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Cet été, j'ai rencontré une sirène

dédale

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La douceur matinale, rien de telle pour un petit footing..

Les écouteurs bien insérés dans les oreilles, me voilà parti, petites foulées, tranquille, pas un grand sportifs alors on y va tout doux, et surtout, profiter des vacances, savourer..

Mes foulées s’enchainent sur l’asphalte dur, encore frais de la nuit bretonne, petit à petit, l’odeur des champs fait place à celle plus enivrante de l’océan.. Voilà, le petit chemin qui longe le restaurant et enfin une vue dégagée.

La mer est calme, d’huile.. Elle a déjà bien entamé sa remontée.. La petite brise marine, le goémon, les odeurs se mélangent.. Dans mes oreilles, la guitare de Mark Knopfler me gratifie de la douce mélodie de « Going home » (version studio), B.O. du film « Local Hero » .. Je savoure le moment tout en gardant ma foulée.. Là, au détour du petit sentier côtier apparait la petite chapelle au bout de la grée … la journée s’annonce radieuse…

Allez, un petit effort, si on poussait un peu derrière la chapelle, vers les rochers.. Là bas, c’est l’océan, rien que l’océan, à perte de vue.. J’adore me se sentir petit, Nul être insignifiant face à cette nature à qui nous devons tant..

Me voilà, objectif atteint..

Les accords de guitare s‘enchaînement dans mon casque, accompagnés maintenant par le son du saxo.. J’admire l’océan, le ciel entièrement dégagé.. Les quelques vaguelettes viennent nonchalamment s’échouer sur le rocher en contrebas.. Tout est si calme pourtant, les arêtes acérés du granit trahissent la puissance à laquelle les vagues viennent s’écraser ici lorsque les éléments se déchainent.. De multiples sillons sont alignées dans l’axe des courants marins..

Je reprends mon souffle, respire à plein poumons, tente vainement de remplacer toute la pollution amassée cette années dans mes poumons par cet air du large.. L’appel de la mer ? Non, très peu pour moi. Même si j’aime la solitude, j’aime aussi le confort d’un lit douillet ( déjà occupé si possible) et d’un repas chaud !

Non, j’aime ses moments simple où rien, ni personne ne vient nous troubler.. Juste l’immensité, la guitare de Mark et moi !!

Soudain, je l’aperçu

Là, entre deux rocs, une silhouette… une apparition étrange..

Que fait-elle là ? On dirait qu’elle cherche quelque chose…

Est- ce un pécheur ? ..

Non, les courbes trahissent la féminité de cet inconnu, de douces arabesques qui tranchent avec la rugosité de la roche…

Elle me tourne le dos, n’a pas encore remarqué ma présence, toute occupée à scruter le sol, comme à la recherche d’un trésor.. Une large frange de ses cheveux blond masque une partie de son visage.. .. Le soleil se reflète en eux, ils ont la couleur dorée du sable d’une longue plage, ils ondulent légèrement sous l’effet de la légère brise qui souffle en ce bord de mer, découvrant doucement la douce courbure dessiné par son épaule, ses omoplates à la ligne délicate, son dos, nu, surplombant une exquise chute de reins, une invitation à y poser la main.

Sa peau semble douce malgré sa couleur étrange… en vacances, nous avons l’habitude de voir des gens pâles qui viennent d’arriver ou des personne halés, proche du départ, mais là, cette couleur est complètement étrange.. Un gris-vert, comme si elle était gravement malade.. Un ton de couleur qui semble froid, répugnant mais est-ce la clarté du soleil ? Le bleu du ciel, tranchant nettement ? Je ne pourrais le dire.. Mais il y a dans cette nuance un je ne sais quoi qui m’attire, qui continu d’aspirer mon regard, qui me fait la désirer d’avantage…

Mes yeux continuent leur exploration alors que je continu de m’approcher, elle semble avoir perdu quelque chose, autant lui proposer mon aide…

Cette délicate frange tombe le long de son épaule masque la naissance de la courbe de sa poitrine, son sein m’apparaît, globe doux, comme un cocon de douceur au centre de ces rochers à la taille si abrupt. On le voit rond, ferme. Une jolie boule de chair délicate qui se poserait naturellement dans la main qu’on lui tendrait… il domine un ventre plat, légèrement musclé.. Il a quelque chose qui m’interpelle.. Quoi ? Une gêne, un manque de quelque chose ? Je n‘arrive pas encore à distinguer d‘où je me trouve….

Mon regard retourne sur ce sein délicat au téton dressé, la fraîcheur, la douce brise.. Et je comprend d’où vient une partie de mon trouble !

