaliers : mon matériel et mon déguisement chargés sur l'épaule.


On m'applaudit mais je suis déjà concentré sur la suite.
 

Je pressens cette suite.

 
Je la sens dans ma Toile.
 

Elle va bouger, elle va se faire mordre et avec ma morsure, mon venin.

 
Je vais aimer ça.

 
Elle va aimer ça.

 
Orgueil Vanité Luxure


Je rejoins l'antre de la pisse de chat.

 
Je me regarde dans la glace.


J'attends de "redescendre"...mais en ai je vraiment envie ?

 
On tape à la porte, je suis toujours en boxer mais j'ai remis le débardeur pour recevoir quelques remerciements.


"Et oui, tu n'as pas changé les litières ! Et oui je suis sexy !"

 
Elle repart en échangeant un regard complice avec sa copine à jupe, venue elle aussi.

 
Mademoiselle jupette reste adossée au mur avec un petit sourire mutin : "tu fais aussi les lap dance ?"

 
Je me contente de lui demi-sourire et de l'inviter en la prenant par la main.
 

Ses ailes battent encore

 
Je referme la porte en m'assurant que personne ne nous guette, je fais bien cliqueter le verrouillage de la clef.

 
J'ai cette image du prédateur qui a piégé sa proie : j'entends déjà avec extase cette chair craquer sous mes crocs.

 
Je me retourne, elle s'approche et veut poser sa main vers ma clavicule.

 
Je l'écarte aussitôt.


Un geste vif, précis, sans équivoque.

 
Je la fais s'asseoir, en rajoutant un peu de pression sur mes doigts pour sentir sa chair s'enfoncer sous sa peau.

 
Elle rougit et se retrouve en proie à la confusion.

 
Je ne dis rien, je pivote le fauteuil face au miroir, collant ma joue à la sienne, elle voit que je la renifle.

 
Ce moment semble la rassurer, elle a un petit rire nerveux quand elle voit que je réenfile la tenue.

 

Je prends mon lecteur mp 3 et enfile une oreillette , j'enclenche tandis qu'elle s'amuse à frotter son pied à mon mollet.
 

Je tombe sur cette compilation bien particulière et serre les dents, repoussant ses tentacules noires qui se tortillent soudain dans mes entrailles.

 

Profanation
 

Garder le contrôle, ou délicieusement le perdre...

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Recommended Comments

Tres beau texte ! On ressent une grande maîtrise de l'écriture et du récit ! Et toujours cette ambiance  particulière de mélancolie un peu désabusée ( c'est ainsi que je la ressens du moins).

bravo ! J'aime beaucoup 

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https://www.youtube.com/watch?v=U9EtgpksfEs

 

 

Je fais défiler deux chansons et lui colle sur les oreilles une nouvelle mélodie plus suave qui entame sa décontraction.

Elle ne sent pas ces serpents qui s'entortillent autour des chevilles.

Je reste très proche de son corps et fait peser sur ses épaules après une demi rotation deux manches rigides : je converge vers son cou, si ces armes avaient été des lames ses carotides seraient en train de mordre le froid.

Je visualise un instant insolent cette gerbe écarlate, ces yeux révulsés où les tourments de mon âme pourraient s'engouffrer le temps d'un sacrifice.

Je sais exactement à cet instant ce que ressentaient ces prêtres aztèques.

Je serre l'étau, pas pour lui faire mal mais bien pour qu'elle ressente la teneur de mes envies.

Je garde une des armes plaquée contre son ventre et contourne son corps, mon autre main se libère et griffe légèrement : la caresse impie d'une créature démoniaque.

Je pose l'autre arme et l'agrippe fermement par les tempes, s'en suit aussitôt une morsure avide.

 
Elle souffle et se cramponne au siège.

Je déploie ce bandeau noir et lui ouvre un peu plus les portes de l'Obscur.

Elle ne sent pas sous mon souffle ni les ronces, ni les reptiles qui se propagent.

Les Autres viennent l'humer mais je reste celui qui jugulera les flots des deux Mondes.

Je me place face à elle, mon genou entre ses cuisses.

Je force le passage, une main ferme dans ses cheveux, mon autre main lui tire sa lèvre inférieure.
 

Je passe ma langue sur cette partie tendre.


Je lappe cette chair avant de me relever face à elle, ma main sur le menton.

Je fais crisser l'acier des menottes et l'attache les mains derrière, je vois sa poitrine se soulever avec toujours plus de conviction.


Je la mordille, la pince aux endroits stratégiques, je contrôle les frémissements de son corps.


C'est ma Putain, ma Déesse.


Une boucle de ceinture se fait entendre, je lui fait sentir l'odeur du cuir et serre doucement autour du cou, pas assez pour l'empêcher de respirer mais assez pour lui faire relever la tête et la faire presque paniquer.


"Maintenant tu vas me sucer la queue" Les seuls mots audibles que je lui ai glissé à l'oreille par dessus la musique.


Nos âmes finissent de vaciller, le pantalon baissé, je pose ma queue au bord de ses lèvres déjà ouvertes.


Vu les circonstances et ses entraves, elle fait sûrement de son mieux mais je ne suis vraiment pas d'humeur à patienter : je lui empoigne les cheveux à deux mains et lui baise la bouche.


Des coups de bassins qui lui obstruent parfois sa gorge, je lui enlève les écouteurs pour qu'elle puisse s'entendre déglutir.


Je marmonne quelques insultes et bloque ma queue dans sa bouche pour bien lui inonder le palais.


Elle est toute décoiffée, attachée, sa bouche sent le sperme : je lui enlève le bandeau et la remet face au miroir.


Elle me voit prête à mordre son oreille.


"Tu l'as eue ta putain de Lap Dance"
 

demon_12.jpg

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