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Anarchie amoureuse ? Kézako ?

bittersweet

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blog-0192250001428591051.jpgInitié par l'esprit libertin du siècle des lumières, l'amour libre a été véritablement conçu par les anarchistes à la fin du XIXeme siècle. Puis il a été exploré et interrogé par les générations suivantes selon divers courants de pensée anar' (libertaire, pluraliste, pluraliste radical...). Après avoir traversé l'Atlantique il a été adopté et réinventé par la beat generation et le flower power qui l'a diffusé dans nos société grâce à la révolution culturelle sociale et sexuelle des années 70. Chamboulé par le SIDA, oublié avec la popularisation de l'échangisme et du BDSM, l'amour libre revient depuis les années 90/2000 au travers du polyamour qui était déjà une de ses concrétisations possibles. Certains, comme moi, trouvent que l'amour libre a tellement évolué qu'il n'est plus que anarchiste, et d'autre part l'amour libre a eu tellement de versions contradictoires qu'il convient de trouver de lui trouver un autre nom. Certains parlent d'anarchie intime, d'amour anarchique, je préfère pour ma part anarchie amoureuse.

L'anarchie n'est pas synonyme de chaos et encore moins de malveillance, de loi du plus fort. Étymologiquement cela signifie l'absence de commandement, c'est à dire le refus des lois dogmatique ou politiques qui ordonnent une norme et appellent à ce que tout le monde s'y conforme. Un anarchiste peut très bien se donner des règles de conduite. Comme l'athée (qu'il est d'ailleurs très souvent aussi) ce n'est pas parce qu'il est contre le dogme qu'il est dépourvu de conscience du bien ou du mal, de valeurs, de conceptions vertueuses. C'est simplement qu'il refuse qu'on lui dise ce qui est bon pour lui et la société tant qu'il n'a pas éprouvé puis approuvé, et quand bien même est il d'accord avec cela, il ne prétend pas que ces règles sont justes dans tous les cas de figure et pour tout le monde.

En amour les églises ont édicté des règles comme par exemple dans la Bible : tu ne prendras pas de plaisirs sexuels en dehors du mariage, ce mariage ne pourra être rompu c'est à la vie à la mort, il sera monogame et hétérosexuel, même en son sein tu ne t'adonneras pas à la fornication avec ton époux(se), tu ne commettras pas d'adultère.

L'anarchiste pour qui le "ni Dieu ni maître" est souvent une règle phare, s'oppose par pensée politique et philosophique à ces lois. Donc il tire un gros trait dessus avec son marqueur noir ou rouge et il reprend...

- Je peux aimer charnellement avant le mariage et puis c'est tout.

Cette pensée est aujourd'hui relativement bien admise, ou du moins pratiquée par la majorité de la population sans que cela pose apparemment de problème.

- Si je me marie (j'ai autant le droit de le faire que de ne pas le faire) et qu'on finit par se détester et s'entre tuer, j'ai le droit de divorcer si ça me chante.

Cela aussi commence à être admit depuis un bon moment.

- Si je suis homosexuel j'ai autant droit au bonheur et à l'amour que n'importe qui d'autre. Ça vous pose un problème ? Regardez ailleurs.

Là ça grince un peu plus, ça gueule, ça manifeste en faisant déambuler des quadripoucettes sous les lacrymos par amour des enfants... mais bon notre société a quand même fini par accepter qu'il est disproportionné de brûler les homos et qu'ils ne sont pas si méchants ou pervers qu'on le disait.

- Si avec mon partenaire on a envie de baiser comme des lapins et de faire la brouette japonaise on va pas se limiter au missionnaire et quelques frissons sous prétexte qu'un curé, sensé ne rien connaître du sexe, a décidé de prêcher que c'était mal.

Je peux me tromper mais je crois qu'à part quelques mal baisants et une bande d'hypocrites, tout le monde a intégré cela, et dit que l'on peut faire ce que l'on veut tant que les mariés/concubins/partenaires sont mutuellement consentants.

- Je peux aimer autant de personnes que je veux, parce que j'en suis capable. Ce n'est pas parce qu'on prend notre pied que c'est différent du fait que je peux aimer autant d'amis ou de gens de ma famille que je veux. La seule différence c'est que je ne met pas ma bite dans mes amis ou mes parents, quoi que ma cousine même le Pape il a l'air d'accord des fois... c'est de l'amour et l'amour c'est le progrès humain, l'émancipation.

C'est là que l'anarchiste amoureux va plus loin que la majorité de ses contemporains. Il défie la sacro sainte fidélité monogame. Son postulat de départ c'est d'abord qu'on a tous le droit de faire ce qu'on vut avec son corps et son esprit, et que par nature on est presque tous polyamoureux. La très grande majorité d'entre nous a des amours de collège, de lycée, de fac, d'adulte voire de retraité. On est capable d'aimer des personnes différentes, pour des raisons différentes et on s'en prive pas. La seule limite qu'on se fixe c'est "pas plus d'un à la fois". Alors évidemment à une époque où les problèmes se réglaient avec une massue ou une lance ça pouvait mettre un joyeux bazar, et quand le bazar est violent il faut des lois pour éviter que ça devienne le chaos. Mais maintenant on a des cerveaux aussi, et on peut s'en servir pour mettre en place des règles qui évitent les débordements sans pour autant interdire une chose qui peut être belle et utile pour l'évolution et le bonheur de chacun.

- L'adultère ce n'est pas mauvais parce que Jésus, un apôtre ou un des gars qui a réécrit la Bible au fils des siècles l'a dit. Ça l'est parce que c'est une source de souffrance s'il est réalisé dans le mensonge et que le partenaire n'est pas d'accord avec ça. S'il est d'accord, vraiment d'accord, où est le problème ? Le plus grand péché dans un couple ce n'est pas comment on baise, ni qui on baise, c'est le mensonge et le non respect du consensus commun.

La question n'est pas de savoir si avoir plusieurs partenaires et bien ou mal dans l'absolu mais comment faire en sorte que quoi qu'on vive on le fasse de la façon la plus intègre possible en respectant l'intégrité de son/ses partenaires. Les piliers de l'anarchisme amoureux sont là pour répondre à cette interrogation. La compréhension de soi et d'autrui, le respect, l'indulgence, la communication, le consensus... tout concourt à permettre des relations amoureuses honnêtes et constructives dans le plus grand respect de la règle : "la liberté des uns s'arrête là où commence la souffrance des autres". Tant qu'on est d'accord et qu'aucun de nous ne souffre, rien ne nous empêche moralement de faire ce que l'on veut.

Tout ça c'est de la philosophie, le problème c'est que dans les faits y'a plein de détails qui rendent la chose très complexe, comme notamment la jalousie. Il y a un autre gros détail qui ruine le plan, comme toujours quand on s'oppose au chemin suivit par les moutons : c'est que le reste du monde a accepté les lois édictées et qu'en s'y opposant on se retrouve souvent seul et contre tous pour vivre comme on l'entend. Il est difficile trouver des personnes qui sont d'accord et peuvent donc accepter les consensus libertaires, et quand bien même, ça fait jaser les voisins qui le regardent de travers, alors on écrit des chanson pour se défouler mais bon, ça reste énervant, frustrant et injuste.

https://www.youtube.com/watch?v=26Nuj6dhte8



2 Commentaires


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Bien dit... y a pas intéro après j'espère ? ;)

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