Déjà, la couleur de sa peau me paraissais étrange, mais ce téton : il est bleu ! bleu azur, un bleu profond, magnifique mais tellement inattendu !

Oups, elle tourne la tête, m’aperçois alors que je suis encore à une dizaine de mètres, elle semble surprise mais surtout horrifié ! Ok, je ne suis pas forcement quelqu’un de beau , et mes cheveux en bataille dans l’effort du footing ne vont pas en ma faveur, mais de là à donner cette impression !! Je vais pour lui parler, la rassurer alors que je pense qu’elle va chercher à se redresser, me dévoilant enfin sûrement de longues jambes, mais il n’en est rien : au lieu de ça, je la vois glisser sur la roche acérés, sans même la moindre gêne, la moindre souffrance ! À sa place, je me crisperais des écorchures que le rocher me procurerait, mais elle, non, elle continuait de serpenter, telle une otarie mais avec la grâce du félin, me dévoilant son secret : en dessous de ses hanches, son corps ne part qu’en une seule partie au lieu de se diviser en deux ! Une ogive finement fuselée se terminant par une nageoire, une nageoire caudale !

Et voilà qu’en deux bonds, elle se retrouve dans l’eau où elle disparaît, et sa tête refait surface.. Ses yeux, d’un marron-noisette éclatant me fixent d’un regard mélangeant peur et curiosité.. Ses lèvres, charnues, charnelles, aussi bleues que ses tétons sont une invitation à la douceur.. Une vision fugace avant de la revoir plonger dans la mer ..

Non, cela n’est pas possible ! J’ai rêver, j’ai halluciné, c’est dangereux le footing le matin !! Pourtant je vous jure monsieur l’agent, je n’ai rien bu !!

Et là, à quelque mètres du lieu où elle se trouvait, par terre, à même la roche, je vois un éclat.. Un objet étrange, je me baisse, le ramasse.. Il a la forme d’une conque mais il est trop lourd pour être un coquillage, la carapace m’a l’air dure.. Et si je n’avais pas rêver, si tout cela ?…

Tout en prenant l’objet dans ma poche, je pense à mille choses, mille possibilités, mille incertitudes !! Le raconter, on va me prendre pour un fou ! Mais cette jeune femme, si belle, rayonnante, cette jeune nymphe serait une … sirène ? Non, cela n’est pas possible… et ma tête est sur le point d’exploser alors que machinalement, je reprends ma foulée, retournant vers mon quotidien…

Je suis fou !

Pourtant, il est là, dans ma main !

J’ai beau le tourner, le retourner, le regarder sous toutes les coutures … seul lui me relie à ce que j’ai cru voir ce matin, ce doux coquillage, non, ce n’en est pas un, c’est à la fois trop dur et trop brillant.. Cette matière ? Douce, lisse, sombre.. Comment un si petit objet, il ne doit pas faire plus de 2.5cm dans sa plus grande longueur, a-t-il put ainsi attirer mon regard ?

Suis- réellement fou ?

Ce matin j’ai eu du mal à finir ma course, et s’en suivi une fin de matinée en famille, bambin qui veut ça, maman qui cède, moi qui voudrais autre chose mais … mais où est ma place ici ?

Pff, préparer le repas, débarrasser, tout fourrer dans le lave vaisselle, ai-je le droit à une petite sieste ? Non ? On part direct à la plage .. Chouette, se faire cramer la peau au soleil, allons chercher notre cancer, mourir de ça ou d’autre chose.. Rester là, allongé sur la serviette, youpi, la joie, et merde, j’ai fini mon bouquin, j’en ai pas d’autre…

« -papa, je veux un château de sable !

-eh petit, tu as 10 ans, et cela fait un moment que je te montre !!

-je voudrais que tu m’aide !

- allez va, fais lui plaisir … »

Et voilà, je cède à nouveau.. En même temps, ça passe le temps, et casse le dos.. Bon, comme d’habitude, papa pelle, entasse dans le seau et le petit est ailleurs.. Et ma sieste ! Zut, elle aurai pu être crapuleuse..

Voilà, château fini, il plait, tant mieux ! Fiston est content, maman sourit parce que fiston content ! Youpi la vie est belle … un peu de temps pour moi maintenant !

« -je vais nager un peu ! »

Finalement, si je me mets de plus en plus au sport, c’est qu’à ces moments là, je suis seul, seul avec moi… égoïste..

Dans la petite poche de mon bermuda, je sens la présence de cet objet, rien à faire, je n’arrive pas à m’en séparer, je le garde comme un bien précieux, il est comme magnétique, hypnotique.. Voilà, premier pied dans l’eau .. Oula, la température ! C’est bien l’un des soucis de la Bretagne… allez, du courage.. J’avance petit à petit et la fraicheur .. Enfin la grande fraicheur, de l’océan me prend, me pénètre.. Les cuisses, un effort, la partie la plus délicate .. Les hanches . Le bas veeennnnttree oulala… voilà, ça y est, on mouille la nuque .. Iiiiiiiiihhhhhhiiiii, et à la une, à la deux .. Deux et demi … bon, ben …trois.

C’est parti, tête dans l’eau, des milliers de lame de rasoir me taillent le corps.. Je me bouge, le mouvement me réchauffe. Crawl. Le bras passe au dessus de la tête, replonge, à l’autre.. La tête passe sous l’aisselle, respiration. Replonge pour quelques mouvements.

Sous l’eau, le calme.. Juste le son de mes bras qui viennent troubler la surface de l’eau. Les bulles de mon expiration qui viennent claquer à mes oreilles. Et dessous, le calme.. Les quelques algues arrachées aux rochers balances au grès des vas-et vient de la mer sur la plage là-bas, où la populace s’esclaffe, s’asperge.. Et moi, je nage.

Une forme

Une grande silhouette vient de passer rapidement sous moi ..

Surpris ! j’inspire. Bois la tasse.

Le gout de l’eau salée me brule la gorge, je tente de refaire surface mais la forme m’agrippe, me saisie, m‘entraine.

Au secours ! Elle veut me …

« -calme toi, tout va bien ! »

Une voix ? Comment, dans l’eau ? Non, ce n’est pas…

Son étreinte est plus ferme, je bouge dans tout les sens, essaye de me sortir de ce piège qu’elle me tend, mais l’eau est son élément.. Elle m’entraine encore plus profond, l’eau y est encore plus froide.. Vais-je mourir noyé ou de froid ? Je sens son bras qui me ceint si fort que je ne peux me dégager.. Mes forces m’abandonnent .. De l’air ! Sa main court sur mon ventre, mon bermuda..

« -il est là ? C’est ça ? Penses-y fort, et tout ira bien, fais moi confiance »

« Il » ? L’objet ? Le coquillage ! Elle veut me noyer à cause de son coquillage !! Non, laisses moi, je t’en pris, je n’ai parlé à quiconque de toi, personne ne saura jamais rien !

« -oui, je te laisserais, n’ai pas peur, mais il faut absolument que tu me rende le Satilonic, c’est le nom de ce que tu prends pour un coquillage »

Je l’entends, elle entend ce que je pense !! Je veux respirer, mon corps veut sa dose d’oxygène, et sans que je ne puisse le contrôler, il ouvre toutes les écoutilles pour respirer à plein poumons. L’eau s’infiltre partout.. Je vais mourir.. Une dernière pensée… le coquillage, dans mon ber…mu..da.. Poche

Sa main fouille….

Se pose sur mon ventre…

Sur mon nombril …et le froid m’envahi… le noir ..vide mon corps flotte entre deux eaux..plus rien.. Je ne ressent plus rien …

Noir… mais je n’ai plus froid…

Noir…. Mais je ressens quelque chose, quelqu’un .. Une présence..

J’ouvre les yeux, elle est là ! Magnifique… son sourire est un cadeau, ses lèvres bleues au contours gracieux sont étirées dans un rictus de satisfaction.. Ses yeux brillent, scintillent, illuminant son visage autour duquel sa chevelure dorée flotte, créant un halo angélique.

Un ange.. Je suis mort, au paradis !

J’ai le droit au paradis moi ? Qu’est-ce que je raconte !!

Autour de nous, tout est sombre, noir, la seule lueur est émise par nos corps, phosphorescents..

J’ai face à moi une des filles aux formes les plus douces qu’il m’est été de voir, pourtant, je ne peux m’empêcher de regarder les alentours… où suis-je ? Où sommes nous ?

« - à environ 150m sous le niveau.! »

Comment est-ce possible, je ne peux…

« -regardes ! »

Elle me parle, mais ses lèvres ne bougent pas, je comprends qu’elle entend ce que je pense.. Un mode de communication télépathique bien sur !! Regarder, mais regarder quoi ? À cette profondeur, je suis mort !

Je regarde mes mains, elles ont la même couleur, la même texture que les siennes.. Pas de peau douce, mais une sorte de carapace souple mais très résistante… je continu à m’observer, me découvrir.. Mon ventre ! tout comme elle, je n’ai pas de nombril mais surtout : mes jambes ! Elles ont disparues, remplacées par une queue de poisson.. Toute cette métamorphose.. Il me faut encore un peu de temps pour réaliser que je n’éprouve plus le besoin de respirer, mon corps dispose de ce dont il a besoin dans l’eau.. Il retrouve des sensations profondément enfouies.. Ce moment de ses origines.. Ce doux moment où il se laisse flotter dans le liquide amniotique, bien au chaud, en position fœtal..

Je l’entends rire de ma surprise.. Elle me lâche et remonte comme une fusée, plutôt une torpille tout en tournant sur elle-même, vrillant, tournoyant.. Et d’un coup de reins, redescend tête la première vers moi.. Elle me prends la main.. Contact rugueux, froid..

« -viens ! »

Sans hésitation, je la suis vers la nuit abyssale

Origines….

Origines de la vie, de nos vie, de l’humanité sur Terre.. L’Homme, si sur de lui, dominant le monde terrestre mais si faible face à cette immensité océanique..

Libre..

Libre dans mes mouvements, mes déplacements en trois dimensions.. Droite, gauche, devant, derrière et en haut, en bas, toujours plus.. Je la suis, sans appréhension aucune, au milieu d’une kyrielle de poissons et autres animaux aquatiques .. Les méduses, féériques dans leurs déplacements, les dauphins qui nous accompagnent. Luminescence de nos corps.. Beauté de sa silhouette, gracieuse, phosphorescente dans la froide pâleur des tons de l’Atlantique-Nord.. Nous sommes loin des couleurs chamarrées d’une mer tropicale mais rien que sa présence me chauffe le cœur.. Je suis si bien..

Tout en nageant, je l’écoute.. Mon nouveau sens télépathique me permet de tout apprendre sur elle : son prénom : Alguii, sa vie, la société dans laquelle elle évolue..

Oui, la société, car bien sur, elle n’est pas seule..

Ils vivent au fond des Océans, préférant se cacher de nous. J’apprends qu’ils sont ovipares, c’est donc pour ça cette absence de nombril.. Même si ils on l’aspect humain, ils sont poissons, les « femelles » (comment dire autrement ? Ce ne sont pas des femmes à part entière, même si son corps en a tout les atouts..) pondent les œufs que les mâles viendront féconder .. Et après on dit « heureux comme un poisson dans l’eau ?" Bof.. Et comme souvent dans la nature, les petits sont très rapidement livrés à eux même, à l’instar les bébés tortues. Ils vivent en société, les mâles d’un cotés, les femelles de l’autre.. Pas de mélange…

J’apprends alors qu’elle se sent comme moi, un peu étrangère à son monde, un manque qu’elle n’arrive pas à combler.. Elle est plutôt aventurière, et lors d’une de ses escapades, elle a trouvé le « Satilonique », cette pierre étrange aux pouvoirs multiple. Et c’est grâce à lui que je suis maintenant dans cette état provisoire..

Alors que je lis dans ses pensées, j’imagine qu’elle doit en faire de même, découvrir le « monde d’en haut » avec ses horreurs, cette société où règne l’argent, la quête du pouvoir, je m’efforce d’avoir des idées plus optimistes… je remarque alors que ma queue est, contrairement à la sienne, couverte d’écaille, est-ce une marque de différence de sexe ? Je l’entend pouffer dans ma tête et elle m’explique alors que les sirènes sont aussi coquette et trouve les écailles peu jolies, elles ont tendance à se les faire enlever, tout comme nous nos poils !

Ainsi, elle en a apprit beaucoup grâce à moi, tout comme j’en ai appris sur elle..

Mes yeux ne quittent pas la douceur de ses courbes, la souplesse de ses mouvements.. Elle m’emmène je ne sais où.. « fais moi confiance Olivier, tu devrais aimer.. » me chante sa voix dans mon crâne..je suis totalement envouté, sous le charme…

Soudain, elle se fige, comme si quelque chose la choquait, l‘intriguait !! Quoi ? Moi ?

Elle me fixe du regard, ses yeux ! Mm je fond littéralement, tombe complètement sous le charme de ces deux billes noisettes qui tranchent tellement avec la lueur bleutée qui nous entoure.. Et ses cheveux qui flottent autour d’elle..

Ce sentiment ! Ce sentiment que j’éprouve, ce que je ressens ! Elle ne le comprend pas ! Il lui est inconnu ! Le désir, le besoin de toucher son corps, suivre du bout du doigt le galbe de celui-ci..

Lentement, j’approche ma main de sa poitrine, timidement, la pose dessus.. Contact froid, rugueux.. Cette peau n’est pas agréable.. Elle est là pour nous protéger des rigueurs de l’océan.. Alguii ne comprend pas où je veux en venir.. Ma bouche s’approche de la sienne .. Oserais-je ? Contact avec ses lèvres, tout aussi froid.. Elle repart d’un bond, je tente de la suivre.. « attends ! Viens ! »

« Nous y voilà enfin ! ». Devant moi, une grande falaise, elle se faufile entre deux rochers, là, elle s’enfonce dans une grotte sombre. Où va-t-elle ? « Viens ! Suis moi ! »

Sans attendre, je pars à sa suite le long de l’étroit boyau rocailleux pour déboucher à l’air libre !

Une vive lumière m’aveugle, petit à petit, je me réhabitue au jour, pourtant..

Autour de moi, une multitude de plantes multicolores, lumineuses, ce sont elle qui éclairent les lieux..

Une grotte, immense, si grande que l’on n’en voit pas la fin.. La chaleur de la terre..

Elle est là, se hissant au bord du lac d’eau salée au milieu duquel nous avons fait surface, rampant sur sa queue, m’invitant à la rejoindre.. Je m’approche..

Je suis allongé à ses cotés, moment de plénitude, elle pose sa main sur mon ventre et se saisit d’une partie de moi .. Au niveau de mon nombril humain, elle sort le « Satilonique », instantanément, je reprends ma forme humaine.. Je ne comprend pas, elle me regarde, sourire en coin et approche la pierre de sa nageoire caudale, l’insère dans une petite cavité en son centre et immédiatement son teint change.. De cette couleur froide et glauque, elle se réchauffe pour virer en une douce chair délicatement tannée.. Je vois le grain de sa peau s’adoucir également, et de magnifiques jambes fuselées viennent remplacer sa nageoire.. De merveilleuse sirène, elle vient de se métamorphoser en jeune femme magnifique.

Qu’elle est belle !!

Elle se redresse, essaye de tenir maladroitement sur ses nouveaux membres inférieures

Lentement, elle s’approche de moi.. Je passe mes bras autour de sa taille, fine, douce, chaleur humaine.. Je la sent qui frissonne .. Froid ? Ou plaisir de contact, premier émoi d’un premier contact charnel..

« -tu es superbe ! »

Elle sursaute ! Le son de ma voix, elle n’a pas l’habitude .. Nous avons perdu notre don de télépathie, elle comprend et essaye de parler..

« -merci » dit elle, timidement

Je souris, bêtement, approche à nouveau ma bouche de ses lèvres pulpeuses qu’elles me tend, doux, délicat rubis déposé par un maitre bijoutier dans un délicat écrin de chair. Rencontre des labres, chaud, suave.. Mélanges des langues, des sécrétions sucrées, suaves.. Mon bras la serre de plus en plus fort, elle s’abandonne aux plaisirs, nouvelles sensations d’un corps qu’elle ne connais pas sous cette forme.

Délicatement, ma bouche quitte la sienne pour venir se poser sur son menton. Ma main libre se pose sur son omoplate avant de descendre le long de son bras.. Doux grain, exquise sensation de retrouver la finesse d’une peau féminine. J’embrasse sa joue, remonte vers son oreille, lui mordille avant de lui susurrer « tu es magnifique, j’ai envie de te faire l’amour ! »

« -l’amour ? Qu’est-ce que …

-un instant magnifique, doux, plein de partage, de sensations, d’étoiles !

-ho oui, c’est si agréable pour le moment.. »

Maintenant, je me perds sur sa nuque, ce petit creux juste derrière l’oreille, y pose mes lèvres, redescend le long de son cou, ses épaules alors que je continu de lui caresser le dos de sa main avant de venir me poser contre sa hanche.

Mon bras gauche à te plus en plus de mal à la retenir, elle s’abandonne complètement, avide de mes effleurements, à la découverte de ses zones érogènes. Ma main droite rencontre sa hanches, se glisse sur sa fesse, douce colline à la courbe délicate et ma bouche de continuer son chemin.. Le haut de son torse, juste au-dessus de ses seins.. J’embrasse, lèche, passe ma langue autour, suivant la douce rondeur du lieu, dépose un baiser au milieu de ces deux monts merveilleux, fermes et tendus , avant de me rapprocher de leur centre, tour à tour mes lèvres glissent sur chacun d’eux, je sens son corps se contracter, puis se détendre à chacun de mes mouvements, de mon avancée, et enfin, je me glisse autour de son téton droit, tendu, indécemment érigé à la recherche de la caresse ultime.

Un profond soupir, un long râle sort de sa gorge.. Oh que non ma douce, ce n’est que le début.. Notre monde est moche, mais il y a bien quelque chose de merveilleux chez nous.

Ma main quitte sa fesse pour venir se poser sur l’autre téton, je le pince, le roule entre mon pouce et mon index.. Ma langue tourne autour de l’autre, j’aspire son sein dans ma bouche tandis que de mon corps je l’accompagne vers le sol, la couche doucement sur la mousse recouvrant le sol de cette caverne miraculeuse.

Elle se laisse glisser, confiante, heureuse, épanouie..

Je me redresse légèrement, quittant le délicieux met que je goutais. L’admire.. Elle est si magnifique, ses yeux brillent. Ils en demandent encore ! Oh oui ma belle, je suis tout à toi, tout pour toi ! Ses seins, toujours tendus, m’appellent, je ne peux résister et e replonge avec délice à leur dégustation.. Elle gémit, son souffle s’accélère, je descend, quitte les douces collines de tendresses pour une plaine en contrebas.. Ma langue parcourt son ventre, tourne autour de son nombril, nouvelle appendice apparu avec le reste.. Mes mains s’égarent sur ses cuisses fermes, douces, que lentement elle écarte, indécemment, sans aucune retenue pudique.

Je remonte, le dos de mes doigts glissent à présent sur son pubis, totalement glabre -l’absence d’écaille donne l’absence de poils je suppose- son abdomen se soulève, ses abdominaux se contractent.. Elle souffle, un petit cri. Je me redresse, ses yeux traduisent la peur, l’effroi !

«- ce n’est rien ma belle, c’est ton corps qui réagit, c’est normal, laisses toi aller !

- c’est si étrange ! C’est comme si je flottait et pourtant… j’ai peur, mais non … mmmmm continu ! »

Je retourne embrasser son ventre, continu ma descente vers le mont aux merveilles, l’embrasse, dévie à gauche, sa cuisse, remonte, dévie à droite et remonte, toujours en me rapprochant de la faille, de ce délicieux interstice d’où émane un doux parfum, voilà, il est là, coulant .. Ma langue se pose dessus, - contraction du ventre, souffle en accélération - tourne autour de son petit bouton, il est là, sorti de son capuchon, attendant bien sagement que l’on s’occupe de lui, il se tend, érection de bonheur, de plaisir, je le titille, le gobe, l’aspire, le laisse pour glisser dans cette intimité trempée, coulante. M’abreuve du délicieux nectar qui découle, une saveur à la fois sucrée/salée, douce, suave, voluptueuse..

Je m’applique, garder mes mains là haut, continuer à pincer ses doux tétons pendant que ma bouche déguste, que ma langue s’agite aussi..

Une main descend rejoindre ma bouche, ma langue ne suffit plus, délicatement, un doigt vient se placer à l’entrée de son puits savoureux, tourne, s’immisce, s’enfonce, s’introduit.. Un autre, et tandis que je continu d’agacer son clitoris de ma lippe, un troisième vient les rejoindre au chaud. Ensemble, ils jouent, fouillent, se promènent là, et là, faisant découvrir à ma douce partenaire un maximum de douceur de ce lieu.

Elle se contracte, son bas ventre s’envole, de son sexe jaillit le fruit de son plaisir avant de se reposer délicatement sur la mousse tendre.

Respire …..

Doucement, je l’entends reprendre son souffle, attraper par de longues inspirations cet oxygène si nécessaire.. Dans la douce lueur émanant de la fluorescence des plantes qui nous entoure, je distingue le mouvement de sa poitrine qui se gonfle et se dégonfle, la pointe délicate de ses seins qui tend à verticale, je parcours du regard chaque courbes de son corps, me délecte du galbe de chaque partie de celui-ci, je caresse des yeux la moindre parcelle de sa peau si délicate, si douce dont chaque pore se souvient avec délice du plaisir qui vient de le traverser..

Lentement, elle recouvre ses esprits, revient à elle et me regarde.. Ses yeux étincelles sous la chaude lumière, se mêlant à ce camaïeu orangé qui nous entoure. Timidement, sa main cherche mon corps, elle n’a pas l’habitude des caresses, de la douceur d’une peau « humaine »... Ses doigts se pose sur mon torse, glissent à travers les quelques poils et descendent gauchement, hésitants, comme à la recherche de quelque chose, sans savoir quoi..

Son sourire, radieux, sourire d’une femme qui vient d’être envahie par un orgasme, se mute en sourire coquin, polisson.. Elle passe sa main droite derrière ma nuque, s’arc boutant pour se redresser, approchant ses lèvres de mon visage, sa main gauche continu sa course sur mon ventre, tourne autour de mon nombril, descend, descend encore et soudain s’arrête, s’immobilise à la rencontre de mon sexe dressé..

Découverte

Découverte de l’autre, de l’espèce humaine..

Inconnu, elle se retrouve désemparée face à l’inconnu.. Pas de relation charnelle dans son monde, pas de contact direct, et là, ce membre, dur, long.. D’instinct, un mammifère saurait quoi faire mais là, je la sent perdue, désemparée…

Tendrement, je saisie sa main et vient la poser sur ma verge. Sourire complice.

Lentement, je fais refermer ses doigts autour, lui indique la marche à suivre.. Ouch, ses mouvement sont brutaux.. Elle va tout arracher là !! Elle comprend, doit faire preuve de douceur, alors que dans son monde, tout est rudesse.. Voilà, elle se rend compte .. Sa poigne se fait plus tendre, son mouvement plus coulé.. Mmmmm ..

Sa tête plonge dans mon cou, sa bouche cherche à y déposer un baiser, tendre, puis descend sur ma poitrine, sa langue se pose sur mes tétons, imitant ce que je lui avait fait un peu plus tôt, pour petit à petit gagner mon bas ventre…

Je la regarde, elle fixe avec un brin de curiosité ce membre qu’elle tient dans sa main, qu’elle caresse avec tant de délicatesse, qu’elle masturbe langoureusement.. Approche ses lèvre et y dépose un tendre baiser.. Sourires… elle me regarde alors que je l’observe.. Toujours cette pointe d’interrogation au fond des yeux, elle dépose à nouveau ses lèvres sur mon gland.. J’expire, souffle… elle s’en amuse la coquine.. Puis sa bouche s’ouvre, sa langue vient se promener autour du prépuce, je gémis, grogne sous le plaisir offert par ses caresses linguales, soudain, elle enfonce mon sexe dans sa gorge, resserre ses lèvres autour et continue de me masturber de sa bouche cette fois.. Ses mains sont posées sur mon torse, et sa tête ondule en de long vas et vient, ma tige disparaît totalement dans cette douce cavité.. Aspirée, engloutie.. Pour être mieux dégagée en rengainée à nouveau.

Je résiste tant bien que mal à ses assauts, souvent maladroits mais fait avec tant d’envie.. Je pose mes mains sur ses cheveux, englobe son crâne avant de suivre la sphère de son visage, je lui redresse la tête alors que ma queue est toujours dans sa bouche, elle lève les yeux vers les miens. Nos regards se croisent. Intense.

Une vision divine… mon bas ventre, ma tige, raide, à la verticale se perd au milieu de ses lèvres le tout surmonté par deux petites billes de verre étincelantes dont la couleur ambre contraste avec le pourpre des ses joues.

Je l’attrape, la fait se redresser, me pli et envoie ma bouche à la rencontre de la sienne.. Me voilà assis, elle en partie redressée, nos langues se mélangent à nouveau, doux baiser ou je sens mon odeur dans sa gorge. Je parviens à sa hauteur, l‘enlace, nous roulons sur la mousse pour enfin nous immobiliser quelque mètres plus loin.. Elle, à nouveau sur le dos. Ouverte, offerte.. Moi, sur elle, mon bassin entre ses cuisses.. Accueillantes.. Je sens mon gland se poser à l’entrée de son puits aux délices, il écarte lentement les douces lèvres intimes. Elle ne me quitte pas des yeux, semble dire « que fais-tu ? J’ai peur.. Oui, vas-y, je te fais confiance.. »

J’entends mille questions

Je perçois milles interrogations, mille peur de l’inconnu qui s’offrent à elle, mille caresses, mille plaisirs auxquels elle a envie de succomber..

Lentement, délicatement, je pointe mon bassin, plonge mon gland au centre du monde. Ses yeux se ferment, son visage se tend. Je m’enfonce, m’insinue, me glisse.. Ses joues se décontractent, ses traits s’adoucissent, elle laisse le plaisir l’envahir alors que son sexe entoure le mien.. Je suis si bien.

Au chaud, à l’abri.. Si l’homme aime rester au fond de sa grotte, aime s’y réfugier, c’est qu’à cet endroit on y trouve calme, douceur et volupté..

Se sentir en sécurité alors qu’une simple partie de nous se trouve enfoncée en vous, en toi, en elle.. Mais ici, tout est souplesse, caresses.. Chaleur, moiteur.. Réconfort. Le réconfort de sentir son corps contre le mien, sentir ses muscle se tendre, sentir sa peau devenir encore plus douce, réceptive à la moindre pression, et sentir son souffle, sa respiration se saccader, s’accélérer alors qu’ondule mon bassin, laissant glisser mon membre le long des délicates parois humides de ce doux refuge. Se laisser glisser, se laisser gagner par l’ivresse.. Onduler, langoureux vas et vient ..

Sentir son plaisir monter, sentir la sève monter et soudain, libérer nos corps, libérer nos âme dans un feu d’artifice orgasmique commun, se laisser emporter dans ce maelström de sensation, de douceur et d’excitation.

Nos corps ne font qu’un, ses bras se serrent dans mon dos, ses cuisses se contractent à mon bassin alors que mon derrick vaillamment enfoncé en elle continu de cracher son or blanc.. Notre fusion s’enflamme, nous roulons sur la mousse, ma main cherche la sienne, la trouve et nos paumes se rencontre, nos doigts se croisent autour d’un caillou ramassé sur le chemin.. Un simple galet, doux, rond, lisse.. Et emporté dans se tourbillon, mon cerveau décroche…..

Noir…

Bruit … chaleur..

J’ouvre les yeux, découvre une grande étendue de sable baigné par le soleil..

« -Papa, on joue aux raquettes ! »

Et si tout cela n’était qu’un rêve ??

Pourtant..

Pourtant dans le creux de ma main, je trouve un petit galet, rond, lisse, doux…..

ÉPILOGUE

Paris. Mars 2014.…

Demain, c’est le printemps, tout devrait renaitre pourtant..

Il fait encore si froid, cet hiver a été encore plus rude que le précédent et il semble s’éterniser..

La voiture glisse lentement le long des quais de Seine, un coin que j’adore.. Passer sous les ponts, rive droite, voie express.. En plus la circulation y est fluide à cette heure et Bono me chante qu’il n’a toujours pas trouvé…

Moi ? Moi non plus, je crois si mais n’étais-ce pas un simple rêve, un fantasme… pourtant quand je touche ce galet ramassé sur cette plage, je sens sa chaleur, je vois.. Je vois son corps, ses yeux.. Alguii …

Sur ma droite, je laisse la tour Eiffel, dire qu’elle a été acheté suite à une arnaque, à Monsieur .. Poisson !!

Je longe le fleuve et attrape le galet dans ma poche, il ne me quitte jamais, j’aime sentir son contact et là, une vision, Alguii, seule, son petit ventre .. Qui s’arrondit dirait on ? Non, comment est-ce possible ? Mes entrailles se resserrent, mon abdomen se crispe.

Et si ?

Je quitte la voie sur berge, m’enfonce dans la circulation, là, sur un coup de tête.. Je ne rentrerais pas chez moi, enfin, chez moi .. Où est-ce ? Non, je fonce, plein ouest.. Surement mon dernier voyage, les flashes peuvent crépiter sur le bord de la route… voilà, la plage..

J’ôte un à un mes vêtements, il fait froid, il fait nuit.. Je suis nu et commence à avancer dans l’eau.. Tel un étau, elle me comprime les chevilles, j’avances, le galet dans la main.. Je le pose sur mon nombril et plonge…….

Au contraire de Bono, je pense avoir trouvé ce que je cherche…..

FIN

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3 Commentaires


Recommended Comments

Je me suis décidé à laisser mes griffes sur ton blog, cette fois-ci et tant pis si je fais tache parmi tous les coms qui vont pleuvoir

J'avoue avoir mis du temps à mettre des "j'aime" à ce texte, mais faut croire que je suis jaloux de ton écriture et de ton succès. Bref, revenons à ton texte.

J'aime quand les histoires sont travaillées, quand les personnages sont consistants, et que ça sort de l'ordinaire, et ton texte reflète bien tout ça.

Quant à l'écriture, y'a pas grand chose à redire, c'est fluide, accrocheur. Prenant. Un style bien à toi.

Mon égoïsme te demandera d'écrire plus souvent, ce genre de récits.

J'aurai pas trop débordé, j'espère.

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Puisse "Alguii" prendre ses compliments aussi pour Elle tant Elle y est pour quelque chose...

Que dire ? si ce n'est que cette histoire a réellement  pris naissance lors d'un footing cet été...

les personnage ? il y a moi, simplement moi, une partie de ma personne qui désirerais une autre vie

Quant au reste, je préfère retourner me cacher dans ma grotte, me réfugier car là, tu me fais carrément rougir et .... pfiou ... sais plus où se mettre le dédale

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